LAUDATO SI – Un an et toutes ses dents

2016 Pelerin Laudato si

Je vais essayer d’évoquer dans de prochains articles les fruits d’une année de labour provoqués par la publication de Laudato si dans les terres chrétiennes. Et les autres. Ma collègue Véronique Badets propose ainsi sa propre lecture de la fécondité de l’encyclique.

A retrouver sur le site de PELERIN.COM

 Les premiers fruits de Laudato Si

Le 18 juin 2015 était publiée l’encyclique du Pape François sur l’écologie, « Loué sois-tu » (Laudato Si’). Accueilli avec un immense intérêt bien au-delà de l’Eglise catholique, ce texte a déjà porté, en un an, des  fruits notables dans la société civile et le monde politique.
1-Le mariage officiel de l’écologie et du développement humain
« Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et de l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale ». Cette phrase de l’encyclique, qui résume son idée-phare,  a vu une traduction concrète dès septembre 2015. Les Nations unies ont alors adopté , à l’unanimité, un nouveau projet de développement pour l’humanité à l’horizon 2030. Décliné  en 17 « objectifs de développement durable » (ODD), il reconnaît  pour la première fois le rôle central de la préservation des ressources naturelles pour permettre l’accès aux droits humains essentiels : alimentation, accès à l’eau, éducation, emploi décent, justice et paix, etc.  Selon la directrice de l’IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales), la publication de Laudato Si, grâce à son écho mondial, a pesé dans l’adoption de ces objectifs : « Certains négociateurs du Sud persistaient à opposer écologie et lutte contre la pauvreté, raconte Teresa Ribera. L’encyclique a aidé à faire valoir que l’on ne pouvait plus aujourd’hui prétendre au développement en acceptant un environnement dégradé. Notamment parce qu’elle explique cette connexion dans un langage très accessible ».

2-Souffle divin sur  la COP 21
L’histoire dira quel rôle exact  a joué Laudato Si (et la diplomatie vaticane) dans le complexe jeu d’acteurs qui a abouti à l’adoption d’un accord mondial contre le changement climatique, le 12 décembre 2015  au Bourget. Une chose est sûre : nombre de chefs d’Etat ont cité ce texte à la tribune, pour appeler à dépasser les intérêts nationaux en vue de sauver la « maison commune ». « Laudato Si a permis de mettre  en avant  l’universalité  des  défis que pose le réchauffement climatique et l’urgence éthique d’y répondre » , analyse Teresa Ribera. Par ailleurs, son impact a été sensible auprès de certains négociateurs. La déléguée du Vénézuela  a invoqué le texte en séance de clôture de la COP21 pour expliquer son adhésion à l’accord ! « L’influence du pape a été considérable pour convaincre le groupe de  pays latino-américains très réticents  à s’engager dans un accord mondial :  la Bolivie, l’Equateur, le Vénézuela et Cuba, confirme Pierre Radane, expert des négociations climatiques. Plusieurs pays africains ont aussi été sensibles à son message».
3-Un outil pour agir au quotidien
Largement publiée, lue et commentée dans le monde entier depuis un an, l’encyclique est devenue un outil de référence pour agir  au quotidien en faveur de l’écologie…et des plus pauvres.  « Je rencontre des hommes politiques tous les jours et avec ce texte, je peux vraiment mettre en question les fausses solutions qu’ils apportent . Comme, en Allemagne récemment, avec le choix de subventionner massivement les voitures électriques, alors que développer les transports en commun serait une solution socialement  plus juste», explique Bernd Nilles, secrétaire général de la CIDSES, une alliance de 17 ONG catholiques de développement européennes et nord-américaines. Selon une responsable du WWF sur les questions climatiques, Maria Grazia Midulla, « Laudato si » a déjà eu un grand  impact culturel : « Ce texte unique aide à penser nos modes de vie et leurs conséquences à la fois sur la planète et sur les autres, explique-t-elle. Il  articule entre elles des dimensions que nous pensions souvent de façon séparée, comme l’écologie et la pauvreté . Du coup, cela crée un terrain et un langage commun pour des associations caritatives et environnementales, qui  avaient jusqu’ici du mal à travailler ensemble ».  Adressé à  « chaque personne qui habite cette planète , « Laudato Si » a encore du chemin à faire. Mais en un an à peine, son parcours est remarquable.
Véronique Badets

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s