EGLISES – Des (chauve-)souris et des hommes

2016 Grand murinOn était resté, du côté de Sainte-Anne d’Auray (Morbihan), avec cette image des six croix blanches plantées en octobre dernier pour évoquer les suicides d’agriculture. Mais tout n’est pas perdu dans ce monde de brute. Un signe ? Peut être le fait que désormais les chauve-souris vont être protégées dans la basilique. Un bon début

C’est l’association « Bretagne vivante » qui l’annonce : une nouvelle réserve pour protéger un gîte de mise-bas et d’hibernation de « grands murins » (Myotis myotis) a été créé le 16 mars, après avoir été découvert en 2009.

Chauve-souris strictement protégée, le Grand murin figure parmi les espèces européennes dont les populations ont le plus régressé ces soixante dernières années. Cette grande chauve-souris occupe les collatéraux de la célèbre basilique de Sainte-Anne d’Auray aussi bien en hiver qu’en été. Quelques Grands rhinolophes, une autre espèce de chiroptères, sont également présents en hiver.

Cette action de protection associe désormais étroitement la commune, le diocèse de Vannes et Bretagne Vivante dans la gestion des parties de la basilique utilisées par les chauves-souris. La basilique de Sainte-Anne d’Auray est le plus important lieu de pèlerinage de Bretagne, et l’un des plus importants de France. Ainsi, la protection du patrimoine culturel et naturel de Sainte-Anne d’Auray sont désormais étroitement liés.

 Il y  avait en effet urgence : en l’espace de quelques années, le site a déjà connu une histoire bien tourmentée. En 2009, la nurserie de Grands murins compte plus de 200 adultes. En 2010, des aménagements non adaptés réalisés en mai aboutissent à la quasi désertion du site, même si en hiver la plupart des hivernants sont encore présents. En 2011 et 2012, il ne reste plus qu’une petite dizaine de Grands murins adultes en juin ! En 2013, ils sont à nouveaux une centaine à la même période. En 2015, on compte 110 adultes et 93 jeunes. Cet hiver, des travaux ont été effectués dans les parties occupées par les Grands murins, entraînant une baisse de l’effectif passant de 80 à 60.

Aujourd’hui, la commune comme le diocèse de Vannes ont compris l’importance de protéger ce site et ces animaux rares. Grâce aux mesures de protection mises en place, ces perturbations vont désormais cesser et le site, soigneusement suivi par les chiroptérologues de Bretagne Vivante, devrait pouvoir retrouver son attractivité pour les chauves-souris. Preuve que culture et nature peuvent faire bon ménage !

Rappelons que les chauves-souris souffrent énormément de la perte de leurs habitats (rénovations, combles aménagés…) et de dérangements notamment durant leur hibernation (un réveil brutal peut leur être fatal). Ces animaux, de plus en plus rares, sont en régression partout en France, bien que ces espèces comme leur habitat soient strictement protégés et leur destruction interdite. Si vous en avez chez vous, réjouissez-vous : c’est une chance et le signe d’une bonne santé environnementale !

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