APPEL – Notre Dame des Landes, priez pour nous

2018 ECOLOGIE Eglises ZAD.jpgLes amis du site « Notre Dame des Landes Bien commun » nous invitent à ne pas rester indifférent aux évènements en cours. Ils lancent un appel pour résister aux expulsions en cours qui ne respectent plus l’accord de départ.

Voici leur texte qui rappelle que l’encyclique Laudato si soutient les projets collectifs agricoles qui reposent une autre approche du bien commun.

Nous avions lancé en décembre 2016 un appel contre l’expulsion des agriculteurs à Notre Dame des Landes. Vous avez été plus d’un millier à soutenir cet appel. La lutte collective a permis d’éviter les expulsions. Et le projet d’aéroport a été enfin abandonné en février 2018.

Mais depuis lundi 9 avril 2018, nous renouvelons notre appel à lutter contre l’expulsion menée par l’État. Nous respectons la décision de rouvrir les routes et de garantir la liberté de circulation sur le territoire, et nous avions compris que les sites ayant élaboré un projet agricole ne seraient pas détruits. Au contraire, le site des « 100 noms » qui porte un réel projet collectif, qui avait déposé collectivement un projet, a été détruit ce lundi. Parce que ce n’était pas un projet « individuel » ! Et l’État annonce vouloir en détruire d’autres.

Nous demandons qu’un véritable dialogue soit mis en place, respectant le choix légitime de projets collectifs, qui sont d’ailleurs une tradition dans le milieu agricole. Comme l’écrit le Pape dans Laudato si : « On peut faciliter des formes de coopération ou d’organisation communautaire qui défendent les intérêts des petits producteurs et pré­servent les écosystèmes locaux de la déprédation. » (180).

 

DL

Pour infos

Le collectif Copain 44 explique :

: « Le site des Cent Noms, habité depuis plus de 5 ans, développe un projet agricole porté par un jeune agriculteur ingénieur agronome. Il est déjà déclaré porteur de projet à la chambre d’agriculture. Ce projet est réparti en deux volets autour de l’élevage ovin : un premier en brebis laitière avec transformation fromagère. Un bâtiment de 430 m² a déjà été construit (et aujourd’hui détruit). Un 2e projet associatif de production de brebis viande destiné à la formation pour la conduite de troupeaux, l’écopaturage, le sylvopastoralisme et la valorisation des pâturages humides. Le projet s’appuie sur des terres occupées depuis 5 ans et ont la potentialité de se développer avec des fermes mitoyennes à reprendre pour atteindre 45 hectares. L’ensemble de ce projet est pensé dans l’objectif de la mutualisation des moyens de production. Ce lieu était aussi un lieu de vie regroupant plusieurs habitants déclarés par trois fois auprès de la préfecture comme résidents à cet endroit. »

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INTERVENTION – L’eau de là, pour la vie d’ici.

2018 ECOLOGIE Forum mondial de l'eauDu 18 au 23 mars se déroule le Forum mondial de l’eau, un de ces grands raout internationaux, qui rassemble acteurs privés et politiques autour de cette thématique cruciale qu’est l’accès à l’eau potable.

A cette occasion, le Français Mgr Bruno-Marie Duffé, Secrétaire du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral et chef de la Délégation du Saint-Siège au Forum s’est fait le porte parole du pape François. Voici les principaux extraits de son intervention.

(Brasilia, 20 mars 2018)

(…) Un apport quantitativement et qualitativement inadéquat en eau représente une frontière entre la mort et la survie, ou encore entre la survie et plusieurs niveaux de bien-être. Il est donc besoin d’un engagement prioritaire de la part des gouvernants, des administrations locales, des investisseurs, des inventeurs, des bâtisseurs, afin que l’eau soit fournie de façon à garantir à tous une vie digne et un authentique développement humain intégral, non pas uniquement la survie. Hélas les statistiques nous rappellent combien de personnes souffrent la soif ou doivent s’approvisionner à des sources polluées ou dangereuses. En 2015, « 844 millions de personnes n’avaient toujours pas accès à des services élémentaires d’approvisionnement en eau de boisson »(1), « 2 milliards de personnes utilisent des points d’eau contaminés par des matières fécales » (2). C’est une honte pour l’humanité du XXIème siècle.

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PRIERE – Non mais « à l’eau » quoi ?

2017 ECOLOGIE Sécheresse GapJean-Baptiste me signale un appel intéressant de Mgr Xavier Malle, évêque de Gap-Embrun, à l’occasion de la sévère période de sécheresse que subit son département. Il a pris l’initiative d’un triduum de prières, du 8 au 10 décembre prochain, pour « demander la pluie ».

Un texte intéressant à découvrir (extraits) en ce temps d’Avent et d’attente que « vienne la rosée sur la terre ». intéressant de voir que le prélat fait bien le lien entre les souffrances de la nature et les comportements sociaux contemporains. L’encyclique Laudato si serait elle passée par là ?

« Notre département connaît depuis six mois une sécheresse terrible.

Conséquences pour nos frères et sœurs paysans. Conséquences pour la nature qui souffre. Conséquences le monde de l’économie du loisir du ski : moins de neige. Les barrages hydroélectriques sont historiquement bas, avec des risques de coupure d’électricité cet hiver. Les rivières sont basses, entraînant de grandes inquiétudes sur l’alimentation en eau potable de villes comme Gap, et des conflits importants, car l’eau devient une source de tensions. Conséquences sur des habitations suite à la sécheresse.

■Une prise de conscience nécessaire

De ce mal qu’est la sécheresse, nous pouvons souhaiter une prise de conscience. Il y a certes peut-être des raisons cycliques aux sécheresses, mais ne nous voilons pas la face, notre activité humaine a des conséquences importantes. Notre activité personnelle également.

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BOLIVIE – Des territoires indigènes menacés

Le président Evo Morales vient en effet de signer, à la mi aout, une loi autorisant la construction d’une autoroute et d’autres projets de développement au sein de territoires indigènes (TIPNIS) et du Parc national d’Isiboro. Mgr Eugenio Coter, évêque de Pando, dans la région amazonienne du pays, a commenté en soulignant que le « gouvernement n’écoute pas les gens, et particulièrement pas les populations indigènes. » Il faut dire que ces populations s’opposent à ces projets, mais le président « impose sa volonté aux gens de ce territoire », souligne celui qui est aussi coordinateur bolivien du réseau ecclésial pan-amazonien.
L’affaire est ancienne. En 2011 déjà, une marche de deux mois réalisée par les populations indigènes avait réussi à arrêter un premier projet d’autoroute entre Villa Tunari et San Ignacio de Moxos. Une mobilisation qui avait permis aux TIPNIS d’être placée par le président sous le niveau de protection le plus élevé du pays. Une décision annulée par la nouvelle loi.

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SOLIDARITE – Des buttes de permacultures ensemencées d’espérance

2017 Permaculture BateauLa communauté du Bateau Je Sers (Conflans Ste Honorine) offre depuis longtemps une large hospitalité. Notamment aux personnes en précarité. Depuis quelques mois, ce sont notamment des réfugiés tibétains qui se retrouvent sur place. Un vrai défi pour les aider à s’insérer dans la société française. Et si cela passait par un peu de permaculture ?

Depuis quelques semaines, à la suite de Robin, ancien service civique, Véronique a mis en place dans l’esprit des Colibris des jardins potagers en permaculture où ils peuvent cultiver leurs propres légumes. Au sein du jardin de la Maison 3 où sont accueillis certains réfugiés tibétains, une butte en permaculture a ainsi vu le jour, bénéficiant notamment de fumier de cheval du centre équestre voisin.

On voit que ces femmes sont d’origine paysanne, elles savent comment manier les outils et adorent s’occuper du jardin” , note Marie-Pierre, salariée à La Pierre-Blanche.Leur compost est également impeccable, plus que dans la maison des hommes où ils laissent leurs déchets de repas“, note Véronique.

D’autres initiatives positives ont été mises en place avec La Pierre-Blanche et les Tibétains : une art-thérapeute organise par exemple des ateliers de danse, de chant et d’arts plastiques avec eux. “Ils retrouvent le sourire et certains n’ont même plus besoin de soins médicaux avec ces sessions d’art-thérapie“.

Source : art. sur Consoglobe / 

Pauline Petit, le 18 Jun 2017, à 8 h 25 min

MOBILISATION – Allez Hop ! En avant

Après un long silence – pour cause de hors série en préparation- je reprends le cours des publications du blog… Beaucoup de choses en retard à raconter… merci d’avoir patienté !!

Mgr Thai HopLe blog E&E avait déjà raconté, il y a quelques mois, le scandale de la pollution marine de l’usine métallurgique Formosa au Vietnam. Malgré les discours rassurants des autorités, une pollution toxique de ce genre n’obéit pas à la volonté politique, fut elle communiste. D’autant que le gouvernement ne joue pas la transparence. Un évêque et quatre prêtres vietnamiens se sont mobilisés pour faire connaitre cette triste affaire.

Mgr Nguyen Thai Hop, du diocèse de Vinh (au nord du pays) et quatre de ses prêtres ont effectué mi-mai une « Marche pour la justice et les droits de l’homme », en passant par Oslo, Bonn, Bruxelles et Genève. Occasion, à chaque fois, de rencontrer les autorités politiques et les réseaux associatifs des pays traversés. Mgr Thai Hop s’est exprimé dans un entretien à Eglises d’Asie, le 22 mai

« Les pécheurs ne vont plus en mer car les poissons sont morts et, s’ils ont la chance d’en trouver, ils ne peuvent pas les vendre car personne n’achète de poisson provenant de ce secteur.  Tous sont donc condamnés au chômage. Beaucoup de bateaux sont laissés à l’abandon. N’ayant plus d’argent, les familles ne peuvent plus envoyer les enfants à l’école. Cette situation est terrible »

Les indemnisations promises ne sont toujours pas versées.

« À Ha Tinh, un secteur a déjà reçu une indemnisation, mais les fonctionnaires ont mal fait leur travail. Des personnes qui ne sont pas des victimes de la catastrophe ont perçu une indemnisation, tandis que des victimes n’ont pas été indemnisées. »

Combien de personnes sont touchées ? 200 000, selon le chiffre officiel ?

. « Il y en a au moins trois fois plus. Et si on ajoute toutes les victimes indirectes, ce sont deux millions de personnes qui sont concernées. Nous travaillons pour toutes les victimes, pas seulement pour les catholiques, et beaucoup de victimes ne figurent pas dans la liste officielle des personnes à indemniser. » « À Genève, on m’a indiqué que l’ONU avait proposé de coopérer avec Hanoï pour déterminer quelle méthode scientifique permettrait de dépolluer la côte du Vietnam. Mais le gouvernement a refusé. Une attitude irresponsable est incompréhensible. Nous ne demandons pas seulement une indemnisation juste, mais aussi la fermeture de l’usine Formosa à Ha Tinh, pour éviter la contamination de la mer, des rivières, des sols et sous-sols. Actuellement, l’usine fonctionne en rodage. Si elle se met à fonctionner à plein régime, que va-t-il se passer ? Comment pourra-t-on vivre dans ce secteur ? »

DL
Source : Eglise d’Asie, art. C. Lesegretain La Croix

 

 

POLITIQUE – Critères à terre

2017 Rey Frejus PolitiqueMgr Rey, évêque français du diocèse de Frejus-Toulon, vient de publier le 25 mars « quelques critères de discernement » pour préparer les élections politiques à venir au sein des communautés chrétiennes. Des critères largement inspirés par l’encyclique Laudato si… Extraits.

(…) La vision chrétienne de l’engagement politique repose sur la centralité de la personne humaine (dignité et transcendance, disait le pape à Strasbourg en 2014) et le sens du bien commun, conçu comme le « bien de tout homme et de tout l’homme. » A la veille des élections on cite souvent la Note doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la foi de 2002. Elle donne des critères pour l’engagement et le comportement des chrétiens dans la vie politique. On parle habituellement de “principes non-négociables”, nécessaires à la vie démocratique. Souvent présentés comme étant au nombre de trois (le droit à et la défense de la vie humaine, le mariage conçu comme l’union stable d’un homme et d’une femme, la liberté d’enseigner), on oublie qu’ils comprennent en réalité la totalité du bien commun. Leur liste est donc plus longue : « Il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage. On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse et le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que “les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus“. Enfin, comment ne pas voir dans ces exemples le grand thème de la paix. »

  • L’option préférentielle pour les pauvres

Les racines évangéliques de la Doctrine sociale indiquent une priorité politique : l’option préférentielle pour les pauvres. Elle est un élément clé de tout action politique chrétienne. Un chrétien en politique ne peut pas faire l’impasse des questions de pauvreté et de misère: SDF, chômeurs, migrants, population des pays en guerre et des pays pauvres, conditions de détention des prisonniers etc. Les expressions forgées par le pape François n’ont pas pu ne pas nous frapper : « Lutter contre la culture du déchet ou bien encore contre la mondialisation de l’indifférence. » Dans l’histoire, la France a toujours montré l’exemple de la solidarité et de la fraternité. Face aux nouveaux enjeux de pauvreté auxquels l’humanité fait face dans sa dimension planétaire, et compte tenu de la fluidité de l’information, les Français sont invité à une nouvelle « fraternité hors les murs », sans craindre de s’appauvrir.

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