RENDEZ-VOUS – Pour ne pas laisser l’écologie en rade

2018 ECOLOGIE Eglise Toulon DiaconieOui, c’est bien d’un rendez-vous à Toulon dont il s’agit. Un colloque qui se déroule le 12 juin prochain et qui croise écologies environnementale et sociale. Il est organisé par le service formation de l’Union diaconale du Var en partenariat avec le Conservatoire du littoral et le magazine Pèlerin.

La journée croisera plusieurs regards et expériences pour enrichir notre vie quotidienne et les pratiques de celles et ceux qui s’engagent pour construire un monde plus fraternel avec les plus démunis.

« Il est fondamental de chercher des solutions d’écologie intégrale qui prennent en compte les interactions des systèmes sociaux. Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale, l’autre sociale, mais une seule et même crise socio-environnementale… Il faut une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour restaurer la dignité des exclus, et simultanément préserver la nature. »
Pape François, Laudato Si §139.

Intervenants :
Dominique LANG – Prêtre assomptionniste et journaliste au Pèlerin
François FOUCHIER – Délégué Régional PACA au Conservatoire du littoral
Gilles REBECHE – Diacre, animateur de la diaconie dans le Var
Tarif : 5€ / Lieu : DDEC – Salle Tabgha – impasse Mirabeau – 83000 Toulon / Inscription obligatoire avant le mardi 5 juin auprès du service formation de l’UDV / Contacts : formation@udv-services.fr ou 04 94 24 90 01

 

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POLITIQUE – Critères à terre

2017 Rey Frejus PolitiqueMgr Rey, évêque français du diocèse de Frejus-Toulon, vient de publier le 25 mars « quelques critères de discernement » pour préparer les élections politiques à venir au sein des communautés chrétiennes. Des critères largement inspirés par l’encyclique Laudato si… Extraits.

(…) La vision chrétienne de l’engagement politique repose sur la centralité de la personne humaine (dignité et transcendance, disait le pape à Strasbourg en 2014) et le sens du bien commun, conçu comme le « bien de tout homme et de tout l’homme. » A la veille des élections on cite souvent la Note doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la foi de 2002. Elle donne des critères pour l’engagement et le comportement des chrétiens dans la vie politique. On parle habituellement de “principes non-négociables”, nécessaires à la vie démocratique. Souvent présentés comme étant au nombre de trois (le droit à et la défense de la vie humaine, le mariage conçu comme l’union stable d’un homme et d’une femme, la liberté d’enseigner), on oublie qu’ils comprennent en réalité la totalité du bien commun. Leur liste est donc plus longue : « Il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage. On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse et le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que “les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus“. Enfin, comment ne pas voir dans ces exemples le grand thème de la paix. »

  • L’option préférentielle pour les pauvres

Les racines évangéliques de la Doctrine sociale indiquent une priorité politique : l’option préférentielle pour les pauvres. Elle est un élément clé de tout action politique chrétienne. Un chrétien en politique ne peut pas faire l’impasse des questions de pauvreté et de misère: SDF, chômeurs, migrants, population des pays en guerre et des pays pauvres, conditions de détention des prisonniers etc. Les expressions forgées par le pape François n’ont pas pu ne pas nous frapper : « Lutter contre la culture du déchet ou bien encore contre la mondialisation de l’indifférence. » Dans l’histoire, la France a toujours montré l’exemple de la solidarité et de la fraternité. Face aux nouveaux enjeux de pauvreté auxquels l’humanité fait face dans sa dimension planétaire, et compte tenu de la fluidité de l’information, les Français sont invité à une nouvelle « fraternité hors les murs », sans craindre de s’appauvrir.

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Mgr Rey et le « Carême » pour la terre

Effet de mode ? Ou vrai prise de conscience au moment où les évêques de France vont publier un texte mobilisateur sur les questions écologiques (le 20 avril) ? Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon publie sa lettre pastorale sur l’écologie. Une thématique parmi d’autres, puisque le prélat s’attache à traiter régulièrement des sujets de sociétés.

Résultat des courses ? Un texte plutôt stimulant, avec quelques audaces : l’évêque propose ainsi de reconnaître dans la radicalité souvent peu évangélique de l’écologie profonde comme une « faim commune » que peuvent accueillir les disciples d’une évangile écologique. Mgr Rey assume l’essentiel des pistes qu’ouvre le champ écologique contemporaine, en les articulant assez traditionnellement avec l’anthropologie chrétienne. C’est l’écologie humaine qui oriente dans son bon sens les autres formes d’écologie. On pourra critiquer une tendance assez classique dans les textes catholiques à ne nommer que les formes d’écologie les plus radicales, en oubliant de nommer tous les autres acteurs, pragmatiques, persévérants et souvent prophétiques. Du coup, le discours peut parfois paraître comme surplombant les réalités en cours, alors que pour l’heure, malgré la belle synthèse de l’évêque, les chrétiens sont bien peu mobilisés collectivement pour déployer les conséquences d’une théologie de la Création assumée. Il y a aussi cette impression que les seules réponses durables se trouvent dans le trésor traditionnel de l’Eglise, comme si rien de nouveau ne pouvait se dire à travers cette crise écologique. Mais l’impression globale est plutôt positive. On attend avec impatience ce qu’une telle lettre va provoquer comme actions concrètes au sein du diocèse de Mgr Rey.

Extraits :

On ne peut que regretter que les chrétiens ne participent pas plus activement à ces questions et à cet engagement avec leur spécificité. Il y a en effet dans la Révélation de quoi participer audacieusement à l’annonce d’un évangile écologique, capable de donner la profondeur qui fait défaut aux débats sur l’écologie, lorsqu’ils ne remontent pas aux causes véritables. (…) Face au scandale de la dégradation de la création, qu’on peut qualifier de tragédie écologique, il s’agit de ne sombrer ni dans le catastrophisme ni dans le négationnisme. Le regard chrétien ne peut être que profondément réaliste d’une part, et empreint d’espérance d’autre part. (…) Lire la suite