AMAZONIE – L’autre grand synode pour l’avenir

2018 ECOLOGIE Amazonie Panamazonie

Et si l’Amazonie nous parlait aussi de notre avenir à tous ? L’initiative du pape François, annonçant un synode à venir, sur ce « continent vert » est dans la ligne droite des intuitions de son encyclique, conjuguant luttes sociales et renouveau environnemental. E&E rassemble ici un certain nombre d’informations glanées depuis quelques temps sur cette question.

 

DES PAROLES et des INITIATIVES venues DU TERRAIN : On peut s’abonner notamment à l’intéressante lettre d’Amazonie

  • Dans un communiqué du 21 novembre 2014, le Réseau ecclésial panamazonien (ou RePam) lance un cri d’alarme à propos de la vie en Amazonie. « Du fait de la déforestation, de la dévastation des terres, de l’anéantissement des cultures indigènes et de la violence, les conditions de vie en Amazonie sont de plus en plus difficiles et privent les populations de toute perspective d’avenir »
  • Du 19 au 21 juin 2017, une rencontre en Norvège a permis d’officialiser l’initiative interreligieuse pour la forêt primaire. Des représentants religieux du monde entier avec ceux des populations indigènes ont lancé ce mouvement, une première dans la mobilisation pour protéger les forêts primaires du monde. Convoqué par l’Initiative norvégienne pour le climat et les forês (NICFI) et le programme de développement des Nations unies (PNUD) et le Forum des religions et écologie de l’université de Yale et quelques autres partenaires, dont le Conseil oecuménique des Eglises. D«Notre objectif – en concertation avec les responsables spirituels et autochtones rassemblés ici – est de définir un plan d’action commun afin de créer un mouvement populaire pour développer une volonté politique élargie et des mesures sur le terrain destinées à protéger les forêts tropicales humides, a expliqué l’évêque émérite Gunnar Stålsett, président honoraire de Religions for Peace. Il s’agit d’une initiative d’envergure mondiale. Toutefois, nous mettons particulièrement l’accent sur les responsables, les institutions et les réseaux religieux et autochtones dans les pays où les surfaces de forêts tropicales humides sont les plus importantes.»

  • 2018 ECOLOGIE Eglises 1498141882LjCygzXlkmitK280TBpf3YurwDE17d.pngDu 19 au 24 juin 2017. Des évêques de la région panamazone se sont retrouvés pour la 3e rencontre du réseau REPAM, à Leticia en Colombie, pour définir les stratégies les plus appropriées pour travailler ensemble au service de la protection de l’écosystème amazonien
     
  • Le 28 juillet 2017, le REPAM a joint sa voix au concert de critiques déclenché par la décision, la semaine précédente, de Brasilia d’abroger le statut de réserve naturelle de près de quatre millions d’hectares de forêt amazonienne. Le décret présidentiel a mis fin à cette gigantesque réserve, de la taille du Danemark qui pourra être désormais exploitée par des entreprises minières, alors que jusqu’ici l’exploitation en était réservée aux compagnies publiques. 
  • On peut citer l’intervention du P. Alfredo Ferro Medina, jésuite et coordinateur du Service jésuite de la Panamazonie (SJPAM) de la Conférence des provinces d’Amérique latine et Caraïbes (CPAL) devant le groupe de travail « Environnement et justice économique » du Secrétariat pour l’éducation supérieure. 15-17 janvier 2018

Lire la suite

Publicités

HOMMAGE – Une vie donnée pour les « sans terres »

2017 ECOLOGIE Henri Burin des RoziersFin novembre, le F. Henri Burin des Roziers rendait son dernier souffle, après une vie donnée pour défendre les droits des travailleurs pauvres de l’Amazonie. Une belle figure d’une écologie intégrale au service des opprimés et de leurs terres.

Arrivé au Brésil en 1978, dans l’Etat du Tocantins, le Dominicain mettra rapidement ses compétences juridiques au service de la commission pastorale de la terre (CPT), liée à l’Église catholique. En risquant souvent sa vie pour contester les abus des grands propriétaires terriens, à la manière d’une Sr Dorothy Stang et tant d’autres. La mobilisation médiatique sur le sort des plus pauvres de l’Amazonie l’a beaucoup aidé, notamment dans sa lutte contre l’esclavagisme toujours en cours de travailleurs très pauvres, lançant avec d’autres le « Forum national contre la violence dans les campagnes » en 1992. De fait, c’est le travail précurseur d’un Bartholomée de las Casas qui a inspiré son travail et son engagement.

Le frère Xavier qui l’a bien connu témoigne : « Frère Henri a influencé toute une génération de juges, de procureurs, d’avocats, de militants qui poursuivent son combat : l’ordonnance a par exemple été suspendue par la Cour Suprême fin octobre. »

Le nombre d’assassinats dans les conflits liés à la terre est toutefois reparti à la hausse : 36 en 2014, 61 en 2016. Seuls 10 % d’entre eux sont suivi d’un jugement.

A lire pour mieux connaitre cet homme : Henri Burin des Roziers, Comme une rage de justice, Ed Cerf,  2016.

DL
Source : La Croix