ECOLOGIE – Prêcher par l’exemple

2016 d'Ornellas 2016 Jean CLaude Pierre 2016 TebaldoCes deux dernières journées, 8-9 février, alors que le vent soufflait fort sur la Bretagne, neuf évêques du secteur, leurs vicaires et quelques laïcs en responsabilité (soit près de 90 personnes) ont vécu leur session de formation au centre d’accueil de Créhen (Côte-d’Armor), pas très loin de Saint-Malo. Une session dédié à l’encyclique Laudato si et aux enjeux pastoraux de la conversion écologique.

Parmi les intervenants de la session, on peut relever l’intervention de Tebaldo Vinciguerra, qui travaille au dicastère « Justice et paix » à Rome. C’est lui qui a accompagné notamment le cardinal Turkson durant les négociations sur le climat à Paris, lors de la COP21. Pour ce jeune trentenaire, interrogé dans le journal Ouest-France, dans l’encyclique Laudato si

« le Pape prend en compte la dimension sociale et politique; il aborde les questions d’inégalité, de pauvreté et de qualité de la vie. Ensuite, il passe aux causes humaines: la soumission au pouvoir dérivant d’un progrès technologique qui n’a pas été accompagné d’un développement en responsabilité, en valeurs ».

C’est aussi l’ami Jean-Claude Pierre qui a présenté son parcours de militant et ses convictions (de longue date) de chrétien mobilisé par les urgences environnementales.

Les évêques réunis pour l’occasion, avaient rencontré une dizaine d’agriculteurs auparavant, pour comprendre la crise agricole en cours. Ils préparent, du coup, une déclaration à venir.

Mgr d’Ornellas, archévêque de Rennes, a aussi été interrogé par le journal La Croix. Le sujet de l’écologie lui est bien présent. Il y a quelques années, il avait publié un petit ouvrage, en dialogue avec la ministre de l’environnement de l’époque, Nathalie Kosciusko Morizet.

Extrait de l’entretien accordé à Pierre Wolf-Mandroux, le 9 février dernier

– Mgr Pierre d’Ornellas : L’encyclique développe une pensée d’une puissance extraordinaire. Elle ne peut être laissée aux mains de simples techniciens.

Elle concerne toute l’humanité, que l’on soit président de la République, secrétaire de l’ONU ou une personne en grande précarité. Il faut vivre une conversion écologique, qui peut être une conversion spirituelle. Notre « sœur, notre mère la Terre », comme l’écrit le pape François, souffre. Et sa souffrance rejaillit sur les êtres humains.

– Quelles mesures concrètes peuvent prendre les diocèses pour réussir cette conversion ?

Mgr Pierre d’Ornellas : Nous le ferons notamment grâce aux visites pastorales. Les rencontres avec les élus, les entrepreneurs, les agriculteurs sont des moments privilégiés pour encourager cette aptitude. Nous pouvons aussi intégrer l’enseignement catholique dans cette conversion. Il concerne 80 000 élèves dans le seul département d’Ille-et-Vilaine. J’ai d’ailleurs invité l’adjointe du directeur diocésain de l’enseignement catholique à cette session. J’ai aussi invité mon responsable de la pastorale au milieu rural et un autre évêque était accompagné de son responsable de l’aumônerie des étudiants, afin qu’ils puissent devenir éducateurs de la conversion écologique.

Nous réfléchissons aussi à l’instauration d’un programme régulier sur la question écologique dans les médias diocésains – radio, site internet et revue. L’Église n’a pas beaucoup d’argent mais elle peut également transmettre cette parole écologique par l’exemple. La maison Charles de Foucauld à Saint-Pern (Ille-et-Vilaine), qui accueille des jeunes se destinant au sacerdoce, ne consomme ainsi presque pas d’énergie.

– Que pensez-vous de l’idée de créer un label vert pour les paroisses ?

Mgr Pierre d’Ornellas : Il faut éviter qu’il ne soit qu’un label technique. Il ne faut pas penser que l’on pourra résoudre tous les problèmes avec la technique, cette même technique qui a abîmé la planète. Il faut une éducation à l’écologie. Et elle prendra du temps. La conversion écologique, c’est une conversion de la relation : la relation avec soi-même, avec les autres, avec la nature et avec Dieu. Ce qui est impressionnant avec l’encyclique Laudato Si’, c’est d’y retrouver plusieurs fois l’expression « tout est lié ».

DL

(La session a accueilli les neuf évêques de la Province de Rennes – diocèses d’Angers, Laval, Le Mans, Luçon, Nantes, Quimper-Léon, Rennes, Saint-Brieuc-Tréguier et Vannes –, leurs conseils, Mgr Pierre d’Ornellas, Tebaldo Vinciguerra, membre du Conseil pontifical Justice et paix au Vatican, le prêtre assomptionniste et biologiste de formation Dominique Lang ou encore le député du Morbihan Hervé Pellois (divers gauche).

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Une réflexion au sujet de « ECOLOGIE – Prêcher par l’exemple »

  1. C’est une bonne nouvelle d’apprendre que Mgr Dornellas s’intéresse à l’écologie, et au message de Laudato si qu’il disait ne pas comprendre (sic) lors d’un récent colloque à Ker Lann près de Rennes, ou laisser entendre lors d’une visite pastorale à Châteaugiron que ce n’était pas le rôle d’un évêque de parler d’écologie. Il a été contredit par le pape François. Il ne me semble pas tout à fait exact de dire qu’il faille d’abord une conversion spirituelle pour se convertir à une conversion écologique, de nombreux exemples nous montrent quotidiennement que de grands spirituels sont très loin de la nature, et que des non croyants y attachent une grande importance. Tel était sa thèse, si je l’ai bien comprise. Par contre ne pas faire trop confiance aux techniciens et donc à la technique pour réparer nos erreurs, c’est un point de vue très bien développé dans l’encyclique.

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