ETATS-UNIS – Ce pape qui résiste aux conservateurs.

L’ami Bertrand me propose une information que je partage avec plaisir, puisque bien dans le ton du blog E&E. Merci à lui, et à sa soeur Anne qui a traduit l’article du New York Times.

2015 Pape Etats unisCe blog s’en est déjà fait l’écho, les cathos climato-sceptiques affairistes des deux côtés de l’Atlantique s’agitent dans le bénitier. Aux Etats-Unis, de nombreux  articles de journaux analysent la confrontation grandissante entre un pape « trompé par des soi-disant experts des Nations Unies » qui se prépare à délivrer une encyclique dans la lignée des conclusions du GIEC, et des conservateurs, blessés dans leur foi dans les affaires. Quand ceux-ci sont par ailleurs catholiques, la mayonnaise monte, les parades se préparent, et les paroles deviennent aigres. Le Pape devrait prochainement s’adresser notamment sur ce sujet au congrès US, face à nombre d’élus républicains sceptiques,  dans un contexte de course à la nomination pour les présidentielles.  Un grand moment d’histoire en perspective.    Tout cela n’empêche pas  l’Eglise catholique  américaine de  préparer une grand campagne de 12 semaines de sensibilisation  pour accompagner la diffusion de l’encyclique…  

Traduction de l’article NYT

Le pape François accélère sa campagne sur le changement climatique, au grand dam des Conservateurs. Depuis sa première homélie en 2013, le pape François prêche la nécessité de protéger la terre et la création toute entière dans un message plus large sur l’environnement, sans que cela ait prêté à controverse jusqu’ici.

Mais à présent que le pape François s’apprête à livrer cet été une encyclique qui ne manquera pas d’exercer beaucoup d’influence,  et dont le sujet est la dégradation de l’environnement et les effets sur les pauvres du changement climatique dû aux activités humaines, les conservateurs américains, qui ne souhaitent pas voir l’église catholique  s’investir avec toute sa puissance  dans une cause qui n’est pas la leur,  s’inquiètent.

Pour préparer l’encyclique, les responsables les plus éminents du Vatican vont tenir un sommet mardi pour faire monter la pression avant la campagne du pape François, qui souhaite persuader les dirigeants mondiaux de mettre en place un accord global au niveau des Nations Unies, sur le changement climatique. Cet accord pour la première fois engagerait toutes les nations sur la voie d’une réduction des émissions responsables du réchauffement climatique au moyen de l’adoption de nouvelles lois très contraignantes.

Le sommet du Vatican se focalisera sur les liens entre pauvreté, développement économique et réchauffement climatique ; des  scientifiques spécialisés dans l’étude du climat, des chefs religieux et des économistes comme Jeffrey Sachs, de l’Université de Columbia, apporteront leur participation en donnant des conférences ou en animant des séminaires. Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki -Moon, qui dirige les efforts devant aboutir à l’accord de Paris, prononcera le discours d’ouverture. Les officiels du Vatican, qui depuis plus d’un an aident le pape François à préparer son message, ont déjà tenu plusieurs réunions à ce sujet. Ils ont rencontré, le mois dernier, l’administratrice de l’Agence pour la Protection de l’Environnement, Gina McCarthy.

Aux Etats Unis, selon Dan Misleh, directeur exécutif  de la Convention Catholique pour le Climat, l’encyclique sera accompagnée d’une campagne de douze semaines, actuellement en phase de préparation avec la participation de quelques évêques catholiques, avec pour objectif de  poser le problème du changement climatique et de la responsabilité environnementale à travers des sermons, des homélies, mais aussi  par des interviews dans les médias et par des lettres adressées aux organes de presse.

Mais cet effort n’est pas du goût de bien des  conservateurs américains, parmi lesquels des membres de l’institut Heartland, un groupe libertaire en partie financé par la fondation Charles G. Kosh, dirigée par les frères Kosh, des industriels milliardaires, opposés à toute politique de protection climatique. « Le Saint Père est trompé par de soi-disant experts des Nations Unis, qui ne méritent pas sa confiance », a déclaré Joseph Blast, le président de l’institut Heartland. «  Bien que le pape soit pétri de bonnes intentions, il rendrait à son troupeau et au monde entier un très mauvais service en mettant son autorité morale au service des Nations Unies et de leur programme d’action pour le climat, qui est sans réel fondement scientifique. » L’institut a l’intention de tenir une conférence de presse mardi à Rome  pour protester contre le sommet du Vatican.

Mais les partisans d’une politique contre le réchauffement climatique voient l’intervention prévue du pape devant le congrès américain comme un moment important, étant donné que le Congrès compte environ 30% de catholiques parmi ses membres, plus nombreux que ceux appartenant aux  autres dénominations, si l’on en croit une étude publiée cette année par le Pew Research Center.  Le président du Congrès, John A. Boehner, un républicain de l’Ohio, a invité le pape à s’exprimer devant le Congrès, mais selon certains catholiques, Boehner devrait se préparer à des moments difficiles. Boehner, qui est catholique, a souvent critiqué le gouvernement Obama pour ce qu’il appelle son programme environnemental  « destructeur d’emplois ».

Pour le père Thomas Reeve , analyste au journal « National Catholic Reporter »Boehner n’a pas du tout mesuré la portée de l’ invitation qu’il a faite au pape de venir s’exprimer devant le Congrès . « Vous imaginez la réaction des Républicains quand il dira : « Vous devez faire quelque chose pour lutter contre le réchauffement climatique »? » De plus, un certain nombre de catholiques, dont Jeb Bush, Marco Rubio, Bobby Jindal, Chris Christie et Rick Santorum, se préparent à s’affronter pour remporter la nomination présidentielle chez les républicains, et la plupart mettent en question les fondements scientifiques du lien entre changement climatique et activités humaines.

Plusieurs intellectuels conservateurs catholiques, dont Robert P. George, un professeur de Droit de l’Université de Princeton, s’attendent à ce que le message du pape vienne soutenir la vaste majorité des scientifiques qui pensent que le changement climatique est provoqué par l’activité humaine ; ils ont donc d’ores et déjà publié des articles rappelant aux catholiques  que les déclarations du pape en matière scientifique ne sont pas nécessairement fondées et n’engagent que lui. Maureen Mullarkey, peintre et écrivaine, dans le journal conservateur First Things a déclaré que « le pape François salit sa fonction en utilisant des formulations  démagogiques visant à forcer la population à agir en matière de climat de façon inconsidérée et sans autre guide et fondement qu’une propagande pseudo-théologique. »

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