SOCIAL – Bombe démographique ou explosion d’injustices ?

2017 ECOLOGIE Projets DémographieDans les enjeux écologiques contemporains, la question de la démographie mondiale revient souvent comme un enjeu crucial. Tout particulièrement en termes de maitrise de la fécondité des populations qui croissent le plus vite. Pourtant, derrière cette peur se cache surtout un enjeu de justice, comme le rappelle Jean Merckaert dans l’édito qui ouvre le dernier numéro de la revue Projet.

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Quand l’écologie touche à l’intime

Jean Merckaert / 20 juillet 2017

Laudato si’, l’encyclique écologique et sociale du pape François, a été encensée bien au-delà du monde catholique. Mais les thuriféraires du texte papal ne sont pas unanimes. En cause, cette affirmation reprise à son compte par le pape argentin : « La croissance démographique est pleinement compatible avec un développement intégral et solidaire ». Or les 7,5 milliards d’humains consomment déjà bien plus que ce que la planète ne peut leur donner durablement (cf. S. Paillard). Et ils pourraient être près de 17 milliards en 2100, selon l’Onu. En balayant d’un revers de main la question de la natalité dans un monde fini, l’Église serait-elle irresponsable (cf. B. Holzer et Justice&Paix) ? La question est sensible (cf. P. Samangassou). Et pas que pour les chrétiens (cf. H. Boncana). Combien d’humains peuvent vivre dignement sur cette planète sans détruire les écosystèmes et compromettre les conditions de vie des générations à venir ?

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POLITIQUE – Au-delà des clivages

2017 Le MOndeDans ces temps électoralistes, la question écologique travaille quand même (un peu) notre corps social et ecclésial. Dernier exemple, une tribune publiée dans le journal Le Monde il y a quelques jours par trois jeunes doctorants cathos appelant à voter … pour Jean-Luc Mélenchon.

Victor Elie (élève en philosophie à l’Ecole normale supérieure et en histoire à l’École pratique des hautes études), Anne Guillard (doctorante à SciencesPo et à l’université de Genève), Pierre-Louis Choquet (doctorant à l’université d’Oxford) ont publié cette tribune en précisant par ailleurs que si ce texte  « ‘préfère’ (clairement) certains candidats à d’autres, l’objectif de ce texte est avant tout d’ouvrir le débat – et de rappeler que face aux défis de notre siècle, il est temps que nous nous retroussions les manches pour construire un monde plus juste, en faisant preuve d’audace et de créativité ! »

En voici quelques extraits :

(…)  Nous,  une  poignée  de  jeunes  catholiques,  refusons  de  laisser  à  la  droite  le  monopole  des  «valeurs chrétiennes ». Nous pensons qu’il est urgent de défendre la légitimité d’un vote radical,  qui  réponde  aux exigences  auxquelles  nous  appellent  l’humanisme évangélique et les interpellations fréquentes du pape François : combattre le délitement des liens sociaux accéléré par la montée des inégalités économiques, se saisir résolument de la question écologique et repenser en profondeur notre manière de participer à la vie démocratique et citoyenne. (…). Ce temps de campagne électorale devrait d’abord être l’occasion d’imaginer les contours d’un monde sorti de la spirale de l’accélération : ce n’est qu’en nous déliant davantage du capitalisme que nous pourrons nous risquer toujours plus à la rencontre et à l’hospitalité.

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LECTURE – A cheval sur l’équité

2017-projet-fev-2017La revue Projet publie son numéro 356, sur le thème de « Inégalités, un défi écologique ? » De très bonnes lectures en perspective pour creuser ces liens incontournables de l’écologie intégrale.

Pour faire entrer dans le sujet, voici l’édito de Jean Merckaert, le rédacteur en chef de la revue jésuite.

En 2015, la fortune cumulée de 62 personnes équivaut à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité, selon Oxfam ! Même si la méthode de calcul peut toujours être débattue, le chiffre reflète une réalité insupportable. Si les inégalités entre pays ont reculé au cours des dernières décennies (Afrique subsaharienne mise à part), celles entre individus ont explosé – et plus encore en termes de patrimoine que de revenus. Dans des proportions certes variables selon les pays – la France se situant quelque part entre le Danemark et les États-Unis – elles ont atteint une telle ampleur que même le Fonds monétaire international, longtemps le héraut du néolibéralisme, s’en inquiète. Mais pas nécessairement pour les bonnes raisons : comme si de leurs incidences sur la croissance pouvait dépendre notre tolérance aux inégalités  !

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ECOLOGIE – Mise en terre durable

credit%3drespectgreenburialparks%2clincolnshireOn trouve de tout sur le site du Huffingtonpost. Même un article (anglais à l’origine) sur les « funérailles écologiques ». Une réalité que le blog E&E avait déjà présenté, et qui continue de se répandre, notamment en Grande-Bretagne.

Extraits de l’article

 Il existe aujourd’hui plus de 270 lieux de sépulture naturels au Royaume-Uni. Un choix de plus en plus populaire depuis l’ouverture du premier, en 1993. En quoi consistent au juste ces obsèques écologiques? La façon dont on prépare le corps, depuis les produits utilisés jusqu’à l’endroit où a lieu la mise en terre, se traduit par un processus global plus respectueux de l’environnement. Le premier choix concerne le type de funérailles (enterrement ou crémation). Il est désormais possible d’être incinéré dans un cercueil en carton, moins énergivore. Green Endings propose une gamme d’urnes fabriquées avec des matériaux durables, comme le roseau, le verre ou la céramique.

Pour le profane, les sites de funérailles écologiques ressemblent à n’importe quelle campagne vallonnée. Ils se fondent si bien dans le paysage qu’on peut les transformer, une fois pleins, en réserves naturelles. « Il émane de ces lieux magnifiques quelque chose de très positif et de réconfortant dans un moment tragique. Ils rendent aussi la zone non constructible et, s’ils sont bien gérés, contribuent à la préservation de la faune et de la flore », explique Rosie Inman-Cook, gérante du Natural Death Centre Charity. (…)

« Il a fallu des années pour faire comprendre aux gens que les enterrements en pleine nature n’étaient pas réservés aux païens ou aux écolos fanatiques, et qu’ils n’étaient pas forcément synonymes de cercueils en carton », ajoute-t-elle.Parce qu’ils ne se conforment pas aux traditions, les adieux écolo alimentent encore les fantasmes, mais les choses évoluent dans le bon sens, « notamment parce que ces enterrements en pleine nature existent depuis 25 ans au Royaume-Uni, et parce que de plus en plus de gens y ont assisté aux funérailles de personnes ‘normales’. On pourrait même dire que c’est entré dans les mœurs. Et, bien que l’on associe ce choix à une démarche athéiste, la plupart de nos filiales indiquent que les Catholiques comptent pour environ 60% des mises en terre. »

Source : Art. Susan Devaney, Huffingtonpost 12/01/2017

http://www.naturaldeath.org.ukhttp://www.greenendings.co.uk/coffinsandurns.htm

OGM – Vers la fin des « haricots » transgéniques ?

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Extrait d’un article récent du PELERIN sur les semences…

Le dossier des Organismes génétiquement modifiés mérite toute notre attention. Mais sa complexité scientifique, les enjeux économiques et les collusions avec les choix politique en font un domaine ardu. Le document préparé par les Chrétiens en monde rural et publié en aout dernier est d’autant plus précieux.

Ce document fait le point sur le dossier des semences, de la biodiversité, du brevetage des espèces et des OGM

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Occasion aussi d’évoquer une évolution intéressante à suivre aux Etats-Unis. Un certain nombre d’agriculteurs américains se demandent s’ils ont toujours intérêt à cultiver des OGM : avec la baisse des prix céréaliers, les OGM coûtent jusqu’à deux fois plus cher à planter que des semences classiques.

 « Les agriculteurs dépensent quatre fois plus pour l’achat de leurs semences de maïs qu’ils ne le faisaient il y a vingt ans, quand Monsanto a commercialisé ses premiers OGM ». avec un « retour sur investissement n’est pas au rendez-vous », déplore Joe Logan, un fermier américain cité par le Wall Street Journal.

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ECOLOGIE – Théologiens en herbe

Un peu de lecture pour la fin de semaine ? Deux articles de théologie, publiés coup sur coup, proposent une réflexion sur l’écologie.

D’abord un article de l’ami jésuite Sébastien, sur l’étonnante conversion à laquelle nous sommes invités (dans Christus).

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Et dans la Revue d’Ethique et de théologie morale (n° 289), le psychologue Mathieu Blesson tente une analyse de l’encyclique du pape en écho à l’analyse de Lynn White en 1967.

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