AMAZONIE – L’Eglise catholique sort de sa réserve

2017 ECOLOGIE Pape François Colombie

CP : Osservatore Romano / Voyage du pape en Colombie en septembre 2017

Parmi les informations que le blog E&E n’a pas encore traité, il faut maintenant parler de cet important appel du pape François pour préparer une assemblée des évêques consacré au devenir de l’Amazonie. Une intention ancienne qui commence à prendre chair.

En mai et septembre, avec les évêques du Pérou puis de l’Équateur, le pape avait déjà évoqué ce projet. Le pape François a profité de l’Angélus qui a suivi la célébration de canonisation de 35 nouveaux saints dont 3 enfants indigènes martyrisés à Mexico au XVIe siècle, pour faire cette annonce importante : en octobre 2019, une assemblée spéciale du Synode des évêques se tiendra à Rome et sera consacrée à l’Amazonie.

Il répondait ainsi au «  désir de certaines conférences épiscopales d’Amérique latine ainsi que la voix de divers pasteurs et fidèles d’autres parties du monde ». « L’objectif principal (…) est d’identifier de nouvelles voies pour l’évangélisation de cette portion du peuple de Dieu, spécialement les indigènes, souvent oubliés et sans perspective d’un avenir serein ».

Le secrétaire général de la Conférence épiscopale équatorienne, Mgr René Coba Galarza, a raconté que pour le pape François, « le grand défi est toujours de rendre crédible l’Évangile sans piétiner leurs convictions, leur vision du monde, mais plutôt en évangélisant leurs racines ». Pour le pape François « a parlé de la nécessité d’”entrer” dans la culture indigène avant tout en se mettant à l’écoute, en apprenant la langue, puis en entrant dans le cœur de ces peuples. » Sans oublier « la crise de la forêt amazonienne, poumon d’importance capitale pour notre planète ».

 

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Orpaillage et respect des peuples

guyane 2013Une réaction de Mgr Emmanuel Laffont, interrogé par E&E, a propos de récentes annonces de projets miniers dans les secteurs guyanais, notamment certains parcs nationaux protégés…
 »  Pour ce qui concerne le débat autour des projets miniers, je suis bien sûr au courant et je suis attentivement tout ce qui se dit et qui se cherche. Le décret de permis d’exploitation n’a pas encore été délivré. Il faudra, à mon sens, toujours tenir compte de plusieurs principes qui doivent élaborer entre  eux des compromis :
 
1. L’or est une richesse importante en Guyane. Actuellement il est pillé par des clandestins. Nous ne pourrons les éradiquer qu’en prenant à notre compte, là ou c’est possible, une exploitation légale et respectueuse des procédures et de l’environnement. Le vide actuel aspire tous ces clandestins car la nature a horreur du vide, et d’ailleurs, ces personnes sont parmi les plus adaptées à la vie en forêt. Ce qui signifie qu’une exploitation légale devra pour une part recourir à leur service, en respectant leurs droits et ceux de la nature.
 
2. La protection de la forêt, de ceux qui y habitent, de l’environnement et des projets liés à la biodiversité et à un tourisme légitime sont une priorité de même valeur.
 
3. Seule la concertation entre toutes les parties intéressées (peuples autochtones, parc Amazonien, entreprises minières, collectivités locales et Etat) peut parvenir à une solution qui soit en faveur du bien commun. Je pense que la préfecture et le préfet Denis Labbé sont parfaitement placés pour conduire ce dossier à bon port.
 
† Emmanuel Lafont
évêque de Cayenne

Une indienne dans la vie

Katéri GUyaneOn a déjà parlé sur ce blog de « l’autre » sainte catholique écologique, qui a été canonisée récemment, sainte Katéri Tekakwitha.

Cette jeune iroquoise née vers 1656 dans le nord-est américain d’une mère chrétienne capturée par les Iroquois, reçue d’elle la foi et fut baptisée dans sa jeunesse après avoir été catéchisée par un Jésuite missionnaire.  « Je ne suis plus à moi ; je me suis donnée tout entière à Jésus Christ. Il ne m’est plus possible de changer de maître, » dit-elle un jour à son confesseur. Morte à l’âge de 24 ans, après une vie faite de renoncements et de prière, celle qui fut surnommée le « lys des Mohwaks » a désormais une réputation qui rayonne sur d’autres peuples indiens.

Ainsi, le 21 octobre 2012 dernier, au moment de sa canonisation à Rome par le pape Benoît XVI, Sainte Katery a aussi permis au chef coutumier du village guyanais de Bellevue (Iracoubo) d’être là. Quelques mois plus tard, c’est tout son village qui s’est mis sous le patronage de cette belle figure de la sainteté indienne. Mgr Ghislain Laffont, évêque de Guyane, témoigne sur son site Facebook :

 » Dimanche 13 janvier, ce fut un grand jour à Bellevue, village amérindien de la commune d’Iracoubo. Nous avons célébré la canonisation de la patronne du Village, Sainte Katéri Tekakwitha en présence de Chantal Berthellot, député de la 2ème circonscription, du Maire et Conseiller Général Daniel Mangal, de Jean-Claude Labrador, Conseiller régional et de Cécile Kouyouri, Chef coutumier du village. »

DL