ALIMENTATION – Ne balance plus ton porc

 

2017 ECOLOGIE Bretagne Tiad ReizhLa Bretagne est une des grandes régions productrices agricoles. Avec tous les paradoxes du modèle intensif, de plus en plus flagrants. Mais aussi avec de nombreux projets précurseurs : dernier en date, l’initiative « Tiad Reizh » à laquelle participent les écoles de l’Enseignement catholique de Bretagne.

C’est sur le modèle de l’initiative Breizh Alim qui prévoit l’achat de denrées alimentaires de proximité pour les cantines scolaires que l’État, le Conseil Régional, la Chambre d’agriculture et l’Enseignement Catholique de Bretagne ont lancé l’initiative « Tiad Reizh », le 4 octobre dernier. « Tiad Reizh » veut dire « Maison juste » en breton, en référence à la « Maison commune » citée par le Pape François dans Laudato Si.

Cette démarche s’inscrit en réponse à l’appel de la Région Bretagne qui propose le Plan Alimentaire Territorial Breizh’Alim: ce plan vise à réorienter les marchés publics pour assurer une consommation plus locale et accompagner les producteurs bretons dans la mise en place de filières d’approvisionnement leur permettant de répondre aux appels d’offre publics.  Avec plus de 250 000 élèves scolarisés dans son réseau (44% de la population scolaire de Bretagne), l’Enseignement catholique de Bretagne représente plus de 33 000 000 repas servis chaque année scolaire, soit un budget annuel d’approvisionnement en matière première d’environ 50 000 000€.

Sont concernés les quatre diocèses de la Région Bretagne (Ille et Vilaine, Morbihan, Finistère et Côtes d’Armor), représentant 827 écoles, 170 collèges et 103 lycées :

« Cela prend du temps de transformer les habitudes alimentaires, l’objectif est de parvenir à une consommation de 80 % de viande de porc, et de viande bovine bretonne dans tous nos établissements. » explique Stéphane Gouraud, le Directeur diocésain de l’Enseignement catholique du Morbihan.

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ALIMENTATION – Quand quitter la table est nécessaire

En l’occurence, la table de négociations. C’est le cas des représentants du Secours catholique Caritas France et du CCFD-Terre Solidaire. Mais aussi de leurs collègues d’Oxfam, d’Action contre la faim et d’Agronomes et Vétérinaires sans frontières, qui ont quitté l’atelier 12 des Etats généraux de l’alimentation (EGA) il y a quelques jours.

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Ce qui est en jeu dans cet atelier qui ne se réunira qu’une seule fois ? La question de la lutte contre l’insécurité alimentaire au niveau international.

 

« Il était déjà difficilement acceptable qu’une seule journée soit consacrée à la lutte contre la faim dans le monde dans le cadre des EGA. D’autant que les Nations unies viennent tout juste de rappeler que 815 millions de personnes sont aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, et que le monde a par ailleurs été touché cette année par 4 famines d’une ampleur sans précédent », déclarent les organisations signataires. « Mais ce qui a motivé notre décision de quitter la salle est avant tout le niveau d’ambition très insatisfaisant de l’ordre du jour, des débats prévus, et des solutions envisagées par le gouvernement sur ce sujet. Pour que la France participe efficacement à la lutte contre la faim dans le monde, il est absolument vital que l’on se pose les vraies questions »

En l’occurence celle de la cohérence des politiques publiques françaises avec le respect du droit à l’alimentation pour tous.

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RURALITE – Les victimes oubliées d’une agriculture en burn out

Sainte-Anne_d_Auray_Suicides_Agri_olivierC’est désormais un rendez-vous. Pour la troisième fois, au début du mois d’octobre, une journée commémorative a rendu hommage aux agriculteurs qui se sont suicidés ces dernières années. Un hommage qui se déroule devant la basilique de Sainte Anne d’Auray, où une messe a aussi été célébrée en leur honneur.

Le site Wikiagri.fr par exemple en a longuement rendu compte, évoquant notamment la figure de Jacques Jeffredo qui a initié cette journée, en révélant l’ampleur du drame en cours dans le monde agricole.

Jacques Jeffredo est un homme exceptionnel. Il se démène, chaque année, pour faire connaitre un fléau épouvantable, le suicide agricole. Depuis sa première journée d’hommage aux familles endeuillées, en octobre 2015, chaque jour, à chaque fois qu’il ouvre sa boite mails, il sait qu’il va être mis au courant d’une nouvelle épouvantable. En Saône-et-Loire, dans le Pas-de-Calais, dans l’Indre-et-Loire, ou même à côté de chez lui, dans la Morbihan… Il a été le premier à vouloir sensibiliser sur la détresse qui touche le monde agricole en France, et il poursuit inlassablement cette mission, chaque deuxième dimanche d’octobre, à Sainte-Anne d’Auray…

Marie Le Guelvout est une femme exceptionnelle. Depuis la mort de son frère Jean-Pierre (connu pour son passage dans l’émission L’Amour est dans le Pré), elle n’a de cesse de remuer tous les décideurs possibles pour que son deuxième frère, André, désormais seul sur l’exploitation, puisse aller jusqu’à la retraite sans que ne lui retombe sur le dos toutes les dettes à l’origine du drame. Elle le soutient moralement, prend en main la comptabilité de l’exploitation (alors qu’elle travaille déjà à l’extérieur), et incite les sollicitations des médias (elle est particulièrement suivie par Ouest-France, premier quotidien français en tirage) sur ces drames encore méconnus des campagnes.

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CREATION – Paysans pèlerins

2017 ECOLOGIE Pélerinage ND du LausLe sanctuaire Notre-Dame-du-Laus poursuit son renouveau. Niché dans les Hautes-Alpes, au milieu des champs de blé et entouré de plusieurs fermes,il va accueillir le 11 et 12 novembre le pèlerinage national des familles paysannes..

Ce pèlerinage est organisé par les Journées paysannes.

Comme la Vierge Marie aime souvent à le faire, c’est à une petite paysanne, une bergère, qu’elle vient rendre visite, d’abord pour lui sourire. Rejointe dans le quotidien de sa vie rurale, Benoîte va recevoir des messages et une mission qui vont élever son âme sans jamais lui faire quitter la terre. […] Soyez donc les bienvenus à Notre-Dame du Laus ! Nous nous réjouissons de vous faire découvrir les lieux splendides, le doux message et les grâces fortes du sanctuaire haut-alpin. Père Ludovic Frère / vicaire général du diocèse de Gap / Recteur du sanctuaire

AGRICULTURE – Prêtres de salon

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Après le texte des évêques publié il y a quelques jours, une bonne nouvelle glanée par hasard : quelques prêtres du doyenné de Denain sont venus au salon de l’agriculture.

« Avec une attention toute particulière pour les agriculteurs en difficulté, les prêtres du Denaisis sont allés au salon de l’agriculture. », explique le site du diocèse de Cambrai.

On aimerait en savoir un peu plus. En espérant que ces prêtres sont aussi allés visiter tout ce qui émerge de nouveau et de stimulant dans le monde agricole, à côté de la surenchère technologiste du salon…

DL

FORMATION – Prieuré permaculteur

ob_9f02ed_maison042015crIl y a dix ans, Alain et Emmanuelle démarraient leur projet de ferme en permaculture. Lui venait de la DRH et elle, de formation philosophe. Ils ont fait du chemin, en famille, avec leurs trois enfants et leurs visiteurs qui passent (en woofing) depuis 2012. Ils transmettent désormais leur savoir-faire et les valeurs qui les animent, par exemple lors d’un prochain stage organisé par une Soeur des campagnes.

 Ce stage d’initiation à la permaculture se déroulera le 22 et 23 avril prochain, au Prieuré, à Ligueil (37). Entre théorie et applications sur le terrain, le séjour doit permettre de mettre en oeuvre « la méthodologie d’observation et de design de la permaculture ».

Pour s’inscrire, contactez Alain, à la Ferme des Châtaigniers : alaindieudonne86@gmail.com

AGRICULTURE – Propos de salon

2017-337497_salon-international-de-l-agricultureIl y a un an, une quinzaine de d’évêques de France étaient venus arpenter les allées du salon de l’Agriculture à Paris. Cette année, c’est le conseil permanent de l’épiscopat qui poursuit la réflexion, à travers un communiqué récent. C’est déjà ça…

Un beau texte assurément. Mais la volonté du dialogue que prônent nos évêques mériterait désormais des décisions fortes pour incarner leur propos.
Peut on encore écrire un tel texte sans nommer clairement les scandales grandissants qui tétanisent le monde agricole ? Accaparement du foncier, disparition des petites structures, contamination généralisée aux pesticides, appauvrissement des sols, surendettement des agriculteurs, dérives génétiques des OGM, marchandisation du vivant et surexploitation des espèces animales et végétales etc. On peut dire cela sans condamner les agriculteurs qui sont, le plus souvent, victimes d’une logique dominante et d’une monoculture intellectuelle. On peut aussi croire que toutes les initiatives en cours actuellement dans les fermes préparent déjà un nouveau modèle à soutenir. Si nous ne le nommons pas ce modèle, comment prétendre être en soutien ? « Regarder » et « s’interroger » peut il suffire dans ce monde en crise ?
Voici le texte des évêques de France
DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT : FACE À LA CRISE AGRICOLE : OSER REGARDER AUTREMENT ET S’INTERROGER ENSEMBLE

Voici un an, au nom de tous les évêques de France, quinze d’entre eux s’étaient rendus au salon international de l’agriculture pour y partager les inquiétudes du monde agricole, en particulier des éleveurs. Le salon international de l’agriculture est une occasion offerte à tous de mieux connaître les réalités du monde agricole mais aussi les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs dans notre pays. C’est pourquoi, cette année encore, nous voulons exprimer notre attention, notre proximité et notre soutien aux agriculteurs en difficulté.

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