ECOLOGIE et DIACONIE

Texte de Jean Pierre Ribaut

 

Diaconie de la Création

Introduction

Que la diaconie du chrétien se centre sur la veuve et l’orphelin, l’handicapé et le rejeté, personne ne le contestera. Mais que la diaconie puisse concerner la Création, voilà qui étonne la majorité des chrétiens. Certes, il est aujourd’hui plus évident que jamais que notre environnement doit être protégé, mieux géré, puisque nous pâtissons toujours davantage de sa dégradation. Agissons donc pour préserver notre santé, notre qualité de vie et laissons aux générations futures des conditions d’existence et de développement correctes ! Mais pourquoi lutter contre la pollution de l’air et protéger les tortues marines au nom de mon baptême ?

Ces réflexions sont d’autant moins surprenantes que le christianisme a trop souvent été considéré comme incitant l’homme à exploiter les ressources naturelles à sa guise, sans limites précises, la Création étant en quelque sorte à sa disposition. Citons une certaine lecture de la Genèse 1,28, où Dieu s’adresse à l’homme : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-là ; dominez sur les poissons de mer… » Voilà qui ne reflèterait guère une approche spécifiquement écologique ! Participant il y a quelque 15 ans à un congrès de théologiens spécialistes de la morale, j’ai été surpris d’apprendre que la disparition d’une espèce animale importait seulement dès l’instant où elle était utile à l’homme ! Et pourtant le Cardinal Villot, Secrétaire d’Etat au Vatican, avait déjà annoncé, le 6 décembre 1971, s’adressant à des juristes catholiques d’Italie, « toute atteinte à la Création est un affront au Créateur » ! Quelle parole prophétique – qui a été superbement ignorée !

 

  1. Enseignement biblique et réflexions théologiques

Quelle interprétation donner aux fameux récits exposant la Création dans la Genèse ?

Le premier (Gn 1.1-31 ; 2.1-4a) a été rédigé vers l’an 590 avant Jésus Christ, selon certains auteurs, par des prêtres pendant la déportation du peuple d’Israël à Babylone. Il présente le déroulement de la Création en 6 jours. Deux réflexions sont à relever à ce sujet :

– Après chaque jour, Dieu vit que cela était bon ! donc non seulement la création des êtres vivants et de l’homme ; où il affirme que c’est très bon ! Cela signifie que tous les éléments constitutifs de la Création doivent être respectés, préservés (donc même l’air, les roches, les étoiles,…) Pas étonnant que Teilhard de Chardin ait parlé de la Sainte matière sans être pour autant panthéiste.

– La Création de l’homme a lieu en même temps que celle d’autres animaux, le 6e jour ; voilà qui montre qu’il ne faut pas le considérer comme au-dessus mais comme élément constitutif de la Création, certes avec des responsabilités particulières. Ce premier récit se conclut par le sabbat, jour de repos, jour béni, particulièrement valorisé, qui permet à toute la Création de louer son auteur et de rendre grâce.

C’est dans ce premier récit que nous trouvons les propos étonnants cités plus haut : « soyez féconds, multipliez… dominez sur les poissons… » Nous souvenant que ce peuple juif est pour la deuxième fois hors de ses terres, qu’il est totalement déprimé, convaincu que Yahvé l’a abandonné, nous devons comprendre l’exhortation du prophète pour redonner courage à ces malheureux exilés, les inciter à l’optimisme et… à la conversion. Ajoutons qu’au verset 22 de ce Chap.1 Dieu dit aussi aux animaux : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les eaux dans les mers et que l’oiseau se multiplie sur la terre. » L’impératif « dominer » mérite aussi une explication, ayant à être interprété dans le sens où les prophètes Ezéchiel et Jérémie l’emploient en parlant de la domination du roi ; un roi qui se comporte comme un berger envers son troupeau et non comme un tyran assoiffé de pouvoir et de richesses ! Oui le roi domine pour protéger le faible, réparer les injustices, s’occuper des malades, résoudre les conflits. C’est dans le même esprit que le père de famille juive dominait sa famille, dans un esprit de totale diaconie ! Nous voilà bien éloigné du sens attribué généralement à ce verbe aujourd’hui.

Le second récit de la Création (Gn 2 .5 – 3.24) est curieusement antérieur au premier. Il a probablement été rédigé vers 950 avant Jésus Christ, sous le règne de Salomon. On pense que ce sont des fonctionnaires du roi qui ont mis par écrit les traditions du peuple d’Israël, traditions s’inspirant des mythes babyloniens. Cette présentation est surtout centrée sur l’homme, le couple, le combat entre le bien et le mal, la chute. La dimension morale et théologique y est nettement dominante.Dans ce récit de la Création il faut souligner la valorisation du Sabbat, à vivre par toute le Création, et constater que l’homme est réellement à considérer comme partie constituante de la Création. En Genèse 6-8 nous trouvons clairement exprimé la volonté de Dieu de sauvegarder « sa » Création, puisque s’adressant à Noé, au moment du déluge, il lui ordonne «  de tout être vivant, de toute chair, tu introduiras un couple dans l’arche pour les faire survivre avec toi ;… » (Gn 6.19)

Fidèle à sa logique, Dieu établit une Alliance, non seulement avec l’homme, mais avec l’ensemble de la Création. « Voilà que j’établis mon alliance avec vous et avec vos descendants après vous, et avec tous les êtres animés qui sont avec vous : oiseaux, bestiaux, toutes bêtes sauvages avec vous, bref, tout ce qui est sorti de l’arche, tous les animaux de la terre… » (Gn 9,8-10) La responsabilité de l’homme est donc évidente. Dieu l’explicite de belle manière imagée dans le verset 2,15 de la Genèse : « Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour qu’il le garde et le cultive. » Voilà qui me fait penser aux conclusions de la conférence mondiale de 1992 à Rio de Janeiro « Environnement et développement » et le concept du développement durable qui y a été affirmé et reconnu. En effet,
– garder la terre : n’est-ce pas préserver les ressources pour les génération futures ; et
– cultiver la terre : l’exploiter, lui faire porter du fruit, mais… sans piller ou surexploiter.

Cette responsabilité de « lieu-tenant » (= agissant au nom de Dieu, pour Dieu) est d’autant plus importante que la Création n’est pas achevée ! Paul nous le rappelle dans sa lettre aux chrétiens de Rome : « nous le savons, en effet, toute la Création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement… » (Rom. 8,22)

Paroles d’Eglises

Pourquoi si peu d’échos à ces enseignements bibliques ? Certes, l’esprit de diaconie, la saine gestion des biens, ne n’est pas étranger aux discours des Pères de l’Eglise. Mais par la suite, c’est plutôt le silence avec une exception de taille : François d’Assise, proclamé patron des écologistes en 1979. François constitue pour moi la figure emblématique du shalom, de la solidarité et de la diaconie pleinement vécus dans toutes leurs dimensions :

–          avec son Dieu

–          avec soi-même

–          avec ses frères et sœurs,

–          avec toute la Création

Du Moyen-âge à l’ère moderne, les chrétiens se sont comportés comme leurs contemporains, exterminant au XIXème siècle grâce aux armes à feu, des dizaines d’espèces animales, tel aux Etats-Unis l’Ectopiste migrateur, ce pigeon dont les vols obscurcissait le ciel au dessus de New York, ou le lynx, le loup, l’ours, dans de nombreux pays d’Europe. Que de massacres et pourquoi cette frénésie de destruction dont l’exemple le plus spectaculaire est peut-être cette destruction de 60 millions de bisons d’Amérique en quelques décennies ; heureusement que 85 ont pu être sauvés.

Ce comportement « rapace », lié à l’égoïsme, ne pourrait-il pas avoir quelque lien avec le péché originel ?

Concernant la dégradation de notre environnement, des scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme, il y a plus de cent ans ! Forel annonçait, à la fin du 18ème siècle déjà, que le Léman commençait à se polluer ! Oui, il n’y a pas que Jean-Baptiste qui prêchait dans le désert ! mais lui rencontrait un certains succès ! Il faut attendre la deuxième moitié du XXème siècle, bien après l’apparition des premières dégradations sérieuses de l’environnement, pour voir les Eglises réagir et prendre conscience de l’ampleur de la catastrophe qui commençait à se dessiner à l’horizon ! En 1972, en effet, à l’ouverture de la 1ère Conférence mondiale sur l’environnement à Stockholm, Paul VI insiste sur l’importance d’une meilleure protection et une gestion plus mesurée des ressources ; ces propos ne rencontrent guère d’échos.

En mai 1989 se déroule un évènement, à mes yeux d’une portée exceptionnelle : le Rassemblement œcuménique européen de Bâle. Pour la première fois depuis la Réforme, les diverses Eglises d’Europe se réunissent officiellement pour examiner, ensemble, si elles assurent toujours correctement leur mission dans la société de leur temps. Les problèmes du nucléaire, de l’avortement, de la liberté religieuse, des injustices sociales, bref tous les problèmes de la société sont passés au crible ! Et… pour la première fois, les problèmes d’environnement figurent à cet agenda qui se résume par la trilogie « Paix, justice et sauvegarde de la Création ». Les 700 délégués officiels ne se limitent pas à recommander des mesures pour lutter contre les pollutions et autres atteintes à l’eau, l’air et aux paysages, ils demandent pardon pour toutes les erreurs commises dans le passé ! La diaconie de la Création commence enfin à émerger ! L’acceptation du document final du rassemblement, sous un tonnerre d’applaudissements, après une minute de recueillement dans un silence absolu au milieu de quelque deux mille participants, reste pour moi un des moments les plus marquants de ma vie chrétienne.

Un coup d’accélérateur décisif va être donné par Jean Paul II dans son traditionnel message de paix du 1er janvier 1990 consacré à :

« La paix avec Dieu créateur, la paix avec toute la Création »

Véritable petite encyclique relative aux problèmes d’environnement, ce message affirme sans ambages que les causes de la crise écologique actuelle sont d’ordre moral ; l’homme ne respectant ni la vie, ni les équilibres naturels. Le pape souligne la nécessité pour la société actuelle de « réviser sérieusement son style de vie… » et affirme que l’engagement du croyant en faveur d’un environnement sain découle directement de sa foi en Dieu Créateur. Hasard, ou action de l’Esprit Saint ? Un an auparavant, le patriarche œcuménique de Constantinople, Dimitrios insistait, dans son message de Noël 1988, sur « la responsabilité envers la Création et le devoir de préserver l’environnement », puis proclamait le 1er septembre de chaque année (début de l’année liturgique chez les orthodoxes) « fête de la Création ».

Les Eglises de la Réforme se sont elles aussi fortement engagées. C’est ainsi qu’en 1979, les Eglises d’Alsace et de Lorraine publiaient sous la direction du professeur Gérard Siegwalt une brochure sur le thème « Nature menacée et responsabilité chrétienne ».  Dans les pays nordiques, c’est dans les années 1970 déjà, que les Eglises de la Réforme ont abordé ces questions. Le 2ème rassemblement oecuménique européen, tenu à Graz du 23 au 29 juin 1997, a repris les thèmes fondamentaux de celui de Bâle, et, dans le domaine qui nous intéresse présentement, « la réconciliation avec la Création », a adopté quatre recommandations :

  •  une fête annuelle de la Création (si possible entre le 1er septembre, fête des orthodoxes – et le 4 octobre ; fête de St François d’Assise),
  • promotion d’un nouveau style de vie durable !
  • adhésion à l’Agenda 21 (programme de travail adopté à la Conférence mondiale de Rio, en 1992),
  • établissement d’un réseau européen de responsables de l’environnement.

Voilà des propositions précises ; qui n’ont malheureusement été mises en œuvre que partiellement.

L’action de l’Eglise en France

Pax Christi, mouvement catholique créé à la fin de la guerre 1939-1945 pour promouvoir la réconciliation franco-allemande, a créé, suite au rassemblement de Bâle, une Commission « Création et développement durable ». Parmi ses activités, il faut mentionner les 5 symposiums de Klingenthal consacrés à l’environnement s’échelonnant entre 1995 et 2001, dont la grande originalité a consisté à réunir des représentants non seulement des différentes religions, mais aussi des peuples indigènes et… de l’athéisme. Belle anticipation sur l’esprit d’Assise ! Au premier symposium, les participants ont exprimé leur approche spirituelle, socioculturelle par rapport à la Nature, la Création. Leurs conclusions, convergentes, ont débouchées sur « L’Appel de Klingenthal » qui conclut, sans le moindre doute, que toutes les formes de spiritualités préconisent « le respect de la Nature et un usage sage de ses ressources »*

Dans leur déclaration « le respect de la Création », publiée en l’an 2000, les évêques de France rejoignent les mêmes conclusions ; et ils appellent à « un sursaut vital » rappelant que « l’Homme doit veiller sur ce jardin (voir 2ème récit de la Création Genèse 2,4 – 25) le cultiver, en prendre soin… ». Dans la logique de cette déclaration, les évêques créent, au sein de Pax Christi, une Antenne « Environnement et modes de vie » afin de les tenir informés de l’évolution des grands problèmes d’environnement et de proposer des mesures d’action. La première initiative déboucha sur la publication d’un ouvrage intitulé « Planète vie – planète mort ; l’heure des choix » qui, préfacée par Nicolas Hulot, présente :

a)      l’état de la planète et les divers défis à relever dans le domaine de l’environnement, des changements climatiques à la diversité biologique, des problèmes de l’eau au génie génétique,

b)      une théologie de la Création ; que nous enseigne l’Ecriture, quelquefois si surprenante à première vue ; quelles conséquences éthiques ?

c)      un bel éventail de réalisations de communautés et de mouvements chrétiens, de monastères, de personnes individuelles.

L’écho rencontré par cette publication fut tel que Pax Christi décida de créer un réseau chrétien « Paix, environnement et modes de vie ». L’objectif est de développer, à travers la France, un réseau de groupes de chrétiens qui acceptent d’accorder à la gestion de l’environnement une grande priorité. Une vingtaine de ces groupes sont en voie de formations. Ils oeuvrent dans le cadre d’une large autonomie, s’efforçant de sensibiliser les chrétiens de leur région aux problème d’environnement en privilégiant les préoccupations locales : projet d’installation d’une station d’incinération ; pollution de la nappe phréatique par les nitrates ; nouveau tracé routier… Un objectif national est proposé : célébrer la Création, comme recommandé à Graz, en 1997, soit dans le cadre d’une Eucharistie, d’une célébration œcuménique ou d’une journée – ou week-end – de formation.

Quid des diacres ?

Nous, les diacres, ne devrions-nous pas nous sentir particulièrement interpellés par les problèmes d’environnement et de développement? Ils ne se limitent par ailleurs pas à la préservation des paysages naturels ou la lutte contre l’effet de serre, mais ont des répercussions directes sur l’ensemble des problèmes de société et la vie économique, débouchant trop souvent sur des injustices sociales criantes. Le fameux « développement durable », essentiel pour assurer aux générations futures des conditions de vie correctes, implique, dans nombre de domaines, un changement radical d’orientation économique. Au lieu de penser que l’homme est au service de l’économie, il faut affirmer que c’est l’économie qui doit être au service de l’homme ! et agir en conséquence.

Comme le disent les évêques de France dans leur publication « Repères pour une économie mondialisée », il « faut dominer la domination financière » ! Dans son discours du 1er janvier 2007, le pape Benoit XVI affirme : « la destruction de l’environnement, son usage impropre ou égoïste et la mainmise violente sur les ressources de la terre engendrent des déchirures, des conflits et des guerres, justement parce qu’ils sont le fruit d’une conception inhumaine du développement ». Quant à la croissance, si souvent décriée, les évêques estiment qu’elle « est une chance si nous la regardons en perspective du développement intégral de l’homme. » Hélas, dans de nombreuses régions du globe, l’évolution de la situation donne raison à Georges Bernanos quand il écrit que « les pas des pauvres feront trembler la terre » ; et Jean-Claude Guillebaud partage les mêmes craintes.

Et cependant, cela ne fait pas de doute, la croissance, le développement sont indiscutablement nécessaires à la vie, à la survie des sociétés humaines. Mais attention, pas n’importe quelle croissance ! Il s’agit de privilégier le qualitatif au lieu du quantitatif, de privilégier en toute circonstance l’homme, sa dignité. Ce n’est pas facile, car la concurrence est si vive dans la majorité des secteurs de l’économie, que des restructurations semblent quelquefois le seul moyen pour permettre la survie d’une entreprise ! Avouons-le franchement, être aujourd’hui patron d’entreprise ne vous réserve pas que des satisfactions. Oui, réussite économique et bien-être social sont quelquefois difficilement conciliables.

Mais le développement durable implique aussi, voire surtout, le respect des ressources naturelles, qu’il s’agisse de l’eau, de la qualité de l’air, des sols, de la faune, de la flore, les paysages, des écosystèmes sensibles et hyper précieux tels que les zones humides, les rivages côtiers… cela pour des raison écologiques et de saine gestion des territoires. Mais préserver notre Création pour des raisons économiques, à la limite de survie, est-ce suffisant ? On préserve ce que l’on aime. Aussi devons-nous impérativement découvrir ou redécouvrir l’émotion, le frisson que provoque un lever de soleil sur les montagnes ou le passage bruyant d’un vol d’oies devant le disque lunaire, tel que j’ai pu le vivre à 18 ans. L’Internet peut incontestablement contribuer à nous sensibiliser aux beautés naturelles, mais la toile ne remplacera jamais une expérience vécue sur le terrain. Les instants privilégiés qui nous révèlent les beautés insoupçonnées de la nature peuvent d’ailleurs prendre des dimensions beaucoup plus modestes et concerner une belle araignée tissant sa toile dans la rosée du matin ou l’effort herculéen que livre une fourmi pour transporter une proie ou une brindille dix fois plus lourde qu’elle ! Epoustouflant !

Oui, apprenons ou réapprenons à nous émerveiller devant les merveilles du Créateur et, du coup, l’action de grâce nous sera toute naturelle. Nous diacres, immergés dans le monde, dans toutes les composantes de ce monde, nous avons incontestablement une responsabilité spécifique, à l’image de la vie de St François déjà évoqué. Si nous devons sensibiliser les responsables politiques et économiques à l’urgence et à l’importance de voir appliqué partout un authentique développement durable, nous devons simultanément prôner un autre mode de vie !

Nicolas Hulot et d’autres avant lui l’ont proclamé : si tous les hommes de la terre vivaient comme nous, il faudrait les ressources de plusieurs planètes terre. Nous devons retrouver le sens de l’économie, de la frugalité, de « l’austérité joyeuse » dont parlait Pierre Morlon (Dijon) au récent Congrès de Pax Christi sur le thème « L’écologie, la paix et nos modes de vie ». Alors, une mission de plus ? Certainement, mais qui devrait simplement s’intégrer dans notre vécu quotidien, dans nos divers achats, privilégiant par exemple le commerce équitable, dans nos modes de transport,…

Comme nous portons en permanence la préoccupation d’être attentif à notre prochain, nous devrions constamment penser aux répercussions de nos actes sur l’environnement. En ce siècle, les grands enjeux de l’amour du prochain sont planétaires : montée du niveau des océans, pénurie d’&énergie fossile et de matières premières, dégradation des processus naturels…les plus pauvres seront les plus touchés. Certains d’entre nous ont accepté des responsabilités dans ce domaine, comme Jean Hugues Bartet (Digne-les bains), Jean-Pierre Chaussade (Paris) et moi-même qui sommes membres de l’Antenne « Environnement & modes de vie » précédemment mentionnée ; d’autres s’engagent localement, tel François Simonet contre l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure ou encore Philippe Ferrand de la Communauté de l’Arche de Lanza del Vasto, actifs dans le réseau chrétien « Paix, environnement et modes de vie ». Ce ne sont certainement pas les seuls !

Pour terminer, chers frères diacres, ne devrions-nous pas envisager d’examiner, ensemble, sans trop tarder, comment nous pourrions être plus actifs dans ce domaine, en particulier pour témoigner qu’il concerne la diaconie. Certes, nous avons déjà tous une ou plusieurs missions, et sommes, la plupart d’entre nous, de plus en plus sollicités dans le service paroissial. Il n’empêche que le défi à relever pour que le monde évolue vers le Royaume et non vers la dégradation irréversible de la Création est d’une telle importance, que nous devons nous engager, tous. J’ajoute que nos épouses, avec leur sensibilité et leur grande perception de ces problèmes, peuvent et devraient, selon moi, s’engager particulièrement dans ce combat.

 

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