ROME – Des biscuits énergétiques pour la FAO

2015 FAO Pape FrançoisC’est la 39e session de la Conférence annuelle de la FAO, l’organisme de l’ONU dédié à l’alimentation et à l’agriculture dont le siège est à Rome. Avec un thème qui a retenu l’attention du pape François :  » Protection sociale agricole et développement durable »

Les 450 délégués de cette conférence ont pu écouter le commentaire du pape argentin sur leur réflexion et leurs travaux, qui pourrait bien constituer une introduction de certains éléments de son encyclique prochaine. Pour le Pape, il devient impératif de changer les mentalités et les modes de vie, afin que tous puissent avoir accès à la nourriture, un droit fondamental et inaliénable.

Les extraits transmis ce matin ont une traduction un peu approximative. Le texte sera donné dès que possible

SECURITE ALIMENTAIRE et FAIM dans le monde

 »Face à la pauvreté de beaucoup de nos frères et soeurs, la question de la faim et le développement agricole demeurent des problèmes graves. (…) Si la tendance à se détourner des questions difficiles est humaine (…), nous devons répondre à l’impératif de l’accès à la nourriture nécessaire, car c’est un droit pour tous. Les droits me prévoient aucune exclusion. Certes, on peut se rassurer parce que le 1 milliard 200 millions de personnes souffrant de la faim en 1992 a été réduit, même si la population mondiale augmente. Cependant,, les engagements, les actions concrètes et les politiques d’investissement sont peu efficaces si l’on néglige l’obligation d’éradiquer la faim et de prévenir toutes les formes de malnutrition tout le monde ».

GASPILLAGE ALIMENTAIRE

 »Les statistiques relatives aux déchets sont extrêmement préoccupantes puisque un tiers de la nourriture produite est perdue. Cette question est essentielle, et il faut réfléchir sur l’utilisation non alimentaire des produits agricoles, qui sont utilisés pour large dans l’alimentation animale ou pour produire des biocarburants. Certes, nous devons nous assurer des conditions environnementales plus saines, mais sans continuer à exclure certains. Il faut sensibiliser tous les pays sur le type de la nutrition adapté selon les latitudes…en qualité et en quantité, mesurer les incertitudes déterminées par les variations du climat, la croissance de la demande et l’incertitude des prix… Mais quel est l’impact sur le marché avec ses règles sur la faim dans le monde? Parmi les études que vous avez faites, il est que depuis 2008 le prix de la nourriture a changé sa tendance doublé après stabilisée, mais toujours avec des valeurs élevées par rapport à la période précédente. Donc, la volatilité des prix entrave les plans d’aide aux plus pauvres ou à qui reçoit une alimentation minimale…

« rappelons-nous que les produits de la terre ont une valeur sacrée car elles sont le fruit du travail des hommes ». Il faut également « lutter contre l’accaparement des terres et donc des ressources par des entreprises transnationales, qui appauvrissent du coup doublement les populations locales » qui se retrouvent sans terre, et sans nourriture.

CHANGEMENT CLIMATIQUE et SPECULATION SUR LES PRODUITS ALIMENTAIRES

A juste titre nous sommes tous préoccupés par le changement climatique, mais nous ne pouvons pas oublier la spéculation financière sur les denrées de base » que sont le blé, le riz, le maïs ou le soja… Or nous sommes convaincus à l’inverse que les produits de la terre ont une valeur sacré. Ils sont le fruit du travail quotidien des individus, les familles, les communautés, les agriculteurs ».

Quant au « changement climatique, il nous oblige penser au déplacement forcé de populations et aux nombreuses tragédies humanitaires par manque d’eau et de ressources. L’eau, fait déjà l’objet d’un conflit qui risque d’augmenter. Il ne suffit pas d’affirmer l’existence d’un droit à l’eau sans s’efforcer de parvenir à une consommation durable de ce bien, comme au traitement de tous les déchets… L’utilisation des terres demeure un problème grave. La captation de terres agricoles par des sociétés transnationales et des Etats ne prive pas seulement les agriculteurs d’un bien essentiel. Elle affecte directement la souveraineté des pays en développement. Il y a trop de zones où les aliments sont produits dans des pays tiers et où la population locale est doublement appauvrie, démunie de nourriture mais aussi de terre… La production alimentaire mondiale est en grande partie fruit du travail d’exploitations familiales. Par conséquent, il est important de renforcer le partenariat et des projets en faveur des entreprises familiales, et d’encourager les états à réglementer équitablement l’utilisation et la propriété des terres. Cela peut aider à éliminer les inégalités, aujourd’hui au centre de l’attention internationale »

SOBRIETE et DEVELOPPEMENT

« Nous sommes plus enclins à déléguer, à disserter, à rédiger des documents. C’est somme toute une attitude humaine » reconnait le Pape François. Mais les problèmes de la faim, de la malnutrition et de l’accès aux ressources requièrent « une volonté, un engagement, et des actions ». « Que pouvons-nous faire », se demande alors le Pape ? Il faut avant tout « réduire le gaspillage, changer de mode de vie, car la sobriété ne s’oppose pas au développement au contraire ! Elle en est devenue une condition sine qua non ». Pour la FAO, cela signifie donc plus de décentralisation, afin de rester au milieu des populations rurales, et de comprendre leurs besoins.

RESILIENCE et RESISTANCE

 »L’objectif de la FAO qu’est le développement agricole comprend le travail de la terre, la pêche, l’élevage, l’exploitation forestière. Ce développement doit être au centre de l’activité économique… Cela implique de soutenir une résilience efficace, le renforcement spécifique de la capacité des communautés à faire face aux crises naturelles ou provoquées par l’action humaine, en faisant attention aux différentes exigences. Ainsi sera-t-il possible de tendre à un niveau de vie décent. Dans cet engagement il y d’autres points critiques. Tout d’abord, il semble difficile d’accepter résignation, désintérêt et même absence des états. On a parfois le sentiment que la faim est un sujet impopulaire, un problème insoluble… Les raisons qui conduisent à limiter les contributions d’idées, de technologie et d’expertise financière naissent de la réticence à prendre des engagements contraignants. On se cache trop souvent derrière le prétexte d’une crise économique qui serait mondiale mais aussi derrière l’idée que la faim frapperait tous les pays… C’est oublier que si la pauvreté est un problème social dans un pays, on devrait pouvoir trouver des solutions structurelles…et mettre en place des politiques sociales équitables. Cela peut changer si nous replaçons la solidarité au coeur des relations internationales ». Le Pape parle également de « la nécessité d’éduquer les gens à une alimentation correcte… Nous savons qu’en Occident le problème réside dans la sur-consommation et le gaspillage. Dans le Sud, cependant, pour assurer la nourriture est nécessaire d’encourager la production locale. Ainsi, dans de nombreux pays la faim ne sera plus un phénomène chronique… Les aides d’urgence ne suffisent plus, d’autant qu’elles ne parviennent pas toujours les bonnes mains. La dépendance des grands producteurs s’impose si le pays n’a pas les moyens financiers. La population finit par ne pas manger suffisamment et la faim grandit ».

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DL

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