ETHIQUE – Qui veut la peau de Roger Rabbit ?

3516Il est peut être encore temps de s’inscrire pour les prochaines « summerclass » de Centre d’éthique animale d’Oxford ? Cette 4e session du genre abordera la question de l’éthique … de la fourrure animale. Une première mondiale, semble-t-il.

Du 23 au 26 juillet prochain, en effet, à la maison Saint-Etienne de l’université anglicane de théologie d’Oxford (GB), cette session rassemblera des universitaires du monde entier pour débattre de ce sujet nouveau et ancien à la fois (et à la foi). Parmi les contributions scientifiques annoncées, on peut déjà citer Dr Natalie Thomas, sur la chasse aux phoques au Canada (University of Guelph-Humber) ; Laura Donnellan, qui évoquera les réglements s’appliquant aux fourrures de chats et de chiens (University of Limerick) ; Pei F. Su and Yuan-Chih, Lung, aborderont l’industrie chinoise de la fourrure (ACTAsia, and Tsinghua University) et Kumud Kant Awasthi, la question de l’élevage d’animaux à fourrure en Inde (National Institute of Animal Welfare, India) ; et bien d’autres.

Des philosophes, des théologiens, des moralistes donc de plus de 12 pays aborderont les questions éthiques liées à cette activité, souvent destinée à la mode, et qui produit des millions d’euros de bénéfices chaque année sur le dos (!) de 60 millions d’animaux à fourrure tués chaque année.

Cette université d’été est organisée par le Centre pour l’éthique animale d’Oxford en partenariat avec le Respect for Animals Educational Trust.

Plus d’infos (en anglais)  ici.

DL

 

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ECOLOGIE – Des conférences bien en chaire

2015 Conf Jean Bastaire2016 approche. Et déjà les formations autour des thématiques écologiques s’annoncent. Par exemple, celles (plutôt universitaires), proposées par la Chaire Jean Bastaire, à Lyon.

Il sera question de climat, de science, d’éthique, de philosophie, d’économie…

Plus d’infos ici

2015 Conférences Ecologie Chaire Jean Bastaire

 

DL

NUCLEAIRE – Faut il attendre que nos coeurs fondent ?

947373_Spaemann_GottUndDieWelt.inddBertrand est travaillé par la dimension éthique de l’énergie nucléaire. Et on peut le comprendre. C’est à ce titre qu’il nous propose ici le fruit de sa réflexion à la suite du texte d’un entretien très intéressant avec le philosophe chrétien Robert Spaemann. Un philosophe qui est opposé clairement à l’usage de cette technologie.

 

Mais qui est Robert Spaemann ?

« Né en 1927 à Berlin de parents catholiques – son père est devenu un prêtre de veuf – Robert Spaemann a étudié la philosophie, les langues romanes et la théologie et a enseigné la philosophie dans diverses universités allemandes. C’est un conseiller apprécié du Pape Benoît XVI. Son dernier livre, « Après nous, la fusion du noyau. Arrogance à l’âge atomique» («Nach uns die Kernschmelze. Hybris im atomaren Zeitalter » Klett-Cotta. 2011) recueille ses articles et interviews sur l’énergie atomique. La pensée de Spaemann, assez conservatrice, est orientée vers une philosophie naturaliste inspiré à Aristote et est inspirée par la doctrine chrétienne de la révélation. » (d’après un texte de Marco Morosini)

Interview de Guido Kalberer  –  Tagesanzeiger, Zurich, 12.07.2011

 L’Allemagne abandonne définitivement l’énergie atomique. Qu’en pensez-vous?

Mieux vaut tard que jamais. La sortie de l’énergie atomique n’est pas garantie à 100 pour cent. Maintenant, c’est juste une loi. Si dans quelques années on était confronté à des problèmes d’approvisionnement en énergie, la loi pourrait changer ou on pourrait reporter l’échéance de l’arrêt des réacteurs. La seule façon d’éviter cela est d’exiger que l’abandon de l’énergie atomique soit inscrit dans Constitution.

 Est-ce ce que vous proposez ?

En fait, oui. Généralement je ne suis pas en faveur d’inscrire dans la rédaction de la Constitution des objectifs de politique conjoncturelle. La Constitution devrait être très générale et non adaptée aux cas particuliers. Mais ce cas est tellement exceptionnel, et les enjeux dépassent tellement l’étalon humain qu’il serait probablement raisonnable d’inclure cette exigence dans la Constitution.

Les sources d’énergies alternatives suffiront-elles à satisfaire les besoins ?

Imaginons que dans le temps imparti nous ne parvenions pas à répondre à la demande avec des énergies alternatives. Alors, dans ce cas, nous devrions réduire les besoins. Nous ne pouvons pas continuer à supposer que nous avons droit à tout moment à n’importe quelle quantité d’énergie. Nous pourrions le souhaiter, mais nous ne pouvons pas l’exiger. Si nous ne pouvons produire autant d’énergie qu’avec une technologie qui menace l’espèce humaine, alors nous devons faire autrement.

Nous devons alors pratiquer des renoncements ?

Oui, en effet c’est quand l’homme est le dos au mur qu’il devient inventif. Il en a toujours été ainsi dans l’histoire de l’humanité. Tant que vous pensez qu’en cas d’urgence vous pouvez compter sur ce qui existe déjà, vous ne mobilisez pas toutes vos forces. Seule la certitude que l’énergie atomique n’est plus un recours possible va activer l’ingéniosité créative.

Comment réagissez-vous face aux gens qui disent que l’on ne peut pas vivre sans l’énergie atomique?

Ces gens considèrent que il s’agit d’une contrainte objective, mais pour moi ce n’est pas un argument. Parce que les contraintes sont objectives seulement quand nous voulons un certain résultat. C’est alors que vous êtes obligé de faire une chose et pas d’autres. Mais si cette chose se révèle être impraticable, nous devons chercher des alternatives. Ceux qui refusent cela sont hostiles à l’innovation.

Les catastrophes sont elles utiles pour pousser l’homme à penser différemment, comme cela arrive maintenant ?

Il semble que oui. Cet immense danger aurait néanmoins pu être reconnu bien avant, il suffit de considérer qu’aucune assurance n’est prête à prendre ce risque.

À quoi bon abandonner le nucléaire en Allemagne et en Suisse alors que la Russie prévoit 30 nouveaux réacteurs ?

Premièrement, nous avons un avantage local. C’est très différemment si un réacteur est hors de contrôle dans notre pays ou au Japon. Vous pouvez réduire le risque au niveau local, sans avoir à résoudre le problème mondial. Deuxièmement, nous pouvons être un exemple. Quelqu’un doit bien commencer. Si l’Allemagne sera en mesure de se passer de l’énergie atomique, cela aura des conséquences sur le monde entier.

Quels sont les arguments contre l’énergie atomique?

Surtout son caractère incontrôlable. Ceux qui assurent que l’on peut faire un usage pacifique de l’énergie atomique posent toujours des conditions : par exemple, qu’il n’y ait ni guerres ni attentats. Mais le simple fait qu’ils posent des conditions montre que l’homme ne contrôle pas cette technologie. On imagine un monde parfait en cachant les principaux dangers. Et ce qui reste on le déclare sur. En plus de son caractère incontrôlable et des risques d’erreur humaine, il y a aussi des arguments philosophiques. Que fait l’homme lorsqu’il manipule l’énergie atomique ? L’énergie des atomes est le fondement de notre existence matérielle. Elle sert à maintenir la réalité telle qu’elle est. Et elle le fait pacifiquement et sans notre intervention. Lorsque nous extrayons cette énergie de sa fonction naturelle, en provoquant la fission des noyaux d’atomes et que nous en libérons la force, nous touchons à quelque chose qui nous transcende. Et c’est pure arrogance que de dire que nous allons réussir.

 L’homme se surestimerait-il ?

Oui. Il y a une situation semblable où mes arguments sont tout aussi catégoriques: c’est la manipulation du génome humain. Tout comme pour l’atome, ici aussi nous touchons une structure de base de notre réalité – non pas en tant que matière, mais en tant qu’êtres vivants. Avec la construction de nouvelles combinaisons génétiques, nous mettons en marche des processus dont nous perdons le contrôle.

Vous soutenez ici, comme Jürgen Habermas, que l’homme ne peut pas planifier le résultat de sa procréation.

Nous sommes d’accord. L’humanité serait divisée en deux catégories: ceux qui font et ceux qui sont faits. Et cela aurait des conséquences imprévisibles.

Cette intervention serait également à proscrire parce qu’il y aurait manipulation de la Création?

Nous pouvons et nous devons mener le débat sur un plan purement rationnel. Toutefois, l’argument devient beaucoup plus fort si nous évoquons le concept de la Création. Cela vous permet de tenir en échec l’orgueil de l’homme qui croit qu’il peut tout faire.

Epousez-vous ce que prescrit Jonas Hans comme « éthique de la responsabilité » envers les générations futures ?

Oui, par rapport aux générations futures se pose en particulier le problème des déchets radioactifs. Les dirigeants de la technologie atomique disent toujours qu’ils vont finir par trouver un jour une bonne solution. Qu’est ce qui leur permet de dire cela? Ici, leurs énoncés sont faits de manière irresponsable en se basant sur un “principe d’espérance”. Il semblerait que le bon Dieu ait le devoir de satisfaire toujours nos besoins du moment. On pourrait donc ajouter à l’obligation de se soucier des risques immédiats posés par une centrale atomique, celle de ne construire un réacteur qu’une fois trouvé un site de stockage définitif des déchets radioactifs.

Quel est pour vous le principal problème des déchets radioactifs?

Comment peut-on garantir aujourd’hui la sécurité durant des milliers d’années d’un site de stockage radioactif ? Si nous n’avons aucune responsabilité positive pour les personnes qui peupleront la planète dans le futur, nous ne sommes pas autorisés à miner les conditions de leur existence par des actes dont les conséquences peuvent déjà être anticipées, par exemple la contamination atomique d’espaces qui deviendront ainsi invivables. Nous avons l’idée naïve et très répandue que, contrairement à toutes les civilisations du passé, notre civilisation basée sur la science et la technologie, continuera toujours. Or cette idée est complètement absurde. Nos connaissances actuelles seront-elles entièrement transmises et seront-elles accessibles aux générations futures ? Aujourd’hui, nous ne savons plus comment il a été possible de construire Stonehenge (n.d.t. : site anglais où des mégalithes néolithiques sont disposés en cercle). Peut-être que nos descendants n’auront pas plus connaissances des dangers auxquels nous les avons sciemment exposés. Cela ne peut être l’héritage que nous laissons. Il est déraisonnable d’augmenter encore avec l’énergie atomique les dangers potentiels déjà présents dans la nature.

Vous ne trouver rien de bon à l’énergie atomique.

La première fission nucléaire a été utilisée pour détruire des êtres humains. Pour moi, ce n’est pas par hasard que la première utilisation de l’énergie atomique a exterminé des centaines de milliers de personnes à Hiroshima. « Ça marche vraiment », a été la première réaction spontanée de Carl Friedrich von Weizsäcker (n.d.t.: le physicien nucléaire allemand et philosophe). L’horreur est venue beaucoup plus tard. Cela montre que si les scientifiques ne sont que des scientifiques, ils ne seront pas en mesure d’aider.

Pour vous il n’y a pas le progrès, mais les progrès. Qu’est-ce que cela signifie?

L’Europe a vécu pendant plusieurs siècles dans le mensonge du progrès au singulier. Progrès signifie: mieux, plus vite, plus lumineux. J’ai grandi dans la période nazie où était martelé avec insistance le slogan “Avec nous, l’avènement de la nouvelle ère. » L’idéologie du progrès a été proclamée aussi par les nazis. Mon scepticisme envers cette notion date de cette période sombre où il me paraissait préférable d’être peu progressiste plutôt que de mettre les gens dans les camps de concentration et de les tuer. Les progrès peuvent être merveilleux, mais aussi terribles. D’un côté, il y a le progrès dans la technique de l’anesthésie, d’un autre il y a le progrès dans la construction de la bombe atomique. À qui parle du progrès, je demande : Quel progrès et dans quelle direction ?

La Pensée chrétienne pourrait-elle nous faire avancer?

Oui, bien sûr. À une époque où le christianisme était dominant, personne ne pensait à l’avenir infini, comme nous le faisons aujourd’hui. On s’attendait à une fin du monde. Selon le Nouveau Testament, l’histoire se termine avec le retour du Christ. Oui, je crois que l’existence de l’humanité ne durera pas si longtemps, et cela plus pour des raisons immanentes que religieuses. Mon scepticisme vis-à-vis de la survie de l’humanité est alimenté par la manière dont l’homme prend désormais son sort entre ses mains.

En tant que chrétien, vous croyez à l’Apocalypse. Si nous sommes déjà destinés à une fin, alors pourquoi lutter contre l’énergie nucléaire ?

Votre raisonnement est basé sur l’idée erronée que si quelque chose se passe dans la nature, alors cela nous donne le droit d’en faire de même. S’il y a des volcans dans la nature, nous aussi nous pouvons faire des volcans; si dans la nature une branche tombe sur un homme, alors nous pouvons faire la même chose. Nous ne savons pas ce que la nature veut et quels sont les plans de Dieu. Lénine croyait connaître le but de l’histoire et disait que ceux qui travaillent pour rendre l’humanité heureuse ne peuvent donc plus être soumis à aucune règle morale. L’arrogance est la croyance que quelqu’un puisse connaître le but de l’histoire. La conception chrétienne de la fin de l’histoire implique une irruption extérieure dans l’histoire et non pas un événement immanent lié à un développement continu. Le royaume de Dieu est la conséquence d’un arrêt brutal de l’histoire précédente.

Traduction: Laura Morosini

Texte original de l’entretien ici, en allemand. (12.7.2011) et ici

Et voici le commentaire de Bertrand pour ce texte

Alors que les parlementaires de l’Opecst (Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques) demandent à l’Etat de s’investir et de mieux soutenir le projet CIGEO pour répondre à la lassitude des élus locaux, et dans la perspective des débats autour de la loi sur la transition énergétique, prenons un peu d’altitude avec cette interview de Robert Spaemann, et tentons de travailler à l’unité des catholiques entre eux et avec la société.

Robert Spaemann est un philosophe moraliste allemand, catholique, visiblement très écouté de Benoit XVI. En bon penseur allemand il a réfléchi à l’écologie mais aussi les droits de l’homme et la bioéthique..et au nucléaire. En 2011, à la suite de Fukushima, il a publié un livre où il explicite son opposition très ferme à l’énergie atomique (Nach uns die Kernschmelze. Hybris im atomaren Zeitalter. Klett-Cotta, Stuttgart 2011). Il avait donné à l’époque cette interview à un quotidien Suisse, le Tagesanzaiger, que nous reproduisons ici, grâce à l’aimable envoi de Laura. Il y donne quelques unes des raisons fondamentales de son opposition.

Avec l’approche qui est la nôtre dans cet article, on retiendra tout d’abord ce parallèle très éclairant entre l’orgueil démesuré (hybris) qu’il y a trafiquer ces deux structures de bases de notre réalité que sont le génome humain et l’atome. Dans les deux cas nous touchons à quelque chose « qui nous transcende ».

Concernant l’affirmation qu’on ne peut se passer de l’atome, qui émane essentiellement d‘esprits gaulois tombés dedans à la naissance (ndlr), Robert Spaemann, qui a développé une critique de l’utilitarisme, promeut l’idée de renoncements nécessaires, et de réduction de nos besoins quand une technologie menace l’espèce humaine…Outre qu’avec ses 400 et quelques réacteurs, l’énergie nucléaire ne représente que 2 à 3 % de l’énergie finale consommée dans le monde et ne résoudra jamais rien à l’échelle mondiale ou climatique en matière d’approvisionnement en énergie, on peut rêver au « gisement » de réduction que représentent nos pays riches, si on veut bien se rappeler que 20% de la population mondiale exploite 80% des richesses mondiales, et que la richesse des 85 personnes les plus riches de la planète équivaut à celle de la moitié la plus pauvre de sa population, selon une étude récente d’Oxfam.

Ainsi la question fondamentale posée par le philosophe, qui irrigue tant la pensée éthique chrétienne que la réflexion écologiste, est celle du progrès: de quel progrès parle-t-on, et dans quelle direction ? Le président de la conférence des évêques allemands, l’archevêque Robert Zollitsch, a cautionné cette vision, dans un texte rendu public à l’occasion du premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima, dans lequel il soutient que la vérité chrétienne oblige à dire qu’il faut laisser la maison en bon état aux générations futures et qu’il faut, compte tenu de ce qu’a vécu le Japon, résolument rechercher des solutions alternatives. On rêverait d’une communion de pensée entre évêques de nos deux pays, et d’un tel niveau de réflexion et de positionnement dans l’église de France…

ANIMAUX – Terres (presque) vierges en théologie chrétienne

2014 Animal théologieUn nouvel ouvrage sur le statut théologique des animaux ! C’est Ryan Patrick McLaughlin, professeur de théologie à l’université américaine de Duquesne, qui a réalisé ce travail à découvrir.

Pour l’auteur, il y a des traditions contradictoires dans le christianisme concernant le statut moral des animaux. La tradition dominante considère les animaux comme des ressources primaires disponibles pour la communauté humaine présente et future. Mais d’autres traditions ouvrent d’autres apporches. Il s’agit notamment de repenser la question de la différenciation, la notion de paix dans la perspective des commencements (protologie) et des fins (eschatologie) bibliques, l’anthropocentrisme biblique et le cosmos comme sacrement primordial. Il y a donc un bel espace théologique à travailler…

DL

PS : Christian Theology and the Status of Animals, The Dominant Tradition and Its Alternatives, de Ryan Patrick McLaughlin, Ed.
Palgrave Macmillan, 216 p. 55 £

Est-ce d’éthique ?

De EthicaUne nouvelle revue (en anglais) consacrée aux questions éthiques mérite d’être présentée. D’autant qu’elle assume un angle philosophique, théologique et d’éthique appliquée, et s’occupe notamment des questions environnementales.

Hébergée par la maison d’édition de l’université de Linköping, la revue est publiée en coopération avec la Société d’Éthique européenne, fondée en Suisse en 1964. Elle s’intéresse essentiellement à des débats éthiques contemporains tels que la justice globale, l’éthique environnementale, la sécularisation et le rôle des religions etc.

Le premier numéro de la revue reprend le thème de la conférence annuelle de la Société d’Éthique (à l’occasion de son 50e anniversaire) qui était « Changement climatique. Développement durable et une éthique d’un futur incertain. »

Une revue d’autant plus intéressante que les articles sont accessibles gratuitement, notamment en cliquant sur ce lien.

DL

 

 

 

 

 

Biodiversité en quête d’éthique

90420-1_Melin.inddL’éthique chrétienne, en rencontrant la question écologique, est obligée « d’élargir sa tente ». Un ouvrage récent aborde ainsi la question de la place des autres espèces non-humaines dans une vie bonne.

Anders Melin vient de publier un ouvrage intitulé « Vivre avec d’autres êtres vivants : une approche philosophique pour une éthique de la protection des espèces. » En croisant l’éthique des vertus aristotélicienne et chrétienne, il tente de comprendre comment une vie bonne humaine peut-elle être réalisée avec les autres espèces vivantes de son entourage proche ou lointain. Une question brûlante alors que la biodiversité est menacée dans de nombreux endroits de la planète.
DL

Anders Melin, Living with Other Beings: A Virtue-oriented Approach to the Ethics of Species ProtectionStudies in Religion and the Environment/Studien zur Religion und Umwelt Vol. 9, LIT Verlag, 2013

La communauté du 6e jour

Animaux Eglise Metz 2014Intéressant, le petit dossier sur une question pastorale originale dans le dernier numéro de la revue diocésaine de Metz. Il y est question du respect dû à l’animal !

Après un angle liturgique et biblique, le témoignage d’un diacre agriculteur et d’un aumônier des gens du cirque donnent de la chair à la réflexion de ce dossier. On sent bien qu’entre les rappels bibliques d’une « communion de destin » entre humains et monde animal, -la communauté du 6e jour-, et la réalité de nos comportements dans le monde de l’élevage ou du dressage, les lectures ne sont pas tout à fait les mêmes.

A lire ici : Animaux Eglise de Metz 2014

Intéressant en tout cas de voir que la question du respect est omniprésente. Comment ce dossier va-t-il aider des chrétiens du diocèse à se mobiliser davantage sur les questions d’éthique, de biodiversité, de respect de l’environnement ? A suivre

DL

On profitera de l’occasion aussi pour lire ou relire le dossier Science et éthique de cette semaine dans La Croix dédié à la question importante du statut juridique de l’animal. Lire notamment dans ce dossier la réflexion d’Eric Charmetant, sj, sur la place de l’animal dans la Création. A lire ici : Animaux La Croix 2014