VIE RELIGIEUSE – Une carte décisive à jouer… mais quand ?

unmonastery_v_1-6d0ceL’ami Samuel, à La Croix, a couvert la rencontre organisée par Justice et Paix avec les instituts religieux en France, le 2 février dernier. Où l’on voit qui si l’Année de la vie consacrée est bien lancée, il y a encore du boulot pour qu’elles se mobilisent collectivement sur les urgences écologiques…

On lira donc avec intérêt le compte rendu de cette journée qui témoigne à la fois d’un vrai frémissement mais aussi d’un vrai retard en terme de mobilisation collective. On pourra aussi découvrir, en parallèle, un projet de travail collaboratif aconfessionnel, unMonastery,  qui utilise, lui, le modèle de fonctionnement monastique, pour faire émerger de nouveaux possibles dans les questions écologiques, de nouveaux modes de vie etc. Paradoxal, non ?

 

En quoi le climat est-il un enjeu spirituel pour les communautés religieuses ? La question était au cœur des échanges, lundi 2 février à la Conférence des évêques (CEF), lors d’une session organisée par Justice et Paix avec les instituts religieux, alors que se prépare en France la 21e conférence internationale sur le climat. « Nos communautés vieillissent et beaucoup se sentent un peu dépassés par ces questions », reconnaît Marie-Laure Denès, religieuse dominicaine chargée des questions de famille et de société à la CEF. Toutefois, ces dernières années, nombre de congrégations se sont emparées des questions environnementales en les inscrivant dans leurs chapitres, avec des objectifs précis : réflexion théologique sur la création et le bien commun, interrogation sur les modes de vie et de consommation à la lumière des vœux prononcés, ou du charisme de l’institut… « La pauvreté, ce n’est pas forcément acheter moins cher, illustre Marie-Laure Denès. Comment, dès lors, passer du moins cher au plus juste ? »

La prise de conscience passe par les petits gestes du quotidien

« L’approche qu’une congrégation peut avoir sur les questions de climat et d’environnement dépend beaucoup de l’endroit où elle se trouve », avance Sœur Gisèle Mérot, de la congrégation de Saint-Gildas-des-Bois, en Loire-Atlantique. Certaines, comme cette communauté rurale qui a confié l’exploitation de ses terres à une association de réinsertion en lien avec des agriculteurs, sont plus sensibles à l’impact local (pollution, précarité, éducation). D’autres, de par leur implantation dans l’hémisphère Sud, connaissent mieux les problématiques liées aux déplacements de populations, à la grande pauvreté et aux conflits autour des ressources. Mais au niveau individuel, la prise de conscience passe de plus en plus par les petits gestes du quotidien et la gestion matérielle des communautés. « Hier, c’était l’affaire des économes, poursuit Sœur Gisèle. Aujourd’hui, la façon de gérer nos biens est devenue un lieu de mission et d’interrogation privilégié pour la communauté. Comme pour nos biens, nous ne sommes pas propriétaires de la Création, mais des gérants responsables. » Pour l’économiste Elena Lasida, l’expérience et le mode de vie des religieux permettent de montrer au reste de la société une autre manière de vivre ensemble. « Pour ces hommes et ces femmes, le collectif n’est pas d’abord une contrainte mais un choix. Dans ce sens, les congrégations ont une carte décisive à jouer. »

Source : Art. La Croix Samuel Lieven, 5 février 2015

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