RENDEZ-VOUS – Et après la COP21, elles font quoi les Eglises, hein ?

L’ami Martin Kopp est de retour sur Paris. Une belle voix chrétienne sur les débats en cours autour des urgences climatiques. C’est le 26 avril prochain à la paroisse St Roch.

Alors que le réchauffement n’en finit pas, nul ne peut l’ignorer après la COP 21, que font les Eglises ? Si l’on ne monte plus guère en chaire, les homélies restent un lieu privilégié pour l’écoute et l’absoute. De fait, elles ne laissent que bien peu de place au respect et à l’amour de la Création. Mais, si l’on va au fond des choses, dans leur profonde réalité, comment agissent et réagissent les chrétiens ? Pour le commenter, Martin Kopp est un grand témoin.
A peine trentenaire, fils de pasteur, doctorant à la faculté de théologie de Strasbourg, il a été chargé par la Fédération Luthérienne du plaidoyer pour la justice climatique.
A ce titre, il participe à de nombreuses réunions oecuméniques. Il était présent aux plus récentes COP. Il saura dire si et comment les chrétiens se mettent enfin en ordre de marche après avoir reçu leur feuille de route et nonobstant les péripéties électorales.
Npn seulement gardiens mais garants de la Création, à la suite du Christ, ils ne peuvent se dérober aux rendez-vous de l’Histoire, alors que l’humanité est aujourd’hui en cause, pleinement et tout entière.

 

ETATS-UNIS – Résister au nom de la miséricorde

2017 Merci2EarthAlors que le nouveau président américain annonce vouloir mettre fin à la « guerre contre le charbon » en détricotant toutes les mesures de protection de l’environnement prises par son prédécesseur, des militants catholiques commencent à faire entendre leur voix. Un WE de mobilisation mondiale se prépare le 22 et 23 avril prochain

« Concernant le soin de notre maison commune, nous vivons un moment critique de notre Histoire. » Ces mots sont ceux du pape François adressés au président Obama en septembre 2015, quelques mois avant la signature de l’accord de la COP21 à Paris.

Cet appel semble très loin désormais dans l’administration américaine actuelle où les climato-sceptiques et les grands industriels des énergies fossiles donnent le ton désormais. Les chrétiens mobilisés par l’encyclique Laudato si sont donc appelés à manifester leur désaccord, par attention pour les plus pauvres et le devenir des équilibres de la planète.

L’opération Mercy2Earth catalyse de nombreuses initiatives en cours. Marches, démarches, mobilisations, prières : toute opération appelant à la mobilisation pour le climat est bienvenue. Une dynamique qui s’appuie notamment sur le texte du pape François du 1er janvier 2016 appelant à la « miséricorde » pour notre maison commune.

DL

 

RENCONTRE – Changement de climat au Bénin

2017-beninDébut décembre, un débat a été organisé dans le diocèse béninois de Porto-Novo par le Cercle international pour la promotion de la Création (CIPCRE). Le thème de cette rencontre rassemblant des responsables politiques, associatifs et religieux était « Mobilisation interreligieuse pour la sauvegarde de la Création et des réponses adéquates aux changements climatiques. »

Il faut présenter le CIPCRE-Bénin. D’obédience chrétienne, le mouvement a été créé le 23 mai 1993, et promeut la construction d’une société juste, équitable, humaine, saine et verte, en coopération avec toutes les communautés chrétiennes du pays et des organisations laïques. A l’occasion de l’édition 2016 de la Journée Mondiale du Climat, les confessions religieuses en partenariat avec le CIPCRE-Bénin ont organisé le vendredi 9 décembre 2016 cette conférence-débat dans le but de lancer une campagne de mobilisation sur les défis des changements climatiques au Bénin.

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CLIMAT – Des évêques américains aux aguets

2017-eveques-americain-rex-tillersonUne lettre. Les évêques nord-américains viennent d’écrire une lettre au nouveau secrétaire d’Etat Rex Tillerson. Et aussi président directeur général d’Exxon Mobil.

Le texte de la lettre (en anglais) est à lire ci dessous. Après avoir rappelé le lien fort du monde chrétien à l’environnement, issu de l’héritage judéo-chrétien, les évêques – en l’occurence Mgr Cantu et Dewane-  évoquent aussi la mobilisation forte sur ce sujet demandée par le pape François. Et aussi son engagement fort dans la lutte contre le dérèglement climatique en cours.

Du coup, les évêques demandent au Secrétaire d’Etat de soutenir le Green Climate Fund (GCF), qui, par des aides financières, encouragent des pays en voie de développement pour s’adapter et résister aux effets des changements climatiques. Ils demandent aussi de mettre en oeuvre « une révolution énergétique » urgente, en développant les énergies renouvelables au sein du pays, tout en respectant les engagements signés lors de la COP21 à Paris.

February 17, 2017
The Honorable Rex Tillerson /Secretary of State / U.S. Department of State
2201 C Street, NW / Washington, DC 20520
Dear Secretary Tillerson,
It is our prayer that you may be blessed with wisdom as you begin your term of office asSecretary of State. Today, we write about our shared obligation to care for the environment. The Judeo-Christian tradition has always understood “the environment” to be a gift from God. From time immemorial, the people of our nation have recognized this gift in our abundant and beautiful lands, pristine waters and clear skies.

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ETATS-UNIS – Dites moi si je me trump…

2017-brian-roeweLe journaliste américain fait le point, dans un article récent dans NCR, sur la mobilisation des chrétiens américains défenseurs de l’environnement face à leur nouveau président. En voici quelques éléments.

Au cours d’un séminaire numérique, le 26 janvier dernier, organisé par le Catholic Climate Covenant, de nombreux responsables de mouvements ont évoqué les « jours sombres » qui attendent le pays. Dan Misleh, le directeur de l’Alliance catholique pour le climat, confirme que selon lui, le président Trump  » ne sera pas un ami de l’environnement. »

Raison de plus pour continuer la mobilisation de la société civile pour mobiliser des fonds soutenant les pays pauvres impactés par le changement climatique, et pour sensibiliser d’autant plus l’opinion publique à tout niveaux, et notamment la conscience des chrétiens. Le président Trump veut redonner aux énergies fossiles américaines toute leur place dans l’économie du pays, à coup de dérégulations massives. La relance des pipeline Keystone XL et Dakota Access constituera sans aucun doute un test sur la résistance des populations locales et nationales envers ces projets dangereux. Les terres fédérales pourront aussi être remises en vente, l’agence pour la protection de l’environnement est directement menacée, les directives de limitation des émissions de méthane ou de contaminations des cours d’eau par les projets miniers de charbons sont remises en cause.

Les climatologues américains craignent même pour leurs données, patiemment accumulées et qu’ils ont rapidement mis en sécurité. Reste à savoir si Trump ira jusqu’à sortir de l’accord de Paris (ou le videra simplement de son contenu côté américain) ? Dans les débats actuels, entendre Rick Perry, nommé secrétaire d’Etat à l’énergie, souligner fièrement que le Texas a réduit ses émissions de CO2 de 17 %, peut être un signe d’espoir. Un rapport récent confirme d’ailleurs que depuis 2000, 33 Etats fédéraux ont réduit leur émission de CO2 tout en augmentant leur activité économique, de 12 % en moyenne.

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CLIMAT – Procédons avec « méthode »

2016 Méthodistes.jpgLa 50e conférence de l’Eglise épiscopalienne méthodiste afro-américaine a rassemblé en juillet dernier près de 30 000 personnes, à l’occasion du deux-centième anniversaire de cette confession chrétienne. Elle a souligné son accord avec les autres dénominations chrétiennes dans la mobilisation contre le changement climatique.

A la fin de cette 4e assemblée qui s’est réunie à Philadelphie (Etats-Unis), un message a été lu pour les 2,5 millions de fidèles, soulignant notamment les effets discriminants des conséquences du changement climatique sur les afro-américains. En effet, des études ont montré que 39 % des populations vivant près des centrales à charbon sont des populations de couleur. Les enfants noirs sont susceptibles de mourir d’une crise d’asthme 4 fois plus que les autres.
« Nous croyons qu’il est de notre devoir d’agir et de promouvoir des solutions qui aideront nos familles et nos communautés à être plus saines et plus fortes » (Mgr John F. White)

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ECOLOGIE – Les biens communs, moteur de la transition

COP21.jpgBruno me signale cette réflexion du jésuite Gaël Giraud publié en aout dans l’Obs.Extraits.

Pour rappel, Gaël est aussi économiste en chef de l’Agence française de Développement, directeur de recherche au CNRS, conseiller scientifique à la Fondation Nicolas-Hulot. Il est aussi prêtre jésuite. (Pablo Chignard pour )

Article de Pierre Riché.

Selon l’ONG Global Footprint Network, depuis le 8 août, nous avons épuisé, par notre consommation, les ressources naturelles que la Terre produit en un an. En 1971, cela n’arrivait pas avant le 24 décembre. L’accord de Paris sur le climat, conclu en décembre dans le cadre de la COP21, représente-t-il une rupture majeure, à même d’inverser la tendance ?

Gaël Giraud : L’accord de Paris, on ne le dira jamais assez, est un immense succès diplomatique. On a obtenu le mieux qu’on pouvait espérer, ce qui n’était pas évident. C’est la première fois depuis 1945 qu’on a réussi à embarquer la totalité de la communauté internationale sur des ambitions fortes. C’est une rupture par rapport au dévoiement de l’esprit onusien auquel on assistait depuis le milieu des années 1980. A partir de cette époque, on a tenté de reconstruire un monde entièrement régi par la mobilité du capital. Comme l’a montré le politologue de l’université Harvard Rawi Abdelal, cette « utopie » a été, soit dit en passant, portée par des Français : Jacques Delors à la Commission européenne, Michel Camdessus au Fonds monétaire international (FMI), Pascal Lamy à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), Jean-Claude Paye à l’OCDE… Le FMI voulait même pouvoir imposer des sanctions aux pays s’ils mettaient des barrières douanières – les Etats- Unis s’y sont heureusement opposés. La zone euro est l’aboutissement de cette utopie- là : un gouvernement administratif, qui passe par des règles, sans souverain selon la définition de Carl Schmitt [« Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle », NDLR], et donc sans démocratie. C’est avec cela que la COP21 a rompu, en revenant à l’esprit initial des Nations unies : viser l’intérêt général. Les choses bougent, on voit poindre des revirements doctrinaux, au FMI, à l’OCDE…

La COP21 ne semble pourtant pas être suivie d’effets concrets spectaculaires. Où en est-on ?

On s’est fixé un objectif : ne pas aller au-delà d’une augmentation de la température de 2 °C à la fin de ce siècle. Certes, à moins d’une chance inouïe, il est déjà trop tard pour l’atteindre, mais l’engagement sera opposable aux nations. Le Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (Giec) est chargé d’un rapport en 2018 pour faire le point sur un objectif encore plus ambitieux : tout faire pour rester aussi proche que possible du +1,5 °C. Cela obligera la communauté internationale à poursuivre ses efforts. Les petits Etats insulaires, qui seront les premiers sous l’eau, pourront s’appuyer sur ce rapport pour lui demander des dédommagements.

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