Fukushima, une chronologie

  • 26 mars 2012

Ce lundi matin, Tokyo Electric Power Company (Tepco) a officiellement mis à l’arrêt pour des travaux de maintenance réguliers le réacteur 6 de sa centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située dans la préfecture de Niigata. Cette tranche était la dernière encore en activité dans les centrales de Tepco, qui a vu depuis la catastrophe de Fukushima, il y a un an, ses réacteurs interrompre leur activité l’un après l’autre.  &
Aujourd’hui, seul un réacteur, sur les 54 que comptaient le pays avant le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, produit encore du courant. Opéré par Hokkaido Electric Power, l’une des neuf compagnies régionales produisant de l’électricité nucléaire au Japon, ce site devrait à son tour être stoppé pour des travaux de maintenance début mai.  S’il s’est abstenu de commenter, ce matin, la mise à l’arrêt de la centrale de Tepco, le gouvernement voit avec angoisse le pays s’acheminer vers le « zéro nucléaire » et tente, en coulisses, d’obtenir un redémarrage rapide des tranches mises à l’arrêt pour de simples travaux de routine. Il doit pour cela convaincre les autorités locales d’approuver ces relances.  Jusqu’à la catastrophe de l’an dernier, les maires des villes abritant des centrales validaient quasi-automatiquement le « rallumage » des tranches à la fin des périodes de maintenance qui ne durent théoriquement que quelques semaines. Mais depuis le drame, ces élus redoutent de contrarier une partie de leur population qui s’inquiète de la solidité des centrales.  Tentant de rassurer les habitants de ces villes, le gouvernement a organisé des tests de résistance théoriques sur les différentes tranches et assuré que les sites pourraient résister aux catastrophes naturelles. Sa communication très confuse sur l’organisation éventuelle de tests complémentaires n’a toutefois pas convaincu.  Totalement inaudibles, les électriciens du pays estiment, eux, que des coupures de courant massives dans le pays pourraient dans les prochains mois convaincre les communautés locales de soutenir une relance des centrales qui assuraient, avant la catastrophe, 28% de la production d’électricité de la nation.  – Article des Echos du 26/03 | 07:14 | Yann Rousseau  (À TOKYO)

  • 4 aout 2011

Article Le Monde, p. 7

– Dans un bâtiment du réacteur 1, une dose de 5 sieverts par heure a été relevé (rappel : niveau « acceptable » pour l’homme : 0,02 sieverts/an !!) Extrait : « Le conduit en question est relié à la cheminée de relargage -située entre deux réacteurs- et aux enceintes de confinement. Il avait été utilisé au moment des tentatives de ventilation des réacteurs dans les jours qui ont suivi le tsunami, tentatives qui n’ont pas empêché plusieurs explosions d’hydrogène notamment, entre les 12 et 15 mars. Il y aurait alors eu une accumulation très radioactive, soit de débris, soit d’eau liée à l’intense condensation, dans un point bas ou au trou de ce conduit, ce qui expliquerai le haut niveau de radiation. Tepco a condamné ces zones à risques (…) Leur présence perturbe les efforts de reprise de contrôle de la central et, entre autres, les opérations de refroidissement des réacteurs. »

  • 3 aout 2011

Article La Croix, p. 2-3

« Au Japon, nous n’avons pas comme en Frnce une culture de la critique ouverte. La vieille génération suit et croit ce qu’on lui dit. C’est moins vrai pour la jeune génération, plus consciente des erreurs et des mensonges d’un gouvernement dépassé par les évènements. » Miwa Saawada, professeur de français au Japon. L’article évoque le ras-le-bol de la population japonaise.

– Nouveau record de radiations entre le réacteur 1 et 2 à Fukushima où les débris accumulés rayonnent plus de 10 sieverts par heure (‘appareil de détection était limité à 10 !). Il était de 3 à 4, le 3 juin dernier. (déclaration Tepco)

  • 2 aout 2011

Article Libération. p. 6

« La Croix Rouge japonaise a reçu 300 milliards de yens de dons [2,7 milliards d’euros ndlr]n dibt 90 % ont été dépensés, mais le fait est qu’a Japon, troisième économie mondiale, de nombreux sinistrés ne mangent pas à leur faim. » Un diplomate européen de retour de la ville de Koriyama.

36 sur 54 réacteurs nucléaires sont toujours à l’arrêt dans le pays.

D’après plusieurs organisations de sureté nucléaire, il resterait entre 70000 et 100000 personnes à évacuer de Fukushima.

  • 31 juillet 2011

Mise en place d’un circuit de refroidissement des piscines contenant du combustible usagé pour le réacteur 4. A la mi aout, cela n’était toujours pas le cas pour les 3 autres réacteurs.

  • 29 Juillet 2011

Article Le Monde. Entretien avec Franck Bigot, responsable de la sûreté des réacteurs nucléaires à l’IRSN.

Selon lui, le « refroidissement des quatre réacteurs et des piscines est stabilisé. L’opérateur Tepco injecte entre 3 et 4 m3 d’eau par heure, soit entre 75 et 80 m3 par jour. Après avoir envoyé de l’eau dans les cuves au moyen de pompes de fortune et de camions-citernes, le refroidissement des réacteurs fonctionne maintenant, depuis le début du mois, en circuit fermé : l’eau qui sort du réacteur est ainsi refroidie et traitée afin d’être directement réinjectée dans le cœur, ce qui permet d’éviter les fuites et rejets radioactifs. Par contre, il faut encore installer ce circuit fermé pour la piscine du réacteur 4 — où est stocké du combustible — qui est encore refroidie avec du matériel d’appoint. »

Il estime à 130 000 m3 la quantité d’eau radioactive présente sur le site que l’usine de décontamination (Tepco/Areva) tente de récupérer et traiter (à raison de 1000 m3 par jour – 30 000 m3 traité à ce jour selon lui). Reste la question des déchets solides très radioactifs issus de ce retraitement des eaux. Selon lui, la radioactivité décroit sur le site puisque depuis l’accident  » il n’y a presque pas eu de nouvelles sources d’émissions » d’I131 (demi-vie 15 jours). Le Césium 137 (demi-vie 30 ans) lui reste présent

Autres opérations en cours :
– Un toit amovible est en cours de construction sur le bâtiment de la turbine du réacteur n°3 (achèvement pour début septembre).>
– injection de N2 dans les réacteurs 1, 2 et 3 pour éviter les explosions dans le cœur des réacteurs.
– des résines sont utilisées pour fixer les radionucléides sur le site.

A plus long terme, démantèlement du combustible (2500 tonnes d’uranium et plutonium dans les cuves et les piscines) prévu sur 10 ou 20 ans.

  • 13 Juillet 2011

Art. Actu-Environnement.com

– En l’état, seuls 19 des 54 réacteurs japonais fonctionnent. Parmi les centrales à l’arrêt se trouvent tout d’abord les réacteurs accidentés suite au séisme. La centrale de Fukushima Daiichi (six réacteurs) est la première concernée, suivie par la centrale de Fukushima Daini (quatre réacteurs) et celle d’Onagawa (trois réacteurs). De même, la centrale de Hamaoka (cinq réacteurs) a été fermée à la demande du Premier ministre qui a imposé un renforcement des protections anti-tsunami. Autant de réacteurs, qui ne devrait pas reprendre du service avant plusieurs années.

  • 9 juillet 2011

Art. Actu-Environnement.com

– contrairement à ce que Tepco annonçait jusqu’à maintenant (9 mois pour stabiliser la situation),  Naoto Kan a présenté les perspectives à long terme : « cela prendra trois, cinq, dix ans, voire plusieurs décennies pour gérer l’accident », a-t-il estimé.  Selon NHK, les autorités travaillent à un programme de long terme s’inspirant de l’accident nucléaire de la centrale de Three Mile Island en 1979. Un document obtenu par la chaîne de télévision, préciserait que le retrait du combustible fondu pourrait débuter en 2021.

– Par ailleurs, Goshi Hosono a indiqué que le gouvernement estime que Tepco parviendrait à établir un circuit de refroidissement permettant un arrêt à froid des réacteurs d’ici janvier 2012, conformément au calendrier présenté par l’opérateur.

– Cependant, la situation des réacteurs épargnés par le séisme inquiète aussi les autorités. En effet, face à l’opposition de la population locale, il est extrêmement difficile de redémarrer un réacteur, même si la mise à l’arrêt n’est justifiée que par la maintenance de l’installation. « Si les communautés locales s’opposent, pour des motifs de sécurité, aux plans d’opération des opérateurs, tous les réacteurs japonais pourraient être à l’arrêt en avril 2012 », indiquait, début juin, un officiel du ministère de l’Economie japonais à Reuters.

– Les réacteurs en activité doivent tous faire l’objet d’au moins un arrêt de maintenance dans les neuf mois à venir. En l’occurrence, selon le programme d’inspections, le réacteur 6 de la centrale de Kashiwazaki Kariwa (préfecture de Nigata, nord-ouest du Japon), d’une puissance de près de 1.400 mégawatts (MW), pourrait être le dernier à être éteint le 9 avril 2012.
Jusqu’à maintenant, les réacteurs ayant fait l’objet d’un arrêt de routine n’ont pu être redémarrés du fait de l’opposition des autorités locales. Bien que sur un plan strictement légal, l’accord de l’Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle (Nisa) suffise pour redémarrer un réacteur, la coutume veut qu’aucun opérateur ne s’y risque sans l’approbation des autorités locales. Cette approbation, simple formalité habituellement, pose aujourd’hui de sérieux problèmes aux opérateurs de centrale nucléaire.

– Dans ce contexte, tous les yeux se sont tournés vers la ville de Genkai (préfecture de Saga, sud-ouest du Japon) et ses quelque 7.000 habitants. Pour convaincre les autorités locales, les autorités nationales n’ont pas ménagé leurs efforts : début juillet, Banri Kaieda, ministre du Commerce et de l’Energie, s’est déplacé en personne pour affronter une foule hostile et convaincre le maire de donner son accord. Après cette visite, le maire a donné son feu vert au redémarrage de la centrale et l’opérateur n’attendait que l’autorisation du gouverneur de la préfecture, pour redémarrer les réacteurs 2 et 3, sur un total de quatre. Initialement, le réacteur 2, d’une puissance de 560 MW, aurait dû redémarrer en mars et le réacteur 3, d’une puissance de 1.100 MW, en avril.Quant au gouverneur de la préfecture, il souhaitait recueillir l’avis des populations concernées avant d’autoriser le redémarrage du réacteur. La concertation entre autorités locales et pouvoir centrale battait alors son plein. Le 8 juillet, le ministère avait prévu une nouvelle réunion avec les populations concernées et, le 11 juillet, l’assemblée de la préfecture devait débattre du sujet. Selon Reuters, l’obtention de l’autorisation préfectorale était en bonne voie, puisque les membres de l’assemblée locale étaient globalement favorables au redémarrage de l’installation. De plus, Naoto Kan, le Premier ministre japonais, avait lui-même donné des garanties en matière de sûreté nucléaire au gouverneur de la préfecture. Jeudi dernier, en annonçant par surprise la réalisation de tests de résistance sur l’ensemble du parc nucléaire japonais, Naoto Kan a fait voler en éclats le consensus précaire obtenu par son gouvernement. En effet, le maire de Genkai a finalement renoncé à donner son feu vert, reportant sine die le redémarrage de l’installation. Furieux, le maire de Genkai a estimé que cette annonce signifiait que les garanties gouvernementales relatives à la sûreté des réacteurs n’avaient aucune valeur. Loin d’être anecdotique, ce revirement fait ressurgir la crainte de voir fermer un à un les réacteurs japonais sans qu’ils puissent être remis en opération conformément aux prévisions des opérateurs.

– Au lendemain de ce nouveau report, le gouvernement a souhaité calmer les esprits. Yukio Edano, porte-parole du gouvernement, a tout d’abord jugé que la sûreté nucléaire est prioritaire par rapport au confort associé à la fourniture d’énergie. Des déclarations analysées par certains comme la traduction des hésitations de Naoto Kan auquel on prête la tentation d’abandonner le nucléaire, ce dernier ayant confirmé, mardi 12 juillet, vouloir « réduire la dépendance » japonaise vis-à-vis du nucléaire.
– Gohsi Hosono, le ministre chargé de superviser la catastrophe de Fukushima a pour sa part indiqué que le gouvernement s’attend à faire face à des difficultés d’approvisionnement électrique pendant un à deux ans.

  • mi-juillet 2011

Les autorités sanitaires du Japon annoncent que du Césium radioactif a été détecté sur quelques dizaines de boeufs issus de la région de Fukushima. Il s’agirait en fait de 3000 bovidés qui ont distribués dans tout le pays depuis 4 mois. L’affaire fait scandale et révèle encore un peu plus la difficulté à gérer et à penser l’ampleur de la crise.

  • 12 mars 2011

– A la suite d’un puissant tremblement de terre, un important tsunami dévaste la côté nord-est du Japon. Un bilanofficiel au cours de l’été 2011 évoque 21 000 victimes. D’autres fait été plutôt de 40 000 victimes.

– La centrale nucléaire de Fukushima est endommagée. Trois coeurs de réacteurs sur 4 entrent en fusion partielle. Des enceintes de confinement sont dégradées avec des fuites conséquentes dans l’atmosphère.

Près de 100 000 personnes sont évacuées du secteur dans les semaines qui suivent.

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