SUISSE – Y a le feu au lac

2015 Migros Eglises et écologieJe ne sais pas très bien ce qu’est le magazine numérique suisse Migros mais il parle d’écologie et des Eglises. Donc ça m’intéresse. Occasion aussi de lire Hans Ulrich Steymans, doyen de la Faculté de théologie à l’Université de Fribourg et membre d’Oeku.

L’Eglise se met au vert

Le pape François travaille à la rédaction d’une encyclique consacrée à la relation entre l’homme et la nature en vue de la conférence Climat 2015 à Paris. Le signe d’un engagement général des chrétiens en faveur de l’environnement ? L’écologie sera-t-elle bientôt en tête des priorités de l’Eglise catholique? Le pape François peaufine actuellement sa prochaine encyclique consacrée aux relations entre l’homme et la nature. La première fois qu’un souverain pontife s’exprime sur le sujet dans un document d’une si haute importance. La publication du texte est prévue en amont de la Conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra à Paris en décembre prochain. Cette prise de position en faveur de l’écologie n’a surpris personne. Deux semaines après son élection, le cardinal Bergoglio confiait avoir choisi son nom en hommage à saint François d’Assise, parce que ce dernier s’était distingué en enseignant aux chrétiens «le respect profond de toute la création et de la protection de notre environnement».

La nouvelle réjouit bien sûr les défenseurs de la cause écologique au sein des communautés chrétiennes. Et son engagement pour l’écologie pourrait avoir des répercussions, espère Hans Ulrich Steymans, doyen de la Faculté de théologie à l’Université de Fribourg et membre du comité de l’association Oeku, Eglise et Environnement. Une implication de l’Eglise d’autant plus justifiée que le changement climatique n’est pas uniquement une question scientifique. «Il y a également une justice écologique avec de fortes implications sociales: les conséquences du changement climatique comme la crue du niveau de la mer touchent en premier les populations des pays les plus pauvres, par exemple le Bangladesh…»

Les rapprochements entre les religions chrétiennes et l’écologie ne sont pas nouveaux. Une éco-théologie académique au sein des institutions de recherche a déjà pris naissance à partir des années 1980 dans le monde anglo-saxon. En francophonie et dans le monde germanophone, il se fait pourtant encore discret… «Au sein de l’Eglise catholique, certains hésitent encore. Ils considèrent parfois ces théologiens comme trop new age à leur goût!»

Mettre en avant le biocentrisme

Si ces réflexions mettent du temps à se mettre en place, c’est que notre vision du monde s’appuierait encore sur une société dictée par l’anthropocentrisme. «Depuis l’Antiquité, et plus encore depuis la Renaissance, l’homme est considéré comme l’être le plus important.» Mais aujourd’hui l’Eglise peut adopter un autre point de vue: «le biocentrisme, dans lequel tout être vivant est mis en avant», suggère le théologien. Un nouveau paradigme qui, selon Hans Ulrich Steymans, ne contredit en rien les textes sacrés. «On peut interpréter la Bible différemment. Dans la Genèse par exemple, il est certes écrit que l’homme doit gouverner la Terre. Mais l’on remarque aussi que celui-ci n’est pas le but final des œuvres créatrices de Dieu. Sa dernière tâche consiste en effet, le septième jour, à instaurer un jour de repos. Non seulement pour l’homme mais également pour tous les êtres vivants!»

Aujourd’hui le thème de l’écologie a déjà su séduire plusieurs paroisses helvétiques, catholiques comme protestantes. La partie alémanique est légèrement plus en avance que la Suisse romande,indique Otto Schäfer, membre également du comité de l’Oeku. L’Eglise bernoise a par exemple déjà ajouté à l’agenda des grandes fêtes annuelles le dimanche de la création en septembre.» Reste à déterminer quel impact peuvent avoir réellement les religions sur les comportements des fidèles. «Le lien n’est pas direct entre les changements en termes de spiritualité et ceux qui concernent les modes de vie, reconnaît le pasteur et biologiste. Mais je reste confiant que sur le long terme les convictions religieuses pourront amener à des comportements plus respectueux de l’environnement.» L’association Oeku s’engage dorénavant pour des paroisses moins gourmandes en énergie. «Les Eglises ont compris que pour que leur discours soit crédible, elles devaient montrer l’exemple!» Un mouvement de labellisation des bâtiments paroissiaux selon des normes écologiques strictes est en cours.

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Une réflexion au sujet de « SUISSE – Y a le feu au lac »

  1. étonnant article dans la revue de l’une des deux plus grosses chaînes de grande distribution suisse.
    Imagine-t-on la même chose en France ?
    reste que le consumérisme proné généralement par ces grandes enseignes doit faire plus qu’un verdissement pour converger vers la sobriété heureuse …

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