SOLIDARITE – Des buttes de permacultures ensemencées d’espérance

2017 Permaculture BateauLa communauté du Bateau Je Sers (Conflans Ste Honorine) offre depuis longtemps une large hospitalité. Notamment aux personnes en précarité. Depuis quelques mois, ce sont notamment des réfugiés tibétains qui se retrouvent sur place. Un vrai défi pour les aider à s’insérer dans la société française. Et si cela passait par un peu de permaculture ?

Depuis quelques semaines, à la suite de Robin, ancien service civique, Véronique a mis en place dans l’esprit des Colibris des jardins potagers en permaculture où ils peuvent cultiver leurs propres légumes. Au sein du jardin de la Maison 3 où sont accueillis certains réfugiés tibétains, une butte en permaculture a ainsi vu le jour, bénéficiant notamment de fumier de cheval du centre équestre voisin.

On voit que ces femmes sont d’origine paysanne, elles savent comment manier les outils et adorent s’occuper du jardin” , note Marie-Pierre, salariée à La Pierre-Blanche.Leur compost est également impeccable, plus que dans la maison des hommes où ils laissent leurs déchets de repas“, note Véronique.

D’autres initiatives positives ont été mises en place avec La Pierre-Blanche et les Tibétains : une art-thérapeute organise par exemple des ateliers de danse, de chant et d’arts plastiques avec eux. “Ils retrouvent le sourire et certains n’ont même plus besoin de soins médicaux avec ces sessions d’art-thérapie“.

Source : art. sur Consoglobe / 

Pauline Petit, le 18 Jun 2017, à 8 h 25 min

MOBILISATION – Allez Hop ! En avant

Après un long silence – pour cause de hors série en préparation- je reprends le cours des publications du blog… Beaucoup de choses en retard à raconter… merci d’avoir patienté !!

Mgr Thai HopLe blog E&E avait déjà raconté, il y a quelques mois, le scandale de la pollution marine de l’usine métallurgique Formosa au Vietnam. Malgré les discours rassurants des autorités, une pollution toxique de ce genre n’obéit pas à la volonté politique, fut elle communiste. D’autant que le gouvernement ne joue pas la transparence. Un évêque et quatre prêtres vietnamiens se sont mobilisés pour faire connaitre cette triste affaire.

Mgr Nguyen Thai Hop, du diocèse de Vinh (au nord du pays) et quatre de ses prêtres ont effectué mi-mai une « Marche pour la justice et les droits de l’homme », en passant par Oslo, Bonn, Bruxelles et Genève. Occasion, à chaque fois, de rencontrer les autorités politiques et les réseaux associatifs des pays traversés. Mgr Thai Hop s’est exprimé dans un entretien à Eglises d’Asie, le 22 mai

« Les pécheurs ne vont plus en mer car les poissons sont morts et, s’ils ont la chance d’en trouver, ils ne peuvent pas les vendre car personne n’achète de poisson provenant de ce secteur.  Tous sont donc condamnés au chômage. Beaucoup de bateaux sont laissés à l’abandon. N’ayant plus d’argent, les familles ne peuvent plus envoyer les enfants à l’école. Cette situation est terrible »

Les indemnisations promises ne sont toujours pas versées.

« À Ha Tinh, un secteur a déjà reçu une indemnisation, mais les fonctionnaires ont mal fait leur travail. Des personnes qui ne sont pas des victimes de la catastrophe ont perçu une indemnisation, tandis que des victimes n’ont pas été indemnisées. »

Combien de personnes sont touchées ? 200 000, selon le chiffre officiel ?

. « Il y en a au moins trois fois plus. Et si on ajoute toutes les victimes indirectes, ce sont deux millions de personnes qui sont concernées. Nous travaillons pour toutes les victimes, pas seulement pour les catholiques, et beaucoup de victimes ne figurent pas dans la liste officielle des personnes à indemniser. » « À Genève, on m’a indiqué que l’ONU avait proposé de coopérer avec Hanoï pour déterminer quelle méthode scientifique permettrait de dépolluer la côte du Vietnam. Mais le gouvernement a refusé. Une attitude irresponsable est incompréhensible. Nous ne demandons pas seulement une indemnisation juste, mais aussi la fermeture de l’usine Formosa à Ha Tinh, pour éviter la contamination de la mer, des rivières, des sols et sous-sols. Actuellement, l’usine fonctionne en rodage. Si elle se met à fonctionner à plein régime, que va-t-il se passer ? Comment pourra-t-on vivre dans ce secteur ? »

DL
Source : Eglise d’Asie, art. C. Lesegretain La Croix

 

 

POLITIQUE – Critères à terre

2017 Rey Frejus PolitiqueMgr Rey, évêque français du diocèse de Frejus-Toulon, vient de publier le 25 mars « quelques critères de discernement » pour préparer les élections politiques à venir au sein des communautés chrétiennes. Des critères largement inspirés par l’encyclique Laudato si… Extraits.

(…) La vision chrétienne de l’engagement politique repose sur la centralité de la personne humaine (dignité et transcendance, disait le pape à Strasbourg en 2014) et le sens du bien commun, conçu comme le « bien de tout homme et de tout l’homme. » A la veille des élections on cite souvent la Note doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la foi de 2002. Elle donne des critères pour l’engagement et le comportement des chrétiens dans la vie politique. On parle habituellement de “principes non-négociables”, nécessaires à la vie démocratique. Souvent présentés comme étant au nombre de trois (le droit à et la défense de la vie humaine, le mariage conçu comme l’union stable d’un homme et d’une femme, la liberté d’enseigner), on oublie qu’ils comprennent en réalité la totalité du bien commun. Leur liste est donc plus longue : « Il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage. On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse et le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que “les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus“. Enfin, comment ne pas voir dans ces exemples le grand thème de la paix. »

  • L’option préférentielle pour les pauvres

Les racines évangéliques de la Doctrine sociale indiquent une priorité politique : l’option préférentielle pour les pauvres. Elle est un élément clé de tout action politique chrétienne. Un chrétien en politique ne peut pas faire l’impasse des questions de pauvreté et de misère: SDF, chômeurs, migrants, population des pays en guerre et des pays pauvres, conditions de détention des prisonniers etc. Les expressions forgées par le pape François n’ont pas pu ne pas nous frapper : « Lutter contre la culture du déchet ou bien encore contre la mondialisation de l’indifférence. » Dans l’histoire, la France a toujours montré l’exemple de la solidarité et de la fraternité. Face aux nouveaux enjeux de pauvreté auxquels l’humanité fait face dans sa dimension planétaire, et compte tenu de la fluidité de l’information, les Français sont invité à une nouvelle « fraternité hors les murs », sans craindre de s’appauvrir.

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LECTURE – A cheval sur l’équité

2017-projet-fev-2017La revue Projet publie son numéro 356, sur le thème de « Inégalités, un défi écologique ? » De très bonnes lectures en perspective pour creuser ces liens incontournables de l’écologie intégrale.

Pour faire entrer dans le sujet, voici l’édito de Jean Merckaert, le rédacteur en chef de la revue jésuite.

En 2015, la fortune cumulée de 62 personnes équivaut à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité, selon Oxfam ! Même si la méthode de calcul peut toujours être débattue, le chiffre reflète une réalité insupportable. Si les inégalités entre pays ont reculé au cours des dernières décennies (Afrique subsaharienne mise à part), celles entre individus ont explosé – et plus encore en termes de patrimoine que de revenus. Dans des proportions certes variables selon les pays – la France se situant quelque part entre le Danemark et les États-Unis – elles ont atteint une telle ampleur que même le Fonds monétaire international, longtemps le héraut du néolibéralisme, s’en inquiète. Mais pas nécessairement pour les bonnes raisons : comme si de leurs incidences sur la croissance pouvait dépendre notre tolérance aux inégalités  !

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AGRICULTURE – Des églises en campagne

association-harolA l’Ascension (mai 2016), l’Esprit a aussi soufflé fort. Notamment dans les Vosges où une quinzaine d’associations présentes dans le monde rural français, se sont retrouvées pour organiser une présence d’Eglise alternative dans les secteurs ruraux.

(Extrait de l’article) Ils parlent réfugiés, transition écologique, prévention du suicide, accueillent des migrants, rencontrent des élus, se forment à la communication non-violente, lisent la Bible, organisent des repas de quartier. Des problématiques rurales ? En dépit des stéréotypes, oui. Pour la plupart issus de l’Action catholique, cherchant dans l’Église les voies d’une société plus apaisée, ces chrétiens des campagnes se saisissent des mêmes sujets de société qu’ailleurs…

Un article de La Croix (Élise Descamps, 11/05/2016)

AGRICULTURE – Fermiers sur la paille

En avril dernier, la Conférence des évêques d’Asie (CCA) a exprimé son désaccord avec la manière dont les fermiers philippins du Mindanao ont été brutalisés par la police. Celle-ci tentait de réprimer le mouvement lancé par l’Eglise méthodiste unie pour protéger près de 6000 paysans et responsables tribaux.

Une répression très violente puisqu’on a compté déjà trois morts et des centaines de blessés, après que la police ait ouvert le feu contre des paysans qui appelaient au dialogue avec les autorités gouvernementales. En jeu ? 15 000 sacs de riz qui leurs étaient promis en réponse aux urgences nées de la sécheresse qui a touché cette région.

Par ailleurs, cette même conférence des évêques d’Asie a aussi organisé, en décembre dernier, en lien avec l’Eglise du Christ en Thaïlande et le Forum chrétien coréen pour une agriculture vivante (KLGAF) une rencontre autour du thème « Ecojustice : en route vers un développement durable et la sécurité alimentaire en Asie ». Une soixantaine de participants -théologiens, laïcs engagés, militants, représentants des Eglises, se sont retrouvés à Chiang Mai (Thaïlande) du 29 novembre au 2 décembre.

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Extraits

« L’écojustice ne concerne pas seulement l’écologie ou l’environnement. C’est, en fait, un facteur crucial lié aux problèmes de faim, de pauvreté, de durabilité des ressources naturelles, de production d’énergie et de son usage approprié, de développement économique, de distributions équitables des biens, de l’effacement de la dette, du commerce équitable et de la sécurité environnemental » – Tomoko Arakawa, directeur de l’Institut rural asiatique (ARI) au Japon.

« Dieu appelle l’Eglise à être le facteur rédempteur pour soutenir sa Création. C’est un appel à tous les pays développés en Asie pour prioritiser la sécurité alimentaire sur le commerce. » Dr Abram J. Bicksler, directeur de ECHO Asia impact Center

DL

VIE CONSACREE -Mettre fin au génocide

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Ces enfants de la tribu Awajun montrent les vêtements qu’ils portaient quand ils ont lutté contre une fuite de pétrole dans un pipeline proche de leur communauté, en février dernier, dans le nord du Pérou. (Credit photo : B. Fraser)

L’organisation « Sisters of Earth » a été fondé par des religieuses nord-américaines en 1994. Il s’agit d’un réseau de consacrées sensibles ax défis écologiques et à la crise spirituelle qui les alimentent. Un réseau devenu mondial et qui vient de tenir sa convention en juillet sur le thème : « Un entrain pour la Vie : devenir partenaires avec la communauté d’une terre sacrée ».

Les 75 participantes à la Convention qui s’est déroulée près de San Francisco ont notamment rencontré de nombreux activistes environnementaux, particulièrement ceux issus des peuples indigènes, souvent en première ligne des menaces contre l’environnement.

Une forme de « colonisation » qui continue que dénonce notamment Sr Birgit Weiler, enseignante à Lima (Pérou) et qui travaille avec les Awajun et les Wampi, deux tribus amazoniennes qui luttent pour défendre leur terre contre l’industrie pétrolière.

Beata Tsosie-Pena, du Nouveau Mexique dénonce le « génocide culturel » qui s’en suit dans de telles pratiques : violence sociale, drogues, suicides. Sans oublier, pour sa tribu, les effets des essais atomiques dans la région sur la santé des populations locales. En suit un sentiment d’impuissance douloureux pour tous ces peuples humiliés sur leurs terres.

Un sentiment auquel les religieuses veulent répondre activement : par l’éducation des populations, pour qu’elles ne soient plus manipulées. Par le soutien des politiques de désinvestissement financier des industries des énergies fossiles. En développant des formes d’agriculture plus résilientes et autonomes. En favorisant aussi le maillage et les interactions entre actives, populations indigènes et résidents pour lutter contre les projets industriels délirants ou dangereux.

Et l’Eglise catholique doit faire sa part. Peut être aussi en revenant sur la partie sombre de son histoire, telle cette bulle papale de 1493, émise par le pape Alexandre, qui décrète que les « nations barbares » du Nouveau Monde soient soumises à l’Espagne. Il ne s’agit pas d’un détail puis le Cour suprême de justice des Etats Unis, en 2005, s’est appuyée sur la « doctrine de la découverte » que sous-tend ce document ancien pour nier la souveraineté de la nation indienne Oneida sur leurs terres ancestrales à New York.

DL

Source : art. de Mandy Erikson