SOLIDARITE – Taizé, la colline jardin

Alors que se poursuivent les grands pèlerinages que mène la communauté oecuménique de Taizé à travers le monde, c’est aussi sur place que les choses bougent. Une autre forme de réconciliation à vivre aussi avec la terre.

2016 Taizé jardin.jpg

Ces dernières années, les rencontres internationales à Taizé et ailleurs dans le monde ont cherché à approfondir la recherche de nouvelles formes de solidarité dans la société d’aujourd’hui. Notre attention à la Création en est un des aspects. Comme frère Alois l’a écrit aux jeunes dans une de ses récentes propositions (lire ci-dessous), « la terre appartient à Dieu, les humains la reçoivent comme un don. Une énorme responsabilité leur revient : prendre soin de la planète, ne pas en gaspiller les ressources. La terre est limitée, les humains eux aussi doivent consentir à leurs limites. »

Un fruit de cette réflexion – tout humble mais concret – a été la création d’un « jardin solidaire » à Taizé. Des jeunes, en collaboration avec un frère, se relaient semaine après semaine pour travailler la terre de ce jardin. Les légumes récoltés sont donnés à des associations de solidarité, qui en assurent la distribution dans les villes et villages autour de Taizé.

En attendant peut être un jour des jardins en permaculture pour former et nourrir les jeunes accueillis sur place tout au long de l’année ?

DL

EXTRAIT DE LA LETTRE 2016 DE FRERE ALOIS SUR LA MISERICORDE

Cinquième proposition
Miséricorde pour toute la création

Vous avez six jours dans la semaine pour accomplir votre ouvrage, mais le septième jour, vous cesserez toute activité, afin que vos bœufs et vos ânes puissent se reposer. (Exode 23,12) Pendant six années, vous pouvez ensemencer vos terres et en récolter les produits ; mais la septième année, vous devez laisser le sol complètement en repos. (Exode 23,10)

Dans le langage de son temps, la Bible appelle à étendre notre compassion à l’environnement, à respecter tous les êtres vivants, à ne pas exploiter le sol sans discernement. Un chrétien de Mésopotamie a écrit : « Un cœur compatissant ne peut supporter de voir le moindre mal ou la moindre tristesse au sein de la création » (Isaac le Syrien, VIIe siècle). Les premières victimes des désastres écologiques sont souvent les plus pauvres. Les dérèglements climatiques ont déjà pour conséquence de forcer de nombreuses personnes à quitter leurs lieux de vie. La terre appartient à Dieu, les humains la reçoivent comme un don. Une énorme responsabilité leur revient : prendre soin de la planète, ne pas en gaspiller les ressources. La terre est limitée, les humains eux aussi doivent consentir à leurs limites. La terre est notre maison commune et elle souffre aujourd’hui. L’indifférence ne peut pas avoir de place face aux ravages environnementaux, à la disparition d’espèces entières, aux dangers qui menacent la biodiversité, à la déforestation massive en certains points du globe.

++ Cherchons à exprimer notre solidarité avec toute la création. Prenons des décisions qui touchent notre existence quotidienne, veillons à nos pratiques de consommateurs ou de citoyens, faisons un choix conscient pour la sobriété. La simplification de notre mode de vie peut être source de joie. Il en est qui prennent des initiatives comme celle d’un jeûne pour le climat et la justice, chaque premier jour du mois. Manifester, par de telles résolutions, la miséricorde de Dieu pour tout ce qui fait partie de notre maison commune, la Terre, n’est pas une option, c’est une condition pour y vivre heureux.

 

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