POLITIQUE – Au-delà des clivages

2017 Le MOndeDans ces temps électoralistes, la question écologique travaille quand même (un peu) notre corps social et ecclésial. Dernier exemple, une tribune publiée dans le journal Le Monde il y a quelques jours par trois jeunes doctorants cathos appelant à voter … pour Jean-Luc Mélenchon.

Victor Elie (élève en philosophie à l’Ecole normale supérieure et en histoire à l’École pratique des hautes études), Anne Guillard (doctorante à SciencesPo et à l’université de Genève), Pierre-Louis Choquet (doctorant à l’université d’Oxford) ont publié cette tribune en précisant par ailleurs que si ce texte  « ‘préfère’ (clairement) certains candidats à d’autres, l’objectif de ce texte est avant tout d’ouvrir le débat – et de rappeler que face aux défis de notre siècle, il est temps que nous nous retroussions les manches pour construire un monde plus juste, en faisant preuve d’audace et de créativité ! »

En voici quelques extraits :

(…)  Nous,  une  poignée  de  jeunes  catholiques,  refusons  de  laisser  à  la  droite  le  monopole  des  «valeurs chrétiennes ». Nous pensons qu’il est urgent de défendre la légitimité d’un vote radical,  qui  réponde  aux exigences  auxquelles  nous  appellent  l’humanisme évangélique et les interpellations fréquentes du pape François : combattre le délitement des liens sociaux accéléré par la montée des inégalités économiques, se saisir résolument de la question écologique et repenser en profondeur notre manière de participer à la vie démocratique et citoyenne. (…). Ce temps de campagne électorale devrait d’abord être l’occasion d’imaginer les contours d’un monde sorti de la spirale de l’accélération : ce n’est qu’en nous déliant davantage du capitalisme que nous pourrons nous risquer toujours plus à la rencontre et à l’hospitalité.

Construction d’une société plus inclusive

En  publiant  sa  lettre  encyclique Laudato  si’il  y  a  deux  ans  à  peine,  le  pape  François  appelait  tous  les hommes  et  femmes  de  bonne  volonté,  et  en  particulier  les  chrétiens,  à  se  rassembler  pour  œuvrer collectivement  à  la  construction d’une société plus inclusive, capable de réinventer son inscription dans des écosystèmes fragiles. Il a réitéré cet appel en février dernier, dans une lettre adressée aux représentants des  mouvements  sociaux  de  Californie,  dans  laquelle  il  a  énergiquement  rappelé : « Ne tombons pas dans le déni.  Le  temps  nous  est  compté.  Agissons. » En  novembre 2016,  la  Conférence  des  évêques  catholiques  du Japon a, cinq ans après la catastrophe de Fukushima -Daiichi, publié un long document appelant « tous les citoyens de la Terre » à œuvrer pour  « l’abolition du nucléaire civil ». Cette exhortation prophétique entre en écho avec d’autres vibrants appels, qu’il s’agisse de l’indispensable sortie des énergies fossiles ou de l’abandon du productivisme agricole – autant de défis qu’adresse avec sérieux le programme de Jean-Luc Mélenchon. Impossible, en effet, de relever ces défis sans lancer un plan d’investissement massif, comparable aux efforts de reconstruction consentis au lendemain de la seconde guerre mondiale… et sans apprendre  à réinventer nos styles de vie – afin qu’ils se montrent plus riches en résonances évangéliques.

L’audace de renverser la table

L’urgence écologique nous convoque à repenser en profondeur notre modèle économique et social, et à avoir l’audace de renverser la table. Or, si les candidats de l’extrême droite, de la droite et du centre se réclament tous, chacun à leur manière, d’incarner une rupture avec le « système »,  leurs  programmes  se révèlent peu ambitieux à l’analyse, lorsqu’ils ne sont pas tristement  régressifs. (…)

Le défi de la transition écologique nous demande de réveiller notre imagination politique et de retrouver notre pouvoir de décision. Cela passe concrètement par la création de lieux où peuvent s’élaborer nos significations  communes  (votations,  conseils  citoyens,  budget  participatif)  qui  répondent à notre  besoin profond de se réapproprier l’action politique à notre échelle. A cet égard, l’arrivée des réfugiés constitue un événement qui doit interpeller les chrétiens dans leur pratique de l’hospitalité biblique et de la fraternité républicaine. Si nous y prêtons attention et que nous nous efforçons de tisser des relations de proximité et d’entraide,  alors  nous  pourrons  faire  voir  les  visages  et  les  histoires  des  réfugiés  comme  autant d’échappatoires à l’impasse du débat identitaire, qui agite les candidats de droite et d’extrême droite. (…)  Le bien commun est là, à construire, il gît devant nos yeux et nous  ne  le  voyons  pas :  la  promesse  du  libre  développement  de  chacun  dans  une  Terre  habitable  pour tous. La  résilience  de  nos  écosystèmes  dépend  de  notre  capacité  collective  à  opérer  dès  aujourd’hui  une transformation radicale de nos modes de production. Or force est de constater que, selon les projections, la plupart des électeurs catholiques s’apprêtent à diriger leurs voix vers des candidats qui persistent à se cramponner à un  « réalisme économique » incapable de voir  que notre maison  commune se craquelle de toutes parts. Il est irréaliste de concevoir que la croissance indéfinie continue d’être possible dans un monde fini. Une conversion intellectuelle et politique est exigée de chacun pour comprendre enfin qu’il en va de notre vie à tous, celle à laquelle les Evangiles nous appellent et que le pape nous rappelle. (…)

Quelques commentaires perso de la part de E&E
  • Cette réaction témoigne de la difficulté, en France, de penser les urgences écologiques en dehors des clivages politiques traditionnels droite-gauche. Le conservatisme des uns s’accommode d’un néo-libéralisme plus ou moins modéré mais destructeur des économies locales et des écosystèmes, tout en défendant – pour certains et non sans contradictions- une « écologie humaine » qui surpasserait tous les autres champs de l’éthique contemporaine. Le progressisme libertaire des autres veut faire rimer Evangile et luttes sociales et environnementales, au risque d’une générosité frôlant parfois le relativisme.
  • L’écologie intégrale du pape François dans Laudato si refuse de se situer dans ce clivage politique, tout en interpellant chaque modèle pour en dévoiler les contradictions. Le « tout est lié » est un contre-poison contre les positions trop idéologiques…
  • Intéressant, l’appel final à la conversion des esprits qui est effectivement nécessaire. Mais il n’est pas certain que des tribunes aussi clivantes y contribuent, même si les questions soulevées sont d’une grande pertinence. Mais parfois, il faut aussi jeter des pavés dans la mare, pour rappeler aux grenouilles qu’elles ont des pattes…

NB : note spi : le temps de Carême qui s’achève nous a montré un Jésus qui ne choisit pas entre les pharisiens et les zélotes, mais qui met à jour, chez les uns et les autres, les pulsions de puissance et de pureté qui faussent sans cesse notre « écologie intégrale »… Nous avons encore du chemin pour comprendre ce qu’est l’exigence d’un tel « amour du prochain » qui fait se rejoindre amour et vérité, justice et paix, comme le dit le psaume 84.

A retrouver dans LE  MONDE  |  27.03.2017  à  06h50  |  Par  Jean

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5 réflexions au sujet de « POLITIQUE – Au-delà des clivages »

  1. Pourquoi jugez-vous cet article trop « clivant » ? Il est vrai que dès la 1ère phrase les auteurs se situent à gauche. Mais pour le reste, ils nous décrivent plutôt une société qui est déjà « clivée » (ce qui est en l’état actuel vrai). Ils n’argumentent pas dans le sens de la séparation, du rejet ou du refus des autres. Il est question ici de choix de politique et nous sommes face à une échéance électorale : il nous faut nous déterminer. Si nous votons pour l’un, ou si nous votons blanc ou même pas du tout, ce sera notre manière de soutenir une seule position, et donc, d’en mettre d’autres de côté.

  2. merci pour ce complément… Bien d’accord avec vous. Mais je sais aussi que les communautés chrétiennes en France sont souvent tétanisées devant le clivage gauche-droite, notamment sur les questions écologiques, ralentissant d’autant leur envie de lire ou de mettre en oeuvre un texte aussi stimulant que Laudato si… Par ailleurs, sur un plan personnel, je pense que notre démocratie devrait arriver à présenter des candidats qui ne sont pas providentiels dans tous les domaines. Si l’écologie et d’autres sujets (éducation, santé) sont des biens-communs pourquoi ne pas arriver à un consensus national qui éviterait ces postures politiciennes ? Est-ce que l’émergence de la société civile comme acteur politique n’est pas une bonne piste pour arriver à cela ?

  3. si je rejoins le raisonnement de dominique lang, le candidat le plus près à mon goût serait hamon… mais je crois qu’il est en avance de 10 ans !… le temps que les esprits et les corps mesurent vraiment où on en est rendu.

  4. Bonsoir, il n’y a pas que la question écologique qui doit être prise en compte même si celle-ci est capitale. Se poser des questions sur les fondements idéologiques de Monsieur Mélanchon est aussi important pour se projeter dans l’avenir et là c’est une autre histoire il suffit de se rappeler de ce que son idéologie représente au plan historique, nous avons une trop grande indulgence avec ce genre de personne idéologiquement trop marquée.
    Daniel Finati

  5. PROCESSUS ELLECTORAL EN R.D.CONGO                Le Congo a accédé  à la démocratie embryonnaire dé puis  l’avènementde  Mzee Laurent Désiré KABILA qui trop tôt sera assassiné avantd’atteindre son idéal, celui de ramener notre Pays le Congo à la Démocratielaquelle,  le peuple serait capable de se choisir lui-même ses dirigeantset  cela par le processus électoral.               La semence élective semée par  Laurant Desiré  KABILA  n’a pasabouti, mais il a laissé le jalon à son successeur Joseph KABILA  enparticulier et aux peuples Congolais en général.               Ainsi, l’idée de conduire le pays aux échéances électorales  est arrivée àce vaillant Joseph KABILA, qui malgré les différentes guerres qui ont déchirésle pays  il a réussi  à mettre ensemble le peuple Congolais autourd’une même table pour que le pays soit un et indivisible ;  malgréplusieurs  tractations de ceux qui envient les richesses de ce pays.               Le processus électoral entra  hâtivement et le premier   initiateur c’est Joseph KABILA  et cela sous la direction de la communautéinternationale.  Le congolais qui n’avait pas encore la cultureélectorale, il se verra  vite   introduit dans un nouveau systèmeélectoral dont le peuple ne comprend pas, ne connait le bien fondé desélections  d’où celle-ci  (élection) sera  négative.                Le peuple congolais n’a pas été préparé pour  les élections cecis’explique par le fait qu’une sensibilisation à l’éducation civique a étéprécipitée dont la base  était victime des élections non comprise, c’estpourquoi  ils vivent le résultat négatif comme conséquence de cetteélection  mal préparée.  Par ailleurs, cette élection avait commeobjectif de maintenir les élus au pouvoir  sans que ceux-ci comprennent qu’il s sont les mandatés  du peuple. Le peuple congolais  longtempsvécu le règne dictatorial plus  de trente ans et qu’il s’est vite introduit  dans le processus des élections transparentes et non libre, ils’agit  des élections truquée,  l’exemple  de l’année 2011. Cesélections n’ont  pas été crédible ni transparente et n’ont  pas tenue compte des vrais résultats  des urnes.   Tout cela aengendré des querelles et rumeurs. Un autre aspect négatif des élections depuis l’an 2006 on a assisté aux élections  des députés provinciauxet des sénateurs  mais les élus de cet année là ont un mandat trèsélastique qui est   prolongé jusqu’à ce jour jamais arrivé à terme.Un scandale électoral.               Compte tenu de ce qui précède, la  Jeunesse Anglicane voyant que lesélections de 2016 se pointe à l’horizon, voudrait solliciter  de votrepart, les outils pouvant lui permettre de mieux sensibiliser la population enfin qu’elle ne puisse plus tombé dans  les erreurs   comme étéle cas de l’année 2006, 2011. Le souverain primaire doit être sensibilisé etsavoir élire les vrais   dirigeants pour n’est plus tombé aux erreursdu passé.               Par contre, la Jeunesse Anglicane est capable de sensibiliser la population àla base et  est prête de descendre sur terrain  a fin qu’elle aillemontrer comment procéder aux élections ce la avec la soutenance matérielle devotre part.               Nonobstant  notre volonté nous nous cognons à plusieurs difficultés carles moyens de bord à notre possession sont très limités ;  nousvoudrions  recourir à votre amabilité de nous aider avec votreparticipation en vue d’obtenir des électeurs qui sont capable à élire leursdirigeants.                Fait à Kindu, le 10/04/ 2017               Pour la Jeunesse Anglicane du Congo Diocèse de Kindu               Jean  AMAZA MYANGO               Coordinateur Diocésain   L’Eglise  Anglicane du Congoest une association à vocation confessionnelle qui accompagne l’Etat de laRépublique Démocratique du Congo dans les  domaines  del’éducation  et l’instruction des jeunes, a l’effet de prévenir contre toute forme de délinquance juvénile.2.          L’ordonnanceloi  du 1er décembre  1960 lui accorde lapersonnalité  civile à l’association à caractère confessionnelle EgliseAnglicane  congolaise3.          La loin° 71-02 du 31 décembre  1971 instituant toutes les communautésprotestante en une seule Eglise dénommée Eglise du Christ au Congo  ECC ensigle,  selon la nouvelle  formule appelle l’Eglise  Anglicanedu Congo, ECC/11em communauté  Anglicane du Congo.Le Diocèse de Kindu a son siège àKindu, Boulevard Joseph KABILA N0137. Avec les  différents départements qu’organise l’Eglise Anglicane du Congo,  Diocèse de Kindu.Il ya le département de la jeunesse chrétienne AGAPE  qui encadre lesenfants, jeunes filles et garçons. Outre le domaine d’évangélisation de cedépartement intervient aussi dans  le domaine de l’agriculture, éducationformelle et informelle, bonne gouvernance, la démocratie participative, encadrementdes filles et garçons vulnérable [violées, orphelins, abandonnes, prostitues]Comme ressources  humaines, ledépatement de la J.C.A compteUn Gradué   en SociologieUn licencié  en français Un Graduat en animation social Une Gradué en théologie  La demande que je vous adresse est signe deconfiance de votre part, que je croie pouvoir donner une bonne suite favorable, suite à nos préoccupations profonde                                  Ainsi fait à Kindu, le 10/04/2017                                  Pour la Jeunesse Chrétienne Anglicane                                   Jean AMAZA MYANGO                                              CoordinateurDiocésain  

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