COP21 – Accords et à cris

Les ONG et milieux chrétiens réagissent peu à peu à l’accord sur le climat conclut le 12 décembre dernier.

Du côté du CCFD-Terre solidaire

2015 COP21 CCFDDans un communiqué, l’ONG souligne notamment le manque de référence au « droit des populations » dans l’accord. Ni les droits humains (exclut de l’art. 2), ni la sécurité alimentaire (on préfère parler de la « production alimentaire » ; cf. les projets très problématiques du « Climate Smart Agriculture » ou « 4 pour 1000 » ou le « Lima Paris Action Agenda » (LPAA)) ne sont évoqués dans le texte (partie opérationnelle). L’agriculture n’apparaît pas dans le texte et quant aux terres, elles sont évoquées comme des « réservoirs de carbone », mais sans évoquer les populations qui en vivent.

Par contre, le secteur privé est bien présent et il pourra trouver dans ces tournures de quoi poursuivre le « business as usual ».

DCOP21 : Un accord pour [l’Humanité] [quelques-uns]?/ CCFD-Terre Solidaire

Anne-Laure Sablé, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire.

« L’Accord relègue tout d’abord la question primordiale des droits humains (dont le droit à l’alimentation) au second plan en l’excluant de l’article 2 (objectifs de l’Accord). « La promotion, le respect et la protection des droits humains devraient pourtant conditionner toute action engagée pour lutter contre les dérèglements climatiques. Il s’agissait de la condition sine qua non pour poser les bases d’un accord juste. Comment peut-on parler aujourd’hui de justice climatique ? Nous devrons faire preuve de vigilance et assurer un suivi des actions mises en oeuvre et de leurs impacts sur les populations locales pour rendre les gouvernements responsables et redevables », déclare

« On voit bien qu’en faisant l’impasse sur la sécurité alimentaire, c’est en fait le modèle agro-industriel actuel que l’on cherche à protéger alors qu’il faudrait le remettre en question. Espérons que cette référence à la « production alimentaire » ne tuera pas dans l’œuf les négociations de la COP22, où se dérouleront les premières discussions sur l’agriculture. Ce n’est pas un bon signal, sachant que cette notion conduit à des pratiques qui menacent déjà la souveraineté alimentaire des populations ».

Maureen Jorand, chargée de plaidoyer au CCFD-Terre Solidaire.

« Loin d’assurer des actions transformationnelles, le LPAA ouvre la voie aux accaparements de terres, aux OGM et autres pratiques relevant du business as usual qui nuisent à l’environnement et aux droits fondamentaux des populations. En installant cet Agenda dans la COP 21, la France a contribué à réduire l’ambition de l’Accord. Le LPAA  donne l’impression que la COP21 s’est penchée sur le secteur agricole avec des initiatives dédiées, mais il faut rappeler que le mot « agriculture » n’apparait pas une seule fois dans l’Accord ! C’est pourtant un secteur déterminant dans la lutte contre les dérèglements climatiques ».

« Dans la vision de l’Accord, les terres deviennent de simples outils de stockage et de compensation des émissions. Et elles constituent l’un des éléments clés de la vision à long terme. Mais les terres ne sont pas des calculettes à carbone ! Des populations vivent dessus, en vivent aussi. Comment dès lors les assimiler uniquement à des puits ? Cela ouvre la porte à une financiarisation accrue de la nature et aux accaparements de terre. Surtout cela permettra de dédouaner les plus grands pollueurs qui au lieu de réduire leurs émissions, iront séquestrer  du carbone, en particulier dans les pays du Sud »

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Une réflexion au sujet de « COP21 – Accords et à cris »

  1. J’ai essayé moi-même de lire cet accord, j’avoue que le droit international a eu raison de ma bonne volonté. Voici succinctement mon humble avis, et l’avis d’un ministre spécialement concerné par la question :
    La démarche me semble bonne, mais les objectifs si lointain et si abstrait, que le bas peuple oubliera vite qu’il a son rôle à jouer, et retournera vite dans l’église de la sainte consommation.
    «L’histoire jugera le résultat non pas sur la base de l’accord d’aujourd’hui, mais sur ce que nous allons faire à partir d’aujourd’hui», a réagi Thoriq Ibrahim, ministre de l’Environnement des Maldives et président du groupe des Petits Etats insulaires.
    Tout reste à construire, attendons les décisions concrètes, et par nos achats défendons l’agriculture paysanne.
    Michel

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