RENDEZ-VOUS – Et après la COP21, elles font quoi les Eglises, hein ?

L’ami Martin Kopp est de retour sur Paris. Une belle voix chrétienne sur les débats en cours autour des urgences climatiques. C’est le 26 avril prochain à la paroisse St Roch.

Alors que le réchauffement n’en finit pas, nul ne peut l’ignorer après la COP 21, que font les Eglises ? Si l’on ne monte plus guère en chaire, les homélies restent un lieu privilégié pour l’écoute et l’absoute. De fait, elles ne laissent que bien peu de place au respect et à l’amour de la Création. Mais, si l’on va au fond des choses, dans leur profonde réalité, comment agissent et réagissent les chrétiens ? Pour le commenter, Martin Kopp est un grand témoin.
A peine trentenaire, fils de pasteur, doctorant à la faculté de théologie de Strasbourg, il a été chargé par la Fédération Luthérienne du plaidoyer pour la justice climatique.
A ce titre, il participe à de nombreuses réunions oecuméniques. Il était présent aux plus récentes COP. Il saura dire si et comment les chrétiens se mettent enfin en ordre de marche après avoir reçu leur feuille de route et nonobstant les péripéties électorales.
Npn seulement gardiens mais garants de la Création, à la suite du Christ, ils ne peuvent se dérober aux rendez-vous de l’Histoire, alors que l’humanité est aujourd’hui en cause, pleinement et tout entière.

 

SESSION – Belle-île en mer et en terre

2016 KergallicCet été, du 17 au 23 juillet, une session avec le dominicain Benoît Ente et le théologien protestant Martin Kopp vous invite, en Bretagne, à contempler l’oeuvre de la Création dans la nature et dans notre vie.

Inspirés par la Bible et des théologiens contemporains, stimulés par la nature belliloise et une réflexion en ateliers, nous vivrons une semaine œcuménique et écologique. Pour découvrir la place de la Création dans l’œuvre du Salut et nous engager dans une démarche de conversion à la suite de Laudato Si. Une invitation à devenir ensemble des acteurs éclairés de la conversion écologique.

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POST-COP21 – Les jeûneurs ont encore faim

Un article du site Aleteia donne la parole à Martin Kopp qui a été un des acteurs du « jeûne pour le climat » en France, jusqu’à la COP21. Il annonce que l’opération se poursuit.

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Martin Kopp est chargé de plaidoyer pour la justice climatique de la Fédération luthérienne mondiale. Il a coordonné le « jeûne pour le climat » qui se déroulait tous les premiers jours de chaque mois depuis 2013 et nous fait part de son bilan de la COP21 et des perspectives pour 2016. 

Aleteia : Le « jeûne pour le climat », va-t-il se poursuivre en 2016 ?
Martin Kopp : Oui, cela va continuer, mais sous une forme différente que celle des années précédentes. Nous devions le stopper à la fin de la COP21, le 1er décembre 2015. Mais après cette « dernière fois », de nombreux groupes de jeûnants m’ont dit qu’ils continueraient cette initiative. J’ai, par exemple, reçu le courriel d’une dame me disant : « Je ne suis pas d’accord avec la fin de cette initiative. J’ai redécouvert le jeûne grâce à vous, je veux continuer à le faire le 1er de chaque mois ». Dans le diocèse de Nantes, un groupe m’a déjà dit : « Nous, on continue ».

Quelle forme la poursuite de ce « jeûne pour le climat » pourrait prendre ?
Nous sommes en train de discuter à l’international pour voir ce que nous pourrions organiser. Cela ne sera pas pareil qu’en 2014 et en 2015 car avant, il y avait l’objectif de la COP21. Le 22 avril prochain, c’est la cérémonie de signature de l’accord à New York, au siège de l’ONU sur invitation de Ban Ki-moon. Cela pourrait être un premier objectif. Un second serait la COP22 au Maroc en novembre prochain.

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CLIMAT – Luther contre le changement climatique

2014 FPF ClimatSorti depuis un mois, le livret de la Fédération protestante de France va rester d’actualité toute l’année. En effet, il offre une réflexion éthique et théologique sur les changements climatiques, quelques mois avant la conférence de l’ONU Paris climat 2015.

Parmi les auteurs du livret, on retrouve notamment Martin Kopp, de la Fédération luthérienne mondiale qui a initié le « jeûne pour le climat » mensuel en France. On retrouvera d’ailleurs, à la fin du livre, la déclaration publique sur la justice climatique du Conseil de la Fédération luthérienne mondiale adopté à Medan (Indonésie, juin 2014), ainsi que la note du Conseil œcuménique des Églises sur le réchauffement planétaire et le changement climatique. Une lecture stimulante rappelant notamment que pour appréhender ces questions, les communautés chrétiennes sont invitées à marcher sur leurs deux ‘jambes’ : une saine théologie de la Création conjuguée à une forte théologie de la justice.

La question du climat est devenue prioritaire pour la Fédération protestante de France, elle estime qu’il est important de prendre part à ce débat et d’aider chacun à se saisir de cette question. Une équipe de spécialistes et de théologiens s’est donc penchée sur cette question et poursuivra son action de plaidoyer jusqu’en décembre 2015. Cet ouvrage sera transmis à plus de deux cent personnalités politiques et médiatiques concernées par ces enjeux, il éclaire d’un regard inédit cette question : l’angle théologique et éthique.

« Après un rappel des données scientifiques issues du dernier rapport d’évaluation du GIEC, que nous reconnaissons, nous y soulignons que le changement climatique pose à nos yeux un triple enjeu de justice – internationale, intergénérationnelle et sociale –, et fondons notre réflexion non sur la culpabilité, mais sur la reconnaissance comme puissant mobile pour agir – une « reconnaissance » à comprendre dans ses deux sens de gratitude pour un monde reçu, hérité, et de réciprocité. Nous parvenons à la proposition d’une éthique climatique fondée sur la justice et la sobriété heureuse. Sur la base de ce travail de fond, nous nous engageons et mobilisons, au sein du protestantisme mais aussi aux côtés d’autres acteurs religieux et de la société civile, afin d’apporter notre contribution à l’adoption d’un accord universel ambitieux, légalement contraignant et juste lors de la COP21, à Paris l’an prochain. La France étant hôte de la COP21, il nous paraît essentiel qu’elle se montre exemplaire, tant au niveau national que dans le dialogue avec ses partenaires internationaux. Nous devons y apporter notre pierre : puisse notre document sur les changements climatiques interpeller le plus grand nombre pour que chacun comprenne le rôle crucial qu’il peut jouer dans cet enjeu planétaire. »

DL

Les changements climaques, Martin Kopp, Otto Schäfer, Claire Sixt-Gateuille; Jacques Varet, Vincent Wahl

48 pages, dont 16 en cou-leurs Format 15 x 23 cm, 8,00 €

 

RELIGIONS – Fauchet, mais plein de ressources

2014 Etats d'âmeFrançois, sur son blog Etats d’âme, donne l’intégralité d’un article écrit par Benoît Fauchet, un journaliste de l’AFP, s’étonnant de la conscience écologique des chrétiens en France.

Dieu est-il écolo ? »Des responsables religieux s’engagent en tout cas sur le changement climatique, appelant à la sobriété au nom d’une « théologie de la création » qui résonne de Lima à Paris, où un accord de lutte contre le réchauffement est espéré fin 2015.  « L’idée d’un jeûne – pratique observée dans la plupart des grandes traditions religieuses – pour le climat a été lancée en novembre 2013 à la dernière conférence internationale sous l’égide de l’Onu, à Varsovie. « Cette initiative symbolique a fait son chemin depuis, avec un jeûne le 1er de chaque mois, soutenu par une quarantaine d’organisations dans le monde. « Au premier jour de la nouvelle conférence climat de Lima, lundi, une « chaîne mondiale » a même été lancée, qui doit être animée par 365 jeûneurs, croyants ou non, se relayant chaque jour jusqu’à la conférence de Paris.  « Et dimanche, des veillées de prière, associant le rite de la lumière, devraient être organisées dans une trentaine de villes dans le monde par le réseau Our Voices, qui annonce d’autres mobilisations pour que le sommet de Paris « réussisse là où tout le monde a échoué par le passé ».

« Réveiller les consciences »

« Mgr Marc Stenger, chargé de l’environnement à la Conférence des évêques de France, défend ces formes spirituelles d’engagement. « Nous croyons à la valeur et à la force de la prière et du jeûne », explique-t-il avant de partir à Lima. « Je ne sais pas si on pèsera sur les négociations. Ce que je sais c’est que nous devons tenir un discours éthique, réveiller les consciences pour changer nos modes de vie », ajoute l’évêque de Troyes.  « Mais qu’ont les religions de si particulier à dire sur ces enjeux ? « Dans la Bible, qui est notre source, il y a une affirmation très claire que l’homme est étroitement lié à la création, et qu’il doit traiter avec respect ce que Dieu a mis à sa disposition », souligne Mgr Stenger.  « François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF), voit lui la création comme une « grâce reçue et à partager ».
« La grâce a pour nous des implications: la justice, la solidarité et un regard très critique sur l’obsession productiviste et consumériste », dit ce pasteur réformé, qui appelle à « faire fructifier le monde mais ne pas en abuser », dans un esprit de « frugalité joyeuse ».

Les autres religions aussi

« Longtemps peu visibles sur ces questions scientifiques, les religions s’affichent aujourd’hui sans complexes. « Les chrétiens bien sûr, mais aussi, de manière moins organisée, musulmans, juifs et bouddhistes. « Ainsi du rabbin franco-israélien Gabriel Hagaï, séduit par l’esprit d' »ouverture » interreligieuse qui souffle sur le jeûne pour le climat. « Un engagement évident également pour l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou, qui souligne que « la question de la nature et de l’environnement est inscrite dans les conditions théologiques et spirituelles du musulman », même si beaucoup de fidèles « ne connaissent pas la tradition coranique » sur ce point. « Les initiatives du pape François sont désormais très attendues. Celui qui a choisi son nom de règne pontifical en hommage à saint François d’Assise, « patron des écologistes », devrait publier en 2015 une encyclique consacrée aux enjeux environnementaux, et il est possible qu’il participe la même année à un sommet interreligieux sur le climat. « Des personnalités comme Christiana Figueres (la responsable climat de l’Onu) et Nicolas Hulot font le pari que l’étincelle pour combler l’écart entre la connaissance des problèmes et l’action peut venir des grandes autorités morales et religieuses de ce monde. Pour l’Onu, nous sommes plus que des partenaires: un peu le levier de la dernière chance », estime Martin Kopp, chargé de plaidoyer pour la Fédération luthérienne mondiale.

« Mais les Églises ont-elles des leçons écologistes à donner ?

« Mgr Stenger reconnaît un « devoir d’exemplarité » des communautés religieuses, notamment dans la construction et le fonctionnement de leurs bâtiments au regard des normes environnementales, et ne nie pas les progrès à réaliser dans ce domaine. « Il faut être les premiers à mettre en œuvre les conséquences de ce à quoi nous croyons« , dit-il »

Benoît Fauchet (AFP)