RENDEZ-VOUS – Et après la COP21, elles font quoi les Eglises, hein ?

L’ami Martin Kopp est de retour sur Paris. Une belle voix chrétienne sur les débats en cours autour des urgences climatiques. C’est le 26 avril prochain à la paroisse St Roch.

Alors que le réchauffement n’en finit pas, nul ne peut l’ignorer après la COP 21, que font les Eglises ? Si l’on ne monte plus guère en chaire, les homélies restent un lieu privilégié pour l’écoute et l’absoute. De fait, elles ne laissent que bien peu de place au respect et à l’amour de la Création. Mais, si l’on va au fond des choses, dans leur profonde réalité, comment agissent et réagissent les chrétiens ? Pour le commenter, Martin Kopp est un grand témoin.
A peine trentenaire, fils de pasteur, doctorant à la faculté de théologie de Strasbourg, il a été chargé par la Fédération Luthérienne du plaidoyer pour la justice climatique.
A ce titre, il participe à de nombreuses réunions oecuméniques. Il était présent aux plus récentes COP. Il saura dire si et comment les chrétiens se mettent enfin en ordre de marche après avoir reçu leur feuille de route et nonobstant les péripéties électorales.
Npn seulement gardiens mais garants de la Création, à la suite du Christ, ils ne peuvent se dérober aux rendez-vous de l’Histoire, alors que l’humanité est aujourd’hui en cause, pleinement et tout entière.

 

ECOLOGIE – Les biens communs, moteur de la transition

COP21.jpgBruno me signale cette réflexion du jésuite Gaël Giraud publié en aout dans l’Obs.Extraits.

Pour rappel, Gaël est aussi économiste en chef de l’Agence française de Développement, directeur de recherche au CNRS, conseiller scientifique à la Fondation Nicolas-Hulot. Il est aussi prêtre jésuite. (Pablo Chignard pour )

Article de Pierre Riché.

Selon l’ONG Global Footprint Network, depuis le 8 août, nous avons épuisé, par notre consommation, les ressources naturelles que la Terre produit en un an. En 1971, cela n’arrivait pas avant le 24 décembre. L’accord de Paris sur le climat, conclu en décembre dans le cadre de la COP21, représente-t-il une rupture majeure, à même d’inverser la tendance ?

Gaël Giraud : L’accord de Paris, on ne le dira jamais assez, est un immense succès diplomatique. On a obtenu le mieux qu’on pouvait espérer, ce qui n’était pas évident. C’est la première fois depuis 1945 qu’on a réussi à embarquer la totalité de la communauté internationale sur des ambitions fortes. C’est une rupture par rapport au dévoiement de l’esprit onusien auquel on assistait depuis le milieu des années 1980. A partir de cette époque, on a tenté de reconstruire un monde entièrement régi par la mobilité du capital. Comme l’a montré le politologue de l’université Harvard Rawi Abdelal, cette « utopie » a été, soit dit en passant, portée par des Français : Jacques Delors à la Commission européenne, Michel Camdessus au Fonds monétaire international (FMI), Pascal Lamy à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), Jean-Claude Paye à l’OCDE… Le FMI voulait même pouvoir imposer des sanctions aux pays s’ils mettaient des barrières douanières – les Etats- Unis s’y sont heureusement opposés. La zone euro est l’aboutissement de cette utopie- là : un gouvernement administratif, qui passe par des règles, sans souverain selon la définition de Carl Schmitt [« Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle », NDLR], et donc sans démocratie. C’est avec cela que la COP21 a rompu, en revenant à l’esprit initial des Nations unies : viser l’intérêt général. Les choses bougent, on voit poindre des revirements doctrinaux, au FMI, à l’OCDE…

La COP21 ne semble pourtant pas être suivie d’effets concrets spectaculaires. Où en est-on ?

On s’est fixé un objectif : ne pas aller au-delà d’une augmentation de la température de 2 °C à la fin de ce siècle. Certes, à moins d’une chance inouïe, il est déjà trop tard pour l’atteindre, mais l’engagement sera opposable aux nations. Le Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (Giec) est chargé d’un rapport en 2018 pour faire le point sur un objectif encore plus ambitieux : tout faire pour rester aussi proche que possible du +1,5 °C. Cela obligera la communauté internationale à poursuivre ses efforts. Les petits Etats insulaires, qui seront les premiers sous l’eau, pourront s’appuyer sur ce rapport pour lui demander des dédommagements.

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COP 21 – La mobilisation continue

 L’ONG A Rocha a déjà été présentée sur ce blog. L’association protestante de défense de l’environnement a été très mobilisée au cours de la COP21.

 En partenariat avec Tearfund et le Mouvement de Lausanne, A Rocha s’est impliqué pour stimuler et plaider auprès des acteurs présents à Paris lors de la COP en vue d’une action climatique forte en faveur de la création, et a organisé plusieurs évènements et activités.

En voici une synthèse filmée, en anglais (désolé), téléchargeable sur le lien viméo.

DL

PROTESTANTISME – Il y a une vie après la COP21

2016 FPFAu terme de son assemblée générale du 30 et 31 janvier dernier, la Fédération protestante de France a émis 3 recommandations pour ses communautés. Les deux premières promeuvent le service civique et l’accueil des immigrés. La troisième évoque la suite de la COP21.

Recommandation n°3 :
Changements climatiques, poursuivre la démarche

Alors que la France a accueilli la 21ème Conférence des Parties de la CCNUCC (COP21) en décembre 2015, et que la Fédération protestante de France a préparé et accompagné avec force cet événement, l’assemblée générale de la Fédération protestante de France demande au conseil de la FPF :

1. de poursuivre sa démarche de plaidoyer auprès des différentes instances de l’Etat en lui rappelant les engagements qu’il a pris lors de la COP21, en particulier en matière de transition énergétique et de financement du « Fonds vert ».

2. de poursuivre la dynamique engagée lors de l’assemblée générale de 2015 concernant les changements climatiques. Pour ce faire, l’assemblée générale soumet au conseil les propositions suivantes :
– accompagnement des Eglises, communautés, oeuvres et mouvements dans leurs actions de sensibilisation écologique ;
– poursuite des actions communes aux niveaux oecuménique et inter‐religieux ;
– poursuite de la participation aux mobilisations de la société civile, notamment au sein de la Coalition Climat 21 ;
– poursuite de la promotion du Jeûne pour le Climat ;
– poursuite du travail sur la mise en cohérence de la logistique de la FPF avec son engagement pour le climat (possibilité de repas végétariens occasionnels, vaisselle non jetable, circuits courts, commerce équitable, etc.) ;
– mandat au groupe climat de la Fédération pour soumettre d’autres propositions au Conseil.

DL

ENCYCLIQUE – A l’affiche

Une info en passant pour ceux qui continuent de travailler sur l’encyclique Laudato si. L’ONG Pax Christi France vous propose une exposition en 12 panneaux présentant ce texte. Pour les églises, les séminaires, les maisons diocésaines. Avis aux amateurs.

2015 Kairos exposition

Le bulletin de commande se trouve ici : BdC-Exposition-Kairos

DL

CLIMAT – Quand les climatosceptiques font dans le réchauffé

2015 Reinformation.jpg

Sur le site très « conservateur » Reinformation.tv, on a aussi couvert la COP21. Mais du côté des climatosceptiques bien sûr, éternels incompris, que « personne n’invite » et qui « pourtant sont prêts à dialoguer » etc.

Voici l’article d’Anne Dolhein qui rend compte du « colloque » qui s’est déroulé à Paris et qui était organisé par le Heartland Institute. Un think tank conservateur et libéral, qui promeut activement la pensée climatosceptique. Et qui finance de nombreux acteurs de cette position.

La lecture de l’article permet de se replonger dans cette rhétorique habituelle des milieux climatosceptiques.

Ils n’étaient pas invités à la COP21, pas plus que le climatosceptique Philippe de Larminat n’a pu s’exprimer au Vatican lors d’un colloque scientifique sur le « réchauffement ». Une douzaine de scientifiques d’Amérique du Nord, d’Australie, d’Europe et d’ailleurs ont été invités par le Heartland Institute à Paris afin de faire entendre autre chose que le seul discours autorisé parmi les négociateurs au Bourget. De Patrick Moore – l’un des fondateurs de Greenpeace – à Lord Christopher Monckton, ils se sont employés à soulever les sérieux doutes qui pèsent sur le soi-disant consensus scientifique à propos des changements climatiques d’origine humaine.

Si leurs arguments étaient intéressants les circonstances de cette rencontre l’étaient peut-être plus encore sur le plan politique. Premier constat : la quasi absence de la presse que la tenue du colloque en anglais exclusivement ne suffit pas à expliquer. Une armée de journalistes scientifiques et politiques couvre actuellement la COP21 à quelques kilomètres du centre de Paris : il ne s’en est trouvé qu’une poignée pour s’informer de ce que peuvent dire les opposants, données à l’appui, face au discours monolithique des promoteurs de la mise au rebut des énergies fossiles.

Les climatosceptiques ne sont pas les bienvenus à la COP21 à Paris

Dès l’ouverture du colloque, plusieurs dizaines de jeunes militants écologistes ont manifesté dans la rue aux abords de l’hôtel où se tenait le colloque, tout près des Champs-Elysées. Puis ils ont perturbé son ouverture en vociférant auprès de l’entrée de la salle des travaux. Quelques-uns ont pu entrer, sans compter deux ou trois journalistes affichant clairement leur parti-pris « réchauffiste » en posant des questions-fleuve et en interrompant les réponses dont la teneur, manifestement, ne leur importait pas.

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COP 21 – Laïcité climatique

Encore une actu en rattrapage. Il y a un mois, alors que la COP21 touchait à sa fin, les autorités religieuses venues du monde entier ont été reçues à l’Elysée par le président français. Elles lui ont remis notamment une pétition signée par près de 2 millions de croyants à travers le monde.

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On peut retrouver la vidéo des interventions ici.

Un commentaire, en anglais, de la rencontre donne aussi quelques éléments supplémentaires

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During the UN climate talks COP21 in Paris, a delegation of faith leaders and climate change activists met with President François Hollande.

The Rt Revd Nicholas Holtam, Bishop of Salisbury and Lead Bishop on the Environment, has met President Hollande to present climate justice petitions signed by almost two million people ahead of a final agreement at the United Nations Climate Change talks in Paris  – COP21.

The result of a joint effort from networks of different faiths worldwide, the petitions were signed by 1,833,973 people calling for a fair, ambitious and binding deal as the United Nations COP21 climate summit reaches its close. The petitions were handed to President Hollande at a ceremony at the Élysée Palace.

The Rt Revd Nicholas Holtam, said: “People of all faiths urge parties to agree on a Paris deal applicable to all. Following the acts of terrorism in this city we want the world to act together, in care of our common home. For it to be ambitious, the agreement must include a long-term goal drastically cutting the world’s carbon footprint and making the transition to clean energy. It must also have a tool to review and increase countries’ contributions, to review and increase ambitions as gaps arise. When they go home, governments must actually start to deliver a low-carbon future. The message is simple – this is about our common home and we need to act together. This is not the end. This is the beginning of the journey and now we have to work hard in order to make this deal effective.”

One of the pilgrims, Judith Tooth from the Church of England’s Pilgrimage2Paris was also invited to the ceremony with the French President. Speaking after the ceremony Judith said: “I think from what the President said, he seemed moved by the efforts that we as pilgrims had gone to. Knowing that what we did has reached his ears and hopefully moved his heart. I feel very pleased.”

DL