SAINTETE – L’hirondelle qui fait le printemps

2017 ECOLOGIE HildegardeDans la série des comédies musicales de la rentrée, on peut noter celle qui évoquera la belle figure de … Hildegarde von Bingen. Montée par l’association Révélateur fondée il y a vingt ans par Hugues-Olivier Brillouin et le P. Jean Marie Luc Brun de la communauté St Jean. Leur projet initial est de créer un spectacle « son et lumière » pour promouvoir et valoriser l’art chrétien.

Pendant un mois, des jeunes (près de 180 !) réunis de toute la France, ont mis leurs talents de ce projet qui témoigne aussi de leur foi. « Ce mois de répétitions intensives en master class donne lieu à une comédie musicale qui est jouée dans le sud pendant l’été, puis qui part en tournée à Paris pendant l’année », explique le site de l’association.

Pour rappel, Hildegard, née le 16 septembre 1098 dans la Hesse rhénane et morte le 17 septembre 1179, a eu un beau parcours de femme et de religieuse bénédictine, marquée par des visions mystiques, compositrice de musique, auteur, naturopathe. Et reconnue sainte et docteur de l’Eglise le 7 octobre 2012.

Occasion de réviser ses connaissances sur ce sacré bout de femme.

Hildegarde de Bingen est médecin, son double don de voyance et de guérisseuse en fait l’un des plus renommés de son temps. Sa médecine combine des éléments savants de grands auteurs, et des ressources locales de médecine populaire. Ses ouvrages médicaux sont au nombre de trois :

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Une docteur au chevet de la planète

Parmi les raisons qui ont poussé Benoît XVI a faire de sainte Hildegarde von Bingen (1098-1179) une docteur de l’Eglise, le P. Pierre Dumoulin, recteur de l’Institut de théologie catholique de Tbilissi (Géorgie), bon connaisseur de la sainte mosellane, pense qu’il faut citer notamment :

 » L’écologie, car de cette vision de l’homme et de l’univers découle une responsabilité: dans son œuvre dignité rime avec responsabilité. Hildegarde met en garde l’homme contre l’injustice d’une vie désaxée qui méprise les commandements de Dieu et l’amour du prochain : c’est cela qui détruit la terre et le cosmos tout entier. La racine du mal qui ronge l’univers est dans le cœur de l’homme et le destin de la planète passe par une conversion profonde, non seulement des comportements, mais des cœurs. Par moments, lorsqu’elle évoque la saleté que l’homme répand dans le monde, elle semble décrire notre époque et annonce des conséquences terribles dont nous avons déjà l’avant-goût. »

P. Pierre Dumoulin, auteur de Hildegarde de Bingen, prophète et docteur pour le troisième millénaire, 2012, Ed. Béatitudes.

Quoi de neuf, docteur Hildegarde ?

La récente reconnaissance des vertus de sainte Hildegarde von Bingen a mis en lumière la fécondité spirituelle et culturelle de cette femme du Moyen Age, mystique et responsable de communauté, musicienne et médecin par les plantes etc. Une figure particulièrement intéressante dans le panel des témoins d’une tradition chrétienne attentive au cosmos et au salut de ce monde.

Un entretien récent avec Camille, une chanteuse française, dans le magazine La Vie, témoigne de cette influence hors-cercles de « docteur Hildegarde » ! Elle devient bien sûr très vite, dans une lecture très moderne, une espèce de « chamane » désincarnée de tout référentiel historique et donc un personnage transgressif et new age. On n’est évidemment pas obligé de partager cette lecture réductionniste de ce que deviennent ces figures chrétiennes. Mais qui sait ce que fait l’Esprit dans les chemins détournés de la culture contemporaine ?

 

Comment avez-vous « rencontré » Hildegarde de Bingen ?

Il y a une dizaine d’années, ma sœur, qui travaillait alors à la FNAC, m’a apporté le disque « les chants de l’Extase » et j’ai écouté la musique si atmosphérique, subtilement répétitive comme les ragas indiens, d’Hildegarde. J’ai été apaisée, et je n’ai plus cessé d’ écouter ce CD. Il avait vraiment un effet physique sur moi. Je pense que cela a à voir aussi avec le fait que la musique modale est moins habituelle dans notre environnement musical. (…)

Qu’est-ce qui vous a particulièrement intéressée dans son parcours ?

C’était un génie qui, grâce à son énergie spirituelle, a eu le temps de travailler sur tous les plans. Elle a eu cette chance de travailler jusqu’à très tard dans sa vie. J’aime ses livres où elle répertorie plantes, pierres, animaux…Thérapeutiques, ses textes sont aussi poétiques, avec cette écriture un peu désuète et si descriptive qui me fait penser parfois à Francis Ponge dans « Le parti pris des choses ». J’ai aussi « plongé » dans sa médecine. Cet été, j’ai essayé « le petit épeautre » dont elle parle beaucoup, et j’ai constaté ses vertus digestives, le serpolet aussi…J’aime que cette sagesse et cette médecine anciennes nous soient transmises. Avec Hildegarde, on n’a pas besoin d’aller chercher ailleurs, à l’autre bout du monde, et dans d’autres cultures, des produits pour se soigner. Nos céréales européennes ont de grandes vertus ! Lire la suite

Quoi de neuf, docteur ?

2012 sera donc une année Hildegarde von Bingen. La « sybille du Rhin » en effet est proclamée docteur de l’Eglise par Benoît XVI en septembre 2012. Devenant du coup la quatrième (!) femme dans l’histoire de l’Eglise a recevoir cette reconnaisssance, avec Thérèse d’Avila, Catherine de Sienne et Thérèse de Lisieux.

Une bonne occasion donc de découvrir l’oeuvre de cette mystique, visionnaire, botaniste, médecin, théologienne, musicienne, supérieure de communauté, femme engagée. Dans ses visions, la Création et la Trinité s’articulent avec bonheur dans un regard qui élargit les théologies trop scholastiques.

Le numéro 160 de la collection « Prier avec… » (Nouvelle Cité) lui est donc consacrée. Rédigé par Marie-​​Anne Vannier, philosophe et théologienne, elle est aussi direc­trice de l’équipe de recherche sur les mys­tiques rhénans., elle s’intéresse depuis long­temps à la théo­logie et à la spi­ri­tualité d’Hildegarde de Bingen.

128 pages – 12,50 €

DL