ENERGIE – Quand la Suisse vise les sommets

2017 ECOLOGIE SuisseLe 21 mai dernier, la Suisse a voté pour sa Stratégie énergétique 2050. Une votation que des institutions ecclésiales de premier plan ont appelé à soutenir, rassemblées par le collectif « Oeco Eglise et environnement », qui rassemble aussi 800 paroisses mobilisées.

Ainsi la Fédération des Eglises protestantes de Suisse, la Commission nationale suisse Justice et Paix de la Conférence des évêques catholiques suisses, la Commission Eglise et Société de l’EEM, les Femmes protestantes en Suisse, la Ligue suisse des femmes catholiques, ont tous participé à l’appel. Une des conséquences du résultat positif de ce vote est la sortie programmée de l’énergie nucléaire civile de ce pays. Et si la neutre Suisse montrait le chemin ?

L’association œcuménique « œco Eglise et environnement » recommande d’accepter la stratégie énergétique 2050 sur laquelle nous voterons le 21 mai 2017. Des valeurs essentielles pour les Eglises comme la justice, la paix, la durabilité, la liberté et la sécurité plaident en faveur de cet ensemble de lois adoptées par le Parlement. En acceptant la stratégie énergétique 2050, la Suisse apporte une contribution à la lutte contre les changements climatiques. La conviction du comité d’œco est que cette stratégie va globalement en direction de la sauvegarde de la création.

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SUISSE – La fin des « fossiles » dans l’Eglise catholique ?

2015 MorerodLe 1er octobre, Mgr Charles Morerod est intervenu à l’université de Lausanne, dans le cadre d’un cycle de conférences sur le thème « Libérons-nous des énergies fossiles »

L’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg y a notamment déclaré vouloir écrire au Vatican pour inviter « ses conseillers » à retirer les fonds placés dans les énergies fossiles. Il répondait ainsi aux appels répétés de La Revue durable qui organisait ces conférences et qui avait souligné régulièrement que le désinvestissement des énergies fossiles relevait d’un acte éminemment moral. Le journal relève que l’évêque de Lausanne a reconnu ignorer l’ampleur de l’investissement du Vatican dans les énergies fossiles. Ce qui ne l’empêchera pas d’agir dans le sens indiqué par l’encyclique.

De son côté, le philosophe et théologien Guillermo Kerber, qui coordonne le programme pour la protection de la création et la justice écologique au Conseil œcuménique des Églises (COE) à Genève, a rappelé que d’importantes Églises membres du COE, notamment des Églises anglo-saxonnes et scandinaves, boycottent déjà les entreprises actives dans les énergies fossiles, en retirant leur épargne ou leurs fonds de retraite, au nom du respect de la création.
DL
Source : Le Matin dimanche ; Cath.ch ; Apic

SUISSE – Du pain sur la planche

DuPasquier PPPL’association caritative suisse « Pain pour le prochain » (PPP) a un nouveau président à partir d’aujourd’hui. Bernard du Pasquier est un jeune théologien suisse de 43 ans. Extraits d’un entretien qu’il a accordé à Protestinfo.

En tant que futur directeur souhaitez-vous apporter des changements à PPP?

J’aimerais accentuer certaines dimensions. Par exemple, je souhaiterais que PPP montre plus clairement que les thématiques pour lesquelles nous nous engageons depuis toujours au Sud sont tout aussi pertinentes au Nord. Par exemple, la question du droit à l’alimentation, de la souveraineté alimentaire, ne consiste pas uniquement à aller aider les personnes qui vivent dans les pays du Sud. La Suisse est également confrontée à ce problème. Un autre exemple concerne les multinationales. Si PPP soutient actuellement  l’initiative populaire «pour des multinationales responsables», c’est aussi pour montrer que le manque de cadre concernant les activités des multinationales suisses a des répercussions au Sud, mais touche également le Nord.

Par ailleurs, PPP doit également mettre en valeur le fait qu’il existe des initiatives ici comme au Sud qui sont porteuses d’espoir. La société civile prend conscience que nos modes d’économie, de consommation et d’alimentation ne sont pas durables et cherche des alternatives. Et j’aimerais bien que PPP puisse montrer que ces initiatives qui viennent, certes, de contexte différent répondent au même défi.

Pouvez-vous décrire des initiatives porteuses d’espoir?

Par exemple l’agroécologie qui prend en compte la biodiversité des écosystèmes et qui vise une production durable et économe en énergie. Ou encore l’agriculture urbaine. Derrière cette pratique, on retrouve exactement la thématique de la souveraineté alimentaire, sur laquelle on travaille au Sud. Les communautés revendiquent d’avoir la maîtrise de leur semence et de leur mode de production. C’est le même phénomène qui se produit en Suisse sur les toits des immeubles en ville, même si les contextes sont différents.

SUISSE – Y a le feu au lac

2015 Migros Eglises et écologieJe ne sais pas très bien ce qu’est le magazine numérique suisse Migros mais il parle d’écologie et des Eglises. Donc ça m’intéresse. Occasion aussi de lire Hans Ulrich Steymans, doyen de la Faculté de théologie à l’Université de Fribourg et membre d’Oeku.

L’Eglise se met au vert

Le pape François travaille à la rédaction d’une encyclique consacrée à la relation entre l’homme et la nature en vue de la conférence Climat 2015 à Paris. Le signe d’un engagement général des chrétiens en faveur de l’environnement ? L’écologie sera-t-elle bientôt en tête des priorités de l’Eglise catholique? Le pape François peaufine actuellement sa prochaine encyclique consacrée aux relations entre l’homme et la nature. La première fois qu’un souverain pontife s’exprime sur le sujet dans un document d’une si haute importance. La publication du texte est prévue en amont de la Conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra à Paris en décembre prochain. Cette prise de position en faveur de l’écologie n’a surpris personne. Deux semaines après son élection, le cardinal Bergoglio confiait avoir choisi son nom en hommage à saint François d’Assise, parce que ce dernier s’était distingué en enseignant aux chrétiens «le respect profond de toute la création et de la protection de notre environnement».

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NUCLEAIRE – Mais si, des chrétiens peuvent avoir un avis sur le nucléaire civil

2015 BeznauRobin m’avait envoyé le mois dernier une info que je vous partage enfin. Où il est question de Suisse, de nucléaire, de médecins et de chrétiens. Comme quoi, on peut avoir une position claire d’évêques catholiques sur le nucléaire civil…

Les Eglises suisses, faut-il le rappeler, sont favorables à la sortie du nucléaire civil. Un vote du Conseil national leur a permis de le rappeler, avec l’élan de l’association Oeku Eglise et environnement, particulièrement sensible à la question. Avec l’association Médecins en faveur de l’environnement, les militants ont interpellé ensemble leurs parlementaires, rappelant notamment une promesse faite en 2011 à ce sujet. 137 d’entre eux avaient déjà déclaré, en 2011, soutenir la sortie du nucléaire après 50 ans d’exploitation. Le vote qui a eu lieu au mois de décembre dernier devait décider du devenir des trois plus anciens réacteurs suisses, à Beznau et Mülheberg. Le texte final

prévoit l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires, et fixe une date limite en 2029 et 2031 pour l’exploitation des deux plus anciens réacteurs du pays, Beznau 1 et 2, démarrés en 1969 et 1971 [NDLR : soit 60 ans, au lieu des 50 annoncées…]. Les autres réacteurs devraient s’arrêter après 45 ans d’exploitation en échange d’une compensation financière. Mais sur cette question, un vote populaire pourrait être organisé l’année prochaine, et avancer la date de sortie du nucléaire. Les députés suisses ont par ailleurs validé l’objectif de réduction de la consommation finale d’énergie, de 16 % en 2020 par rapport à 2000, et de 43 % d’ici 2035. La Stratégie 2050 insiste également sur les énergies renouvelables, avec plusieurs mesures pour atteindre 4 400 GWh en 2020 et 14 500 GWh en 2035, contre 3 800 GWh en 2013.(Source : Enerpresse et EDF)

Oeku rappelle que la mobilisation repose sur plusieurs prises de position des Eglises récentes :

  • La Fédération des Eglises Protestantes de Suisse FEPS s’est prononcée dans sa prise de position sur la Stratégie énergétique 2050 en faveur d’une durée d’exploitation maximale de 50 ans. La FEPS évalue la stratégie énergétique de la façon suivante : « Le premier paquet de mesures de la stratégie énergétique 2050 est dans l’ensemble (à part des détails) une réponse appropriée et correspond à l’orientation défendue dans « l’éthique de l’énergie » de la FEPS quant aux défis d’une politique énergétique future de la Suisse sans nucléaire, avec une utilisation fortement réduite des énergies fossiles. »
  • La Commission nationale suisse Justice et Paix de la Conférence des évêques suisses s’est déjà prononcée pour sa part en l’an 2000 pour la sortie du nucléaire dans son étude intitulée « Ethique et politique de l’énergie »: « Aucune nouvelle centrale nucléaire ne devrait être construite et les anciennes devraient être arrêtées progressivement. »
  • Le synode des Eglises réformées Berne-Jura-Soleure a demandé en 2011 dans une résolution une fermeture rapide de la centrale de Mühleberg.

Ce 21 janvier, un communiqué de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire rappelle que l’organisme de contrôle exige des rééquipements pour toutes les centrales nucléaires du pays, de manière à renforcer la sécurité contre les explosions d’hydrogène. Et de rappeler notamment que le vieillissement des installations nucléaires demande une surveillance et des investissements accrus…

 

DL

ECOLOGIE – Développement durable suisse et évangélique

PEV SuisseEn Suisse, il y a un Parti Evangélique, parti politique fondé en 1919, sous le nom de Parti chrétien protestant dans le canton de Zurich. Un parti plutôt centriste et qui met au coeur de sa politique le développement durable…

Ce sont en fait trois piliers qui soutiennent le programme du PE Suisse : développement durable, bien commun et dignité humaine. «Notre politique a toujours visé la durabilité, l’amélioration des perspectives de nos petits-enfants en quelque sorte» a rappelé Marianne Streiff, la présidente du PEV suisse, le 21 octobre lors de la conférence de presse à Berne.

Intéressant de voir que pour 2015, le PEV met deux actions en priorité :

  • La réforme de l’imposition des grandes successions, qui s’inscrit dans une réflexion sur le lien entre canton et gouvernement fédéral (il faut sûrement être Suisse pour bien comprendre…)
  • Le deuxième point fort thématique est la modification de la constitution prévue pour libéraliser le diagnostic préimplantatoire (DPI). Le PEV a toujours contesté le choix de fabriquer des embryons in vitro surnuméraires. « Nous ne voulons pas ouvrir la porte à une distinction entre vie utile ou non utile, basée sur une analyse génétique », a rappelé Mme Streiff.  L’adaptation de la loi sur la procréation assistée veut introduire le droit d’analyser tous les embryons conçus in vitro avant de les implanter, et d’en éliminer ceux qui présenteraient un problème potentiel. Contrairement au Conseil fédéral qui voulait réserver la possibilité du DPI aux couples présentant des risques accrus de maladie héréditaire grave (environ 150/an), le parlement a élargi la proposition à tous les embryons issus d’une fécondation in vitro (environ 6’000/an)  et a aussi inclus le screening chromosomique qui permet d’identifier les embryons potentiellement trisomiques. Le comité exécutif du PEV a décidé de lancer le référendum contre la loi si le peuple accepte la modification de la Constitution (votation prévue le 14 juin 2015).

Ce parti centriste, apparenté au Parti socialiste et aux Verts, a donc un positionnement original, vu de France : sur des questions environnementales ou économiques, il est progressiste mais sur des questions de société, il est très conservateur, opposé notamment à la dépénalisation de l’avortement et organisateur du référendum contre le partenariat enregistré pour les couples de même sexe.

DL

Que faire de nos vieilles centrales nucléaires ?

nucléaireCa bouge du côté suisse, sur la question du devenir du nucléaire civil. Un communiqué récent d’un groupe de travail chrétien rend compte d’une proposition vers une « désaffectation planifiée des centrales nucléaires existantes ». En voici le texte.

Dans une lettre adressée aux membres du Conseil national, le groupe Justice, paix et sauvegarde de la création de la communauté de travail inter-franciscaine et l’association oeku Eglise et environnement demandent au Conseil national de soutenir « la solution sur la base d’accords » pour la désaffectation des centrales nucléaires existantes. Celle-ci préconise une durée d’exploitation maximale de 50 ans. La solution sur la base d’accord permettrait d’éviter d’autres affrontements dans la société à propos de l’avenir de l’énergie nucléaire et renforcerait la cohésion sociale. Lire la suite