TEXTES – Orthodoxie – Patriarche Bartholomeos

SEPTEMBRE 2011

Bartholomeos de Constantinople, patriarche orthodoxe grec

Enfants bien-aimés en le Seigneur,

La grâce de Dieu nous accorde aujourd’hui de commencer une nouvelle année ecclésiastique, un nouveau cycle du calendrier de fêtes, au cours duquel nous aurons des occasions bénies de livrer une lutte spirituelle pour mettre à profit la faculté qui nous a été donnée de parvenir « à la ressemblance » de Dieu, en sorte que nous devenions aussi Ses saints.
Toutefois, la journée d’aujourd’hui, le 1er septembre, premier jour de la nouvelle année ecclésiastique, à l’initiative du Patriarcat œcuménique est consacrée à la prière pour l’environnement naturel. La prise de cette initiative n’est nullement fortuite, étant associée à la sémasiologie de la journée d’aujourd’hui, la lutte spirituelle apportant le bon changement de l’homme contribuant aussi à améliorer ses relations avec l’environnement, à cultiver chez lui la sensibilité pour le protéger et le préserver.

Or, nous rendons aujourd’hui grâces au saint nom de Dieu d’avoir fait don à l’humanité de la nature, de la maintenir et la régir comme l’environnement le plus approprié permettant le développement sain du corps et de l’esprit humain. En même temps, nous ne saurions toutefois passer sous silence le fait que l’homme ne fait pas honneur comme il aurait dû à ce don de Dieu et il détruit l’environnement par avidité ou d’autres mobiles égoïstes.

Nul n’ignore que notre environnement est composé de la terre, des eaux, du soleil, de l’air, mais aussi de la faune et de flore. L’homme peut exploiter la nature à son profit jusqu’à un certain degré, en sorte que la durabilité soit assurée, c’est-à-dire la possibilité de reproduction des ressources énergétiques consommées, mais aussi des créatures vivantes dépourvues de raison. D’ailleurs, l’exploitation, dans le bon sens du terme, de la nature constitue aussi le seul commandement de Dieu à l’homme, avant et après la chute de celui-ci. Toutefois, la transgression, qui malheureusement est un phénomène des deux derniers siècles dans l’histoire de l’humanité, détruit l’harmonie des composantes naturelles de l’environnement, menant à la saturation et à la nécrose de la création, mais aussi de l’homme lui-même, incapable de survivre dans des écosystèmes déréglés de façon irréversible. Ce phénomène a pour résultat l’apparition et la propagation de maladies causées par la pollution des produits alimentaires dont l’homme est responsable.

De nos jours on souligne à juste titre la grande importance des forêts, de la flore en général, pour assurer la durabilité de l’écosystème terrestre, ainsi que la préservation des ressources en eau, mais il ne faut pas sous-estimer non plus la grande contribution des animaux au bon fonctionnement de cet écosystème. De tout temps, les animaux sont les amis de l’homme, les serviteurs des besoins humains, lui procurant nourriture, vêtement, moyen de transport, mais aussi protection et compagnie. L’homme a une étroite relation avec les animaux, comme cela est démontré par le fait qu’ils ont été créés le même jour que lui (Gn 1, 24-31), voire du commandement de Dieu à Noé de sauver du déluge imminent (Gn 6, 19) un couple de chaque espèce. La sollicitude particulière dont Dieu fait preuve pour la sauvegarde du règne animal est significative. Dans les Vies des saints sont rapportés de nombreux récits sur les excellentes relations entre les saints et les animaux sauvages qui, dans d’autres conditions n’ont pas de relations amicales avec l’homme. Certes, cela n’est pas dû à leur mauvaise nature, mais à la résistance que l’homme oppose à la Grâce de Dieu et, son corollaire, sa relation conflictuelle avec les éléments de la nature et les êtres vivants dépourvus de raison. D’ailleurs, une conséquence de la perturbation de la relation des premiers-nés avec leur Créateur et Dieu était la perturbation de leurs relations avec l’environnement : « (…) le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu t’en nourriras tous les jours de ta vie, il fera germer pour toi l’épine et le chardon et du mangeras l’herbe des champs. À la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris. » (Gn 3, 17-19.) La conciliation de l’homme avec Dieu implique aussi sa conciliation avec les éléments de la nature.

De ce qui précède, il est manifeste que la bonne relation de l’homme avec l’environnement se développe, lorsque se développe parallèlement une bonne relation avec Dieu. Nous connaissons le récit rapporté au Synaxaire, concernant l’expérience de saint Antoine qui, à l’âge de quatre-vingt-dix ans, a décidé, guidé par un ange du Seigneur, de marcher plus loin dans le désert à la recherche d’un autre anachorète, saint Paul de Thèbes, pour en tirer profit spirituel. Au bout d’une marche de trois jours, ayant trouvé des traces d’animaux sauvages, il rencontre un lion qui, après s’être incliné calmement devant lui, se retourne et conduit saint Athanase dans la grotte de saint Paul, où il trouve l’ermite qui était servi par des bêtes sauvages. Un corbeau lui apportait son pain quotidien ! Le jour de la visite de saint Antoine, le corbeau apporte une double ration de pain, veillant aussi sur le visiteur ! Ces saints avaient développé une bonne relation avec Dieu, ils avaient donc des relations amicales avec tous les animaux de la nature. Établir cette bonne relation avec Dieu doit être notre première préoccupation et notre bonne relation avec notre environnement animal, végétal et inanimé, servira cette perspective. Dans cette optique, l’amour des animaux ne sera plus une stérile manifestation sociale de sympathie envers nos chers animaux qui souvent s’accompagne malheureusement d’un manque de sensibilité envers notre prochain souffrant, l’image de Dieu, mais il sera le résultat de notre bonne relation avec le Créateur de toute chose. Souhaitons que le Créateur de l’univers très bon et de l’écosystème terrestre très bon nous inspire pour nous comporter de façon miséricordieuse envers tous les éléments de la nature, avec charité envers tous, hommes, animaux et plantes, comme l’abbé Isaac le Syrien le dit, en répondant à la question : « Qu’est-ce un cœur charitable ? ». « Un cœur charitable est un cœur qui se consume pour la création tout entière, les hommes, les oiseaux rapaces, les animaux et toute créature. Leur souvenir et leur vue font couler ses larmes. Pris d’un grand et ardent sentiment de miséricorde, à force d’endurance, son cœur est contrit, ne pouvant supporter ni entendre ni voir qu’on ait causé à la création un dommage quelconque ou une peine fût-ce elle minime » (Abbé Isaac le Syrien, discours 81).

C’est par une telle miséricorde envers toute la création que nous ferons honneur à la dignité dont Dieu nous a gratifiés, en tant que dirigeants de la Création, nous intéressant avec affection paternelle à tous les éléments de celle-ci qui, de la sorte, nous obéiront, sentant notre disposition bienfaisante et qui feront preuve de discipline dans l’accomplissement de leur mission qui est de se montrer amicaux envers nous et servir nos besoins.

SEPTEMBRE 2010

Bartholomeos de Constantinople, patriarche orthodoxe grec

Enfants bien-aimés dans le Seigneur,

Il y a plus de vingt ans que notre bienheureux prédécesseur, feu le Patriarche Dimitrios, animé d’une profonde conscience quant à la gravité de la crise environnementale mais aussi de la responsabilité de l’Eglise à s’y confronter efficacement, publia la première encyclique officielle touchant à la protection de l’environnement. Par cette encyclique, l’Eglise Mère a officiellement institué le 1er septembre – début de l’année ecclésiastique – comme le jour de prière pour la protection de l’environnement, l’annonçant au plérôme de l’Eglise se trouvant aux quatre coins de la terre.

Dès lors, notre Eglise dans sa clairvoyance renfonça la dimension eucharistique et ascétique de la morale en puisant aux sources de sa tradition. Elle manifeste l’importance cruciale que nous donnons à notre engagement, tant du point de vue personnel que global, à l’égard de la protection de l’environnement comme une Création Divine et un héritage partagé. Aujourd’hui, au beau milieu d’une crise financière sans précédent, l’humanité doit faire face à toutes sortes d’épreuves. Mais ces épreuves ne sont pas uniquement liées à notre individualité. Elles sont nuisibles à la société dans ses moindres retranchements, et affectent en particulier notre comportement et notre perception du monde qui nous entoure, jusque dans la manière dont nous hiérarchisons nos valeurs et nos priorités.

Il est important de noter qu’il se pourrait que la gravité de la présente crise économique influence un changement essentiel dans le développement vital de l’environnement : la mise en place d’un modèle économique et social dont la priorité serait la prise en compte de l’environnement et non plus celle des gains financiers tous azimuts. Considérons donc, par exemple, ce qui pourrait arriver aux pays qui sont fortement affectés par la crise économique et par la pauvreté, comme la Grèce. Ces pays possèdent parallèlement une exceptionnelle richesse naturelle : des écosystèmes uniques, une faune et une flore rares, des ressources naturelles particulières, des paysages délicats abondants de vent et de soleil. Si les écosystèmes se détériorent, voire disparaissent, si les ressources naturelles s’épuisent, si les paysages sont endommagés, si le dérèglement climatique produit des effets imprévisibles sur le temps, sur quel fondement alors l’avenir financier de ces pays et de la planète tout entière dépendra ?

Par conséquent, nous estimons qu’il existe de nos jours un besoin inaliénable de coopération entre un agrément sociétal et des initiatives politiques, afin de permettre à la situation de changer et de s’engager en faveur de développements environnementaux viables et durables.

Pour notre Eglise Orthodoxe, la protection de l’environnement, que nous considérons comme une création divine et « très bonne », constitue une grande responsabilité pour chaque personne humaine, indépendamment des résultats matériels et financiers. La corrélation directe de la mission divine de « travailler et préserver » avec tous les aspects de la vie contemporaine constitue  la seule perspective d’une co-existence harmonieuse avec chacun des éléments de la création et l’ensemble du monde naturel en général.

Par conséquent, nous appelons chacun d’entre vous, frères et sœurs, enfants bien-aimés dans le Seigneur, à prendre part à cette lutte titanesque et juste afin d’atténuer la crise environnementale et de prévenir des impacts encore pires qui pourraient en dériver. À cette fin, il convient que nous harmonisions notre vie personnelle comme collective, ainsi que nos comportements avec les besoins des écosystèmes afin que toute faune et toute flore de par le monde puissent vivre, perdurer et être préservées.

 

SEPTEMBRE 2009

Bartholomeos de Constantinople, patriarche orthodoxe grec

Enfants bien-aimés en le Seigneur,

En inaugurant la nouvelle année ecclésiastique, nous réfléchissons à nouveau à l’état de la création de Dieu. Nous évoquons le passé et faisons pénitence de tout ce que nous avons fait ou omis de faire pour prendre soin de la terre ; nous envisageons l’avenir et prions Dieu de nous dispenser la sagesse pour nous guider dans nos pensées et nos actes.
Les derniers douze mois ont été pour le monde entier une période de grande incertitude. Les systèmes économiques et financiers, auxquels tant de personnes faisaient confiance pour leur procurer les biens de la vie, ont au contraire semé la peur, l’incertitude et la pauvreté. L’économie globalisée a eu pour résultat d’atteindre le monde entier – même les plus démunis qui sont très loin des échanges de grandes entreprises.

La crise actuelle fournit l’occasion d’envisager les problèmes différemment, car les méthodes qui ont généré ces problèmes ne sauraient être aussi leur meilleure solution. Il est nécessaire d’introduire la charité dans tous nos échanges, l’amour qui inspire courage et compassion. Le progrès humain ne signifie pas simplement accumuler la richesse ni consommer inconsidérément les ressources de la terre. La façon dont la crise actuelle est envisagée a révélé les valeurs de ceux, peu nombreux, qui président aux destinées de notre société ; ceux qui sont en mesure de trouver des sommes d’argent faramineuses pour soutenir le système économique et financier qui les a trahis, mais qui ne sont pas disposés à fournir, ne fût-ce qu’une infime partie de ces sommes pour remédier à la déplorable situation à laquelle la création est parvenue, à cause justement de leurs valeurs, pour fournir nourriture et eau potable aux populations affamées et assoiffées, victimes aussi de ces mêmes valeurs. Le visage de chaque enfant affamé nous interpelle et il ne faut pas détourner le regard pour éviter de répondre. Pourquoi cela s’est-il passé ? S’agit-il d’un problème d’incapacité humaine ou de volonté humaine ?

Nous avons fait du marché le centre de notre intérêt, de notre action et, finalement, de notre vie, en oubliant que notre option influencera la vie des générations futures et limitera le nombre de nos propres choix qui seront probablement davantage orientés vers la prospérité de l’être humain et de la création. Notre économie humaine, qui a fait de nous des consommateurs, est défaillante. La Divine Économie, qui nous a créés à l’image du Créateur aimant, nous appelle à aimer la création tout entière et à en prendre soin. L’image que nous avons de nous-mêmes se reflète sur notre façon de nous comporter envers la création. Si nous croyons n’être rien d’autre que des consommateurs, nous cherchons la consécration en consommant la terre entière ; en revanche, si nous croyons être créés à la ressemblance de Dieu, nous agissons avec sollicitude et miséricorde, nous essayons de devenir ce que ce à quoi notre création nous destine.

Prions donc Dieu de dispenser sa bénédiction lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui aura lieu à Copenhague en décembre prochain, pour que les pays industriellement développés collaborent avec les pays en voie de développement en matière de diminution des émissions nocives polluantes ; pour dégager la volonté de réunir et gérer sagement les sommes requises à la prise des mesures nécessaires ; et pour que nous coopérions tous afin de garantir que nos enfants pourront jouir des biens de la terre que nous leur laisserons en héritage. Il faut que la justice et l’amour régissent tous les aspects de l’activité économique ; le profit, surtout celui à court terme, ne peut, ne saurait être le seul mobile de nos actes.

Réaffirmons notre engagement de coopérer pour apporter les changements que nous souhaitons, rejeter tout ce qui est nuisible à la création, modifier notre façon de penser et, dès lors, transformer radicalement le mode de vie.
Que la grâce de Dieu, Créateur et Providence, ainsi que notre prière paternelle et notre bénédiction patriarcale, soient avec vous tous.

 

SEPTEMBRE 2008

Bartholomeos de Constantinople, patriarche orthodoxe grec

Livrée au pouvoir du néant, non de son propre gré, mais par l’autorité de celui qui l’a livrée (…) nous le savons en effet: la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement (Rm 8, 20, 22)

Frère et enfants bien-aimés dans le Seigneur,
Une fois de plus, au début de la nouvelle année ecclésiastique, nous sommes appelés à réfléchir – dotés de nouvelles forces spirituelles en Christ et faisant preuve de sensibilité – sur la situation de notre planète fertile et à prier spécialement pour la protection du monde entier.

Il y a plus de deux décennies, le Patriarche Dimitrios, d’éternelle mémoire, a décidé de consacrer le 1er septembre comme journée de prière pour préserver la création que Dieu a si bien faite. Depuis, bien des choses ont changé. En prenant cette initiative, notre bienheureux prédécesseur entendait lancer un avertissement sur les conséquences désastreuses du mauvais usage de l’environnement. Il soulignait que, contrairement aux autres formes du comportement humain illicite, la pollution de l’environnement naturel peut provoquer un dommage immense et irréversible, détruisant la quasi-totalité des formes de vie sur la planète.

Certes, à l’époque, cet avertissement semblait peut-être exagéré aux sceptiques. Cependant, à la lumière de ce que nous constatons aujourd’hui, il est manifeste que ses paroles étaient prophétiques. Aujourd’hui, les scientifiques, qui s’occupent de l’environnement naturel, soulignent clairement que le changement climatique observé peut bouleverser et détruire le système écologique tout entier; système qui conserve non seulement le genre humain, mais tout le merveilleux monde animal et végétal interdépendant sous forme de chaîne. Les choix et les actes de l’être humain présumé civilisé ont conduit à cette situation affligeante qui constitue un problème essentiellement moral et spirituel. Dix-neuf siècles auparavant, dans son épître aux Romains, l’Apôtre Paul avait exposé ce problème avec éloquence. Il y soulignait surtout son aspect ontologique, en disant: «Livrée au pouvoir du néant, non de son propre gré, mais par l’autorité de celui qui l’a livrée (…) nous le savons en effet: la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement» .
Sur ce point cependant, nous devons dire que tous les êtres humains, les jeunes surtout, sont plus que jamais conscients de l’aspect spirituel et moral, aujourd’hui mis en relief, du problème écologique. Entre autres, ils prennent conscience que l’humanité a une destinée commune. De plus en plus d’êtres humains comprennent que leur comportement consommatoire, leur part personnelle à la production ou au refus de tel ou tel produit, comporte des paramètres majeurs d’ordre non seulement moral, mais aussi eschatologique. De plus en plus d’êtres humains comprennent que l’usage insensé des ressources naturelles, la consommation démesurée d’énergie s’ajoutent au changement climatique qui a une répercussion sur la vie et l’existence du prochain, image de Dieu, et qui, dès lors, constitue un péché. De plus en plus d’êtres humains qualifient de vertueux ou de vicieux, ceux qui gèrent les choses de la création de façon respectivement sage ou insensée.

Malheureusement, l’image que notre planète présente aujourd’hui est inversement proportionnelle à la sensibilisation des êtres humains sur le problème écologique. Il est particulièrement inquiétant que ce sont les membres les plus démunis et les plus vulnérables de la société humaine qui subissent les conséquences des problèmes environnementaux qu’ils n’ont pas créés. Depuis l’Australie jusqu’à la Corne d’Afrique, des informations font état d’une sécheresse prolongée qui sévit sur des régions autrefois tempérées et productives. La désertification qui en découle fait peser sur les populations de ces régions le spectre de la famine et de la soif. Depuis l’Amérique latine jusqu’au cœur d’Eurasie, des rapports font état de la fonte des glaciers dont dépendent des millions d’êtres humains pour leur approvisionnement en eau.

Suivant l’exemple de notre bienheureux prédécesseur, le Patriarche Dimitrios, notre sainte Grande Église du Christ travaille inlassablement pour sensibiliser non seulement l’opinion publique, mais aussi les dirigeants de la terre. Elle organise des symposiums écologiques pour examiner surtout le changement climatique et la gestion des ressources d’eau. Cet effort a pour but d’examiner le rapport existant entre les écosystèmes de la terre, la façon dont se manifeste le phénomène du réchauffement de la planète et la répercussion d’origine humaine. Par ces assemblées scientifiques, auxquelles participent des représentants d’Églises chrétiennes, ceux de diverses religions et ceux des divers secteurs scientifiques, le Patriarcat œcuménique désire instaurer une solide alliance d’avant-garde entre la religion et la science, basée sur le principe fondamental suivant : pour obtenir l’objectif souhaité, c’est-à-dire la sauvegarde de l’environnement naturel, les deux parties doivent être disposées à se respecter mutuellement et à collaborer. Par la collaboration entre la religion et la science dans des symposiums organisés dans diverses parties du monde, il désire contribuer à développer une morale environnementale. Celle-ci devra démontrer que l’usage du monde et la jouissance des biens matériels doivent être eucharistiques, doivent être assortis de la louange à Dieu. Elle devra aussi démonter que l’usage abusif du monde et la participation au monde sans référence au Créateur sont pécheurs: pécheurs non seulement devant notre Dieu et Créateur, mais aussi devant la créature et le prochain.

Frères et enfants bien-aimés en le Seigneur,

Nous savons que, ayant suivi dans sa chute l’homme déchu de sa beauté première, la création gémit dans les douleurs de l’enfantement. Nous savons, en outre, que le comportement humain illicite, égoïste et dépassant la mesure ajoute à la destruction de la nature qui partage la souffrance et la corruptibilité de la créature. Nous savons qu’en fait, cette destruction constitue une autodestruction. Nous faisons donc appel à tout être humain, quel qu’il soit, d’user des créatures conformément à la nature «en remerciant Dieu qui a tout créé et qui lui a tout donné»; Dieu à Qui appartiennent la gloire et la puissance dans les siècles des siècles.

SEPTEMBRE 2006

Frère et enfants bien-aimés dans le Seigneur,

The God of tender mercy and love for mankind created the cosmos to be a place of sublime beauty, serviceable and apt to the needs of every human being. Into such a world, God allowed the crown and monarch of His creation, the human person, to partake of everything in it that is needful for life.

Every necessary relationship of the human being with creation is conjoined with a sense of joy and satisfaction. If there is an excess or privation of what is, by its use, naturally good then there is an accompanying sensation of want (in the case of privation) or surfeit (in the case of excess). Thus does the human being possess in himself instinctively a means of measuring beneficial need or detrimental excess. The need manifests as privation; the excess manifest as wasteful superfluity. It follows then that all human beings, endowed with freedom of will, have the capacity to direct their own instinctual faculty to prescribe their own limits; whether to restrain such limits for reasons of ascetical discipline, or to exceed them by the power of desire.

Thus we find ourselves confronting this condition: either we are subject to greed (which is idolatry according to the Apostle Paul, Colossians 3:5), or to a certain hatred for life, for the natural blessings and gifts God, that is to attitudes which are equally unacceptable, being opposite to the perfect plan of God for humankind’s enjoyment of life.

The unfortunate reality is that humanity has rejected to be shaped by the suggestions and inducements of God. We have not followed His guiding grace in determining the measure of our needs and how we use the world; how we work in the world or how we preserve the world. The result is that we behave toward the environment, toward nature, rapaciously and catastrophically. When we apply our own sense of mastery and not appropriate use we upset the natural harmony and equilibrium that is based in God. Nature reacts negatively and the result is that terrible desires pile up on the human family. Recent unusual fluctuations in temperature, typhoons, earthquakes, violent storms, the pollution of the seas and rivers, and the many other catastrophic actions for man and the environment ought to be an obvious alarm for something to be done with human behavior. The principal reason for this catastrophic behavior of contemporary man is his egocentrism, which is another face of self-reliance apart from God, and even self-divinization.

On account of this egocentrism, the relationship between humanity and nature has been radically altered. Now an impertinent, arrogant subjugation of the forces of nature has supplanted that which was designed by God. In place of the preservation of life and freedom, these forces serve to destroy and oppress our fellow man, or we indulge in excessive consumption, without regard to the consequences of such excess.

The use of atomic and nuclear forces of nature for warlike purposes constitutes unmitigated hubris. Whatever the manner of our over consumption, we have burdened the natural environment with such pollution that the earth’s temperature is rising and many of nature’s balancing acts are now unstable, with all that this implies. The enormous amount of energy that is consumed for the purposes of the modem war-machine, as well as the prodigality of modem life that far exceeds the reasonable human needs of today, comprise two distinct sectors, in which the responsibilities of leaders and simple citizen are woven together in such a way that each has the capability of taking action for the betterment of the general condition.

Beloved children and brethren in the Lord, let us take action, each one from his own position and setting, giving every effort to an amelioration of senseless consumption. Let us work toward a restoration of a harmonious working of the planet on which we live, so that in tranquility our children may enjoy all the blessings of the creation of our loving God, the blessing He offers to all people. So be it!

SEPTEMBRE 2005

“The earth, having no tongue cries out sighing, why are you people polluting me with many evil things? ”
Troparion – 9th ode – for the earthquake of October 26.

Beloved brethren and children in the Lord,

In a very pictorial way, the holy hymnographer Joseph presents the earth as grieving and protesting voicelessly for the many evils with which we burden her.  If this holy hymnographer thought back then that the pollution of earth by humankind would cause the wrath of God, today, humanity in its entirety should all the more realize our ultimate destructive behaviour against the creation of God.

Certainly, the earth was created well-equipped to offer shelter to the human beings and was ordered by God to cover their needs. However, we do not draw from earth’s resources what we need in moderation, so that we allow its productive ability to remain sound and intact; instead, we are depleting her natural resources.  We draw so much to such excess and in such rough ways that we weaken her abilities and destroy all future production of natural resources. In doing so, we resemble those who act greedily, and who, when in need of collecting wood, destroy both the trees and the forest and, thus, deprive themselves of the opportunity to collect more wood in the future. It is a known historic fact that many areas of the earth that had once been sites of developed civilizations, ended up in total devastation.

This phenomenon of devastation, which unfolded slowly in earlier times, is progressing in our times at a high speed. Vast expanses around polluting factories and industrial zones that emit toxic waste have already been deadened, and the number of such dead expanses is constantly growing. Huge regions have been made subject to deforestation in order to be used as cultivation grounds, but the utilization of toxic pesticides has destroyed any form of sprouting, except for the object needed. These non-biodegradable toxic pesticides enter the water-air cycle and pollute the springs and rivers causing severe problems to human health. In regard to the consequences of these methods employed and materials used, greed and negligence take their revenge. While we work hard to increase the productive ability of our planet, we, on the other hand, destroy it. The astronauts who recently saw the whole earth from a distance while in orbit, drew humankind’s attention to the fact that huge expanses of it have been deforested and will end up in devastation.

The aforementioned holy hymnographer Joseph personifies earth, which, addressing man, complains that the Master of humankind and God whips her instead of him, for God wants to spare the human being; the earth, however, bemoans her suffering due to humankind’s mistakes and cries to people: “Come to your senses and appease God in repentance.” This invitation is quite timely. We must realize the forthcoming danger; we must understand its causes and acknowledge our responsibility.  We must aim to appease God, not through words and small sacrifices, but through courageous acts and large sacrifices. For the promise of the Lord that we will receive back in multiple that which we sacrifice, applies here as well.

The Mother Church is fully aware of the dangers that threaten the earth and our surrounding natural environment brought about by both the natural ramifications of human acts but, mostly, by the moral consequences of human crimes; therefore, the Mother Church established the 1st of September as a day of prayer for the environment. Prayer appeases God, however there is also a validity in the saying of ancient Greeks “In addition to asking for help from goddess Athena offer also your own effort.” This saying is similar to the biblical phrase “The effectual fervent prayer of a righteous man availeth much” (James 5:16).  The importance of this sentence lies on the word “effectual”, which means that the prayer is more powerful when accompanied by actions for the one for whom we are praying. For there is no vindication for the one who says “Lord, Lord”, but rather for the one who does the will of God. In our discussion, it is evident that the will of God mandates the preservation of the eternal yielding of our natural resources, respect toward the natural creation of God and our future generations, and the reversal of our destructive behaviour against the very good natural environment that was given to us by God.

May the grace of God and His abundant mercy be with you all.

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