SANTE – Des vaccins qui inquiètent

2016 Kenya.jpgUne étrange affaire que cette histoire de vaccins condamnées par des évêques kenyans. Un cas d’écologie humaine complexe dont rend compte le journal « Famille chrétienne ».

L’Eglise catholique a toujours été réticente aux grands programmes de planification familiale prônés par certains lobbys au sein des instances internationales. Certains voient donc dans ces campagnes de vaccinations massives des tentatives détournées de contrôle familial.Une inquiétude que l’on retrouve aussi dans d’autres pays, notamment musulmans qui voient dans les campagnes de vaccination des opérations politiques cachées de la part des Occidentaux.

Au Kenya, l’argumentaire n’est pas anti-occidental mais davantage politique. Réalité ? Complot ? Exagération ? Les choses ne semblent pas encore très clair, mais visiblement les autorités religieuses kenyanes sont inquiètes. A suivre

« Pour la deuxième année, l’Eglise boycotte une curieuse campagne de vaccination organisée par le ministère de la Santé en lien avec l’ONU ». Une première polémique avait en effet déjà opposé les évêques kenyans au ministère de la Santé de leur pays, concernant le vaccin contre le tétanos « suspecté de contenir une hormone empêchant les femmes d’avoir des enfants »[1]. C’est au tour du vaccin contre la malaria d’être « sous le feu de la critique » : en juillet, les évêques kenyans ont demandé « le report » de la campagne officielle de vaccination, « dans l’attente de garantie sur la sûreté de ces vaccins ». Sans réponse à ce jour des autorités, ils ont appelé les structures de santé qui relèvent de l’Eglise à « s’abstenir d’employer le vaccin incriminé ».

« Nous avons constaté que le vaccin était contaminé avec de l’estradiol » a déclaré l’association des médecins catholiques. Or « chez beaucoup de filles, cela entraîne une puberté précoce, avec des règles qui peuvent arriver entre 7 et 9 ans. Chez les garçons, leur développement est au contraire altéré, avec de nombreuses pathologies testiculaires. C’est du contrôle de la population impitoyable et barbare » expliquent ces médecins.

Dans un texte signé en juin, les évêques africains déclaraient : « Préservatifs, contraceptifs, programmes d’éducation sexuelle fabriqués ailleurs, purement techniques, sans références morales, avortement prétendument ‘sans risques’, sont devenus des denrées plus accessibles aux Africains que le mode d’emploi du développement intégral dont nous avons un besoin vital ». Ils s’opposent aux programmes déclinant les concepts de « santé et droits sexuels et reproductifs »,  « pilotés par des agents externes à l’Afrique ». Le programme de développement durable adopté par les Nations unies fin septembre est particulièrement visé, car il introduit « l’accès à tous à des services de santé sexuelle et reproductive » et la « prise en compte de la santé reproductive dans les stratégies et programmes nationaux ».

Pour Marguerite Peeters, directrice de l’Institut pour une dynamique de dialogue interculturel à Bruxelles, ceux qui militent pour ces idées « appartiennent  à des réseaux extrêmement puissants : industrie pharmaceutique, ONG de planning familial, gouvernements, organisations internationales » et la « pression internationale » est forte sur le continent africain.

[1] Des tests menés par une Commission conjointe alliant Eglise et ministère de la Santé ont confirmé que trois des vaccins utilisés contenaient l’hormone Béta-HCG, produite lors de la grossesse. « Lorsqu’est injecté à une femme non enceinte un vaccin associant tétanos-toxicoïde et hormone Béta-HCG, cet alliage développe des anti corps à la fois contre le tétanos et contre l’HCG, de sorte que lorsqu’un ovule est fécondé, l’hormone HCG qu’il produit est détruite, en rendant cette femme de manière permanente infertile ».Sources: Famille Chrétienne n°1975

Un article du journal La Croix en 2014 avait déjà rendu compte des inquiétudes des évêques kenyans

L’Église catholique du Kenya s’oppose à une campagne de vaccination contre le tétanos des femmes âgées de 19 à 49 ans, alors que celle-ci doit débuter lundi 13 octobre dans 60 districts à haut risque du nord du Kenya, où des cas de décès maternels et néonatals sont extrêmement élevés.

 

Elle craint que cette opération, menée par le ministère de la Santé, ne couvre un plan de stérilisation des femmes et de contrôle de la croissance de la population.

Par un communiqué de la Conférence épiscopale (KEC) daté du 7 octobre 2014, l’Église demande que le gouvernement fournisse des informations suffisantes au public, afin d’éviter la désinformation, soulignant que la dignité humaine doit être une priorité. Lors d’une conférence de presse au Centre pastoral Saint-Patrick, à Kabula, dans le comté de Bungoma, à l’ouest du pays, le président de la Commission santé de la KEC, Mgr Paul Kariuki Njiru, et son adjoint, Mgr Joseph Mbatia, ont déploré que le ministère de la santé ait lancé cette campagne sans coordination et sans concertation avec les instituts de santé catholiques.

Le communiqué des évêques pose plusieurs questions précises : Y a-t-il une épidémie de tétanos au Kenya ? Si tel est le cas, pourquoi n’a-t-elle pas été déclarée ? Pourquoi la campagne cible-t-elle seulement les femmes de 14 à 49 ans ? Pourquoi la campagne laisse-t-elle de côté les enfants, les garçons et les hommes, même si ces catégories sont aussi exposées au tétanos ? Au milieu de tant de maladies mortelles au Kenya, pourquoi le tétanos a-t-il eu la priorité ?

Les évêques craignent une volonté de stérilisation des femmes

Selon la commission épiscopale, le vaccin utilisé peut provoquer la stérilité lorsqu’il est injecté à une femme non enceinte. « Les informations accessibles au domaine public indiquent que le vaccin antitétanique additionné de Beta HCG (hormone secrétée par les femmes enceintes NDLR) aurait été utilisé aux Philippines, Nicaragua et Mexique pour vacciner les femmes contre une éventuelle grossesse, écrivent les évêques dans leur communiqué. (…) Lorsque cette hormone est injectée au moyen d’un vaccin à une femme non enceinte, le Beta HCG combiné avec l’anatoxine tétanique provoque le développement d’anticorps contre le tétanos et le HCG, de sorte que si l’ovule d’une femme est fécondé, son HCG naturel sera détruit, la rendant définitivement stérile. »

Les évêques disent craindre une volonté cachée de stérilisation des femmes à large échelle. Une solution qui, selon eux, aurait déjà été utilisée par les partenaires occidentaux aux Philippines, au Nicaragua et au Mexique.

Le ministère de la Santé joue l’apaisement

Le directeur des services médicaux du ministère de la santé, le Dr Nicholas Muraguri, a rejeté les suspicions de l’Église, soulignant que ses craintes n’étaient pas fondées, du fait que le vaccin est « le même que celui habituellement donné aux femmes enceintes, lors des visites prénatales dans les établissements catholiques, dans l’ensemble du pays ». « Nous avons toujours collaboré avec l’Église et nous ne prévoyons pas de problèmes avec elle », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le chef des vaccins et services de vaccination du ministère de la Santé, Ephantus Maree, a annoncé qu’une rencontre se tiendrait mardi 14 octobre, avec l’Église pour expliquer l’importance du vaccin. « Nous abordons toujours l’Église avant les campagnes de vaccination, car elle est partie prenante », a-t-il souligné.

Selon lui, le Kenya tente d’éliminer le tétanos maternel et néonatal, une maladie qui selon l’Organisation mondiale de la Santé a tué 58 000 nouveau-nés et des mères à travers le monde dans la seule année 2010. Le Kenya, a-t-il précisé, fait partie des 28 pays du monde qui n’ont pas éliminé le tétanos. « Nous sommes en retard. Nous donnons le vaccin aux femmes âgées de 14 à 49 ans parce qu’elles sont en âge de procréer », a fait remarquer le docteur Maree. Des campagnes de ce genre ont déjà eu lieu en 2003, 2006, et 2009.

Cl.H. avec Apic

 

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