RELIGIONS – Fauchet, mais plein de ressources

2014 Etats d'âmeFrançois, sur son blog Etats d’âme, donne l’intégralité d’un article écrit par Benoît Fauchet, un journaliste de l’AFP, s’étonnant de la conscience écologique des chrétiens en France.

Dieu est-il écolo ? »Des responsables religieux s’engagent en tout cas sur le changement climatique, appelant à la sobriété au nom d’une « théologie de la création » qui résonne de Lima à Paris, où un accord de lutte contre le réchauffement est espéré fin 2015.  « L’idée d’un jeûne – pratique observée dans la plupart des grandes traditions religieuses – pour le climat a été lancée en novembre 2013 à la dernière conférence internationale sous l’égide de l’Onu, à Varsovie. « Cette initiative symbolique a fait son chemin depuis, avec un jeûne le 1er de chaque mois, soutenu par une quarantaine d’organisations dans le monde. « Au premier jour de la nouvelle conférence climat de Lima, lundi, une « chaîne mondiale » a même été lancée, qui doit être animée par 365 jeûneurs, croyants ou non, se relayant chaque jour jusqu’à la conférence de Paris.  « Et dimanche, des veillées de prière, associant le rite de la lumière, devraient être organisées dans une trentaine de villes dans le monde par le réseau Our Voices, qui annonce d’autres mobilisations pour que le sommet de Paris « réussisse là où tout le monde a échoué par le passé ».

« Réveiller les consciences »

« Mgr Marc Stenger, chargé de l’environnement à la Conférence des évêques de France, défend ces formes spirituelles d’engagement. « Nous croyons à la valeur et à la force de la prière et du jeûne », explique-t-il avant de partir à Lima. « Je ne sais pas si on pèsera sur les négociations. Ce que je sais c’est que nous devons tenir un discours éthique, réveiller les consciences pour changer nos modes de vie », ajoute l’évêque de Troyes.  « Mais qu’ont les religions de si particulier à dire sur ces enjeux ? « Dans la Bible, qui est notre source, il y a une affirmation très claire que l’homme est étroitement lié à la création, et qu’il doit traiter avec respect ce que Dieu a mis à sa disposition », souligne Mgr Stenger.  « François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF), voit lui la création comme une « grâce reçue et à partager ».
« La grâce a pour nous des implications: la justice, la solidarité et un regard très critique sur l’obsession productiviste et consumériste », dit ce pasteur réformé, qui appelle à « faire fructifier le monde mais ne pas en abuser », dans un esprit de « frugalité joyeuse ».

Les autres religions aussi

« Longtemps peu visibles sur ces questions scientifiques, les religions s’affichent aujourd’hui sans complexes. « Les chrétiens bien sûr, mais aussi, de manière moins organisée, musulmans, juifs et bouddhistes. « Ainsi du rabbin franco-israélien Gabriel Hagaï, séduit par l’esprit d' »ouverture » interreligieuse qui souffle sur le jeûne pour le climat. « Un engagement évident également pour l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou, qui souligne que « la question de la nature et de l’environnement est inscrite dans les conditions théologiques et spirituelles du musulman », même si beaucoup de fidèles « ne connaissent pas la tradition coranique » sur ce point. « Les initiatives du pape François sont désormais très attendues. Celui qui a choisi son nom de règne pontifical en hommage à saint François d’Assise, « patron des écologistes », devrait publier en 2015 une encyclique consacrée aux enjeux environnementaux, et il est possible qu’il participe la même année à un sommet interreligieux sur le climat. « Des personnalités comme Christiana Figueres (la responsable climat de l’Onu) et Nicolas Hulot font le pari que l’étincelle pour combler l’écart entre la connaissance des problèmes et l’action peut venir des grandes autorités morales et religieuses de ce monde. Pour l’Onu, nous sommes plus que des partenaires: un peu le levier de la dernière chance », estime Martin Kopp, chargé de plaidoyer pour la Fédération luthérienne mondiale.

« Mais les Églises ont-elles des leçons écologistes à donner ?

« Mgr Stenger reconnaît un « devoir d’exemplarité » des communautés religieuses, notamment dans la construction et le fonctionnement de leurs bâtiments au regard des normes environnementales, et ne nie pas les progrès à réaliser dans ce domaine. « Il faut être les premiers à mettre en œuvre les conséquences de ce à quoi nous croyons« , dit-il »

Benoît Fauchet (AFP)

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