LIVRE – L’autre Naomi

kleinUne fois n’est pas coutume (et n’ayant pas beaucoup de temps en ce moment), je vous livre le texte d’un édito que j’ai commis pour le « Pax Info », journal interne du mouvement Pax Christi.

Un numéro spécial que vous pouvez consulter ici, (PXInfo 155. Mars 2015), donnant de nombreuses infos sur les initiatives prises par ce mouvement, en lien avec le passionnant colloque qui s’est déroulé à Paris samedi dernier.

Drôle de climat

Un pavé. Le dernier ouvrage de Naomi Klein dépasse allégrement les 600 pages. Mais le travail d’enquête de cette journaliste canadienne vaut la peine de s’y plonger. C’est elle déjà, il y a quelques années, qui avait dénoncé la tyrannie des marques commerciales et les pratiques de choc des économistes néo-libéraux actuels. Dans cette lignée, elle plonge cette fois-ci dans l’univers des décideurs politiques et économiques confrontés au dérèglement climatique en cours. Face au constat quasi-unanime des scientifiques (97 % des climatologues) sur la réalité de ce dérèglement, sur ses origines liées en grande partie aux activités industrielles humaines et sur ses conséquences néfastes notamment pour les plus pauvres, nos décideurs sont bien à la peine.
Les uns, contraints par les plus conservateurs de leurs rangs, ne pensent qu’au maintien d’un statu quo et privilégient ainsi des « mesurettes » sans impact sur les questions de fond. Les autres, persuadés que la marche forcée du capitalisme néo-libéral est la seule solution pour maintenir leurs avantages, déploient des trésors d’ingéniosité pour faire douter de tout les populations, semant ainsi la confusion et l’inaction.

L’analyse de Naomi Klein est rude. Hélas, elle fait aussi souvent mouche. Des enquêtes récentes ont encore montré comment les milieux climatosceptiques (américains notamment) étaient soutenus et arrosés par les multinationales, notamment des industries énergétiques. Suffisamment pour empêcher toute décision courageuse d’envergure pour limiter les dégâts de la crise écologique contemporaine. Et pour continuer pendant ce temps là, à faire des affaires juteuses dans une monde sans frontières. A quelques semaines de la publication de l’encyclique du pape François sur les enjeux de l’écologie contemporaine, il faut espérer que sa dénonciation de la culture du « déchet » (humain, social, environnemental) réveille, elle, enfin nos consciences. Et nous aide à changer d’air. Pour de bon.

DL

 

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