JMJ – Génération Laudato si

2016-jmjBenjamin, de la European Climate Foundation, me signale ce texte produit il y a quelques semaines, au moment des JMJ à Cracovie, par Tomas Insua, coordinateur et fondateur du Mouvement catholique mondial pour le climat (GCCM) et Fulbright, universitaire de de la Harvard Kennedy School.

« Génération Laudato Si’ : pourquoi les JMJ me donnent foi en l’avenir »

 À Cracovie, lors des Journées mondiales de la jeunesse catholique la semaine dernière, l’ambiance était électrique. Une nuée de drapeaux, aux couleurs de tous les pays ou presque, montrait éloquemment que plus d’un million de jeunes étaient venus des quatre coins du monde pour construire des ponts entre les cultures et célébrer leur foi, tous ensemble. Le programme de nombreux concerts, tournois de sport et ateliers a attiré une foule de visages réjouis. Et les discours qu’a prononcé le Pape François restera gravé dans tous les esprits.

Mais les jeunes catholiques étaient loin d’avoir oublié le reste du monde pour autant – bien au contraire. Les événements des jours et des semaines passés – des multiples attentats terroristes et notamment de l’assassinat d’un prêtre français, aux inondations meurtrières en Chine – étaient aussi bel et bien au centre de leurs préoccupations. La raison d’être de l’Église catholique n’a jamais été la célébration pour la célébration – en célébrant les dons et valeurs qui comptent le plus pour nous, nous nous engageons simultanément à faire notre possible pour les préserver.

En juin 2015, l’Encyclique Laudato Si’ du Pape François sur l’écologie humaine définissait certains de ces dons et valeurs, ainsi que les menaces qui pèsent très réellement sur leur pérennité. Dans son Encyclique, le Pape François dit que « la terre, notre maison commune, semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir » (21). En poussant la surconsommation de ressources naturelles et de combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz, les systèmes économiques que nous avons créés polluent l’air, détruisent nos forêts, multiplient les phénomènes météorologiques extrêmes auxquels nous sommes confrontés suite au changement climatique et de manière générale, sapent la dignité humaine. Surtout celle des plus pauvres. Les effets de ces abus sont plus répandus que la plupart d’entre nous le réalise : c’est ainsi que le Pape François rappelle le lien, entre le changement climatique et la multiplication des cas de migration forcée des plus pauvres vers d’autres pays.

Ajoutez à cela les événements tragiques de ces dernières semaines, et personne ne vous en voudra de penser qu’une situation aussi déprimante ne peut qu’être à l’origine d’un sentiment de découragement et de désespoir chez les jeunes en général, y compris parmi les foules venues profiter des Journées mondiales de la jeunesse. Mais vous auriez tort. Comme le dit le Pape François dans son Encyclique, « les jeunes nous réclament un changement. Ils se demandent comment il est possible de prétendre construire un avenir meilleur sans penser à la crise de l’environnement et aux souffrances des exclus. » (13). Et pourtant il serait lui-même agréablement surpris de la manière dont les jeunes ont réagi depuis la diffusion de son Laudato Si’.

Avec d’autres jeunes du Mouvement catholique mondial pour le climat (GCCM) dont je suis cofondateur et Coordinateur mondial, j’ai passé mon temps à l’Écovillage Laudato Si’ de Cracovie, à dialoguer avec de jeunes catholiques pour étudier les moyens qui nous permettraient de vivre de manière plus durable. J’y ai partagé de bonnes idées et en ai entendu une foule de nouvelles. Avec le hashtag #LiveLaudatoSi, beaucoup de jeunes avec lesquels j’ai discuté se sont engagés à travers les médias sociaux, à se rendre au travail à vélo, à participer activement à l’action pour le climat, à manger moins de viande et à encourager leurs paroisses à installer des panneaux solaires sur les toits des églises, entre autres.

Non seulement ces jeunes catholiques se sont engagés à agir personnellement, mais ils ont aussi demandé aux pouvoirs publics d’investir dans leur avenir et de travailler, avec eux, pour créer un monde meilleur. Lors de JMJ, les ministres de l’Environnement polonais et italien ont rencontré les officiels du Vatican à Cracovie à l’occasion d’une conférence sur l’Encyclique et sur les jeunes, considérés comme des protagonistes du changement. En même temps, le Mouvement International des Étudiants Catholiques (MIEC) et la Jeunesse Étudiante Catholique Internationale (JECI), qui représentent plus de 10 millions d’étudiants catholiques à l’échelle mondiale, demandaient à leurs chefs d’État d’investir dès maintenant dans le genre d’emplois éthiques, durables qu’ils veulent pouvoir trouver en arrivant sur le marché de l’emploi – notamment dans le secteur des énergies propres – et de cesser progressivement d’investir dans le secteur des combustibles fossiles, dont les emplois ont vocation à disparaître à long terme dans le contexte de la lutte contre le changement climatique.

Si la crise écologique que décrit Laudato Si’ est pour le moins dérangeante, son titre – qui signifie « Loué sois-tu » – montre qu’il s’agit avant tout d’un texte de célébration, dont le but est de nous encourager à préserver notre planète en nous rappelant à quel point ce don est fantastique. Mes conversations avec d’autres jeunes au cours des derniers jours passés à Cracovie, m’ont montré que la Génération Laudato Si’ avait bien compris ce message – et notre avenir nous paraît plus souriant grâce à lui.

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