VATICAN – Vous êtes au courant ?

Bon. ça ressemble à un joli coup de pub. Mais qui sait ? Le pape François a été initié à la conduite d’un véhicule électrique pour ses déplacements au Vatican. Avec, à la clé, le projet de faire du Vatican une cité n’émettant aucun CO2 du fait de ses véhicules. Une révolution Laudato si de plus qui pourrait bien donner l’exemple à d’autres.

C’est donc pour le 80e anniversaire du pape que la Wermuth Asset Management (WAM) a mis à disposition (pour un an) une voiture électrique (une Nissan Leaf pour ne pas la nommer) au pape argentin. A l’origine, Jochen Wermuth, le fondateur de la WAM, voulait offrir une Tesla Modal S. Mais la limousine de luxe n’a pas retenu l’intérêt du pape. Le WAM est une entreprise familiale fondée en 1999 par Joche Wermuth, conseillant les fonds d’investissements dans les initiatives alternatives et durables. Dans le passé, l’entreprise a ainsi accompagné des placements jusqu’à hauteur d’1 milliards de dollars. Elle s’engage dans le développement de modèles économiques durables et éthiques.

Jochen Wermuth , 47 ans et protestant, est un acteur important du monde économique (dans les années 90, an nom de la Deutsche Bank, il a participé à la transition de l’économie russe) dans la bascule vers les énergies renouvelables. Il participe activement au mouvement de désinvestissement dans les énergies fossiles. Son soutien financier au parti des Verts dans le Bade-Wurtemberg lui a été reproché, mais l’homme est aussi un soutien de Greenpeace.

Si le pape – qui a publié l’encyclique Laudato si – a accepté la proposition du véhicule électrique, c’est avec plusieurs conditions.

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ROME – L’espérance plus forte que les « gémissements » (Rom 8)

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(Credit : Photo Le Parisien)

Les audiences générales du mercredi ont repris en plein air, le 22 février dernier. Signe que le printemps approche ? Le pape François, poursuivant sa réflexion sur le thème de l’espérance, a abordé le chapitre 8 de la lettre aux Romains. Un texte important dans la théologie chrétienne de la Création.

Voici le texte de son intervention (avec, entre parenthèses, les rajouts fait à l’oral par le pape).

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous sommes souvent tentés de penser que la création nous appartient, que nous pouvons l’exploiter comme bon nous semble et que nous n’avons sur le sujet aucun compte à rendre à personne. Dans le passage de la Lettre aux Romains (8,19-27) dont nous venons à l’instant d’entendre un extrait, l’apôtre Paul nous rappelle au contraire que la création est un don merveilleux que Dieu a mis entre nos mains pour que nous puissions entrer en relation avec lui et reconnaître en elle la marque de son dessein d’amour, un dessein à la réalisation duquel nous sommes tous appelés à collaborer, jour après jour.

Et pourtant, quand il se laisse dominer par l’égoïsme, l’être humain peut détruire les choses les plus belles qui lui ont été confiées. Et il en est ainsi pour la création. Pensons à l’eau. L’eau est une ressource si belle et si importante : elle nous donne la vie, elle nous aide en tout ; mais pour exploiter les ressources minières nous contaminons l’eau, nous salissons la création, nous la détruisons. Ce n’est qu’un exemple, il y en a tant d’autres. Par l’expérience tragique du péché, la communion avec Dieu a été rompue, et nous avons brisé la communion originelle avec tout ce qui nous entoure. Nous en sommes arrivés à corrompre la création, en la rendant en quelque sorte esclave, soumise à notre vision court-termiste. Et la conséquence dramatique de tout cela se trouve malheureusement sous nos yeux, chaque jour. Quand la communion avec Dieu est rompue, l’homme perd sa beauté originelle et finit par défigurer tout ce qui se trouve autour de lui. Là où, à l’origine, tout renvoyait au Père créateur et à son amour infini, tout est désormais marqué par le signe triste et désolant de l’orgueil et de la voracité de l’homme. L’orgueil de l’homme qui exploite la création est destructeur.

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PAPE – La communion, pas la philanthropie

2017-mouvement-populaire-etats-unis-fevrierDepuis son élection, le pape François fait organiser régulièrement des rencontres des mouvements populaires (à Rome et Santa Cruz (Bolivie)). La dernière a eu lieu dimanche 19 février à Modesto, en Californie. Occasion de quelques rappels salutaires.

Dans son message (lu en espagnol sur place), le pape rappelle, en passant que « la crise écologique est réelle ». Un rappel salutaire dans un pays dirigé désormais par des climatosceptiques notoires…

« Il est vrai que la science n’est pas la seule forme de savoir et que la science n’est pas toujours “neutre”. Bien des fois, elle cache des vues idéologiques ou des intérêts économiques. Mais quoi qu’il en soit, nous savons aussi ce qui arrive quand on rejette la science et méconnaît la voie de la nature. » « Ne tombons pas dans le déni. Le temps court. Agissons » Dans son message, le pape rappelle aussi qu’une religion est « terroriste » par nature et qu’ « aucun peuple n’est trafiquant de drogue ». « Il y a des fondamentalistes et des individus violents dans tous les peuples et religions, et, avec des généralisations intolérantes, ils deviennent plus forts car ils se nourrissent de la haine et de la xénophobie. » Dénonçant le « dieu-argent » et l’économie aveugle, qui divise le monde entre « prochain » et « non prochain » négligeable, le pape souligne : « Les blessures sont là, elles sont une réalité, a-t-il rappelé. Le chômage est réel, la violence est réelle, la corruption est réelle, la crise d’identité est réelle, l’éviscération des démocraties est réelle. La gangrène du système ne peut pas être nettoyée pour toujours car, tôt ou tard la puanteur devient trop forte. Et, quand on ne peut plus le nier, le même pouvoir qui a engendré cet état de choses se met à manipuler la peur, l’insécurité, les querelles et même l’indignation justifiée des gens, afin de transférer la responsabilité de tous ces maux sur un « non-prochain ». Je ne parle de personne en particulier, je parle d’un processus social et politique qui fleurit dans de nombreuses parties du monde et pose un grave danger pour l’humanité »

Un texte à mettre en référence avec celui, très fort,  prononcé le 4 février devant les participants à la rencontre sur l’économie de communion organisée par le mouvement des Focolari. (texte intégral plus bas)

Quand le capitalisme fait de la recherche du profit son unique but, il risque de devenir une structure idolâtre, une forme de culte. La « déesse fortune » est toujours davantage la nouvelle divinité d’une certaine finance et de tout le système du hasard qui est en train de détruire des millions de familles du monde, et que vous combattez à juste titre. Ce culte idolâtre est un succédané de la vie éternelle. Les produits (les automobiles, les téléphones…) vieillissent et s’usent, mais si j’ai de l’argent ou du crédit, je peux immédiatement en acheter d’autres, en ayant l’illusion de vaincre la mort. On comprend alors la valeur éthique et spirituelle de votre choix de mettre les profits en commun. La meilleure façon la plus concrète pour ne pas faire de l’argent une idole est de le partager, de le partager avec les autres, en particulier avec les plus pauvres, ou pour faire étudier et travailler les jeunes, en vainquant la tentation idolâtre par la communion. Quand vous partagez et vous distribuez vos profits, vous accomplissez un acte élevé de spiritualité, en disant à travers les faits à l’argent : tu n’es pas Dieu, tu n’es pas le Seigneur, tu n’es pas le maître ! Et il ne faut pas non plus oublier cette haute philosophie et cette haute théologie qui faisait dire à nos grands-mères : « Le diable entre par les poches ». N’oubliez pas cela !

A noter que le pape s’était aussi adressé à une quarantaine de représentants de peuples indigènes réunis à Rome, le 15 févier, par le Conseil des gouverneurs du Fonds international de développement agricole (FIDA)

Il a invité, à cette occasion les autorités gouvernementales des pays concernés « à reconnaître que les communautés autochtones sont une composante de la population qui doit être valorisée et consultée et dont la pleine participation doit être favorisée, au niveau local et national », il a ensuite appelé « à une collaboration pacifique entre les autorités gouvernantes et les peuples indigènes, en surmontant les oppositions et les conflits ».

DL

Source : art. Nicolas Senèze, à Rome

NOTE : texte intégral du message du pape pour la rencontre organisé par les Focolari

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PEOPLE – Conan le barbare à Rome

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Un tweet pour une visite romaine ? C’est Arnold Schwartzeneger, ancien gouverneur de Californie et militant écologiste, qui s’y colle. « Ce fut un grand honneur de rencontrer le pape François. Je suis un grand fan de celui qui est un vrai meneur de l’Eglise et un gardien pour toutes les créatures de Dieu. »

Une preuve que l’homme aime l’écologie ? Lors de sa visite au pays natal, en Autriche, il y  a quelques jours, il a reçu, pour cadeau, un magnifique 4×4 Mercedes de classe G… au moteur électrique. Une écologie à l’américaine, quoi …

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DL

ROME – La conversion écologique, comme norme

Réunis au Vatican du 25 au 29 novembre, les participants de l’Assemblée plénière – des scientifiques du monde entier – ont réfléchi à l’impact des progrès scientifiques sur le développement durable. Pour le pape, dans le contexte d’un « effondrement écologique », la « nouvelle alliance » entre les communautés scientifique et catholique est un signe positif. .

Avec la modernité, affirme le pape, « nous avons grandi en pensant être les propriétaires et patrons de la nature, autorisés à la saccager sans aucune considération pour ses potentialités secrètes et les lois évolutives, comme s’il s’agissait d’un matériau inerte à notre disposition, produisant de surcroît une grave perte de biodiversité ». « Nous ne sommes pas les gardiens d’un musée et de ses chefs-d’œuvre à dépoussiérer chaque matin », poursuit-il, mais bien « les collaborateurs de la conservation et du développement des êtres et de la biodiversité de la planète et de la vie humaine ».

Appelant une nouvelle fois à la « conversion écologique », le pape demande aux scientifiques, « libres d’intérêts politiques, économiques ou idéologiques », de construire, les premiers, un modèle culturel pour affronter la crise des changements climatiques et de ses répercussions sociales, « afin que les énormes potentialités de production ne soient pas réservées à quelques-uns seulement ». Après avoir mis en évidence la crise écologique en cours, le pape invite désormais la communauté scientifique à collaborer à la création d’un « système normatif » capable de définir les « limites inviolables » pour la protection des écosystèmes, « avant que les nouvelles formes de pouvoirs dérivées du paradigme techno-économiques » ne produisent des dommages irréversibles, non seulement pour l’environnement mais aussi pour le vivre ensemble, la démocratie, la justice et la liberté ».

« La soumission de la politique à la technologie et aux finances est démontrée par le retard pris dans l’application des accords mondiaux sur le climat, mais aussi par les guerres de domination, masquées par de nobles revendications, qui continuent de causer des dommages toujours plus sévères à l’environnement et la richesse morale et culturelle des peuples »

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LAUDATO SI ! Quand l’écologie intégrale interpelle

2017-laudato-siNeuvième position ! Pas mal pour une encyclique dans le classement des vingt ouvrages considérés comme « les plus influents » actuellement par 200 personnalités économiques et politiques interrogées il y a quelques semaines par les Echos.

 

Ainsi, parmi les 20 ouvrages les plus cités par l’establishment, l’encyclique « Laudato Si » du pape François arrive en 9e position. L’encyclique est notamment recommandée par Pierre-André de Chalendar (Saint-Gobain) et Nathalie Kosciusko-Morizet (Les Républicains). D’autres personnalités citent un autre texte du pape argentin, « Le Nom de Dieu est miséricorde » ou « La Joie de l’Évangile ». Les cinq premiers ouvrages cités par « Les Échos Week-End » comme étant considérés comme les plus influents sont : « Économie du bien commun » de Jean Tirole (PUF)  ; « De zéro à un. Comment construire le futur », de Peter Thiel (JC Lattès)  ; « Le Deuxième âge de la machine : travail et prospérité à l’heure de la révolution technologique », d’Erik Brynjolfsson et Andres McAfee (Odile Jacob)  ; « Sapieens. Une brève histoire de l’humanité », de Yuval Noah Harari (Albin Michel)  ; « L’art de la guerre », de Sun Tzu (Flammarion)…

Source : Art. La Croix de Claire Lesegretain

(1) Supplément « Les Échos » des 22 et 23 juillet 2016.

 

 

ROME – Laudato si à Saint Pierre

Pour le 1er septembre, journée de prière pour la sauvegarde de la Création, le pape François a présidé des vêpres à la basilique Saint-Pierre. Le franciscain Cantalamessa a donné la prédication.

Le livret des vêpres peut être trouvé ici. 20160901-libretto-vespri-giornata-cura-creato

Le journaliste Nicolas Senèze, de La Croix précise

Dans son homélie, partant d’un beau texte de saint Pierre Chrysologue (Ve siècle), sur la place de l’homme dans la Création, le P. Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, a plaidé pour une conversion écologique de chacun car, a-t-il expliqué, « l’écologie n’a pas sa fin en elle-même mais en fonction de l’homme ». Et pour le capucin italien, si l’homme a été créé à l’image de Dieu, sa « souveraineté (…) sur le cosmos n’est pas un triomphalisme de l’espèce, mais l’assomption de sa responsabilité envers les faibles, les pauvres et les sans-défense », ceux-là dont « écoute le cri », « a pitié », « défend la cause » et auxquels il « fait justice »… « Qu’est-ce qui, en effet, produit en même temps les pires dégâts de l’environnement et la misère d’immenses masses humaines, sinon l’insatiable désir de certains d’accroître à la démesure leurs possessions et leurs profits ? », s’est-il interrogé.

La liturgie rassemblait aussi plusieurs représentants orthodoxes, soulignant le caractère oecuménique de cette journée

DL