ETATS-UNIS – Dites moi si je me trump…

2017-brian-roeweLe journaliste américain fait le point, dans un article récent dans NCR, sur la mobilisation des chrétiens américains défenseurs de l’environnement face à leur nouveau président. En voici quelques éléments.

Au cours d’un séminaire numérique, le 26 janvier dernier, organisé par le Catholic Climate Covenant, de nombreux responsables de mouvements ont évoqué les « jours sombres » qui attendent le pays. Dan Misleh, le directeur de l’Alliance catholique pour le climat, confirme que selon lui, le président Trump  » ne sera pas un ami de l’environnement. »

Raison de plus pour continuer la mobilisation de la société civile pour mobiliser des fonds soutenant les pays pauvres impactés par le changement climatique, et pour sensibiliser d’autant plus l’opinion publique à tout niveaux, et notamment la conscience des chrétiens. Le président Trump veut redonner aux énergies fossiles américaines toute leur place dans l’économie du pays, à coup de dérégulations massives. La relance des pipeline Keystone XL et Dakota Access constituera sans aucun doute un test sur la résistance des populations locales et nationales envers ces projets dangereux. Les terres fédérales pourront aussi être remises en vente, l’agence pour la protection de l’environnement est directement menacée, les directives de limitation des émissions de méthane ou de contaminations des cours d’eau par les projets miniers de charbons sont remises en cause.

Les climatologues américains craignent même pour leurs données, patiemment accumulées et qu’ils ont rapidement mis en sécurité. Reste à savoir si Trump ira jusqu’à sortir de l’accord de Paris (ou le videra simplement de son contenu côté américain) ? Dans les débats actuels, entendre Rick Perry, nommé secrétaire d’Etat à l’énergie, souligner fièrement que le Texas a réduit ses émissions de CO2 de 17 %, peut être un signe d’espoir. Un rapport récent confirme d’ailleurs que depuis 2000, 33 Etats fédéraux ont réduit leur émission de CO2 tout en augmentant leur activité économique, de 12 % en moyenne.

Du côté chrétien, Christina DeConcini, directrice des affaires gouvernementales pour le  World Resources Institute, souligne que les Catholiques ont une carte à jouer, notamment du côté des Républicains. Elle prône des actions de lobbying très actif auprès des représentants politiques. Par exemple, pour défendre l’existence du fond international onusien pour l’adaptation des pays développés à la dérégulation climatique. D’ailleurs, la conférence épiscopale catholique est déjà mobilisée pour défendre les programmes sociaux, notamment dirigés vers les migrants et autres réfugiés, climatiques notamment.

Trois noms de sénateurs républicains ont été cités dans cette perspective : Susan Collins de l’Etat du Maine; Lindsey Graham de la Caroline du Sud et Lisa Murkowski de l’Etat de l’Alaska. Tous trois ont déjà pris part à des actions en ce sens. Il s’agit aussi de cibler, pour d’autres, le Climate Solutions Caucus, un groupe d’action de la chambre des Représentants qui est bipartisan (10 Républicains, 10 Démocrates).

Pour le Catholic Climate Covenant, la journée du 28 avril prochain, un jour avant la marche pour le climat à Washington, va être une date importante : à l’occasion des 100 premiers jours du nouveau président, l’Alliance va y intensifier ses actions militantes. Elle encourage aussi les Catholiques et autres chrétiens à se joindre massivement aux marches de ces journées.
Reste une question de fond : comment parler de ces questions aux curés de la paroisse du coin ? Comment partager ce souci avec d’autres paroissiens ? Le climatoscepticisme des partisans de Trump est notoire et même la transition énergétique ne semble pas mobiliser dans ses rangs. Si seulement 5 % des catholiques américains s’engageaient activement dans le soin de la Création, cela pourrait, par exemple, multiplier par le nombre de membres américains de l’ONG du WWF. L’Alliance catholique pour le climat a aussi lancé l’initiative Alliance-Energies dans l’archidiocèse de Cincinnati et espère faire évoluer les pratiques aussi dans les 70 000 bâtiments de l’Eglise catholique américaine.

« Au fur et à mesure que le pays va se polariser – et c’est ce qui va se passer, j’en ai bien peur – il nous reviendra de continuer à chercher le bien commun et de trouvent la terre commune », dit un participant. « Une partie de notre rôle, je pense, avec une communauté catholique qui représente près d’1,2 milliards de personnes à travers le monde, est d’avoir ces connexions globales. » DeConcini conclut : « Priez pour que les coeurs puissent s’adoucir et changer. Et alors des miracles pourront opérer. »
Trad. et adaptation DL

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