ETHIQUE – Qui veut la peau de Roger Rabbit ?

3516Il est peut être encore temps de s’inscrire pour les prochaines « summerclass » de Centre d’éthique animale d’Oxford ? Cette 4e session du genre abordera la question de l’éthique … de la fourrure animale. Une première mondiale, semble-t-il.

Du 23 au 26 juillet prochain, en effet, à la maison Saint-Etienne de l’université anglicane de théologie d’Oxford (GB), cette session rassemblera des universitaires du monde entier pour débattre de ce sujet nouveau et ancien à la fois (et à la foi). Parmi les contributions scientifiques annoncées, on peut déjà citer Dr Natalie Thomas, sur la chasse aux phoques au Canada (University of Guelph-Humber) ; Laura Donnellan, qui évoquera les réglements s’appliquant aux fourrures de chats et de chiens (University of Limerick) ; Pei F. Su and Yuan-Chih, Lung, aborderont l’industrie chinoise de la fourrure (ACTAsia, and Tsinghua University) et Kumud Kant Awasthi, la question de l’élevage d’animaux à fourrure en Inde (National Institute of Animal Welfare, India) ; et bien d’autres.

Des philosophes, des théologiens, des moralistes donc de plus de 12 pays aborderont les questions éthiques liées à cette activité, souvent destinée à la mode, et qui produit des millions d’euros de bénéfices chaque année sur le dos (!) de 60 millions d’animaux à fourrure tués chaque année.

Cette université d’été est organisée par le Centre pour l’éthique animale d’Oxford en partenariat avec le Respect for Animals Educational Trust.

Plus d’infos (en anglais)  ici.

DL

 

POLITIQUE – Mais si c’est possible

2017 CMR Chemins de possiblesA côté des « tribunes » médiatiques, il y aussi d’autres prises de paroles qui valent la peine d’être entendues ces jours-ci. Le travail des Chrétiens dans le monde rural mérite d’être souligné.

Le mouvement a, de fait, invité ses membres à prendre la parole, via un réseau de près d’un millier d’entre-eux, répartis sur tout le territoire de la France rurale qui ont animé des temps d’échanges qui « ont permis de repérer les fragilités et failles parfois profondes du monde rural mais aussi des signes d’espoir et de progrès sur lesquels s’appuyer pour restaurer le sentiment d’appartenance, de justice et de solidarité, seul rempart véritable contre la montée du rejet de l’autre et de l’extrémisme… »

Un document de travail a accompagné la mobilisatoin

Voici leurs constats :

 Nous constatons des situations d’abandon et d’injustice

Les désertifications d’entreprises et de services provoquent un réel sentiment d’abandon dans le rural. Les habitants font face à la disparition des services publics et de proximité : fermeture ou éloignement de centres de soins, de maisons de retraite, d’écoles, de bureaux de poste et de nombreux services administratifs. Des villages sont réduits à des cités dortoirs. L’isolement est renforcé par le manque de mobilité dû à de nombreuses suppressions de transports collectifs. En conséquence, un certain sentiment d’insécurité s’installe.

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POLITIQUE – Au-delà des clivages

2017 Le MOndeDans ces temps électoralistes, la question écologique travaille quand même (un peu) notre corps social et ecclésial. Dernier exemple, une tribune publiée dans le journal Le Monde il y a quelques jours par trois jeunes doctorants cathos appelant à voter … pour Jean-Luc Mélenchon.

Victor Elie (élève en philosophie à l’Ecole normale supérieure et en histoire à l’École pratique des hautes études), Anne Guillard (doctorante à SciencesPo et à l’université de Genève), Pierre-Louis Choquet (doctorant à l’université d’Oxford) ont publié cette tribune en précisant par ailleurs que si ce texte  « ‘préfère’ (clairement) certains candidats à d’autres, l’objectif de ce texte est avant tout d’ouvrir le débat – et de rappeler que face aux défis de notre siècle, il est temps que nous nous retroussions les manches pour construire un monde plus juste, en faisant preuve d’audace et de créativité ! »

En voici quelques extraits :

(…)  Nous,  une  poignée  de  jeunes  catholiques,  refusons  de  laisser  à  la  droite  le  monopole  des  «valeurs chrétiennes ». Nous pensons qu’il est urgent de défendre la légitimité d’un vote radical,  qui  réponde  aux exigences  auxquelles  nous  appellent  l’humanisme évangélique et les interpellations fréquentes du pape François : combattre le délitement des liens sociaux accéléré par la montée des inégalités économiques, se saisir résolument de la question écologique et repenser en profondeur notre manière de participer à la vie démocratique et citoyenne. (…). Ce temps de campagne électorale devrait d’abord être l’occasion d’imaginer les contours d’un monde sorti de la spirale de l’accélération : ce n’est qu’en nous déliant davantage du capitalisme que nous pourrons nous risquer toujours plus à la rencontre et à l’hospitalité.

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DOCUMENT – Du neuf dans de l’ancien ?

2017 LIvre CEF 2017

ça y est. Il est sorti ? Qui ? Le dernier opuscule de réflexion des évêques catholiques de France sur l’engagement social de nos communautés, et qui fait directement écho aux appels de l’encyclique Laudato si du pape François.

Ce texte, en fait, prend la suite d’un autre, écrit il y a … 35 ans, en 1982. La déclaration de l’époque « Pour de nouveaux modes de vie », avait été écrite dans un contexte de crise économique, de forte croissance du chômage, de la précarité et de la misère. La crise écologique n’y était pas encore très clairement évoquée mais elle se profilait déjà à l’horizon. Désormais avec la demande du pape François, les appels au changements urgents de nos modes de vie personnels et collectifs se font plus pressants.
« Le choix a été fait dans ce texte de s’adresser à l’ensemble des Français pour les interpeller sur leurs choix et leurs engagements. Ce texte n’est pas une analyse exhaustive des problèmes de notre société ou un programme politique. Son but est d’aider chacun à exercer son discernement dans une situation qui exige à la fois un regard lucide sur le monde et une volonté d’agir pour le bien commun. »
Un texte intéressant donc, attentif à dialoguer avec tous, sans diaboliser personne autour de sept thématiques. Il s’agit de penser les moyens de « mieux vivre le temps », « mieux consommer », « mieux utiliser l’argent », « mieux produire », « mieux habiter l’espace », « mieux répondre aux besoins sociaux », ‘mieux accueillir les migrants ». Et chaque chapitre fait un certain nombre de rappels nécessaires sur des avancées ou des résistances actuelles dans la société politique et civile françaises. Avec un appel final à participer activement au renouvellement des structures démocratiques en France.
Un document donc stimulant et qui pourra aider beaucoup de communautés à continuer à rester mobilisées, deux ans après Laudato si.
Mais.
Car, il y un mais, si le document assume un style qui veut être proche de celui du pape François, il manque quand même singulièrement de souffle.

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RENDEZ-VOUS – Et après la COP21, elles font quoi les Eglises, hein ?

L’ami Martin Kopp est de retour sur Paris. Une belle voix chrétienne sur les débats en cours autour des urgences climatiques. C’est le 26 avril prochain à la paroisse St Roch.

Alors que le réchauffement n’en finit pas, nul ne peut l’ignorer après la COP 21, que font les Eglises ? Si l’on ne monte plus guère en chaire, les homélies restent un lieu privilégié pour l’écoute et l’absoute. De fait, elles ne laissent que bien peu de place au respect et à l’amour de la Création. Mais, si l’on va au fond des choses, dans leur profonde réalité, comment agissent et réagissent les chrétiens ? Pour le commenter, Martin Kopp est un grand témoin.
A peine trentenaire, fils de pasteur, doctorant à la faculté de théologie de Strasbourg, il a été chargé par la Fédération Luthérienne du plaidoyer pour la justice climatique.
A ce titre, il participe à de nombreuses réunions oecuméniques. Il était présent aux plus récentes COP. Il saura dire si et comment les chrétiens se mettent enfin en ordre de marche après avoir reçu leur feuille de route et nonobstant les péripéties électorales.
Npn seulement gardiens mais garants de la Création, à la suite du Christ, ils ne peuvent se dérober aux rendez-vous de l’Histoire, alors que l’humanité est aujourd’hui en cause, pleinement et tout entière.

 

NUCLEAIRE – Désarmer les fausses paix

2017 PAX Nucléaire climat islande« Une éthique et un droit basé sur la menace d’une destruction réciproque – et potentiellement de toute l’humanité – sont contraires à l’esprit même des Nations unies. (…)« La paix et la stabilité internationale ne peuvent être fondées sur un faux-sens de la sécurité, sur la menace d’une destruction réciproque d’un anéantissement total, sur le simple maintien d’un équilibre des puissances »

Extrait du message du pape François envoyé le 29 mars à la conférence des Nations unies en cours à New York pour négocier un traité interdisant les armes nucléaires. Le message a été lu par Mgr Camilleri, sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États.

La paix et la stabilité internationale ne peut pas être basée sur un faux sentiment de sécurité, basé sur la menace de destruction mutuelle ou d’annihilation totale ou d’un simple maintient d’un équilibre de puissance. La paix se construit sur la justice, le développement humain intégral, le respect des droits fondamentaux humains, sur la protection de la Création, sur la participation de tous dans la vie publique, sur la confiance entre les peuples, sur le soutien des institutions pacifiques, sur l’accès à l’éducation et aux soins, sur le dialogue et le solidarité. De ce point de vue, nous devons aller au-delà de la menace nucléaire. (…) Le but ultime de l’élimination totale des armes nucléaires devient ainsi à la fois un défi et un impératif moral et humanitaire. (…) Accomplir un tel monde sans armes nucléaires implique un processus à long terme basé sur la conscience que « tout est lié » (LS § 117, 138)

DL