ECRITS PERSO

Quelques traces de productions personnelles plus ou moins récentes et plus ou moins pertinentes.

 Mars 2015

Une chronique du cahier Sciences et éthique dans La Croix, qui n’a pas pu être publiée du fait d’une grève des imprimeurs…

2015 Art La Croix Dom

Février 2015

En décembre 2015, participation à une table ronde organisée par la Fédération protestante de France, à Paris. Le texte rend approximativement compte de l’intervention orale.

 Pour une éthique réconciliée de l’humain et de sa terre

« Pour qui est responsable, la question ultime n’est pas : comment est-ce que je me tire héroïquement de cette affaire, mais : ‘Quelle sera la vie de la génération qui vient ?’ C’est seulement de cette question historiquement responsable que pourront naître des solutions fécondes. » Les mots du pasteur résistant Dietrich Bonhoeffer sonnent comme un appel toujours actuel à une forme renouvelée de lucidité au milieu de nos crises contemporaines. Face aux nouveaux défis écologiques qui engagent la vitalité même de l’expérience humaine, la question des « générations futures » est particulièrement évidente. Une évidence qui pousse aussi les communautés chrétiennes à renouveler son regard sur la responsabilité morale qui leur incombe.

Dans la tradition catholique, cette responsabilité est d’abord affaire individuelle et collective, dans notre rapport immédiat aux biens et aux personnes de notre entourage. L’expérience dramatique du péché rappelant à chacun que nos compromissions successives ont bien des répercussions au près et au loin : si nous péchons par « action directe », nous découvrons aussi, et de plus en plus dans nos univers connectés et mondialisés, que nous péchons aussi « par -omission », en laissant faire ou en permettant à des systèmes pervers – des « structures de péché »- de s’installer dans notre quotidien. Une grille de lecture bien utile pour évaluer l’enjeu moral que constitue la crise écologique contemporaine.

Mais, il faut bien faire un pas de plus. C’est ce qui se passe quand, dans une veine toute biblique, quasi prophétique, le « souci des générations futures » trouve une place entière dans ces catégories anciennes de la morale catholique. On le repère par exemple dans la réflexion du pape théologien Benoît XVI. Après l’avoir déjà évoqué dans son encyclique sociale Caritas in veritate (2009), il reprend la question dans son message pour la paix du 1er janvier 2010, intitulé « Si tu veux construire la paix, protège la Création ». C’est au nom d’une « solidarité intergénérationnelle loyale » qu’il demande à tous d’élargir notre sens de la responsabilité. En effet, en menaçant directement les biens communs confiés à la créature humaine, – son eau, son air, son sol, ses ressources naturelles-, les pratiques et comportements contemporains qui mettent la mondialisation en crise et menacent les écosystèmes planétaires, mettent aussi en danger notre bon accueil des générations à venir. Un paradoxe lourd pour nos générations qui avons bénéficé d’un demi-siècle de croissance économique sans précédent.

Le pape allemand reprend aussi à son compte un extrait du Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise catholique : «Héritiers des générations passées et bénéficiaires du travail de nos contemporains, nous avons des obligations envers tous, et nous ne pouvons nous désintéresser de ceux qui viendront agrandir après nous le cercle de la famille humaine. La solidarité universelle qui est un fait, et un bénéfice pour nous, est aussi un devoir. Il s’agit d’une responsabilité que les générations présentes ont envers les générations à venir, une responsabilité qui appartient aussi aux Etats individuellement et à la communauté internationale ». Ainsi le souci du bien être des générations naissantes et à venir devient un « devoir moral ». Un rappel urgent pour nous réveiller de nos égoïsmes matérialistes : « La crise écologique montre l’urgence d’une solidarité qui se déploie dans l’espace et le temps », martèle Benoît XVI.

La communauté catholique mondiale a-t-elle pris toute la mesure de cette exigence nouvelle ? Pas sûr. Car si, depuis les premiers appels de Paul VI jusqu’aux insistances fortes du pape argentin actuel, en passant par les nombreuses interventions sur les thématiques sociales et environnementales de Jean-Paul II, la prise de conscience des enjeux écologiques est faite sur le papier des homélies et des encycliques, sa réception au sein des communautés locales reste à faire. D’abord parce que les chrétiens catholiques sont, au quotidien, pris dans les mêmes contradictions de consommation et d’habitudes que leurs contemporains. Ensuite, parce qu’héritiers d’une vision optimiste sur les forces de renouveau de ce monde ayant survécu à deux conflits mondiaux sans précédent, les chrétiens d’après-guerre ont d’abord mené la lutte contre la misère et pour le développement, avant d’interroger plus récemment les excès de la mondialisation en cours. Enfin, parce qu’au nom du trésor d’un respect absolu accordé à la dignité humaine – du commencement à la fin de toute vie humaine- l’émergence d’une « éthique de la terre » a souvent été vécu comme concurrente, là où elle se révèle être pourtant complémentaire. Benoît XVI le soulignait pourtant dans l’encyclique Caritas in veritate quand il montre que la « façon dont l’homme traite l’environnement influence les modalités avec lesquelles il se traite lui-même et réciproquement. » (n°51) C’est dans cette réciprocité complète entre notre souci pour nos frères et notre souci pour la terre où ils vivent que se joue l’avenir d’une pensée et d’une pratique catholique de l’écologie. Une réciprocité qui n’est validée encore que de manière exceptionnelle dans certains monastères, réseaux ou lieux d’accueil catholiques. Une réciprocité qui ne peut pas non plus se résumer à une simple opération de digestion qui consisterait à faire de « l’écologie humaine » la nouvelle façade d’une simple éthique de l’humain, sans aucun enracinement réel dans le souci de la terre qui l’accueille. Il s’agit de vivre une forme de « développement humain intégral » qui sache faire une place pleine et entière au reste de la Création.

Un des enjeux de la conception catholique de notre rapport à la terre est du coup de ne pas se réfugier trop facilement derrière les catégories critiques, utiles mais un peu courtes, du « panthéisme » païen ou du « consumérisme » matérialiste pour définir les dangers de toute pensée écologique. Ne serait-ce qu’au nom de la « communauté de destin » que nous formons avec ces créateurs cocréées avec nous le sixième jour de la Création, selon le récit mythique de la Genèse. Car, à l’inverse, l’anthropocentrisme exclusif est une dérive de la théologie qui doit être dénoncée au profit d’un christocentrisme bien plus libérateur et plus ajusté. Une manière d’y parvenir consistera à réarticuler plus clairement la théologie protologique de la Création avec celle, eschatologique, du salut. Ce travail émerge de toute part, dans les réseaux catholiques. Un exemple parmi bien d’autres : la prise en compte, par le réseau mondial des communautés et des instituts jésuites, de la question écologique comme « signe des temps » essentiel pour les années à venir. Il en va donc désormais de la cohérence de notre discours. Ce qu’un François d’Assise –nommé ‘patron céleste des écologistes’ par le tout nouveau nommé pape Jean Paul II en 1978- avait perçu en son temps, dans cette mondialisation marchande à laquelle il était lui aussi confrontée.

Beaucoup reste donc à faire. Mais il est fort à parier que la publication prochaine de l’encyclique annoncée du pape François sur les thématiques environnementales –une première dans l’histoire de l’Eglise catholique-, fera bouger davantage les lignes que les documents, pourtant intéressants, régulièrement publiés sur ce sujet par les commissions épiscopales à travers le monde. Une occasion à ne pas manquer pour réinterroger nos pratiques pastorales ordinaires, nos catéchèses fondamentales et aussi nos chantiers oecuméniques prioritaires. Car la foi au « Dieu créateur » est un trésor commun à toutes les familles chrétiennes. De quoi nous permettre d’offrir un témoignage commun renouvelé et crédible au monde dont Dieu nous demande de prendre soin.

 

 

Janvier 2015

Pour un livret publié au Viet-Nam, dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse à Saïgon

Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu

Sale ou propre ? Ce coin de forêt tropicale rempli d’arbres, de lianes et de plantes ? Ce bras du Mékong recouvert de nénuphars et de plantes aquatiques, grouillant de poissons ? Cette rizière asséchée qu’il faut préparer pour la prochaine moisson ? Alors, sale ou propre ? Bien sûr, c’est plus « propre », une route goudronnée où l’on circule facilement, ou un paysage sans obstacles qui permet de construire et de développer l’économie. Mais la nature sauvage qui nous environne nous donne de nombreuses leçons à retenir. Elle est comme un livre ouvert qui nous apprend à toucher du doigt le mystère de la vie. Ainsi, ce qui peut nous paraître comme étant sale, d’un premier abord, -ce tas de fumier, cette boue où trempent mes pieds, cette forêt non-entretenue-, est en fait travaillée par une infinité d’organismes vivants qui en font des milieux d’une incroyable complexité.

Si notre cœur est assez simple, assez pur pour s’émerveiller des merveilles de la nature, alors tout devient « propre », « pur » d’une belle lumière. Cette nature nous est confiée pour qu’elle vive et qu’elle nous aide à vivre. Partout à travers le monde, nous commençons à comprendre que si nous n’y prenons pas garde, nous risquons fort de détruire ce qui nous donne la vie. Ce n’est plus la nature qui est « désordonnée » ou « sale », mais ce sont nos manières de vivre, insouciantes et irresponsables, qui se mettent à salir les rivières, les rues, l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons. Dans certaines cultures traditionnelles pourtant, la terre est considérée comme une « mère » nourricière qu’il faut respecter. Une belle image pour rester attentif. Car, oui, les grandes forêts anciennes du Viet Nam sont un trésor à préserver. La force de vie des grands fleuves, les équilibres des plaines cultivées, la beauté des espèces animales et végétales sauvages aussi. Aurons-nous le cœur assez pur pour nous en rendre compte ?

Bien sûr, les milieux naturels doivent aussi permettre à chacun de vivre. Les peuples d’Asie le savent bien, eux qui ont déployé tant de talent à inventer la culture du bambou et du riz. Et chaque repas est une fête qui rappelle la richesse naturelle de notre monde. Dans l’Evangile, Jésus prend le temps aussi de s’émerveiller de la beauté des oiseaux des champs et des fleurs qui poussent dans une incroyable beauté. Et à chaque repas, il rend grâce pour le don du pain, de l’eau, du vin, de ces fruits de la terre qui nous aident à vivre, jour après jour. Ses disciples, en le suivant, découvrent avec quelle attention leur maître a pris le temps de regarder le moissonneur ramasser les gerbes, après avoir patiemment attendu que le grain tombé en terre meurt et ressuscite au centuple. De regarder le grain de Sénevé faire de sa petitesse un don jusqu’à devenir un arbre capable d’accueillir une multitude d’oiseaux. De reconnaître les eaux poissonneuses du lac de Galilée ou de faire jaillir la vie dans le corps des hommes et femmes malades qu’on lui apportait. La vie surabondante de la Création est toujours à l’œuvre, nous montre Jésus.

Car voilà ce qui est vraiment à voir, dans le livre de la nature et dans le livre de la Bible : quand Dieu créé ce monde, il le fait jour après jour. Instant après instant. Toute vie est tenue par le souffle de Dieu qui la traverse et l’épanouit. Et la terre donne son fruit. Malgré la mort, le vieillissement. Mort, où es ta victoire ? semble crier la Création toute entière quand elle accueille le Ressuscité. Un cri que nous devons entendre alors que sur notre petite planète nous prenons la mesure de notre fragilité. La pollution devient un vrai problème, le dérèglement climatique un défi colossal. Des défis d’autant plus importants que ce sont les plus pauvres qui en souffrent les premiers. Voilà pourquoi nous devons ouvrir les yeux et préserver la pureté de notre regard.

DL

 

29 novembre 2014

Intervention à une table ronde organisée par Foi et Culture (CEF), à la maison des évêques de France, sur le thème « Sauver la création. Ecologie enjeu spirituel »

Table-ronde animée par Patrice de Plunkett : « Que devons-nous faire ? », en présence de Marianne Durano : Pour une écologie intégrale, d’Amélie Huard, du réseau Chrétiens changeons de Clermont-Ferrand, de Dom Jean-Pierre Longeat, moine bénédictin, Président de la CORREF, et de Jean-Marie Pelt : un lieu d’initiatives écologiques, la botanique.

Transcription approximative de mes propos spontanés du moment.

Mon regard vient de l’interface où je me situe. Comme journaliste (Bayard), comme religieux vivant en communauté (assomptionniste) et comme prêtre accompagnateur de l’ONG Pax Christi-France, je suis sensible de manière différente au défi écologique qui se présente à nous.

D’abord, je trouve intéressant de repérer la tension de fond, biblique, entre la prophétie et la sagesse. Une tension difficile à tenir au quotidien, car les sages ont tendance à s’endormir et les prophètes à quitter nos communautés. Prenons l’exemple du souci des créatures animales. Dans la tradition catholique, combien de « sages » ont rappelé qu’il faut s’occuper d’abord des pauvres avant de prendre soin des animaux. Et qui, du coup, ont découragé des « prophètes » dans nos communautés, pour qui la maltraitance envers les animaux souligne aussi notre incohérence quand nous parlons de la dignité humaine elle-même. On pourrait multiplier ce genre d’exemples. Ces oppositions binaires nous font du tort. Et c’est d’autant plus étonnant que deux des grandes figures médiatiques du catholicisme français de la fin du XXe siècle, l’abbé Pierre et sœur Emmanuelle, étaient des « recycleurs », des écologistes avant l’heure. En effet, après avoir fait le constat qu’un excès dans nos modes de consommation créait de la pauvreté, ils ont travaillé à partir de là pour faire de ces excès non plus des déchets mais des ressources, engendrant des formes nouvelles de vie ensemble. Et donc, redonnaient une dignité nouvelle à des personnes exclues jusque-là. Le respect de la terre et des plus pauvres ne s’opposent donc pas.

Dans le monde catholique, pourtant, les bases théologiques sont bien là. Depuis Paul VI, se sont mis en place tous les éléments pour que la doctrine sociale de l’Église ne puisse plus aujourd’hui faire abstraction de la question de l’écologie, de notre mode de vie, de notre rapport aux ressources naturelles. L’encyclique « Caritas in veritate » l’a gravé dans le marbre pourrait-on dire. En attendant que la prochaine encyclique du pape François l’exprime encore plus clairement. A partir de là, toutes les communautés locales devront bien se mettre au travail sur ce sujet. Il y a encore du travail, comme je le constatais il y a quelques semaines, lors d’une session de formation diocésaine. Parmi les incompréhensions qui se sont exprimées au cours de ce temps, je retiens cette difficulté avec le repas végétarien délicieux qu’avaient décidé d’offrir les organisateurs. Peur de manquer, de changer nos habitudes. Nos communautés sont prisonnières de ces peurs, comme tous nos contemporains.

Pour ma part, ma réflexion a commencé à prendre corps en accompagnant les réflexions menées autour du titre « Terre sauvage ». Un titre qui présentait jusque-là une nature merveilleuse mais dépourvue d’humanité. Comment changer la ligne d’un tel titre pour remettre plus d’humain ? Les experts, naturalistes, scientifiques, responsables du monde de l’environnement qui ont été sollicité pour cela m’ont mis la puce à l’oreille. J’ai en effet entendu là trois choses fondamentales qui m’ont décidé à aller plus avant dans ce champ de réflexion :

  •  D’abord, j’y ai pris conscience que la crise écologique est bien un fait. Ce n’est pas la fin du monde, mais d’un certain monde. Des accélérations et des destructions sans précédent s’opèrent sous nos yeux. Quelque chose de grave se passe.
  • Ensuite, alors que très souvent les milieux environnementalistes se tiennent éloignés des cercles d’Eglise, il a souvent été question dans les échanges de la place des chrétiens dans cette mobilisation. « Où est l’Église ? Quand le pape va-t-il s’intéresser à l’écologie ? Nous gagnerions dix ans dans notre travail… » Alors, pour une fois qu’on nous attend, qu’attendons-nous ?
  • Enfin, les expressions du vocabulaire des écologistes doit nous interpeller : « Il faut sauver la planète », « se réconcilier avec la nature », « faire alliance avec le vivant » « il faut se convertir dans nos modes de vie ». Salut, réconciliation, alliance, conversion. Autant de mots que nous connaissons bien et que nous n’osons plus employer en public. Des mots qui prennent ici un sens nouveau mais qui nous invitent donc au dialogue bienveillant. A ce titre, il peut être intéressant d’interroger l’intitulé de notre colloque : Vouloir « sauver la création » ne constitue-t-il pas un magnifique oxymore théologique ?

Il est temps en effet que nous nous remettions à l’écoute de ce que nous affirmons quand nous parlons de la foi au Dieu Créateur. Ce que dit d’abord la foi au Créateur est que nous croyons que le salut de Dieu se manifeste à travers notre expérience du créé. Vouloir parler de l’importance de la Création à partir du récit des commencements de la Genèse ne nous permet pas toujours de dialoguer avec les questions environnementales actuelles. Car s’il suffisait de croire en la beauté du désir originel qui accompagne la création du monde en sept jours, pourquoi sommes-nous si indifférent à la défiguration en cours de ce monde si beau ?

Il est temps que nous nous souvenions que le grand et principal récit de création est d’abord celui de la mort et résurrection du Christ. Croire que Dieu a pris le risque de sortir de lui-même pour rentrer dans sa création jusqu’au bout, jusque dans les noirceurs les plus absolues du mal, jusque dans l’avilissement de la mort, de la destruction, pour que nous, pauvres créatures, nous soyons rendus capables de Dieu. C’est ça, l’inouï projet créateur dont nous devons vivre. Et qui doit donc nous inviter à être cohérent. C’est quand le monde est menacé dans son intégrité que notre foi en la Création doit s’affirmer encore plus fort. Le cantique des trois enfants, dans le livre du prophète Daniel, nous l’avait déjà fait bien comprendre.

Il faut faire le constat humble que nous ne savons plus, nous, chrétiens, parler avec entrain de notre foi en la Création. Regardez la déroute d’une catéchiste quand elle tente d’expliquer la création du monde devant des enfants qui entendent parler par ailleurs de Darwin et de Big bang. L’articulation nous paraît, à nous même, souvent difficile. La tentation est grande alors de réduire la foi au Créateur à une émotion esthétique pour un jardin perdu. Nous ne sommes pas crédibles si notre « création » n’est qu’un concordisme religieux pour dire que nous aussi nous avons quelque chose à dire sur la réalité de ce monde.

Mais avons-nous encore envie ? Regardez la difficulté que nous avons à dialoguer avec les milieux contemporains de l’écologie ? Tant de peurs nous retiennent : peur d’idéologies peu fréquentables ou de postures utopistes etc. Quand ce n’est pas le jugement de panthéisme. Et c’est vrai, que certaines branches de la pensée écologique s’aventure dans des philosophies et des conceptions très éloignées du substrat chrétien. Mais le dialogue avec les écologistes et la réflexion autour des thématiques qu’ils mettent à jour nous mettent justement au défi de penser au-delà des postures radicales. Oui, c’est vrai, dans ces milieux, il y a aussi des pensées antihumanistes, antispécistes, antinatalistes avec lesquelles la foi chrétienne devra batailler. Mais, il nous faut reconnaître que dans nos communautés aussi, des positions radicales, fondamentalistes ou intégristes, existent aussi, sans que cela ne nous décourage d’essayer d’être chrétien. N’ayons donc pas peur du dialogue avec les hommes et les femmes de bonne volonté. Et il y en a beaucoup dans ces milieux que nous connaissons à peine. Et qui pourtant nous rendent des questions simples, essentielles, presqu’évangéliques : c’est quoi le sens de ma vie ? Pourquoi vaut-il la peine de lutter ? Comment est-ce que je prends soin de mon prochain et même de la génération future ?

Un tel dialogue nous apprendra une autre bonne nouvelle : la prise en compte pastorale et théologique du questionnement contemporain, ouvert par les écologistes, sur notre rapport au monde (à la Création, dirons-nous) nous offre un magnifique champ de collaboration œcuménique notamment. Car s’il y a bien un point qui nous rassemble de manière forte entre chrétiens, c’est notre foi commune au « Dieu créateur », dont la paternité nous pousse à assumer la nôtre. De quoi renouveler en profondeur notre témoignage commun évangélique.

 

 

 

 

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