EGLISES et BIODIVERSITE

19 Nature et écologieEn ce début d’année 2014, l’antenne Environnement et mode de vie de la Conférence des évêques de France publie deux « fiches bleues » sur la question de la biodiversité. Un débat s’engage dans la foulée.

Fiche 1

Fiche 2

Mi-février 2014

Arnaud du Crest et Loïc Laïné, membres du groupe Paroles de chrétiens sur l’écologie, Diocèse de Nantes

  • L’exposé de la biodiversité et des enjeux est remarquable, précis et concis. Traitant à la fois du temps long avec la 6e extinction, et du temps court avec l’action de l’Homme aujourd’hui.L’analyse et la description des trois niveaux de réponses est précise d’un point de vue institutionnel mais mériterait peut-être d’être complétée d’un point de vue scientifique. La note indique seulement que la biodiversité mondiale continue à se dégrader. On pourrait ajouter les conclusions du rapport de 22 scientifiques au niveau international publié dans la revue Nature de juin 2012 : sur la poursuite de la tendance actuelle, la biodiversité risquerait de s’effondrer à partir de 2025 (sans que l’on puisse prédire quand).
  • Concernant les réponses de la société, la mise en place de la trame verte et bleue est une réelle avancée, mais attention, son efficacité dépend fortement des conditions de négociation au niveau local entre les projets d’urbanisme et les promoteurs de la trame. La note cite ensuite les mesures compensatoires en cas de destruction de milieux naturels sensibles. C’est là un thème très sensible, on le voit en particulier à l’occasion du projet de Notre-Dame-des-Landes où Vinci, appuyé par les pouvoirs publics, a avancé un projet de compensation basé sur des points d’équivalence qui, de l’avis même du comité d’experts nommé par le Préfet, détourne complètement la notion de préservation de la biodiversité (Rapport d’avril 213).
  • Les difficultés pour une meilleure coopération entre « parties prenantes » sont très pertinentes (connaissance limitée des interactions entre espèces, règlementation complexe, incertitudes juridiques, absence d’une éthique partagée), mais la conclusion ne porte que sur les difficultés de communication entre acteurs. Peut-être faudrait-il ici citer les divergences d’intérêt économiques de ces acteurs. Entre des entreprises comme Monsanto et les paysans utilisant leurs graines, entre Rio Tinto et les paysans vivant dans les zones expropriées pour exploiter le cuivre ou d’autres minerais, entre le gouvernement chinois ou brésilien et les paysans expulsés pour laisser place à des barrages géants, sans parler des conflits sur notre propre sol liés aux lignes LGV, à un projet d’aéroport ou à un projet de zone commerciale géante… Il ne s’agit pas là seulement de communication mais de choix politique, de modèle de développement.
  • La place des chrétiens : L’insuffisance de la loi pour régler ces problèmes, et la nécessaire implication de raisons d’ordre éthiques, spirituelles… pose bien le problème. C’est un engagement à tous les niveaux de la société dont nous avons besoin, avec l’appui des Eglises. Si les enjeux de la biodiversité sont principalement situés dans des zones culturellement chrétiennes, c’est sans doute que le mode de développement de ces sociétés est différent des autres. Il est effectivement très important d’en conclure qu’il est important que les stratégies de conservation de la biodiversité trouvent des arguments pour impliquer ces confessions chrétiennes. Nous avons une responsabilité spécifique.Mais si cet engagement doit reposer sur les trois piliers du développement durable, nous craignons qu’il n’aille pas très loin. Le développement durable, un oxymore, a été promu pour contrer la remise en cause de la croissance sans fin initiée à la fin des années 1960. La question n‘est pas l’équilibre entre ces trois piliers mais les interrelations entre eux, ou mieux les relations d’inclusion. Une autre conception serait de considérer que l’économie est inclue (encastrée selon Karl Polanyi) dans le social, et que celui-ci est inclus dans la dimension environnementale (ce que confirmeraient sans doute les compagnies d’assurance), dans une vision écocentrée de la Création.Enfin la référence à l’encyclique « Caritas in Veritate » pour définir des critères d’action, dialogue, subsidiarité et gouvernance, met bien en évidence à la fois l’intérêt et les limites de ces critères. Qu’il y ait besoin d’amélioration du dialogue local entre les acteurs de la société est indubitable, mais à condition que cela se fasse dans le respect strict des contraintes environnementales édictées à un niveau plus large. Les enjeux environnementaux dépassent les enjeux locaux à la fois dans l’espace et dans le temps. Même la subsidiarité devrait s’y conformer, et la souplesse de la gouvernance ne peut pas être un moyen d’y échapper.

Fin février 2014

Yves répond à Arnaud

Votre message poursuit un débat qui a été le nôtre lors de l’élaboration de ces fiches, dont la rédaction, je vous l’avoue, a été parfois difficile. Nous avons bien conscience que le sujet de la biodiversité est encore peu mûr dans les foules chrétiennes dont nous faisons partie, alors que dans le même temps, « la maison brûle », ce que vous évoquez dans votre message en citant le rapport de 22 scientifiques dans la revue Nature en 2012.

D’autres points de votre message m’interpellent, vous évoquez notamment

  • la prégnance de l’économique qui est sous tendu par des choix politiques et des modèles de développement et se traduit sur le terrain de la biodiversité par des conflits d’intérêts,
  • vous rappelez l’importance capitale de « contraintes environnementales » édictées à un niveau territorial suffisamment vaste,
  • vous vous interrogez sur les arguments capables de sensibiliser les chrétiens à l’urgence des stratégies de conservation de la biodiversité.
  • Enfin, vous reconnaissez l’importance du dialogue local, que nous avons souligné, mais cette approche vous paraît insuffisante.

En ce qui concerne la prégnance de l’économique, c’est bien le sujet qui surdétermine presque tout le débat sur la biodiversité, je vous avoue n’avoir pas de solutions suffisamment globales, nous collaborons à diverses formes d’économie sociale et solidaire comme les AMAP, qui visent à « réencastrer » l’économique agricole dans le social et l’environnemental comme vous le dites, sur les entreprises dites d’économie de communion, ou sur le développement de l’agriculture biologique, mais cela porte sur des surfaces infimes, et quoiqu’il en soit, cela ne résoud pas entièrement les problèmes de biodiversité sur ces surfaces mêmes. En tout cas, ce point reste encore une hypothèque lourde.

Le sujet des « contraintes environnementales » est évidemment essentiel. Il est impossible d’attendre uniquement de la simple bonne volonté citoyenne le développement de pratiques favorables à la biodiversité sur des échelles suffisantes… mais pour moi, ce point est nécessairement lié à celui sur le dialogue local. Tout d’abord il faut s’expliquer sur le dialogue local. Comme nous l’avons dit dans la fiche N°2, il se construit dans la subsidiarité et la « gouvernance locale ». Le terme « local » est d’abord une question d’échelle : la commune, la région naturelle, le pays ou une échelle plus vaste … Par ailleurs, le « local » implique souvent d’associer des personnes et institutions hors local, des consommateurs, des associations environnementales, des fonctionnaires… Il est évidemment improbable qu’un dialogue local débouche à lui seul sur une prise en compte adéquate de la biodiversité, mais il va sans dire, et cela va sans doute mieux en le disant, que la « parole » que constituent précisément ces « contraintes environnementales » est partie intégrante de ce dialogue local, c’est souvent elle qui oblige les acteurs locaux à parler de biodiversité, et pas n’importe comment. Mais ce dialogue ne peut se construire que si les conditions le permettent. Que ce dialogue soit mouvementé n’est pas anormal, c’est peut-être même un bon signe. Un dialogue local nécessite par ailleurs une volonté politique et une animation. Il faut ensuite s’expliquer sur ces « contraintes environnementales ». Elles définissent selon moi des moyens à mettre en place pour atteindre des « enjeux » de biodiversité, le terme « enjeu » signifant que le moyen n’est jamais efficace à 100%. Ensuite, les moyens définis dans une contrainte environnementale devraient selon moi rester suffisamment généraux, faute de quoi, en précisant trop , on arrive à des impossibilités techniques ou autres, ce qui rend ces contraintes moins faciles à accepter par ceux qui doivent les respecter, enfin d’autres questions se posent sur ces contraintes, le contrôle, l’évaluation, les aspects administratifs, financiers ou autres… A cause de cela, de bonnes « contraintes environnementales » devraient, selon moi, inclure un dialogue local tel que nous l’avons défini , car leur efficacité en dépend, et ce dialogue peut permettre en retour une remontée d’information à l’échelle plus vaste où ces contraintes ont été édictées. Faute de quoi, on court le risque d’aller vers des mesures qui veulent tout contrôler, alors qu’au contraire, la diversité des territoires, des populations locales, des enjeux biodiversité, requiert de la souplesse, de l’inventivité, de l’intelligence, bref, de « l’humain »…

Nous arrivons ici, selon moi, à un message sur la biodiversité qui devrait être audible par le monde chrétien , que je pourrais illustrer par de nombreuses expériences concrètes, mais je ne veux pas ici être trop long… : Ce message est qu’il ne peut pas exister de politique biodiversité sans facteur humain. Ce facteur humain n’est pas un « mal nécessaire ». Pour les chrétiens, nous croyons que l’humain et les relations humaines sont « Esprit et vie », tout comme d’une certaine manière, la biodiversité l’est. Toute la question est de construire des relations humaines « de qualité » et ouvertes aux enjeux de la biodiversité. Le dialogue « local » sur la biodiversité dont nous avons parlé peut l’amorcer, sans omettre de porter aussi le débat au plan économique.
En notre époque de crise écologique, je verrais bien la biodiversité comme une validation de la qualité des relations humaines existant dans des territoires multiples, emboîtés entre eux, des relations ouvertes aux enjeux de biodiversité, et une biodiversité qui va répondre à ces relations, une réponse que l’on sait vérifier par des indicateurs concrets. En tout cas, c’est une réalité que sont capables de comprendre les personnes avec qui je travaille sur le terrain de la biodiversité… les chrétiens et tous les humain de bonne volonté.

Début mars 2014

Arnaud répond à Yves
Nous partageons la même conviction de l’importance du sujet de la biodiversité, et la resituons dans une perspective chrétienne. Nous avons également de nombreux points d’accord qui peuvent permettre d’avancer dans ce débat. Soulignons d’abord quatre points d’accord :

  • Le développement que vous faites de la relation entre subsidiarité et dialogue local éclaire et complète le texte (nécessairement bref) de la deuxième note sur la biodiversité. De mon point de vue, votre explication apporte un équilibre très pertinent entre cadre supra local et nécessaire dialogue local très pertinent.
  • Vous avez raison de souligner que l’on ne peut pas tout contrôler en termes de biodiversité et que ce pourrait être, avec mes mots à moi, contre-productif. C’est effectivement la différence entre conserver et préserver. La conservation peut se faire avec des règles strictes, mais est inapplicable ou autodestructrice, la préservation suppose une adaptation. C’est d’ailleurs toute la difficulté des politiques environnementales.
  • Il n’y a pas « une » solution globale pour un autre modèle économique, c’était l’idée du « grand soir », mais il existe déjà un ensemble d’initiatives alternatives au modèle dominant, nous y reviendrons plus bas.
  • La biodiversité est effectivement, comme vous le proposez en conclusion, une validation de la qualité des relations humaines. Comme l’écrit Pascal Ascot « Il est illusoire de prétendre changer les rapports destructeurs des hommes à la biosphère sans changer dans le même mouvement les rapports destructeurs des êtres humains entre eux: c’est une écologie de la libération humaine qui reste à édifier. Mais en prenons-nous le chemin ? »
Pour aborder deux points de désaccord:

  • Sur la place de l‘économie vous ne répondez pas sur la hiérarchie que nous proposons entre les trois domaines de l’économie, le social et l’environnement, sauf pour dire que le sujet de l’économie surdétermine le débat sur la biodiversité. Certes, mais faut-il s’y soumettre ? Les réflexions qui suivent sont nourries de ma pratique d’études économiques à un niveau régional.
  1. D’un point de vue chrétien, rappelons que le social est de l’ordre de l’objectif, l’économie des moyens. D’ailleurs s’il existe une Doctrine sociale de l’Eglise, il n’existe pas, à notre connaissance, de Doctrine économique ? Vous dites que l’économie est une hypothèque lourde, oui et à tous les sens du terme ! Le système économique dominant hypothèque notre avenir.
  2. La contrainte fondamentale, elle est simple, il s’agit de réduire drastiquement nos prélèvements de ressources naturelles, dont les espaces encore naturels (au sens large du terme, je ne détaille pas). Donc, à court terme, ne plus artificialiser de terres. Cela peut entrer en conflit avec des projets d’activité économique, conduire à ce que vous désignez comme des « impossibilités techniques ». Dans ce cas, si l’on respecte la hiérarchie proposée plus haut, c’est le projet d’activité qu’il faut abandonner, pas la préservation de la biodiversité.
  3. Ceci pose effectivement la question du ou des modèles économiques pour s’adapter à cette contrainte des limites atteintes (et même dépassées). Il n’y a pas « une » solution mais un ensemble d’initiatives que nous énumérons, et donc font partie celles que vous citez (AMAP, économie de communion…) : économie de réparation, économie de fonctionnalité, économie circulaire, économie de proximité, monnaies complémentaires.
    Autrement dit réparer plutôt que jeter et racheter (donner plus de valeur aux biens produits, donc aux hommes et femmes qui les produisent), louer plutôt qu’acheter (l’usage plutôt que la possession, tout un programme spirituel), relocaliser l’activité, limiter la place de la monnaie et la thésaurisation (tu n’emporteras pas ton trésor dans le ciel). Tout ceci est encore marginal, ces initiatives sont par elles seules insuffisantes, mais si elles sont un jour plus coordonnées, mises en synergie, et pour ce qui nous concerne, portées par une espérance de type spirituelle, elles peuvent nous aider à réduire, circonvenir, la place de l’économie, et en tous cas de l’économie de marché et du cycle infernal (au sens de l’enfer) de l’accumulation monétaire.
  4. Sur la capacité à mesurer par des indicateurs les réponses apportées pour préserver la biodiversité. Quand on connait l’échelle de temps nécessaire pour recréer un biotope, il faudrait pouvoir garantir que ces indicateurs soient mesurés pendant au moins un demi-siècle. Cela dépasse largement la plupart du temps, la durée des baux de mise à disposition des terres utilisées pour ces réponses. C’est une illustration très concrète de la contradiction entre intérêts économiques définis à court terme et contraintes écologiques nécessairement de long terme.

Tout un débat sur le temps… à reprendre si vous le souhaitez.

Loïc (du groupe nantais) rajoute ses réflexions à l’échange entre Arnaud et Yves

Merci pour les échanges très intéressants entre Yves et Arnaud, qui viennent nourrir la réflexion sur un sujet majeur, trop peu abordé dans les média, focalisés sur le réchauffement climatique, et méconnu chez les cathos. Petit complément à ce débat, qui viendra renforcer les remarques d’Arnaud sur la place de l’économie. Pas étonnant, puisque nous travaillons ensemble !

  • Arnaud propose, en fonction de la hiérarchie à établir entre les trois domaines (l’économie, le social et l’environnement), d’abandonner un projet d’activité au profit de la préservation de la biodiversité. Il faudrait ici dans le raisonnement faire jouer avec le principe de subsidiarité l’option préférentielle pour les pauvres, élargie à la nature, et aux générations futures. Cette proposition d’extension de la compréhension d’un des principes fondamentaux de l’enseignement social de l’Eglise est avancée depuis longtemps par des moralistes, notamment issus de la théologie de la libération (Léonardo Boff, Ecologie : cri de la terre, cri des pauvres, 1995). Elle a été également reprise dans quelques textes de conférences épiscopales (voir par exemple la lettre pastorale de la Commission des affaires sociale de la Conférence des évêques catholiques du Canada en 2003). « L’urgente nécessité morale d’une d’une solidarité renouvelée » (Benoît XVI, Caritas in veritate, n°49) ou « la nouveauté radicale de penser le vivre-ensemble » (Enjeux et défis écologiques pour l’avenir, CEF, 2012) nous imposent aujourd’hui d’utiliser ce critère de discernement prioritaire en prenant en compte les pauvres d’aujourd’hui et de demain, c’est à dire avec les exclus de notre monde actuel (qu’il ne s’agit surtout pas de sacrifier au profit de l’environnement !), le vivant non-humain et les générations futures. Ce qui revient à considérer que la préservation d’une ou plusieurs espèces doit passer avant un projet d’activité humaine qui menacerait la biodiversité.
  • Introduire la dimension environnementale, avec la hiérarchie évoquée dans le débat, présente ainsi un intérêt évident dans l’analyse de tout projet d’activité : cela oblige à sortir d’un raisonnement monolithique, toujours réducteur (ce projet est bon car il va relancer l’activité économique, donc la croissance, donc l’emploi), pour entrer dans une analyse systémique, croisant les critères et invitant à regarder les conséquences économiques, écologiques, et sociales à court, moyen et long terme. L’option préférentielle pour les pauvres élargie permet de ne pas s’arrêter aux seuls effets supposés induits sur l’activité économique, la croissance et l’emploi, argument massivement utilisé pour justifier tout projet dans le contexte actuel (voir le débat sur Notre Dame des Landes). Elle permet de prendre en considération d’autres effets d’exclusion trop souvent passés sous silence, car difficilement audibles ou évaluables, mais qui peuvent se révéler tout aussi préoccupants (voire davantage !) à un horizon plus long. Dans la perspective d’un discernement éthique chrétien, elle apporte un appui plus que précieux aux principes de précaution et de durabilité.
Valéry, du groupe des Chrétiens et écologie dans le Loiret apporte sa pierre au débat
Bonjour, je suis également ligérien et membre du groupe « Chrétiens et écologie dans le Loiret », où je côtoie Yves. Mes activités professionnelles touchent directement la question de la mesure de tous ces enjeux ; je suis bien évidemment plus qu’intéressé par la richesse de vos échanges. J’interviens aujourd’hui car ce « débat » sur la biodiversité résonne avec l’actualité puisque Jacques Weber vient de décéder. Ses travaux d’économiste portaient sur la notion de richesse et son activité sur la biodiversité l’a souvent amené à développer des positions originales, percutantes –

« Mon hypothèse de travail est qu’il serait nécessaire que la richesse que créent nos économies puisse reposer sur l’entretien ou l’amélioration des écosystèmes. Et ce, alors que c’est leur dégradation qui crée aujourd’hui la richesse. Une telle hypothèse suppose un basculement des régulations, le remplacement de tout ou partie des taxes et charges pesant sur les salaires et sur l’outil de travail. Il faut une taxation de toutes les consommations de nature : énergie, eau, ressources renouvelables et non renouvelables. « 
(extrait d’un article paru dans Terra Eco)
Je ne sais si il était chrétien ou croyant tout simplement mais cette réflexion me semble répondre à ce besoin de hiérarchie économique/social/ environnemental. Les économistes (depuis le Club de Rome) sont de plus nombreux à re-penser le système économique comme partie intégrante d’un système plus large (cf par exemple : http://www.sustainablemeasures.com/node/26)
Je constate que le plus souvent, l’Eglise s’est défiée d’une approche naturo- ou éco-centrée … la « deep ecology » ayant marqué profondément les esprits. Pourtant, parmi les ressources naturelles, sur lesquelles nous appuyons nos modèles de société et d’économie, la biodiversité possède d’incomparables vertus pédagogiques permettant d’allier l’homme et la nature (cf le programme Man and biosphere de l’Unesco) , le global et le local … donc favorisant l’action. En ce sens, je partage également pleinement le dernier paragraphe d’Yves. Pour agir à bon escient, il faut -parfois -avoir les bons outils d’information … et ces fiches y contribuent clairement . C’est, je crois, aussi notre mission évangélique d’éclairer ces questions. Non à l’artificialisation comme enjeu de biodiversité, c’est clair mais à l’échelle individuelle, cela doit interroger sur nos besoins de logement quand nous avons le choix. Et à l’échelle globale, sur l’empreinte « terres » de notre consommation.  Pour revenir à Jacques Weber op.cit., il rappelait que la nature n’a pas de prix mais que son usage a un coût … c’est bien l’enjeu d’une relation vivante entre nos sociétés urbanisées et la biodiversité.
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