TRAVAIL – Quand le climat stimule le syndicat

2017 ECOLOGIE CFTC Climat docIntéressant cette rencontre et collaboration entre un syndicat français et chrétien et le Réseau Action Climat. En publiant leur document d’analyse commun, ils interpellent la cohérence global des projets du gouvernement français.

L’intérêt étant pour eux de profiter des annonces en cours pour mieux connecter transition écologique et mutation des milieux du travail pour l’accompagner.

Document ici

La CFTC et le RESEAU ACTION CLIMAT
interpellent le gouvernement
15 milliards d’euros pour la formation, 15 milliards d’euros pour la transition écologique, Madame Pénicaud et Monsieur Hulot, n’oubliez pas les passerelles entre ces deux plans d’investissement !

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FORMATION – Des énergies nouvelles pour la paix

2015 Fiche transitionAprès un an de travail, un groupe de l’antenne environnement et modes de vie de Pax Christi vient de mettre en ligne un dossier détaillé sur « transition énergétique et changements climatiques ».

Il s’agit en fait d’une vingtaine de fiches pédagogiques, présentant un certain nombre d’enjeux et d’actions dans ce domaine. De quoi aider bien des réflexions personnelles et des formations collectives.

L’ensemble de ces fiches sont consultables sur le site Pax Christi France.

DL

ENERGIE – Marx et le grand capital… écologique

2015 Evêques allemands grunenLes évêques catholiques allemands viennent de rencontrer une délégation du parti des Verts allemands (Bündnis 90/Die Grünen-Parteispitz). Plusieurs dossiers politiques furent abordés au cours de la discussion, dont ceux de l’immigration mais aussi ceux du développement durable.

Ce sont le cardinal Reinhard Marx, le cardinal Karl Lehmann et quelques délégués de la conférence épiscopale allemande qui accueillirent donc ce 28 janvier à Berlin Simone Peter et Cem Özdemir et quelques autres représentants du parti écologiste allemand. La dernière rencontre de ce genre remonte à 2011. La discussion tourna d’abord autour de la politique migratoire et d’accueil du pays, de l’ inquiétante expression du mouvement Pegida, des débats sur l’euthanasie volontaire.
Puis suivit un échange sur l’agenda post 2015, les deux parties étant à l’unisson sur l’importance de la justice, du travail commun pour le développement et la protection du climat. Cela passe par un renforcement des moyens des organismes de des Nations Unies.
Occasion pour faire le point sur une affirmation qui est souvent répétée en France au cours des débats sur l’énergie. Le choix allemand fait il y a quelques années de renoncer au nucléaire civil aurait serait périlleux parce qu’il ferait forcément explosé la consommation de charbon pour alimenter les centrales thermiques qui compensent le manque à gagner énergétique du pays. Qu’en est-il vraiment ? Un article récent de The Observer fait précisément le point à partir des chiffres officiels. Et que constate-t-on ?

Si la décision de fermer 8 réacteurs nucléaires en 2011 a en effet boosté un temps la production d’électricité à partir du très polluant charbon, abondant dans le pays, les choses ne sont pas définitives. L’effet avait été d’autant plus marqué à cette époque que la production de gaz naturel avait aussi diminué presque de moitié entre 2009 et l’année dernière. Pourtant, cette augmentation de production d’électricité à partir du charbon entre 2009 et 2013 a pris fin l’année dernière, au même moment où les énergies renouvelables poursuivaient leur essor. En 2014, les émissions de CO2 ont diminué de 5 % en 2014. Cette transition énergétique n’est donc pas aussi « impossible » que ce qu’expliquent à longueur de temps les partisans du nucléaire français (par exemple). Bien sûr, le contexte géopolitique mouvant ne garantit rien d’avance. Mais en décembre 2014, le gouvernement allemand a réitéré sa volonté d’arriver à la réduction de 40 % des émissions de CO2 en 2020 par rapport au niveau de 1990.

Le courage politique pourrait donc bien être le vrai moteur de la transition énergétique de nos frileux pays sur-consommateurs d’énergies non renouvelables.

DL

Source : Conférence épiscopale catholique allemande

SOLIDARITE – L’énergie d’une transition juste

2015 Revue ProjetLe dernier numéro de la revue Projet (février 2015, n° 344) vient de paraître. Un numéro passionnant fruit de deux ans de travail avec des chercheurs, des militants écologistes, des associations de lutte contre la pauvreté. Tout cela pour poser une question simple : « Aura-t-on l’énergie d’une transition juste ? ». On peut y lire notamment le fruit du travail mené par la communauté Magdala à Lille, avec des personnes en précarité.

À Lille, un groupe de personnes en situation de précarité a engagé, avec l’association Magdala, une réflexion et des actions sur le logement écologique, l’alimentation biologique, l’accès à l’eau… Il nous livre ici le fruit de ses échanges sur la transition énergétique et la justice sociale.
Qu’évoque pour vous le terme de « transition énergétique » ?

« Il n’y a plus de pétrole ou, plutôt, il coûte de plus en plus cher à exploiter et il faut trouver autre chose. »« La transition énergétique, c’est une nouvelle manière de vivre : c’est changer. Je pense qu’avec tout le monde, en donnant ses idées et en se regroupant, on arrive à faire quelque chose et à s’en sortir. »« C’est une nouvelle manière de consommer, aller vers de l’énergie moins polluante. »« Il y a une façon de consommer où on fait des économies. Pour moi, la transition d’énergie, c’est ça aussi. Moi je sais que j’ai des trucs chez moi : quand je fais cuire des choses, je mets un couvercle et j’arrête la gazinière avant la fin et je laisse cuire. Ça reste chaud et ça économise ma consommation. Le soir, pour regarder la télé, j’éteins la lumière. Je fais de l’économie d’énergie petit à petit. Comme tout est électrique, si j’allume tout, je me retrouve avec des factures énormes.» « Parfois, il faut se serrer la ceinture… Il faut faire attention à la consommation d’énergie. Il y a des gens qui ne font pas attention. La planète est déjà fortement détraquée et si on continue comme ça, ça risque d’aller très mal au niveau climatique et au niveau pollution. »

Renvoyés à l’essentiel
Par Daniel Maciel, qui a animé le groupe de réflexion de Magdala
Interroger la consommation à travers la rencontre de personnes très pauvres, en marge de la société ou en précarité, nous met toujours mal à l’aise à cause des projections que nous pouvons faire sur ce qu’elles vivent, sur les difficultés qu’elles rencontrent. En marge de notre société de consommation, elles nous renvoient individuellement et collectivement à la question du partage des ressources de la planète, de l’accès de tous à l’eau, à l’énergie, à la nourriture, mais aussi au savoir, aux loisirs. On observe fréquemment deux attitudes à leur égard : l’apitoiement ou l’accusation. Personnellement, la rencontre avec le monde des très pauvres, il y a une vingtaine d’années, a complètement transformé mon regard. Ce qui me frappe toujours, c’est leur capacité à nous ramener très vite à l’essentiel. Les questions de la transition énergétique et des nouveaux modes de consommation sont intimement liées au sens de ce que nous voulons vivre ensemble, à la manière d’être en relation les uns avec les autres, à la manière d’être en égalité. Ceux et celles qui ont l’expérience de la précarité ont des choses à nous dire sur le sens. Il y a urgence à les associer en amont à la réflexion ; c’est important pour tous, c’est vital pour eux.

Quand on parle d’énergie, en quoi est-ce une question de justice ?

« Cet hiver, j’ai abusé du chauffage électrique. Je ne m’en suis pas rendu compte. Je ne pensais pas qu’en mettant un degré de plus au thermostat la facture serait aussi importante. C’est en ayant la régularisation que je m’en suis rendu compte. Pour le coup, j’aurais pu retomber dans la précarité et perdre le logement. En étant au RSA, la seule marge de manœuvre, c’est à peu près 50 euros. Pour une telle régularisation, la marge de manœuvre a complètement sauté et c’est la nourriture qui sert de variable d’ajustement. » « Moi aussi, quand je vois que j’ai beaucoup de factures, je mange léger et je garde l’argent pour mon prélèvement. Si je peux pas manger de bifteck, c’est pas grave, je mange un œuf. C’est ce que je fais aussi, moi, pour ne pas avoir de dettes. C’est pas parce qu’on a un logement que c’est très facile… » Trop souvent, entre « manger ou se chauffer, il faut choisir ». « La nourriture, c’est la seule variable qu’on peut ajuster soi-même. C’est aussi pour ça qu’à l’accueil de jour de Magdala, il y a des personnes qui continuent de venir alors qu’elles ont un logement. On vient prendre un petit déjeuner parce que ça permet d’avoir un minimum de nourriture variée. Parce que chez nous, en général, on mange des pâtes et pas d’autres choses… »

Le simple fait d’avoir un logement ne veut pas dire qu’on est sorti de la précarité. Et c’est un peu cela le drame.

« Les transports coûtent très cher si on est au RSA. Un aller-retour Paris-Lille en train, c’est environ 100 euros. Le RSA, c’est environ 500 euros. Venir de Lille à Paris, c’est plusieurs mois d’économies. En en discutant, certains d’entre nous ont découvert qu’il y avait des tarifs moins chers en prenant des billets à l’avance. Le problème, c’est qu’on doit économiser et qu’on n’a pas l’argent à l’avance. Certains tarifs, on ne peut les avoir que par internet et il faut une carte bleue. Si on prend le train sans payer, ce sera pire, il faudra rembourser le billet et l’amende pendant des mois. En fait, pour payer moins cher le train, il faut déjà avoir les moyens ! » « L’énergie qu’on ne peut pas avoir avec l’électricité ou le gaz, on peut l’avoir dans la rencontre avec les autres. C’est l’énergie humaine, c’est la soif d’aller vers les autres. » « C’est pas l’énergie en tant que telle qui est importante, mais ce qu’elle nous permet de faire et, en particulier, toutes les relations qu’elle nous permet de développer. »

Comment envisagez-vous votre rôle face à la montée de la précarité énergétique ?

« Vivre la précarité, garder sa fierté, c’est possible. C’est par rapport à la personne qui te tend la main, par rapport à sa façon d’être, on pourra garder sa fierté ou pas. À partir du moment où on n’est pas jugé, on peut garder sa fierté même quand on est en précarité. » « Dans la précarité énergétique, il y a une part de responsabilité personnelle et une part de responsabilité collective. Si on ne dit pas que je suis responsable dans ce qui m’arrive, je ne trouve pas de solution, je ne peux rien faire. » « C’est pas parce qu’on est à la rue qu’on a perdu notre faculté de penser. C’est vrai, on passe la nuit à cogiter. » La justice sociale, c’est réduire le coût d’accès à l’énergie, mais c’est aussi accéder à la compréhension des choses pour pouvoir être soi-même acteur. Les pauvres ont une capacité à comprendre, à être acteurs pour trouver des solutions et ont des capacités à transmettre : « Il ne faut pas être utilisateur seulement, il faut aussi comprendre. » « Si tu comprends pas, tu es condamné à ce qu’on te fasse l’aumône. » Au sein de notre groupe, nous nous organisons pour prendre nos responsabilités : on se forme, on réfléchit ensemble, on met en place ce qu’on a appris et on essaie de transmettre. « Cette année, nous travaillons à mettre au point un ‘diagnostic en marchant’ : avec d’autres, nous avons organisé des réunions avec le Pact, un bailleur social, sur des thématiques comme l’électricité, l’eau, le chauffage, la sécurité, les droits des bailleurs et des locataires… L’idée, c’est de se former et de fabriquer un petit livret avec tous les points d’attention qu’on peut avoir sur toutes les thématiques et ensuite de faire un tour de notre maison et de voir ce qu’on peut améliorer. C’est bon pour les économies d’énergie mais aussi pour la santé, parce que parfois on bouche les aérations en se disant qu’on aura moins froid, mais en fait l’air se pollue. » « On risque toujours de réduire les personnes en précarité énergétique à des factures impayées. Le souci premier des personnes qui ont peu de ressources, c’est comme pour tous, celui de la relation aux autres. »

ENERGIE – Une question de justice sociale

2014 TransitionLe Centre Recherche et action sociale (CERAS) propose, du 10 au 12 septembre, un colloque international sur le thème : « Quelle justice sociale à l’heure de la transition énergétique. Un défi pour l’Europe. ». Une bonne occasion pour faire le point sur cette question importante, au fil de la quinzaine de débats et la rencontre d’une cinquantaine d’intervenants réunis pour l’occasion au Centre Sèvres, à Paris.

On pourra ainsi rencontrer par exemple Nebojsa Nakicenovic, économiste, membre du Giec ; Dominique Méda, sociologue ;  Gaël Giraud, économiste ;  Pascal Canfin, ancien ministre délégué au Développement ;  Anabella Rosemberg, Confédération Syndicale Internationale ;  Pablo Solón, ancien ministre bolivien, directeur de « Focus on the Global South » ; Michel Griffon, économiste et agronome et bien d’autres. De quoi croiser les milieux de l la militance associative et syndicale, du monde de l’entreprise et scientifique, des cadres et aussi des personnes en situation de précarité. Au réseau jésuite qui anime le Ceras se joignent pour l’occasion aussi des représentants de la CFTC, du Secours catholique, de l’enseignement catholique, de La Croix pour ne citer que les partenaires confessionnels. On y rencontrera aussi des gens de la Croix Rouge, d’Altermondes et d’Usine nouvelle etc.

Voilà comment les organisateurs posent leur réflexion initiale :

« Transition énergétique » : depuis quelques années l’expression fait florès en Europe (e.g. L’Energiewende en Allemagne, le débat national sur la transition énergétique en France) et ailleurs, comme la réponse au double défi posé par le réchauffement climatique et par les pics énergétiques. Mais, derrière un quasi-consensus sur la nécessité d’une telle transition, demeure l’idée que, face à l’urgence immédiate de l’emploi et du remboursement des dettes, il vaut mieux profiter de ‘l’aubaine’ des gaz de schistes, attendre d’en savoir plus sur les risques climatiques et travailler à ce que le nucléaire devienne une technologie intrinsèquement sûre. Dans un contexte de crise économique et financière, les gouvernements ne désirent pas faire peser des charges supplémentaires sur des ménages et des entreprises déjà fragilisés. Ce constat vaut à la fois pour les pays « développés » et pour les pays « émergents » qui redoutent de voir freiner leur sortie de la pauvreté. Pourtant, l’inaction n’empêchera pas l’avènement d’inégalités sociales plus grandes encore : en attestent la montée de la précarité énergétique en Europe comme les revendications d’accès aux ressources naturelles portées par les plus marginalisés dans les pays du Sud. Le contexte dans lequel s’inscrit la transition énergétique – celui d’une crise écologique – questionne nos principes de justice sociale.

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VIE RELIGIEUSE – Green sister act

2014 LCWR2_1Les religieuses américaines, rassemblées au sein du réseau LCWR, le plus grand du pays avec près de 55 000 membres, a tenu sa rencontre annuelle du 12 au 16 aout dernier à Nashville, (Tennessee). Occasion notamment d’aborder sa position face aux urgences environnementales.

C’est l’auteur et poète Joyce Rousse, luthérienne devenue quaker, surnommée « Earth mama » qui a notamment donné le ton. Cette femme anime depuis plusieurs années un programme de master sur les questions de la littérature environnementale à l’Université Saint-Mary-of-the-woods, dans l’Indiana, contribue aussi par la musique et le chant à la prise de conscience en cours.

La musique adoucit-elle les moeurs ? En tout cas, les religieuses, qui doivent aussi se démener avec leurs relations compliquéesavec la congrégation pour la doctrine de la foi, à Rome, ont entendu visiblement l’interpellation de l’artiste qui rêvait de voir se réseau important se mobiliser davantage pour le chantier environnemental, parmi les autres urgences sociales du pays. Elles ont voté pour une résolution qui encourage la transition énergétique de leurs communautés vers les sources d’énergie renouvelables.

« Si notre groupe assumait son rôle de tête de pont pour que toutes les religieuses impliquées dans l’éducation du public sur la crise en cours, cela serait une contribution importante pour le mouvement qui se déroule dans le pays et dans le monde, évoquant la nécessité absolue de sortie du modèle des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables »,

explique par exemple Claire McGowan, une religieuse dominicaire de Bardstown, très impliquée dans la lutte contre le Bluegrass pipeline, dans le Kentucky. Dans cet Etat, trois congrégations se sont fortement mobilisées contre ce projet et ont lancé un mouvement de mobilisation contre les projets d’extraction des énergies fossiles, le « anti-extraction movement ». La résolution qui a été votée s’appuie sur un rapport existant qui évoquait déjà la vision des congrégations sur l’énergie et que plus de 150 d’entre elles ont déjà adopté. Au cours de la rencontre, fin aout, c’est une trentaine de congrégations qui ont expliqué qu’elles utilisaient d’ors et déjà les énergies renouvelables.

DL

Source : article de Dawn Cherie Araujo, du Global Sisters Report,NCR

 

Sisters acts

dominicainesAlors qu’un nombre croissant de pipelines transportant du gaz naturel liquéfié sont en projet, de manière à pouvoir relier les opérations de fracturation hydraulique dans le Nord-est avec les industries chimiques du Sud, nous, membres de trois communautés religieuses du « Kentucky Holy Land », avons rejoint de nombreux citoyens dans l’opposition à la construction de tels pipelines dans notre Etat. Nous nous rangeons du côté de ceux qui s’opposent aux risques élevés imposés aux écosystèmes naturels et au bien être des humains par la course en cours qui cherche à tendre à « l’indépendance énergétique », supposant la création de larges infrastructures pour l’extraction, le raffinage et la combustion de plus en plus d’énergies fossiles. Nous appelons d’urgence, au contraire, au développement de politiques nationales et d’infrastructures qui faciliteront une transition vers les énergies renouvelables.

Le blog E&E a déjà évoqué la mobilisation de ces Dominicaines (notamment) contre les projets industriels en cours. Elle passe désormais par cet appel qu’on signé déjà de très nombreuses autres communautés à travers le pays ! La transition énergétique américaine viendrait-elle des couvents ?

DL