ECOLOGIE – Changement de climat inter-religieux

Avec un peu de retard, il faut rappeler à nouveau l’appel inter-religieux qui a été lancé à l’occasion de l’ouverture des signatures pour la ratification de l’accord de Paris sur le climat. En voici le texte

2016 New York.png

DECLARATION INTERRELIGIEUSE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ADRESSEE  AUX DIRIGEANTS DU MONDE
DECLARATION  DE RESPONSABLES RELIGIEUX ET SPIRITUELS A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE HAUT NIVEAU DE SIGNATURE DE L’ACCORD DE PARIS DU SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU
En amont de la Cérémonie de signature de l’Accord de Paris  qui se tiendra au siège des Nations unies  le  22  avril  2016,  nous  nous  tenons  ensemble,  comme  leaders  religieux  et  spirituels,  pour demander instamment à tous les chefs d’Etat de signer et ratifier rapidement cet accord. Prendre  soin  de  la  Terre  relève  de  notre  responsabilité  partagée.  Chacun-e  d’entre  nous  a  une «responsabilité morale à agir», comme cela est dit de façon forte dans l’encyclique papale et les déclarations   sur   le   changement   climatique   de   leaders   bouddhistes,   chrétiens,   hindous, musulmans,  sikhs,  et  autres (1)

La  planète  a  déjà  dépassé  les  niveaux sûrs de  gaz  à  effet  de  serre dans l’atmosphère. A moins que ces niveaux ne soient réduits rapidement, nous risquons de créer des  impacts  irréversibles  mettant  en  grand  danger  des  millions  de  vies  de  toutes les espèces.  Le défi auquel nous faisons face requiert de l’honnêteté et du courage, et nous devons tous agir pour réduire nos émissions. L’humanité se situe à un carrefour crucial. Nous, en tant que communautés de foi, reconnaissons que nous devons amorcer une transition hors des énergies fossiles polluantes et vers les sources d’énergies renouvelables propres. Il est clair que pour de nombreuses personnes des changements de  modes  de  vie  significatifs  devront  être  opérés.  Nous  devons nous  efforcer  de  construire  des alternatives à la culture consumériste qui est si destructrice pour nous et pour notre planète. Le  consensus  inédit dont a  résulté  l’adoption  de  l’Accord  de  Paris,  accueilli  favorablement  par des   communautés   de   foi   dans   le   monde   entier,   a   ouvert   un nouveau   chemin   vers   une transformation  bas-carbone  et  résiliente  de  l’économie  globale. La  collaboration  mondiale  entre toutes les nations prouve que nos valeurs partagées sont bien plus grandes que les différences qui nous  divisent,  quelles  qu’elles  soient.  Elle  démontre  que  le  sens  de  responsabilité  collective partagé  par  toutes  les  nations  et  par  la  société  est  bien  plus  puissant  que  l’imprudence  et  la cupidité de quelques uns.
Nous sommes unis dans notre soutien pour une mise en œuvre totale et ambitieuse de l’Accord de Paris et de toutes les autres décisions adoptées à la COP21. Pour atteindre l’objectif des 1,5 °C, les gouvernements doivent accélérer l’action climat avant 2020 et aussi grandement augmenter le niveau    d’ambition    des    futures    Contributions    nationalement    déterminées    (NDCs),    les convertissant  rapidement  dans  des  politiques,  lois  et  programmes  nationaux.  Ces  engagements doivent  être  définis  par  une  ambition  à  la  hausse, décrite  dans  des  feuilles  de  route  nationales dédiées à la transformation de nos sociétés et économies d’ici à 2050, et clairement intégrés dans les  plans  de  développement  nationaux.  Nous  reconnaissons  l’importance  d’atteindre  un  pic  des émissions  globales  en  2020,  de  l’arrêt  rapide  des  subventions  aux  énergies  fossiles et  de  la transition  vers  100%  d’énergies  renouvelables  en  2050. Enfin,  nous  notons  que  des  progrès supplémentaires sont requis quant à l’augmentation des ressources financières, en particulier pour l’adaptation et les pertes et préjudices, afin d’aider les pays vulnérables à mieux se préparer aux impacts  climatiques  et  de  nous  aider  tous  dans  notre  transformation  vers  un  futur  sûr  et  zéro-carbone. Le  changement  climatique  offre  à  notre  famille  globale  l’opportunité  de  nous  engager  sur  un chemin  de  renouvellement  spirituel  défini  par  une  conscience  écologique  plus  profonde  et  une action écologique plus grande.
Tout acte destiné à protéger et prendre soin de tous les êtres nous connecte  les  uns  aux  autres,  approfondissant  la  dimension  spirituelle  de  nos  vies. Nous  devons réfléchir à la vraie nature de notre interrelation avec la Terre. Ce n’est pas une ressource que nous devons  exploiter  selon  notre  bon  vouloir.  C’est  un  héritage  sacré  et  une  maison  précieuse  qu’il nous faut protéger. Unis dans l’espérance partagée qui naît de la foi, nous, signataires de ce texte, croyons  que  le  moyen, le désir  et la volonté  du  soin  pour  la  Terre  et  toute  vie  peut  et  va  se transformer  en  action  lorsque  nos  leaders  politiques  ratifieront  les  promesses  faites  à  Paris – et ainsi sauvegarder les promesses plus grandes de cette génération et de toutes celles à venir. C’est pourquoi :
• nous demandons  instamment  aux  gouvernements  de  signer,  ratifier  et  mettre  en  œuvre rapidement  l’Accord  de  Paris,  et  d’augmenter  les  promesses  de  réductions  d’émissions conformément à l’objectifde garder l’augmentation de la température globale par rapport aux niveaux préindustriels sous les 1,5 °C;
• nous  insistons  sur  des  réductions  rapides  d’émissions  et  un  pic  en  2020,  afin  de  garder l’objectif des 1,5 °C à portée ;
• nous  plaidons  fortement  pour  des  flux financiers revus  à  la  hausse,  en  particulier  pour l’adaptation et les pertes et préjudices ;
• nous  demandons  instamment  la  suppression  progressive  mais  rapide  de  toute  subvention aux  énergies  fossiles  et  la  transition  depuis  les  énergies  fossiles  vers  100%  d’énergies renouvelables d’ici 2050 ;
• nous  encourageons les  communautés  de  foi  à  réduire  les  émissions  de  leurs  domiciles, lieux  de  travail  et  centres  cultuels,  à  soutenir  les  communautés  déjà  impactées  par  les changements climatiques et être en solidarité avec elles ;
• nous  appelons  au  désinvestissement  des  énergies  fossiles  et  au  réinvestissement  dans  les énergies  renouvelables  et  les  solutions  bas-carbone,  et  ce  aussi  dans  nos  communautés, et/ou en interpelant les entreprises sur la question des changements climatiques.
Le 18 avril 2016.
Liste des signataires disponible sur : http://www.interfaithstatement2016.org

(1) Parmi les récentes déclarations clé de religions sur le changement climatique : Sikh Statement on Climate Change, 18 septembre 2014 http://www.arcworld.org/downloads/Sikh-Statement-on-Climate-Change.pdf ), Interfaith Summit Statement, 21 septembre 2014 (www.interfaithclimate.org), Lambeth Declaration 2015 on Climate Change, 16 juin 2015 (www.churchofengland.org/media-centre/news/2015/06/archbishop-of-canterbury-join-faith-leaders-in-call-for-urgent-action-to-tackle-climate-change.aspx), l’encyclique Laudato Si du pape François,  18 juin 2015 (www.w2.vatican.va), Islamic Climate Change Declaration, 18 août 2015 (www.islamicclimatedeclaration.org),  Statement of Faith and Spiritual Leaders, 20 octobre 2015 (http://actalliance.org/wp-content/uploads/2015/10/COP21_Statement_englisch2.pdf), Buddhist Climate Change Statement to World Leaders, 29 octobre 2015 (www.gbccc.org) et Hindu Declaration on Climate Change, 23 novembre 2015 (www.bhumiproject.org).

Martin, de la Fédération Luthérienne mondiale, nous donne quelques éléments supplémantaires, dans le communiqué publié pour l’occasion :

LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES REÇOIT LA DECLARATION INTERRELIGIEUSE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES SIGNEE PAR 270 HAUTS RESPONSABLES RELIGIEUX

New York, 18 avril. L’ambassadeur Mogens Lykketoft, président de l’assemblée générale des Nations unies, a reçu la Déclaration interreligieuse sur les changements climatiques adressée auxdirigeants du monde signée par 270 hauts responsables religieux, 4970 personnes et 176 groupes religieux du monde entier, lors d’une cérémonie interreligieuse rythmée par des chants bouddhistes, des prières zoroastriennes et des percussions sikhs, hier soir [heure française] au UN Church Centre.

La déclaration a été remise à M. Lykketoft par Stephen Chiu, un jeune homme de 23 ans de la génération du millénaire, spécialiste de la sensibilisation pour la Fondation bouddhiste internationale Tzu-Chi. Parmi les signataires de la déclaration se trouvent : Sa Sainteté le 14ème Dalai Lama ; pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises ; Mgr Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier des Académies pontificales des sciences et des sciences sociales du Saint Siège ; Swami Aginivesh ; le grand rabbin Shear Yashuv Cohen ; le grand imam Maulana Syed Muhammad Abdul Khabir Azad ; l’archevêque émérite de Cape Town Desmond Tutu ; soeur Jayanti Kirplani de  la Brahma Kumaris World Spiritual University ; la prêtresse Beatriz Schulthess, présidente du Conseil spirituel ancestral des peuples autochtones et Cheik Naqshbandiyya-Mujaddidiyya de l’ordre soufi.

« Cette initiative religieuse ainsi que d’autres prouvent que le changement climatique est à présent largement accepté comme une question morale », déclara M. Lykketoft. « La déclaration montre comment les religions peuvent être un catalyseur pour une action commune. Vous dites à vos fidèles que vous reconnaissez la gravité du changement climatique, ses impacts sur la vitalité de la planète et le bien-être de l’humanité. Vous demandez instamment une action sans délais. » « Le gros de l’action devra provenir des individus. Les communautés religieuses font partie du mouvement plus large de la société civile et jouent un rôle absolument crucial lorsqu’elles sensibilisent leurs fidèles afin qu’ils changent leurs comportements et exigent des politiques intelligentes. Une initiative comme celle-ci me rend confiant : nous pouvons réussir et en effet nous réussirons. »

L’ambassadeur François Delattre, représentant permanent de la France aux Nations unies à New York, déclara que « la convergence d’un nombre aussi important de communautés de foi est réconfortant et encourageant. Le niveau d’engagement des responsables religieux dans la lutte contre le changement climatique et le soutien à l’Accord de Paris est sans précédent. Nous sommes la dernière génération qui puisse empêcher le changement climatique d’échapper à notre contrôle avec des
conséquences désastreuses. Il n’y a pas de plan B, pas de planète B. »

« Paris ne fut que le départ d’un voyage long et difficile vers un monde sans carbone, poursuivit M. Delattre, mais ce fut un tournant. La COP21 fut un succès collectif et non pas un succès français, prouvant la vitalité du système onusien et du multilatéralisme. Des choix difficiles se présentent à nous et le scepticisme comme le cynisme sont toujours répandus. Nous devons continuer à écouter notre conscience, c’est pourquoi les communautés de foi sont si importantes et à ce point sources d’inspiration. » Parlant au nom du représentant permanent du Maroc à l’Onu, son suppléant Dr. Abderrazak Laasel remercia les communautés de foi de se préoccuper du changement climatique. « Il y a de nombreuses opportunités de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Il est très important que les responsables religieux fassent progresser la prise de conscience. La communication et l’éducation ont un rôle clé dans la protection des ressources naturelles et il est important de faire progresser les contacts entre les groupes religieux et les autres. » Halldor Thorgeirsson, directeur de la stratégie au secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques dit : « Je suis vraiment encouragé par cette forte expression de soutien. Votre déclaration montre que vous comprenez qu’éviter un changement climatique dangereux requiert une transformation économique fondamentale, non un réglage plus fin des systèmes existants, menant à une décarbonisation profonde, puis totale, de l’offre énergétique. Cette transition apportera de multiples autres bénéfices et ouvrira d’énormes opportunités. Donc les impératifs moraux et économiques sont concordants dans ce cas. » « 150 nations signeront l’Accord de Paris ce vendredi et l’entrée en vigueur aura probablement lieu l’an prochain. Nous n’atteindrons pas ses objectifs sans une mobilisation massive de tous les acteurs de la société. Il y a besoin d’une motivation morale profonde à changer – la religion peut poursuivre comme part puissante de la solution. Ce défi a injecté une nouvelle urgence dans le dialogue entre religions. » Selon Selwin Hart, dirigeant de l’équipe changement climatique du secrétaire général de l’Onu, « les communautés de foi sont vitales pour promouvoir les efforts mondiaux afin de relever le défi du changement climatique. Soixante chefs d’Etat ou de gouvernement seront parmi les 150 nations représentées à la signature de l’Accord de Paris vendredi – c’est un record. Un certain nombre de petits Etats insulaires déposeront leurs instruments de ratification le même jour. »
Le révérend Mark MacDonald, évêque des peuples autochtones de l’Eglise anglicane du Canada, déclara que : « la communion de toutes choses, voilà ce qui est en jeu. Les peuples autochtones sont mis en danger par le changement climatique de façon particulière, bien qu’ils en soient les moins responsables. L’Accord de Paris est un début, nous sommes appelés à aller plus loin. Je vous appelle tous à rétablir cette communion et à réaliser notre transformation morale. »
Soeur Gayatri, représentante de Brahma Kumaris à l’Onu dit que son organisation et son partenaire le World Renewal Spiritual Trust ont, les dernières 20 années, conduit de la recherche et développement en technologies d’énergies renouvelables, installant et faisant fonctionner des centaines de systèmes de four solaires et photovoltaïques, ainsi que mis en place India One, une centrale solaire thermique de 1 MW, pour partie financée par les gouvernements indien et allemand. « Brahma Kumaris croit que la semence d’un renouveau du monde se trouve dans une conscience éveillée – non seulement avec les communautés religieuses et spirituelles, mais comme capacité collective de l’humanité. »
HH Radhanath Swami, membre du Conseil des gouverneurs de la Société internationale pour la conscience Krishna, indiqua que l’écologie actuelle de la planète reflétait l’écologie de nos coeurs. « Le défi du changement climatique est une opportunité de mettre de côté nos différences et nous unir pour appeler les dirigeants du monde à mettre en avant des politiques et actions authentiques afin d’honorer notre confiance sacrée. »
Tomas Insua, fondateur et coordinateur du Mouvement catholique mondial pour le climat de 300 membres, rapporta qu’un groupe voyageant vers le pôle nord avec une copie de l’encyclique du pape sur l’écologie intégrale Laudato Si était retardé par des failles dans la glace, montrant le statut menacé de la glace arctique. « Nous sommes très concernés par le fossé immense entre les beaux mots et les actions effectives des gouvernements, nota-t-il. Ceci est une crise spirituelle. Nous appelons à la justice climatique envers toute l’humanité et toutes les espèces. »

Des déclaration additionnelles furent prononcées par le président de la United Religions Initiative; Kiran Bali ; Iman Al-Hajj Talib Abdur-Rashid, vice-président de l’Alliance musulmane d’Amérique du nord et Dr. Kenjuitsu Nakagaki, président du
Conseil bouddhiste de New York. L’événement fut modéré par le pasteur Fletcher Harper, directeur exécutif de GreenFaith, un centre pour le plaidoyer et la formation des responsables religieux sur les enjeux environnementaux, basé dans le New Jersey. La rédaction et la diffusion de la déclaration ainsi que l’invitation à signature furent le
fruit d’une collaboration entre des représentants de : ACT Alliance, Bhumi Project, Brahma Kumaris World Spiritual University, Catholic Earthcare Australia, Eco-Sikh, Elijah Interfaith Institute, Global Buddhist Climate Change Collective, Global Catholic
Climate Movement, Islamic Relief Worldwide, Lutheran World Federation, Reconstructionist Rabbinical College, Plum Village Community of Engaged Buddhists, United Religions Initiative et le World Council of Churches.
Plus d’informations sur :
http://www.interfaithstatement2016.org

Martin précise encore :

Vous noterez qu’outre le chancelier des Académies pontificales des sciences et des sciences sociales du Saint Siège, le Dalaï Lama, le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises, etc. les six responsables de culte en France (membres de la CRCF) en sont signataires, par ordre alphabétique du nom :

Pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France

Métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France

M. Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman

Rabbin Haïm Korsia, Grand Rabbin de France
Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France
Rev Olivier Wang-Genh, président de l’Union bouddhiste de France
Je me réjouis de ce que cette dynamique interreligieuse se poursuive à l’occasion de ce moment à la fois formel et symbolique. Par ailleurs, plusieurs organisations religieuses, dont la Fédération protestante de France, ont mis en place des groupes de travail climat pour poursuivre – et surtout concrétiser – la dynamique à l’occasion de la COP21.

 

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Une réflexion au sujet de « ECOLOGIE – Changement de climat inter-religieux »

  1. Qui peut me donner les adresses e-mail des signataires de cette declaration?

    J’ai un message pour eux.

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