ECOLOGIE – L’arbre qui ne cache plus la forêt

le boulerL’ami Hervé, chercheur à l’ONF, qui est déjà intervenu au cours des journées de Roche du Theil, au centre spirituel eudiste à Redon, donne une nouvelle conférence à Vannes, le 16 avril prochain. De quoi réfléchir à notre degré de résilience.

Hervé le Bouler (à droite sur la photo), qui est chargé de recherche à l’ONF sur les impacts des changements climatiques et l’adaptation de la forêt et de la biodiversité, était intervenu à Redon en 2008. Il interpellait déjà à cette époque les communautés locales :  « Les Églises paraissent assez éloignées des questions portées par les écologiques alors que les deux travaillent sur des valeurs proches ». Et aussi : « L’Église accorde une grande importance au début et à la fin de vie. Mais que dit-elle du cadre où se déroule cette vie ? »

Petite présentation de la conférence qu’il va donner jeudi prochain

Le climat change, vite, trop vite : les forêts, les plantes,  les hommes et les territoires sauront-t-ils s’adapter ?

Conférence d’Hervé Le Bouler**, à Vannes, le Jeudi 16 avril à 18 heures.
Université de Bretagne Sud, Vannes Est sur le campus de Tohannic, amphithéâtre Yves COPPENS.

Les changements climatiques provoqués par l’activité humaine sont en cours et désormais inéluctables. Ces changements dans la vie sur terre et dans le fonctionnement des sociétés dépendront de l’évolution de nombreux facteurs qui interagissent entre eux et dont certains sont à ce jour inconnus comme l’évolution future des émissions de gaz à effet de serre (GES). Si le futur réel est incertain, cependant tous les futurs imaginables ne sont pas possibles. En un lieu, comme le pays de Vannes, les climats futurs plausibles peuvent être bornés à un nombre limité de scénarios qui constituent une sorte de cône des possibles. Le climat de Vannes en 2070, ne ressemblera à rien de ce que Vannes a connu depuis des siècles. Il pourra ressembler par exemple à celui qui règne aujourd’hui à Barcelone ou Bordeaux ou Lisbonne et même Alger; mais certainement pas à celui de Pointe à Pitre, Miami, Tombouctou ou Le Caire.

Ces différents climats futurs locaux plausibles sont aujourd’hui très bien décrits avec une précision géographique fine de l’ordre de quelques kilomètres. On peut limiter l’incertitude climatique locale à 4 ou 5 scénarios qui représentent donc les futurs possibles d’une petite région comme le pays de Vannes. Pour chaque scénarios il est alors possible de décrire, et de façon assez précise, ce qui se passerait au niveau des espèces d’arbres en place, des productions agricoles et des plantes et arbustes cultivées et cultivables dans les jardins, les parcs, les champs et les bois. C’est l’objet de la modélisation scientifique des impacts. On rend ainsi imaginable, lisible, visible, presque palpable, ce que seraient la vie, les paysages, la végétation avec 2, 3, 5 ou 6 degrés de plus.

La projection des modèles scientifiques permet leur traduction en descriptions, concrètes et compréhensibles par tous, de l’environnement local et des paysages. Ils montrent que pour la Bretagne sud, s’il y a quelques avantages au réchauffement pour l’homme et les plantes, dont la forte baisse du risque de fortes gelées ; il y a à l’inverse une quantité beaucoup plus grande d’effets négatifs. L’augmentation des sècheresses estivales, des canicules, du risque d’incendie de forêt, l’arrivée de nouveaux insectes et maladies conduiront de nombreuses espèces locales à dépérir et régresser alors que la lenteur des déplacements naturels des plantes ne permettrait pas à des espèces plus adaptées d’arriver naturellement du Sud. Toutes les espèces animales, les insectes, les oiseaux les mammifères qui dépendent de la végétation seront aussi affectés comme la vie collective des hommes. On ne vit pas de la même façon quand il fait ordinairement 25 degrés l’été et quand il fait 35 à 40 degrés.

Les modèles scientifiques ne prédisent pas l’avenir, mais ils aident à l’imaginer. Ils évitent les fantasmes à propos de ce qui en toute hypothèse ne se produira pas comme la désertification de la région vannetaise, ou l’arrêt du Gulf Stream produisant une glaciation: ni les dromadaires ni les ours blancs ne sont prévus au programme. Les modèles montrent cependant qu’au delà des incertitudes il y a bien des ruptures graves dans l’environnement, la biodiversité, et la civilisation qui se produisent à partir de +2 + 3 degrés. De toute façon l’avenir des arbres et de la biodiversité n’est pas rose, mais à partir de +2 degrés il devient franchement sombre. Certes en savoir plus sur ce qui va se passer, ne suffira pas à l’empêcher mais il permettra de prendre des mesures préventives pour en atténuer les effets. L’ensemble de la vie sur terre comme la civilisation est face à ces enjeux, il se peut même que les arbres, les forêts et les plantes aient plus de ressources que nous et qu’ils soient autant une solution qu’un problème.

La résilience des territoires est un enjeu très fort du futur.  Autant que de récupérer une vie normale après les chocs, devenir résilient c’est de s’y préparer avant qu’ils n’arrivent et même si ils n’arrivent pas cette préparation reste utile. Parce que leurs actes ont des conséquences sur des décennies et mêmes des siècles et que les arbres liés au sol sont extrêmement dépendant du climat, les forestiers vivent déjà avec les changements climatiques. Leur expérience, leurs réflexions et leur façon de préparer l’avenir sont précieuses car demain c’est toute la société qui devra affronter les mêmes problèmes d’anticipation, d’adaptation et de résilience.

 

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