ORTHODOXIE – Des réflexions écologiques sur la crête

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Un rendez vous à venir en octobre prochain en Crête. La 5e conférence orthodoxe sur la théologie de « l’oikos » se déroulera du 23 au 27 octobre prochain.

Des articles théologiques peuvent être proposés avec comme date limite le 30 juillet. A vos plumes

http://ithe.webs.com/

DL

Plus d’infos :  Louk.Andrianos@wcc-coe.org or luc_andrian@yahoo.gr

ORTHODOXIE – Patriarche en vert et pour tous

Sur le site du centre d’étude orthodoxes de l’université de Fordham, à New York, est annoncé la publication de deux livres intéressants (en anglais). Merci à Michel pour l’info.

  • « On Earth as in Heaven: Ecological Vision and Initiatives of Ecumenical Patriarch Bartholomew », Editeur : John Chryssavgis, Introduction par le Duc d’Edinbourgh

2017 ECOLOGIE Livre Orthodoxie Patriarche 2017Il s’agit d’une compilation des écrits et interventions du patriarche Bartholomée durant les vingt années passées de son ministère, qui souligne la primauté des valeurs spirituelles pour déterminer l’éthique et les actions environnementales à mener face à la crise écologique en cours.

  • « Toward an Ecology of Transfiguration: Orthodox Christian Perspectives on Environment, Nature, and Creation », Editeur:  John Chryssavgis et Bruce V. Foltz, Preface par le patriarche Bartholomée et introduction par Bill McKibben

2017 ECOLOGIE Livre Orthodoxie ThéologiensUn livre qui présente les ressources spirituelles de la tradition orthodoxe qui permettent de soutenir l’engagement des personnes et des institutions dans les défis environnementaux actuels. Une belle compilation des textes des théologiens et philosophes orthodoxes contemporains

 

CAREME – Pastorale des jeûnes

Les frères du skite orthodoxe de Sainte-Foy me signalent une intéressante table ronde à venir sur la place du jeûne alimentaire dans la tradition byzantine, le 4 mars prochain, à 14 h à l’église Saint-Sulpice à Paris.

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Quatre conférenciers donneront des éclairages historiques, pratiques mais aussi médicaux sur le carême dans la tradition orthodoxe. Mme Béatrice Caseau, professeur à l’Université Paris-Sorbonne IV, nous parlera de la culture alimentaire dans la tradition byzantine. Le père Gérasime, (Frère Jean) higoumène du skite orthodoxe de Sainte Foy du carême comme chemin au fil des jours.  Deux médecins nous exposeront un point de vue médical sur le carême. Dr. Cl Tanase, « Les bénéfices et les dangers du carême pour la santé »

ORTHODOXIE – Le patriarche hausse la voix

2015 BartholomeosIl est temps (enfin) de lire le message du patriarche Bartholoméos 1er publié à l’occasion du nouvel an orthodoxe et de la journée de prière pour la Création, le 1er septembre. Un message fort pour réveiller les consciences endormies.

En l’Esprit saint se renouvelle l’entière création, retournant à sa première condition » (Anavathmi, t. 1). « Béni sois-tu, Seigneur, le seul à renouveler tes œuvres quotidiennement » (Basile le Grand).

Frères concélébrants et enfants bénis dans le Seigneur,

Nul n’ignore qu’à l’initiative prise par le Patriarcat œcuménique -et récemment par l’Église catholique romaine aussi- le 1er septembre est fixé comme journée de prière pour la protection de l’environnement naturel. Au cours de cette journée, nous prions le Très-Haut de faire briller de joie Sa création pour qu’elle soit agréable et fructueuse à la vie de l’homme sur terre. Cette requête comprend certainement aussi la prière pour qu’Il permette que les inévitables changements climatiques se passent dans les limites de tolérance pour la survie de l’homme d’une part, la durabilité de la création, d’autre part.

Toutefois, l’humanité, que ce soit en partie ou dans son ensemble, se comporte à l’opposé de cette demande. Nous oppressons la nature de manière à causer des changements climatiques et environnementaux inopinés et fâcheux, nuisibles à son fonctionnement régulier et dès lors à notre vie. Le cumul des actes commis par des individus, mais aussi par des entreprises privées et publiques de grande envergure, destinés à produire davantage de biens au profit des exploitants, a pour seul résultat la destruction de la création de Dieu faite pour fonctionner harmonieusement. Nous tous qui appréhendons le risque quotidiennement grandissant du changement climatique sur notre planète, dû à l’activité humaine, haussons la voix pour le signaler et appelons tout le monde à examiner ce qu’il faut faire « pour que la vie ne disparaisse pas au bénéfice de la richesse » (Déclaration de l’Organisation des Nations Unies).

Dès lors, en qualité de Patriarche œcuménique, nous déployons des efforts depuis des années pour informer les fidèles de notre Église et tous les hommes de bonne volonté des risques que l’usage parfois abusif des ressources énergétiques implique ; un usage qui menace de produire un terrible changement climatique tout en compromettant la durabilité de l’environnement naturel. Nous les chrétiens orthodoxes avons appris des Pères de l’Église à limiter nos besoins dans la mesure du possible. Au consumérisme, nous opposons l’ascétisme. Un ethos d’autolimitation des besoins à l’indispensable. Cela n’implique pas privation, mais rationalisation de la consommation et désapprobation éthique de la prodigalité. L’apôtre du Christ nous exhorte : « Si donc nous avons nourriture et vêtement, nous nous en contenterons » (I Tm 6,8). Christ lui-même, en multipliant les cinq pains pour rassasier cinq mille hommes, hormis des femmes et des enfants, a prescrit de rassembler les morceaux qui restaient « de sorte que rien ne soit perdu » (Jn 6,12). Malheureusement, les sociétés modernes ont renoncé à pratiquer cette prescription, livrées à la prodigalité et à l’exploitation insensée pour satisfaire un sens de prospérité vain. Ces comportements sont cependant susceptibles d’être modifiés, moyennant une éducation appropriée, pour économiser des ressources et de l’énergie.

Frères et enfants dans notre Seigneur et Créateur commun,

Nous les humains sommes les destructeurs de la création, à cause de notre avidité, de notre attachement à la terre, aux biens terrestres que nous tentons d’accroître sans cesse, à l’instar du « riche insensé » de l’Évangile. Nous oublions l’Esprit saint en Qui « nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17,28). Cela signifie que pour juguler la crise écologique, il faut agir de façon concertée, mais toujours en l’Esprit saint, par la Grâce de Qui nos efforts humains sont bénis et se renouvelle l’entière création, retournant à sa première condition, telle qu’elle fut créée « très bonne » par Dieu. C’est pourquoi, c’est à l’homme, cocréateur et doté du libre arbitre, qu’il incombe de faire face à la crise écologique.

La terre ressemble à « un gigantesque tas d’ordures » (François, pape de Rome, Encyclique 2015). Ce ne sont pas uniquement des immondices matérielles, mais avant tout spirituelles. Ce sont des ordures provenant essentiellement des pensées malsaines de l’être humain lui-même. Toutefois, nous les chrétiens orthodoxes, forts de la certitude de notre foi au Seigneur tout-puissant, Auteur de toute la création, sommes appelés à faire œuvre d’évangéliste, d’apôtre, aussi en matière de protection de la création : autrement dit, ranimer le message évangélique joyeux dans le monde tumultueux d’aujourd’hui ; réveiller la nature spirituelle somnolente de l’être humain, diversement éprouvé à bien des reprises et de bien des manières ; transmettre, enfin, un message d’espérance, de paix, de vraie joie de la paix, de la joie du Christ.

Pensant ainsi et proclamant cette vérité depuis notre très saint Trône œcuménique apostolique et patriarcal, nous appelons le monde entier à faire preuve de vigilance, à se débarrasser de pensées fourbes et de mobiles intéressés pour vivre en harmonie avec le prochain et avec la création « très bonne » de Dieu. Nous prions et souhaitons avec Basile le Grande qui « a expliqué la nature des êtres » : « Béni sois-tu, Seigneur, le seul à renouveler tes œuvres quotidiennement ; béni sois-tu, Seigneur, qui créas la lumière et les ténèbres, et qui les distinguas ; Béni sois-tu, Seigneur, créant et réformant tout, éloignant l’ombre de la mort et transformant le jour en nuit ; Béni sois-tu, Seigneur, qui créas l’homme à ton image et ressemblance, créant le jour dédié aux œuvres de lumière et la nuit pour le repos de la nature humaine… » .

Ceci est notre message, notre conviction et notre exhortation à vous tous : Tenons-nous bien, tenons-nous dans la crainte devant la création de Dieu. Que la grâce et l’infinie miséricorde de notre Seigneur, auteur de la création tout entière, visible et invisible, soient avec vous tous et avec le monde entier, toujours et dans les siècles infinis. Amen.

Le 1er septembre 2015, † Bartholomaios de Constantinople, fervent intercesseur auprès de Dieu

ORTHODOXIE – Halki est beau le messager qui vient sur la montagne

2015 HalkiLe blog E&E a déjà évoqué la mobilisation du patriarche Bartholomée sur les questions environnementales. Après le travail fait sur les grands fleuves du monde, il invite désormais chaque année à un sommet sur l’environnement, à Halki, sur cette petite île qui accueillait le séminaire grec orthodoxe et qui est désormais un institut d’études théologiques.

Ce 2e sommet se déroulera du 8 au 10 juin et a pour titre « Théologie, Ecologie et Parole : un colloque sur l’environnement, la littérature et les arts ».Un colloque universitaire donc, organisé en collaboration avec la Southern New Hampshire University. Une rencontre qui fait aussi écho au Symposium international sur « Religion, science et environnement » qui s’était déroulé en  1995 à Patmos.

« L’objectif du colloque – explique le Patriarche œcuménique dans un message diffusé par les moyens de communication du Patriarcat – est d’approfondir les racines littéraires et philosophiques de notre préoccupation pour une gestion de l’environnement équilibrée et soutenable ».

Parmi les intervenants figurent des lettrés tels que Terry Tempest Williams et des théologiens tels que l’anglican Timothy Gorringe.La première intervention sera confiée au Métropolite Iohannis.

DL

Source: Agence Fides

ORTHODOXIE – Une voix qui ne crie pas dans le désert

Chryssavgis Le mouvement Ourvoices signale qu’il a désormais un nouvel ambassadeur spirituel. Il s’agit du F. Jean Chryssavgis, conseiller théologique du patriarche vert, le patriarche orthodoxe Bartholomeos.

Il rejoint ainsi un ensemble de responsables religieux de diverses traditions. qui forment déjà un réseau actif au sein de ce mouvement. Devenu archidiacre en 2012, il a régulièrement conseillé le patriarche sur des questions environnementales telles que celles du dérèglement climatique. Il est aussi auteur de plusieurs livres, à l’interface de l’écologie, de la justice sociale et de la paix.

DL

EGLISES – Pour une écologie orthodoxe

ecologie russeGrâce à l’aide précieuse de l’ami Slava, voici une traduction du texte du Conseil des évêques orthodoxes de l’Eglise orthodoxe russe publié début février 2013. A ma connaissance, il n’avait pas encore été traduit en français.

La position de l’Eglise orthodoxe russe sur les questions environnementales importantes

Toute l’humanité est responsable de l’état de la nature – la Création de Dieu. L’épuisement des ressources et la pollution de l’environnement sur fond d’une population mondiale croissante soulèvent avec une acuité particulière la question des efforts conjoints de toutes les nations pour sauvegarder la diversité de la vie, l’utilisation diligente des ressources naturelles et la prévention des catastrophes écologiques provoquées par l’activité humaine.
Celles ci aboutissent à une distorsion de la nature primordiale.L’ Écriture témoigne que « la Création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais par celui qui l’y a soumise » (Rom 8:20). Pollution et destruction de la nature sont donc comme une conséquence directe du péché humain, comme son incarnation visible. Ces diverses manifestations de l’attitude pécheresse envers la nature sont caractéristiques de la «société de consommation» moderne, qui a pour but principal de réaliser des bénéfices. La seule possibilité de rétablir la santé de la nature est la renaissance spirituelle de l’individu et de la société, une relation vraiment chrétienne de l’homme ascétique à ses propres besoins, la lutte contre les passions, l’auto-retenue cohérente.
Les principales dispositions de la position de l’Eglise orthodoxe russe sur la conservation de la faune et de l’environnement sont contenues dans sa doctrine sociale (section XIII, «L’ Eglise et les problèmes écologiques ») et la doctrine de la dignité humaine, la liberté et les droits humains (section III.5). Guidé par le commandement de Dieu de garder le monde créé (Gen. 2:15) et de prendre soin de sa santé physique et spirituelle, l’Eglise orthodoxe russe s’est engagée à continuer à participer à la discussion sur les questions environnementales, ainsi que de travailler dans ce domaine en collaboration avec tous ceux qui sont préoccupés de maintenir un environnement sain et normal.
1. Compréhension théologique des questions environnementales
L’Église orthodoxe russe, confessant l’enseignement biblique sur la relation entre l’homme et le monde créé, est prête à contribuer à la compréhension des bases philosophiques nécessaires pour mener des études et des actions sur l’environnement. L’Eglise témoigne en effet de l’unité du monde créé par Dieu. Elle offre ainsi une image complète de l’existence humaine, en soulignant notamment la différence entre la vision du monde théocentrique, celle de l’anthropocentrisme humaniste qui tend à considérer l’environnement comme une simple source de « consommation égoïste et irresponsable » (cf. Eléments de la doctrine sociale de l’Eglise orthodoxe russe, XIII, 4) et celle de la déification païenne de la nature qui tente de l’élever parfois au-dessus de l’homme, en déclarant inutile tout effort humain pour la transformer
Or, la Parole de Dieu enseigne que le monde est une « maison » que Dieu a créé et dans lequel il a placé l’homme. (Gn 1,28). Par conséquent, l’homme est l’intendant du monde créé. Il adore non pas la nature mais son Créateurr (Rom 1,25). Une attitude bonne et respectueuse envers la nature est basée sur la prise de conscience profonde que Dieu a créé par bonté le monde et tous les êtres vivants (Gn 1,8-25). Avec le saint prophète David tout le monde peut s »écrier: «Ton oeuvre me réjouis, Seigneur. J’admire l’oeuvre de tes mains » (Ps91,5).
À la lumière des Écritures, c’est l’Éternel qui appelle l’homme à assumer sa mission dans ce monde créé. Il l’invite à utiliser les biens matériels afin de maintenir sa vie physique. (Gn 1,29). Le livre de la Genèse montre aussi que le Seigneur a révélé à l’homme la possibilité d’apprendre et d’étudier la Création, et ainsi de la dominer. (Gn 1,28). Ce qui ne serait pas possible si l’humain n’accédait pas à la connaissance des lois de la nature. D’une importance particulière pour la bonne compréhension de la place de l’homme dans l’univers est la doctrine biblique de la domination de l’homme sur le monde créé par Dieu. Un travail qui doit s’aligner sur celle du Créateur sur l’Univers, parce que l’homme est créé à l’image de Dieu. L’abbé Dorothée de Gaza écrit: «Il faut garder sans cesse conscience de ce rapport similaire à Dieu, au prochain et aux choses. » Chacun est appelé à participer à cette créativité, qui permet la protection et la préservation du monde.  « Dieu prit l’homme [qu’il a créé] et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder.» (Gn 2,15).
Une des conséquences de la chute originelle est la violation de cette relation divinement établie avec la nature. L’homme, du coup, se laisse guider par des motifs égoïstes et consommateurs. Par conséquent, toute démarche de protection de l’environnement est inutile si l’on ne reconnaît pas cette aliénation et si l’on ne cherche pas à revenir aux commandement de Dieu.
Compte tenu de l’importance des questions environnementales, il est nécessaire de développer dans les établissements d’enseignement supérieur de l’Eglise des études théologiques sur la relation de l’homme et du monde créé. Il est nécessaire aussi d’examiner les enjeux environnementaux par le biais de forum scientifiques et pratiques, pour l’Eglise. Ces discussions théologiques et fraternelles doivent se développer au sein des Eglises orthodoxes mais aussi dans le dialogue oécuménique et inter-religieux. En ce qui concerne les questions environnementales, l’Église, associant enseignement théologique et données scientifiques modernes sur le monde, doit prendre en compte les approches de disciplines scientifiques et la conscience environnementale présente dans l’opinion publique.
2. La vie liturgique de l’Église et de l’écologie
L’Église appelle la grâce de l’Esprit Saint non seulement pour l’homme mais aussi pour le monde entier. La Divine Eucharistie sanctifie les cosmos créé. Fruits de la terre et des œuvres des mains humaines, le pain et le  vin, sous l »action de l’Esprit Saint, sont modifiés dans le Corps et le Sang du Christ, pour sanctifier les fidèles. La consécration de l’élément de l’eau, telle qu’elle est célébrée à l’Epiphanie, ouvre une nouvelle perspective pour l’existence matérielle : l’eau est sanctifiée avec de l’eau bénie, « qui conduit à la vie éternelle. » L’Église a toujours répondu par la prière aux actions qui nécessitent l’interaction entre l’homme et la nature. C’est aussi le cas pour la situation dans laquelle les éléments naturels sont devenus hostiles à l’homme. L’Eglise prie quotidiennement pour la « météo des saisons et l’abondance des fruits de la terre ». Elle multiplie aussi les prières spéciales pour les gens, les travailleurs, pour la délivrance de catastrophes naturelles et des animaux malveillants.
Dans le contexte des crises et des catastrophes environnementales, les gens sont dans un besoin urgent de soutien par la prière. Il est important de les publier, en les adaptant, pour que, par l’invocation de l’aide de Dieu, les activités agricoles et les actions de protection de l’environnement soient prise en compte dans ces prières. Il est possible aussi, en plus de ce qui existe déjà, de créer des actions liturgiques et certaines prières à l’occasion de catastrophes naturelles ou provoquées par l’action humaine.
3. L’éducation environnementale
L’Eglise orthodoxe russe maintient qu’une personne change le monde autour d’elle en conformité avec le monde qu’elle porte en soi. La transformation de notre rapport à  la nature doit donc commencer en surmontant la crise spirituelle de l’humanité. Une véritable alternative à la surconsommation est le mode de vie chrétien. Le christianisme enseigne la culture de la modération et de la bonne mesure pour les besoins de la vie, la responsabilité dans les actes posés et donc le refus des actes insensés comme le gaspillage de nourriture, le respect des besoins des autres, la compréhension de l’importance des valeurs spirituelles pour chaque personne. Un bon exemple d’attention et de lien chaste à l’environnement est celui des monastères orthodoxes, qui ont développé une interaction fructueuse entre la bonne volonté humaine et la puissance sanctifiante de Dieu, y compris dans le domaine de l’agriculture.
Les membres du clergé devraient être encouragés à étudier les bases de l’écologie en tant que science et les lois du fonctionnement de la biosphère. Pour l’éducation des enfants et des jeunes dans l’esprit de responsabilité envers la nature, il semble nécessaire d’introduire des sujets d’éthique de l’environnement dans l’Eglise chrétienne, et si possible dans le programme laïque d’éducation et de formation, afin de promouvoir l’introduction des questions environnementales en termes d’activités scientifiques et éducatives dans les instances religieuses les plus élevées tout comme dans les écoles du dimanche ou les camps pour enfants. Tout en développant l »éducation spirituelle et l’attention aux pratiques de recyclage par exemple. Il est donc aussi souhaitable d’organiser des cours spéciaux et des programmes d’éducation religieuse, révélant la conception orthodoxe sur les questions environnementales pour les étudiants et la communauté scientifique, ainsi que les activités environnementales théoriques et pratiques régulières pour les enfants et les adultes.
4. L’Eglise est invitée à participer à des actions environnementales
Clergé et les laïcs sont appelés à développer leurs efforts pour protéger activement l’environnement. Cette activité devrait être principalement axé sur la conviction que seuls l’abstinence, le respect d’autrui et la responsabilité de chaque personne, basés sur les commandements de Dieu, permettront à l’humanité de surmonter les problèmes environnementaux. Les croyants orthodoxes sont invités à faciliter le développement et la mise en œuvre de technologies et de méthodes de gestion économique porté par une nouvelle sensibilité au respect de l’environnement.
Un programme environnemental peut aussi être développé dans le travail pastoral et diocésain. Le thème de l’écologie peut être considéré, en effet, comme une composante de l’activité missionnaire, pastorale, sociale et auprès des jeunes. Il y a là un grand potentiel pour la mise en œuvre pratique de l’approche orthodoxe de l’écologie telle qu’elle est vécue dans les monastères et les paroisses qui comprennent les soins à prodiguer à la nature. Il faut aussi encourager le développement dans les monastères et les paroisses rurales d’une production agricole saine et respectueuse de l’environnement pour les fermes de leurs secteurs.
5. Collaborer avec le public, le gouvernement et les institutions internationales dans le domaine de l’écologie
Dans les travaux de protection de la nature, l’Eglise orthodoxe russe est ouvert au dialogue et à la coopération avec la société civile, le gouvernement et les institutions internationales. L’Eglise souligne que les questions environnementales ne peuvent être l’objet de manipulations politiques ou économiques, de manière à satisfaire les intérêts égoïstes des individus et de groupes sociaux. Si c’était le cas, l’Eglise se réserve le droit de s’abstenir de toute coopération avec de tels projets environnementaux. L’Eglise se réserve également le droit de faire une évaluation critique de l’action des pouvoirs publics, les organisations internationales, les institutions publiques et scientifiques, qui peuvent avoir un impact négatif sur l’environnement, et à travers elle – la santé et la vie des personnes.
Une importance particulière pour l’Eglise est à accorder au dialogue avec des experts et des dirigeants, en ce qui concerne les décisions stratégiques concernant le développement urbain, agricole, industriel et minier, ainsi que le soutien à la recherche dans le domaine de l’économie des ressources, le développement et le déploiement de technologies propres, la recherche de sources alternatives d’énergie,  et la conservation des fonctions des écosystèmes naturels. Diocèses, paroisses et doyennés peuvent aussi signer des accords de coopération avec les autorités régionales et locales qui visent à préserver l’environnement.
Dans le cadre de collaboration avec l’Etat et la société civile sur les questions environnementales, l’Eglise est prête à :
– participer à des forums, des conférences et réunions de l’accent sur l’environnement, pour faire connaître à tous les intervenants sa compréhension des enjeux environnementaux et son expertise pour les résoudre.
– évaluer les projets économiques socialement significatifs affectant l’état de la faune et de l’environnement
– réaliser des projets communs avec le public, le gouvernement et les organisations internationales
-développer activement la présence de l’Eglise dans le travail de l’environnement social et scientifique aux niveaux international, national et régional
– participer à l’élaboration, la négociation et la mise en œuvre des programmes d’information, d’éducation et de formation qui ont une composante environnementale, ainsi que des lois et règlements affectant d’une manière ou d’une autre les questions environnementales.
Dans un dialogue avec les représentants de la société, le gouvernement, les organisations internationales, l’Eglise orthodoxe russe considère qu’il est de son devoir de promouvoir des personnes appartenant à différents réalités sociales, ethniques et culturelles, d’âges et de profession différents pour développer partout le sens de la responsabilité envers la Création de Dieu et soutenir ainsi leur travail dans cette direction.