ECOLOGIE -Canal du Nicaragua ? No pasaran

2016 NicaraguaUne invitation récente à signer une pétition contre le projet du canal du Nicaragua me permet d’évoquer les questions légitimes soulevées l’année dernière par les évêques du pays.

En deux mots, le projet consiste à créer une nouvelle voie navigable, à côté du canal du Panama, long de 200 km, entre l’Océan Pacifique et les Caraïbes. Sur ces 200 km, 60 sont constitués par le passage dans l’immense lac Nicaragua. Bien sûr, les arguments pour un tel projet sont économiques pour ce petit pays en quête de développement. Bien sûr, les entreprises chinoises sont sur les rangs pour continuer à développer des projets de plus en plus délirants à travers le monde. Bien sûr, la géopolitique des échanges marchands sera profondément transformée, comme l’avait fait déjà, il y a un siècle, la construction du canal du Panama (avec les coups d’Etats nécessaires pour que le projet puisse aboutir).

Reste que ce plus grand lac d’Amérique central est un réservoir d’eau pour des centaines de milliers de personnes. Sans même évoquer la dimension écologique de cet écosystème précieux. Car brancher un canal pour d’immenses bateaux sur un tel lac perturberait tout cela à la fois. Sans oublier les expropriations et les pollutions en tout genre.

La conférence des évêques du pays a appelé le président Ortega à ouvrir un débat démocratique et transparent, exprimant aussi son « soucis » pour un tel projet. Un appel cohérent d’autant qu’en revenant au pouvoir, en 2006, le président de gauche avait formé une alliance stratégique avec l’Eglise catholique. Mais depuis lors, les libertés démocratiques tendent aussi à se réduire, notamment du coté des droits laissés à la société civile. De quoi changer la donne : la Conférence des évêques a donc condamné les pratiques politiques en cours qui « abandonnent le bien commun ». Le projet du canal exprime cette tentation de certains à « l’ambition, l’autoritarisme et la corruption. »

« Le pape a dit dans l’encyclique Laudato Si’ que quand des projets sont menés sans études d’impacts environnementales appropriées, ils ne devraient pas être faits », a rappelé ainsi Mgr Solorzano dont le diocèse est situé sur les rives du lac. « En plus du manque de transparence, pour moi le problème vient du fait qu’il y a d’autres intérêts économiques, sociaux et politiques », souligne le dominicain Rafael Aragon Marina, qui travaille à Radio Veritas, à Chinandega. »Ils veulent faire avancer en fait des projets qui mettront en place ce contre quoi ils avaient lutté dans les années 1980 : le néolibéralisme. »

DL

Source : Art. de Sara Van Note, pour The Christian Science Monitor, 6 mai 2015 et Edgardo Ayala, CNS

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