CHINE – Quand les communistes commencent à voir vert

« Que ce soit du fait de la conception confucéenne de l’unité entre la nature et l’homme, ou de la perception taoïste du Dao reflétant la nature, ou bien encore de la croyance bouddhiste que tous les êtres vivants sont égaux, la philosophie chinoise a aidé notre culture à traverser les siècles. Elle peut être un levier puissant pour prévenir une crise environnementale majeure et construire une société harmonieuse. »

2015 Chine Pan YunLa citation est vieille de 14 ans. Elle vient pourtant d’être remise au goût du jour. C’est Pan Yue, cadre du Parti communiste chinois qui s’exprime dans une étude détaillée sur la place de la religion et de la philosophie chinoises.

A 55 ans, ce gendre de l’ex-général Liu Huaqing (1), fut l’un des vice-ministres du ministère pour la Protection de l’environnement (anciennement SEPA – State Environmental Protection Administration, 国家环境保护总局), ayant une activité préalable de journaliste spécialisé sur les questions environnementales. Un homme de l’appareil communiste qui ose pourtant exprimer ses questions, comme il l’a fait quand il a prôné une reforme de la politique religieuse du Parti, pour prendre davantage en compte les aspects importants de l’expérience religieuse. Ce même vice ministre qui dénonce, au nom d’un « marxisme écologique » les excès du productivisme chinois, épuisant les ressources naturelles et l’environnement du pays. Car, en rejetant le religieux (comme opium du peuple, selon la doxa communiste) et en négligeant l’environnement par son matérialisme athée, le pays « paye le prix aujourd’hui », selon ce communiste réformateur.

Des expressions suffisamment dérangeantes pour entraîner sa disgrâce durant six ans, sous la forme d’un long silence imposé. Il semble que ce temps soit fini. Le voici, en effet, chargé des services délivrant les autorisations liées aux questions environnementales. L’accident de Tianjin et son bilan catastrophique (173 morts, 800 blessés et une forte pollution locale) est sans doute passé par là, poussant les autorités à agir pour rassurer la population.

Alors que le taoisme chinois connaît un vrai renouveau autour des questions environnementales, l’encyclique du pape François pourrait du coup, selon Michael Sainsbury, rédacteur en chef adjoint de l’agence d’information catholique Ucanews, jouer le rôle d’un nouvel axe de réconciliation entre différentes visions du monde autour d’un même respect de la nature, après 75 ans d’incompréhension et de statu quo entre le régime chinois et le Vatican.

DL

Source : Merci à Xavier pour l’info : Eglise d’Asie, art. traduit : The Communist Party’s righteous, green crusader returns, par Michael Sainsbury, dans Global Pulse Magazine. 3 septembre 2015, sur le site Internet du Global Pulse Magazine. La traduction est de la Rédaction d’Eglises d’Asie

Art. en anglais de 2009 sur ce ministre chinois

(1) Principal commandant chargé des opérations de répression place Tian’anmen, à Pékin, en juin 1989.

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Une réflexion au sujet de « CHINE – Quand les communistes commencent à voir vert »

  1. Bien! Je reviens de Pékin et c’est vraiment choquant de voir et de subir les embouteillages dus à toutes ces grosses berlines avec une seule personne…et cette fureur immobilière! nous avons du renoncer à aller àTienTsinsur les traces de Teilhard de Chardin ; que le Pape emprunte ses pas vers la Convergence!

    Henri Charignon

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