LAUDATO SI – Des grandes villes intégrales ?

Guadi.jpgActuellement se déroule une conférence internationale au Brésil sur le thème « Laudato Si et les grandes villes » organisé par la Fondation « Antoni Gaudi pour les grandes villes »

Le pape François a envoyé un message aux participants indiquant qu’il est « irresponsable de polluer l’eau et l’air. Les gouvernements doivent agir. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés lorsqu’on observe une dégradation environnementale sévère. »

Dégradation de l’air, pollution de l’eau, augmentation de la production de déchets mais aussi pauvreté sociale, et ghettoisation alimentés par la violence et l’injustice : autant de réalités qui ne peuvent pas laisser indifférents les dirigeants. Pour se mobiliser, le pape argentin propose la triade des 3 R : respect, responsabilité et relations. Respect de l’environnement et pour la Création, voilà un devoir « que nous devons tous avoir, parce que nous en avons tous hérité comme un don précieux et que nous devons nous assurer que les générations futures pourront continuer de l’admirer et d’en profiter. »

Il s’agit pour lui de casser le mur de l’indifférence . « La passivité actuelle prouve que l’humanité a perdu son sens de la responsabilité envers les familles sur lesquelles toute société civile est pourtant fondée. » Il s’agit donc de construire «  un réseau de communion et d’appartenance, capable de promouvoir une meilleure coexistence et dépasser les difficultés. »

DL

 

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BRESIL – Quarante ans de combat

2016 Bresil La commission brésilienne pour la Pastorale de la Terre (CPT)s’est réunie fin août. Occasion pour l’épiscopat brésilien de dénoncer la violence des crises en cours dans la pays.

Valentin Gouriou, un journaliste de La Croix commente :

Soucieuse de l’environnement, la Commission Pastorale de la Terre (CPT), organisme de la Conférence des Évêques du Brésil (CNBB), s’alarme du démantèlement progressif des réseaux de protection de l’environnement au profit des intérêts économiques et financiers. Le recul de la forêt amazonienne n’a en effet jamais été aussi important tandis que les violences contre les populations indigènes et rurales augmentent. Les évêques appellent « à garder hautes les valeurs de la fraternité démocratique, du respect du prochain, de la tolérance et d’un sain pluralisme ».

La CPT a fêté ses 40 ans il y a quelques semaines, au cours de la Rencontre brésilienne des Mouvements populaires en dialogue avec le Pape. L’organisme CPT est né en 1975 pour faire face aux violations des droits des peuples indigènes et des communautés qui avaient vu envahis leurs territoires par les grandes entreprises s’étant implantées en Amazonie.

Les cahiers « Conflitos no campo » présentent les informations concernant homicides, menaces et violences liés aux questions de la terre, de l’eau et du travail. En 31 ans de publication, ont été enregistrés ainsi plus de 30.000 événements de ce genre.

DL

ECOLOGIE INTEGRALE – L’ultime combat de Sr Dorothy

Il y a douze ans mourrait soeur Dorothy Stang, une religieuse américaine vivant au Brésil de longue date. Abattue froidement pour avoir dénoncé les abus des grands propriétaires terriens.

Elle avait 73 ans et son souvenir reste vivace. Sur le réseau « Net for God » de la communauté du Chemin Neuf, un documentaire récent a été publié donnant la parole aux personnes qui ont connu cette belle figure de militante d’une écologie intégrale avant l’heure.

 

Plus d’infos sur le site http://www.dorothy-stang-lefilm.fr/

DL

BARRAGES – Quand la coupe déborde

2014 Barrages brésiliensCertains reçoivent peut être la « Lettre d’Amazonie » qui témoigne du quotidien des hommes et des femmes qui y vivent et des missions chrétiennes qui tentent de défendre l’essentiel. Dans le dernier numéro de la lettre sont analysées les raisons des  importantes inondations sur le Rio Madeira. Occasion de rappeler quelques faits oubliés.

Le Rondonia est un Etat de l’ouest du Brésil, à la frontière avec la Bolivie.  Un Etat oublié qui était couvert à l’origine de plus de 200 000 km2 de forêts tropicales.  Il y a dix ans déjà, un tiers de la forêt avait déjà disparu sous les coupes massives. Il est désormais l’une des régions du Brésil les plus atteintes par la déforestation.

Y a t-il un lien ? Au début de l’année 2014, des inondations catastrophiques ont touché la région. En mars, 2000 Familles ont du être déplacées, et l’Etat a été mis en état d’urgence ainsi que plusieurs autres Etats voisins. De quoi s’interroger aussi sur la gestion du patrimoine hydrologique de ces régions. Selon la revue Ciênça, la multiplication des crues dites « centenales » n’est pas un hasard. Dérèglement climatique, mais aussi multiplication des barrages sont des facteurs évidemment aggravant.

Occasion de rappeler que ces projets de barrages gigantesques sur ces bassins hydrologiques cruciaux pour toute la biodiversité de la région et donc aussi la vie des populations locales, ont pour buts premiers la production d’électricité moins chère que l’énergie produite à partir du pétrole. Mais aussi le développement de voies navigables du Brésil vers les ports côtiers du Pérou, via la Colombie. De quoi pouvoir exporter facilement les produits agricoles (!) brésiliens vers les pays asiatiques…Le rapport annuel du CIMI (Centre indigène missionnaire) permet de comprendre l’impact de ces projets sur les régions en termes de corruptions organisées, violences aux populations indigènes et autres trafics d’influences.

En attendant, et malgré de nombreuses manifestations des populations locales, les plans de développement à grande vitesse des pays sud-américains continuent de piller le patrimoine naturel et de déséquilibrer gravement les écosystèmes locaux au nom du développement économique du pays. Et tant pis pour les inondés qui vivent sur place. En passant, on peut rappeler aussi que certains de ces barrages ont été allégrement soutenus par une belle entreprise française, GDF Suez pour ne pas la nommer. Plus d’infos ici.

La revue, citée par la Lettre d’Amazonie propose une analyse : Lire la suite

RENCONTRE – Amazonie, défi missionnaire et écologique

2014 encontroPANAmazonicoLe pape François avait souligné dans une de ses interventions que l’Amazonie était un bon laboratoire des enjeux de la pastorale et des défis contemporains pour l’Eglise. Il vient d’envoyer un message de soutien à des assises  organisée actuellement à Brasilia (Brésil), Rede eclesial pan-amazonica, sur le thème : « La réalité de l’Amazonie, au défi des changements climatiques. Témoignages des expériences missionnaires. Défis écologiques et présence dans cet écosystème amazonien”

Après avoir souligné l’enjeu crucial du vivre ensemble et de la solidarité, il a manifesté

« sa satisfaction de constater un écho à son appel en faveur de la création d’un réseau consacré aux questions environnementales de l’Amazonie. Et insiste sur le fait que le numérique doit constituer un atout pour l’humanité, non un réseau matériel mais fait de personnes. Il ne suffit pas de naviguer sur le web, il faut rencontrer les personnes. On ne peut vivre isolés et repliés sur soi. Il faut aimer et être aimé afin que le témoignage chrétien puisse se diffuser sur la toile vers les périphéries existentielles, afin que la levure chrétienne soit féconde pour le maintien des cultures vivantes et des valeurs de l’Amazonie. »

DL

Il n’y a pas que la forêt qui disparait

kraütlerQui a dit  ?

« Des groupes politiques et économiques liés à l’industrie agroalimentaire, minière et des constructions avec le soutien et la participation du gouvernement brésilien tentent de révoquer les droits territoriaux des peuples indigènes. »

C’est un extrait d’une note du Conseil indigène missionnaire (Cimi) relatif aux violations des droits des indigènes au Brésil, remis par Mgr Erwin Kraütler (évêque de Xingu), au pape François il y a quelques jours. La situation des Guarani est particulièrement dramatique, dans l’Etat du Mato Grosso. On estime aujourd’hui que 90 tribus isolées sont menacées par des grands travaux industriels.

DL

Source : Fides / Apic

 

L’injustice continue pour soeur Dorothy

Brasil  Assassinato de Dorothy Stang por JailsonSoeur Dorothy Stang n’aura donc pas eu droit longtemps à un semblant de justice. Cette religieuse américaine de 73 ans avait été exécutée le 12 février 2005 à cause de son engagement pour la défense des paysans sans terre et des projets de développement durable dans l’Etat brésilien du Para. L’homme arrêté et jugé alors, Vitalmiro Bastos de Moura, un grand propriétaire terrier, reconnu comme étant un des commanditaires du crime, avait été condamné à trente ans de réclusion criminelle. Mais la semaine dernière, cette condamnation a été annulée pour vice de procédure, du fait d’un délai d’étude du dossier jugé trop court par les avocats de défense qui, pourtant, avaient décidé de ne pas participer au procès à l’époque.

La Commission de la pastorale de la Terre (CPT) de la région constate avec dépit que la volonté d’entraver la justice sur ces questions d’inégalités sociales criantes a donc bien fonctionné au bout du compte. Il faudra donc attendre un quatrième jugement dans cette affaire où l’on devine la pouvoir de nuisance des grands propriétaires terriens de la région. Lire la suite