POLITIQUE – Mais si c’est possible

2017 CMR Chemins de possiblesA côté des « tribunes » médiatiques, il y aussi d’autres prises de paroles qui valent la peine d’être entendues ces jours-ci. Le travail des Chrétiens dans le monde rural mérite d’être souligné.

Le mouvement a, de fait, invité ses membres à prendre la parole, via un réseau de près d’un millier d’entre-eux, répartis sur tout le territoire de la France rurale qui ont animé des temps d’échanges qui « ont permis de repérer les fragilités et failles parfois profondes du monde rural mais aussi des signes d’espoir et de progrès sur lesquels s’appuyer pour restaurer le sentiment d’appartenance, de justice et de solidarité, seul rempart véritable contre la montée du rejet de l’autre et de l’extrémisme… »

Un document de travail a accompagné la mobilisatoin

Voici leurs constats :

 Nous constatons des situations d’abandon et d’injustice

Les désertifications d’entreprises et de services provoquent un réel sentiment d’abandon dans le rural. Les habitants font face à la disparition des services publics et de proximité : fermeture ou éloignement de centres de soins, de maisons de retraite, d’écoles, de bureaux de poste et de nombreux services administratifs. Des villages sont réduits à des cités dortoirs. L’isolement est renforcé par le manque de mobilité dû à de nombreuses suppressions de transports collectifs. En conséquence, un certain sentiment d’insécurité s’installe.

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POLITIQUE – Au-delà des clivages

2017 Le MOndeDans ces temps électoralistes, la question écologique travaille quand même (un peu) notre corps social et ecclésial. Dernier exemple, une tribune publiée dans le journal Le Monde il y a quelques jours par trois jeunes doctorants cathos appelant à voter … pour Jean-Luc Mélenchon.

Victor Elie (élève en philosophie à l’Ecole normale supérieure et en histoire à l’École pratique des hautes études), Anne Guillard (doctorante à SciencesPo et à l’université de Genève), Pierre-Louis Choquet (doctorant à l’université d’Oxford) ont publié cette tribune en précisant par ailleurs que si ce texte  « ‘préfère’ (clairement) certains candidats à d’autres, l’objectif de ce texte est avant tout d’ouvrir le débat – et de rappeler que face aux défis de notre siècle, il est temps que nous nous retroussions les manches pour construire un monde plus juste, en faisant preuve d’audace et de créativité ! »

En voici quelques extraits :

(…)  Nous,  une  poignée  de  jeunes  catholiques,  refusons  de  laisser  à  la  droite  le  monopole  des  «valeurs chrétiennes ». Nous pensons qu’il est urgent de défendre la légitimité d’un vote radical,  qui  réponde  aux exigences  auxquelles  nous  appellent  l’humanisme évangélique et les interpellations fréquentes du pape François : combattre le délitement des liens sociaux accéléré par la montée des inégalités économiques, se saisir résolument de la question écologique et repenser en profondeur notre manière de participer à la vie démocratique et citoyenne. (…). Ce temps de campagne électorale devrait d’abord être l’occasion d’imaginer les contours d’un monde sorti de la spirale de l’accélération : ce n’est qu’en nous déliant davantage du capitalisme que nous pourrons nous risquer toujours plus à la rencontre et à l’hospitalité.

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POLITIQUE – Critères à terre

2017 Rey Frejus PolitiqueMgr Rey, évêque français du diocèse de Frejus-Toulon, vient de publier le 25 mars « quelques critères de discernement » pour préparer les élections politiques à venir au sein des communautés chrétiennes. Des critères largement inspirés par l’encyclique Laudato si… Extraits.

(…) La vision chrétienne de l’engagement politique repose sur la centralité de la personne humaine (dignité et transcendance, disait le pape à Strasbourg en 2014) et le sens du bien commun, conçu comme le « bien de tout homme et de tout l’homme. » A la veille des élections on cite souvent la Note doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la foi de 2002. Elle donne des critères pour l’engagement et le comportement des chrétiens dans la vie politique. On parle habituellement de “principes non-négociables”, nécessaires à la vie démocratique. Souvent présentés comme étant au nombre de trois (le droit à et la défense de la vie humaine, le mariage conçu comme l’union stable d’un homme et d’une femme, la liberté d’enseigner), on oublie qu’ils comprennent en réalité la totalité du bien commun. Leur liste est donc plus longue : « Il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage. On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse et le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que “les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus“. Enfin, comment ne pas voir dans ces exemples le grand thème de la paix. »

  • L’option préférentielle pour les pauvres

Les racines évangéliques de la Doctrine sociale indiquent une priorité politique : l’option préférentielle pour les pauvres. Elle est un élément clé de tout action politique chrétienne. Un chrétien en politique ne peut pas faire l’impasse des questions de pauvreté et de misère: SDF, chômeurs, migrants, population des pays en guerre et des pays pauvres, conditions de détention des prisonniers etc. Les expressions forgées par le pape François n’ont pas pu ne pas nous frapper : « Lutter contre la culture du déchet ou bien encore contre la mondialisation de l’indifférence. » Dans l’histoire, la France a toujours montré l’exemple de la solidarité et de la fraternité. Face aux nouveaux enjeux de pauvreté auxquels l’humanité fait face dans sa dimension planétaire, et compte tenu de la fluidité de l’information, les Français sont invité à une nouvelle « fraternité hors les murs », sans craindre de s’appauvrir.

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AGRICULTURE – Propos de salon

2017-337497_salon-international-de-l-agricultureIl y a un an, une quinzaine de d’évêques de France étaient venus arpenter les allées du salon de l’Agriculture à Paris. Cette année, c’est le conseil permanent de l’épiscopat qui poursuit la réflexion, à travers un communiqué récent. C’est déjà ça…

Un beau texte assurément. Mais la volonté du dialogue que prônent nos évêques mériterait désormais des décisions fortes pour incarner leur propos.
Peut on encore écrire un tel texte sans nommer clairement les scandales grandissants qui tétanisent le monde agricole ? Accaparement du foncier, disparition des petites structures, contamination généralisée aux pesticides, appauvrissement des sols, surendettement des agriculteurs, dérives génétiques des OGM, marchandisation du vivant et surexploitation des espèces animales et végétales etc. On peut dire cela sans condamner les agriculteurs qui sont, le plus souvent, victimes d’une logique dominante et d’une monoculture intellectuelle. On peut aussi croire que toutes les initiatives en cours actuellement dans les fermes préparent déjà un nouveau modèle à soutenir. Si nous ne le nommons pas ce modèle, comment prétendre être en soutien ? « Regarder » et « s’interroger » peut il suffire dans ce monde en crise ?
Voici le texte des évêques de France
DÉCLARATION DU CONSEIL PERMANENT : FACE À LA CRISE AGRICOLE : OSER REGARDER AUTREMENT ET S’INTERROGER ENSEMBLE

Voici un an, au nom de tous les évêques de France, quinze d’entre eux s’étaient rendus au salon international de l’agriculture pour y partager les inquiétudes du monde agricole, en particulier des éleveurs. Le salon international de l’agriculture est une occasion offerte à tous de mieux connaître les réalités du monde agricole mais aussi les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs dans notre pays. C’est pourquoi, cette année encore, nous voulons exprimer notre attention, notre proximité et notre soutien aux agriculteurs en difficulté.

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CLIMAT – Des évêques américains aux aguets

2017-eveques-americain-rex-tillersonUne lettre. Les évêques nord-américains viennent d’écrire une lettre au nouveau secrétaire d’Etat Rex Tillerson. Et aussi président directeur général d’Exxon Mobil.

Le texte de la lettre (en anglais) est à lire ci dessous. Après avoir rappelé le lien fort du monde chrétien à l’environnement, issu de l’héritage judéo-chrétien, les évêques – en l’occurence Mgr Cantu et Dewane-  évoquent aussi la mobilisation forte sur ce sujet demandée par le pape François. Et aussi son engagement fort dans la lutte contre le dérèglement climatique en cours.

Du coup, les évêques demandent au Secrétaire d’Etat de soutenir le Green Climate Fund (GCF), qui, par des aides financières, encouragent des pays en voie de développement pour s’adapter et résister aux effets des changements climatiques. Ils demandent aussi de mettre en oeuvre « une révolution énergétique » urgente, en développant les énergies renouvelables au sein du pays, tout en respectant les engagements signés lors de la COP21 à Paris.

February 17, 2017
The Honorable Rex Tillerson /Secretary of State / U.S. Department of State
2201 C Street, NW / Washington, DC 20520
Dear Secretary Tillerson,
It is our prayer that you may be blessed with wisdom as you begin your term of office asSecretary of State. Today, we write about our shared obligation to care for the environment. The Judeo-Christian tradition has always understood “the environment” to be a gift from God. From time immemorial, the people of our nation have recognized this gift in our abundant and beautiful lands, pristine waters and clear skies.

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ALIMENTATION – Dis moi ce que tu manges, …

Et voici une série d’informations de 2016 autour des questions de l’alimentation

r2gis-charrePourquoi nos assiettes sont-elles devenues un sujet politique ? Peut être parce que notre rapport à la nourriture en dit long de notre envie à vivre ensemble. Récemment, le P. Régis Charre, prêtre aux Minguettes, a proposé le développement de menus sans viandes dans les cantines scolaires.

« Si 100% des parents veulent que leur enfant mange de la viande tous les jours, du lundi au vendredi, personne n’aura rien à redire. Mais nous voudrions que les parents, quelque soit leur obédience religieuse ou leur sensibilité écologique, puissent choisir. »

C’est parce qu’il fait parti de la commission « Laïcité et vivre ensemble » que le P. Régis Charre s’exprime sur ce sujet sensible, précisant  que « proposer un menu sans viande n’est pas nécessairement faire rentrer la religion dans la cantine municipale ».

« Le pape François a sorti une encyclique, le Laudato Si, qui concerne l’écologie intégrale. Elle comprend l’écologie environnementale et l’écologie des plus pauvres, car il dit que tout est lié. En France, nous avions plutôt tendance à opposer les deux. Les partis écologistes s’opposaient aux partis qui défendaient la classe ouvrière et inversement. Aujourd’hui, nous prenons en compte les deux et revoyons un certain nombre de questions concrètes de la vie quotidienne » explique Régis Charre.

Selon lui, il faudrait dans tous les cas manger moins de viande dans les années avenir pour assurer un équilibre. Une nécessité qui demande aussi de la pédagogie puisque, pour l’heure, les menus « sans viandes » attirent beaucoup moins d’enfants et de parents. La question ici n’est donc pas polémique et n’est pas un faux-né de la question de l’alimentation kasher ou hallal.

« Dès que quelqu’un demande à prendre en compte les enfants musulmans, on dit qu’il veut faire entrer la religion dans la municipalité. Les bannières se lèvent et on dit tout de suite non. Je pense qu’au contraire, proposer des menus avec ou sans viande tous les jours, comme c’est le cas à Lyon où à Décines, respecte la laïcité ».

Source : article de  Mathilde Régis dans Lyon capitale/ Publié le 28/09/2016

AGRICULTURE – Fermiers sur la paille

En avril dernier, la Conférence des évêques d’Asie (CCA) a exprimé son désaccord avec la manière dont les fermiers philippins du Mindanao ont été brutalisés par la police. Celle-ci tentait de réprimer le mouvement lancé par l’Eglise méthodiste unie pour protéger près de 6000 paysans et responsables tribaux.

Une répression très violente puisqu’on a compté déjà trois morts et des centaines de blessés, après que la police ait ouvert le feu contre des paysans qui appelaient au dialogue avec les autorités gouvernementales. En jeu ? 15 000 sacs de riz qui leurs étaient promis en réponse aux urgences nées de la sécheresse qui a touché cette région.

Par ailleurs, cette même conférence des évêques d’Asie a aussi organisé, en décembre dernier, en lien avec l’Eglise du Christ en Thaïlande et le Forum chrétien coréen pour une agriculture vivante (KLGAF) une rencontre autour du thème « Ecojustice : en route vers un développement durable et la sécurité alimentaire en Asie ». Une soixantaine de participants -théologiens, laïcs engagés, militants, représentants des Eglises, se sont retrouvés à Chiang Mai (Thaïlande) du 29 novembre au 2 décembre.

eco-justice-2016

Extraits

« L’écojustice ne concerne pas seulement l’écologie ou l’environnement. C’est, en fait, un facteur crucial lié aux problèmes de faim, de pauvreté, de durabilité des ressources naturelles, de production d’énergie et de son usage approprié, de développement économique, de distributions équitables des biens, de l’effacement de la dette, du commerce équitable et de la sécurité environnemental » – Tomoko Arakawa, directeur de l’Institut rural asiatique (ARI) au Japon.

« Dieu appelle l’Eglise à être le facteur rédempteur pour soutenir sa Création. C’est un appel à tous les pays développés en Asie pour prioritiser la sécurité alimentaire sur le commerce. » Dr Abram J. Bicksler, directeur de ECHO Asia impact Center

DL