ECOLOGIE – Tapis vert pour le Festival

2016 LamballeAvant le festival de Cannes sur la Côte d’Azur, il y a celui de Lamballe, dans les Côtes d’Armor. Plus précisement, de la paroisse Notre-Dame de Lamballe. Un festival qui est déjà le 5e du nom. Cette année, le thème en est : « Une écologie intégrale ! Comment prendre soin de notre maison commune ? »

Il se déroule du 25 avril au dimanche 1er mai, et le P. Pierrick Jegonday, de commenter :

 » « Le Pape François a dit : l’approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres »

Un festival qui peut donner bien des idées à d’autres !!

 

AU PROGRAMME

Au cinéma le Penthièvre. Soirée cinéma : jeudi 28, à 20 h 30, avec le film « Demain » de Cyril Dion et Mélanie Laurent. Tarif : 6, 50 €. Des conférences gratuites à 20 h 30 : mardi 26, « Quel modèle agricole pour demain ? » avec les Jeunes agriculteurs 22 (JA). Mercredi 27, « La Ressourcerie, un atout pour le territoire » avec Dominique Brichon de Penthièvre Action. Vendredi 29, « L’écologie, comportement global de l’homme… » avec Mgr Marc Stenger, puis table ronde avec Jérémy Allain « VivArmor Nature », Dominique Brichon, les JA22 et Jean-Luc Barbo. Lire la suite

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HOMMAGE – Requiem pour un jardinier

2016 Pelt 2.jpgIl y a quelques jours étaient célébrées les funérailles de Jean-Marie Pelt. C’est Mgr Stenger, évêque de Troyes (Aube) et président de Pax Christi France, qui a présidé la célébration. Voici le texte de son homélie.

 

Jean-Marie Pelt s’en est allé dans la nuit du 22 au 23 décembre, à la veille de Noël, cette fête qu’il aimait, comme l’aiment les Lorrains du pays de Thionville, pour sa richesse de tradition et de foi.

A l’annonce de son départ beaucoup se sont exprimés, car il a profondément marqué un grand nombre de ses contemporains, non seulement par sa manière de leur parler de la terre sur laquelle ils habitent et du vivant qui les environne, mais aussi par sa belle figure d’humanité, forgée au contact en particulier de l’homme extraordinaire qu’était Robert Schumann, auquel j’ajouterai volontiers quelqu’un de bien moins connu, le professeur Robert Franquet, son Doyen à la Faculté de Pharmacie de Nancy qui m’a parlé à bien des reprises de lui en termes particulièrement chaleureux.

Fondamentalement Jean-Marie Pelt était un « bienveillant », avec ce regard doux et malicieux qu’il portait sur les hommes et sur les choses, au nom de toutes les promesses qu’en visionnaire il y décelait. Il n’en était pas moins d’un profond réalisme, dénonçant les dérives des technologies modernes dont était victime l’environnement naturel et humain. Mais ce n’était pas un dogmatique. Il cherchait plutôt à convaincre avec une grande humilité. On peut dire, je crois, qu’il était de la même veine que le pape François pour lequel il avait du reste une grande admiration. La dernière fois que je l’ai entendu sur Radio Jéricho, c’est du pape François et de son encyclique qu’il parlait avec une chaleur qui traduisait sa profonde connivence avec lui.

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COP 21 – Entre espérance et persévérance

Les réactions continuent d’arriver après l’accord signé durant la COP21

A Troyes, Mgr Marc Stenger, et président de Pax Christi France.

Il s’est félicité de ce que « le texte pose des jalons importants dans la lutte contre le changement climatique », regrettant néanmoins qu’il ne donne pas « toutes les garanties nécessaires aux plus pauvres et vulnérables ». Il a salué « l’important travail accompli par les ONG », dont « certaines se réclament explicitement de l’Évangile, une garantie pour que les chrétiens ne soient pas absents du combat encore nécessaire pour la justice climatique ».

On peut retrouver sa chronique sur RCF

Pour la conférence des évêques de France

Mgr Olivier Ribadeau-Dumas(sur twitter)

2015 Ribadeau COP21

« La COP21 s’achève. Saluons les progrès accomplis. Le souci d’une écologie intégrale ne s’arrête pas pour autant ».

 

Du côté des Eglises anglicanes

Mgr Thabo Makgabo, archevêque anglican du Cap, en Afrique du Sud

« Nous faisons partie de la création et bien qu’elle nous inspire de la reconnaissance, nous devons aussi reconnaître notre responsabilité de prendre soin de la Terre. Cette responsabilité nous a été donnée par Dieu, c’est pourquoi nous, en tant que groupes de foi partout dans le monde, devons montrer la voie. »

Mgr Nick Holtam, évêque anglican de Salisbury, en charge des questions d’environnement pour l’Église d’Angleterre.

 « Nous sommes encore au tout début du parcours »

Occasion aussi de rappeler l’appel qu’avait lancé Mgr Desmond Tutu au début de la COP21

DL

Sources : notamment La Croix

 

NUCLEAIRE – Les habits de Bure

Un documentaire à voir ou à faire voir : « A Bure pour l’éternité » vient de sortir en DVD. De quoi provoquer d’intéressants débats sur la dimension éthique de notre chère industrie nucléaire.

A Bure pour l’éternité trailer from Bonetti Sébastien on Vimeo.

Dans ce documentaire est présenté notamment le travail de la Maison de résistance, véritable lieu de vie des militants antinucléaires qui construisent chaque jour leur combat contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires en Meuse dans le Nord-Est de la France, et ce en proposant un modèle de vie alternatif : un retour à la terre, aux savoir-faire et aux valeurs de solidarité humaine. On y voit aussi Mgr Stenger, évêque de Troyes, exprimer sa réflexion sur ce sujet, tout comme Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Ecologie ou Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD).

Bure, Meuse, 91 habitants, est l’un des territoires les moins peuplés de France, essentiellement agricole. Ici est implanté ce qui pourrait devenir le centre de stockage des déchets les plus radioactifs des centrales nucléaires françaises, voire européennes. En 2004, une poignée d’hommes et de femmes en provenance des quatre coins de la France se soulèvent contre ce projet et réhabilitent une ruine qui deviendra la Maison de résistance. L’association Bure Zone Libre est née. Elle compte aujourd’hui plusieurs centaines de membres. « A Bure pour l’éternité » raconte la vie de la maison, les vies qui y habitent et s’y croisent, une vie de combat contre le nucléaire, et les vies possibles sans le nucléaire

DL

CLIMAT – Les évêques catholiques se mobilisent

2014 Lima 2Avec les discussions en cours à Lima, les évêques catholiques ont franchi un cap en terme de mobilisation et de conscientisation. Leur déclaration commune donne les grandes lignes de leur réflexion.

Nous, évêques catholiques de tous les continents sommes venus à Lima à l’occasion de la COP 20 pour soutenir les efforts des responsables mondiaux qui travaillent à préparer la signature d’un accord juste sur le climat et légalement contraignant à Paris en 2015.

A la suite de l’option évangélique pour les pauvres, nous travaillons de près avec les communautés vulnérables et les exclus et du coup sommes concernés fortement par la manière dont le problème du changement climatique les touchent. Notre message aux responsables politiques et aux gens de bonne volonté s’enracine dans l’expérience et la souffrance de ces communautés pauvres. L’humanité sur la planète Terre est destinée à vivre dans l’équité, la justice et la dignité, la paix et l’harmonie, dans l’ordtre de la Création. L’humanité est ordonnée à traiter avec respect la Création, qui a une valeur en tant que telle. Nous, évêques catholiques, reconnaissons que l’atmosphère, les forêts tropicales, les océans et les terres agricoles sont des biens communs qui méritent nos soins attentifs.

Changement climatique et justice aujourd’hui

Nous reconnaissons que beaucoup de bien a eu lieu sur terre du fait d’une intelligence droite et responsable en action dans les technologies et les industries développées par l’humanité, sous le regard bienveillant de Dieu. Cependant, dans les dernières décennies, beaucoup de problèmes, tel que le changement climatique et ses impacts dévastateurs sur la Nature elle-même, sur la sécurité alimentaire, la santé et l’immigration, ont mené à un grand nombre de souffrances dans les peuples, à travers le monde.

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RELIGIONS – Fauchet, mais plein de ressources

2014 Etats d'âmeFrançois, sur son blog Etats d’âme, donne l’intégralité d’un article écrit par Benoît Fauchet, un journaliste de l’AFP, s’étonnant de la conscience écologique des chrétiens en France.

Dieu est-il écolo ? »Des responsables religieux s’engagent en tout cas sur le changement climatique, appelant à la sobriété au nom d’une « théologie de la création » qui résonne de Lima à Paris, où un accord de lutte contre le réchauffement est espéré fin 2015.  « L’idée d’un jeûne – pratique observée dans la plupart des grandes traditions religieuses – pour le climat a été lancée en novembre 2013 à la dernière conférence internationale sous l’égide de l’Onu, à Varsovie. « Cette initiative symbolique a fait son chemin depuis, avec un jeûne le 1er de chaque mois, soutenu par une quarantaine d’organisations dans le monde. « Au premier jour de la nouvelle conférence climat de Lima, lundi, une « chaîne mondiale » a même été lancée, qui doit être animée par 365 jeûneurs, croyants ou non, se relayant chaque jour jusqu’à la conférence de Paris.  « Et dimanche, des veillées de prière, associant le rite de la lumière, devraient être organisées dans une trentaine de villes dans le monde par le réseau Our Voices, qui annonce d’autres mobilisations pour que le sommet de Paris « réussisse là où tout le monde a échoué par le passé ».

« Réveiller les consciences »

« Mgr Marc Stenger, chargé de l’environnement à la Conférence des évêques de France, défend ces formes spirituelles d’engagement. « Nous croyons à la valeur et à la force de la prière et du jeûne », explique-t-il avant de partir à Lima. « Je ne sais pas si on pèsera sur les négociations. Ce que je sais c’est que nous devons tenir un discours éthique, réveiller les consciences pour changer nos modes de vie », ajoute l’évêque de Troyes.  « Mais qu’ont les religions de si particulier à dire sur ces enjeux ? « Dans la Bible, qui est notre source, il y a une affirmation très claire que l’homme est étroitement lié à la création, et qu’il doit traiter avec respect ce que Dieu a mis à sa disposition », souligne Mgr Stenger.  « François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF), voit lui la création comme une « grâce reçue et à partager ».
« La grâce a pour nous des implications: la justice, la solidarité et un regard très critique sur l’obsession productiviste et consumériste », dit ce pasteur réformé, qui appelle à « faire fructifier le monde mais ne pas en abuser », dans un esprit de « frugalité joyeuse ».

Les autres religions aussi

« Longtemps peu visibles sur ces questions scientifiques, les religions s’affichent aujourd’hui sans complexes. « Les chrétiens bien sûr, mais aussi, de manière moins organisée, musulmans, juifs et bouddhistes. « Ainsi du rabbin franco-israélien Gabriel Hagaï, séduit par l’esprit d' »ouverture » interreligieuse qui souffle sur le jeûne pour le climat. « Un engagement évident également pour l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou, qui souligne que « la question de la nature et de l’environnement est inscrite dans les conditions théologiques et spirituelles du musulman », même si beaucoup de fidèles « ne connaissent pas la tradition coranique » sur ce point. « Les initiatives du pape François sont désormais très attendues. Celui qui a choisi son nom de règne pontifical en hommage à saint François d’Assise, « patron des écologistes », devrait publier en 2015 une encyclique consacrée aux enjeux environnementaux, et il est possible qu’il participe la même année à un sommet interreligieux sur le climat. « Des personnalités comme Christiana Figueres (la responsable climat de l’Onu) et Nicolas Hulot font le pari que l’étincelle pour combler l’écart entre la connaissance des problèmes et l’action peut venir des grandes autorités morales et religieuses de ce monde. Pour l’Onu, nous sommes plus que des partenaires: un peu le levier de la dernière chance », estime Martin Kopp, chargé de plaidoyer pour la Fédération luthérienne mondiale.

« Mais les Églises ont-elles des leçons écologistes à donner ?

« Mgr Stenger reconnaît un « devoir d’exemplarité » des communautés religieuses, notamment dans la construction et le fonctionnement de leurs bâtiments au regard des normes environnementales, et ne nie pas les progrès à réaliser dans ce domaine. « Il faut être les premiers à mettre en œuvre les conséquences de ce à quoi nous croyons« , dit-il »

Benoît Fauchet (AFP)

CLIMAT – Responsables et solidaires

Mgr Stenger colloque 2014Mgr Stenger, évêque de Troyes, et éveque accompagnateur de Pax Christi France, dans son dernier éditorial du bulletin diocésain, fait le point sur les raisons de la mobilisation pour protéger le climat.

Il n’y a pas longtemps, dans beaucoup de grandes villes du monde, on a marché pour le climat. Depuis le 1er juillet, on jeûne pour le climat. Pour les initiateurs de ces actions, elles sont une manière de s’engager face à la crise climatique qui ne cesse de s’aggraver. Elles sont une manière de signifier que l’homme se considère comme responsable – laissons les experts se disputer sur l’importance de sa part de responsabilité – par ses choix de consommation, du réchauffement climatique et de ses conséquences. Et elles sont enfin une manière d’affirmer notre solidarité avec ceux qui subissent de plein fouet les conséquences de ce réchauffement, qui en sont les victimes, sans avoir les moyens de se défendre.

De quoi s’agit-il exactement ?

 Depuis le début de la révolution industrielle, les activités humaines émettent de très grandes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, essentiellement par déstockage du carbone géologique, contenu dans les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) que nous consommons sans modération. Le carbone qui est dans la terre passe dans l’atmosphère quand nous brûlons du charbon ou du pétrole dans nos fourneaux ou dans nos voitures. Cet excès de carbone dans l’atmosphère est une des causes principales de l’augmentation des températures, augmentation qui a des conséquences graves dans notre environnement.

Quelles conséquences ? Pardonnez cette énumération qui peut sembler catastrophiste mais qui ne fait que décrire la réalité : l’augmentation en fréquence et en intensité des évènements météorologiques extrêmes, comme la vague de chaleur de 2003, les sécheresses, les inondations, les cyclones et les typhons comme aux Philippines, l’élévation du niveau de la mer, les changements thermiques et pluviométriques, la perte de la biodiversité, c’est-à-dire le bouleversement complet des équilibres dans la nature. Ces phénomènes qu’on peut déjà constater ont et auront pour effet de détruire les moyens d’existence de l’homme, l’habitat, les troupeaux, les champs, de faire baisser les rendements agricoles, de provoquer la désertification, les famines, les manques d’eau, l’extension des maladies parasitaires. Résultat : des crises économiques graves, d’où des centaines de milliers de morts, des migrations massives ainsi que des conflits sociaux et internationaux.

Et que faire ? Il y a deux directions dans lesquelles on peut agir.

D’abord baisser les émissions de gaz à effet de serre, c’est-à-dire envoyer moins de carbone dans l’atmosphère pour limiter la montée des températures dans une proportion raisonnable. Ceci dépend principalement de décisions politiques, en particulier des choix énergétiques que nous ferons. Il y a des énergies moins polluantes que d’autres. Mais cela dépend aussi de nous. Dans la mesure où l’émission de gaz fatals dépend de notre consommation excessive, le bon sens voudrait qu’on consomme moins. Mais il veut aussi qu’on consomme autrement. Nous devons donc réfléchir sur nos modes de vie et les changer. Ce serait un signe de notre sens de la responsabilité.

La deuxième direction, c’est d’essayer de nous adapter aux changements climatiques déjà produits pour en contrôler les conséquences. Là aussi sont en cause des décisions politiques : entraide internationale, régulation des migrations, mise en œuvre de technologies nouvelles.  Il y a fort à faire. D’où l’enjeu des conférences internationales sur le climat et des décisions qui y sont prises. Ceux qui jeûnent veulent préparer les esprits à celle qui aura lieu à Paris en 2015. Le message est clair : nous jeûnons par solidarité avec ceux qui déjà sont victimes, en particulier de famines, de raréfaction de leurs moyens de vivre ; nous jeûnons aussi pour montrer que nous gardons une certaine liberté par rapport aux biens de consommation ; nous agissons parce que nous nous sentons responsables du monde dans lequel nous vivons et nous demandons aux responsables politiques d’agir eux aussi en conscience. Même si on ne jeûne pas, on n’en est pas moins appelé à cette solidarité, à cette liberté intérieure par rapport aux biens, à cette conscience de notre responsabilité.

Voilà une mise en œuvre, on ne peut plus concrète, de la doctrine sociale de l’Eglise.

 

+Marc STENGER

Evêque de Troyes

Président de Pax Christi France

© Source : Diocèse de Troyes. octobre 2014