PAPE – On ne joue pas avec le pain ni avec la terre-mère

Vendredi dernier, le pape François recevait deux cents participants à la conférence nationale des « cultivateurs directs » italiens, Coldiretti, un organisme fondé il y 70 ans et qui représente la plus grande organisation agricole en Europe, avec plus d’1,5 millions de membres.

Je ne suis pas bien sûr de savoir ce que c’est qu’un « cultivateur direct » (j’imagine que la traduction de l’italien est approximative), mais je sais au moins ce que le pape argentin leur a partagé. Une belle réflexion sur l’agriculture aujourd’hui. Et un appel à repenser le modèle économique dominant qui la dirige aujourd’hui. Autant de points d’attention qui seront, à coup sûr, repris abondamment dans l’encyclique à venir…

« Il n’y a pas d’humanité sans culture de la terre; il n’y a pas de vie bonne sans la nourriture que celle-ci produit pour les hommes et les femmes de tout continent. L’agriculture montre ainsi son rôle central. Le terme cultivateurs directs, fait référence à cultiver qui est une activité typiquement humaine et fondamentale. En effet, dans le travail des agriculteurs, on trouve l’accueil du don précieux de la terre qui nous vient de Dieu, mais aussi sa valorisation par l’action tout autant précieuse d’hommes et de femmes appelés à répondre avec audace et créativité au mandat confié depuis toujours à l’homme, de cultiver et protéger la terre ».

C’est pourquoi, la tâche de ceux qui cultivent la terre en lui consacrant généreusement leur temps et leur énergie se présente comme « une véritable vocation qui mérite d’être reconnue à sa juste valeur, également dans les choix politiques et économiques. Il s’agit d’éliminer ces obstacles qui pénalisent une activité si précieuse et qui la rendent souvent peu attirante aux nouvelles générations, même si statistiquement on enregistre une hausse du nombre d’étudiants des écoles et des instituts agraires, qui laisse prévoir une augmentation de travailleurs dans le secteur agricole. Il faut également prêter attention à la soustraction de terre à l’agriculture, déjà trop répandue, en vue de les destiner à d’autres activités apparemment plus rentables ».

« Le Concile Vatican II a rappelé la destination universelle des biens de la terre, mais en réalité le système économique dominant exclut beaucoup de monde de leur jouissance. L’absolutisme des règles du marché, la culture du déchet et du gaspillage qui dans le cas de la nourriture prend des proportions inacceptables, liés à d’autres facteurs, provoquent souffrance et misère pour de nombreuses familles. C’est donc tout le système de production et de distribution de la nourriture qui doit être entièrement repensé. Comme nous l’ont enseigné nos grands-parents, on ne joue pas avec le pain ! Le pain participe en quelque sorte à la sacralité de la vie humaine, et ne peut donc être seulement traité comme une marchandise ».

Puis le Pape a souligné que la Genèse parle déjà de l’appel de l’homme non seulement à cultiver la terre mais aussi à la protéger. « Ces deux choses sont, du reste, étroitement liées: chaque agriculteur sait bien combien il est de plus en plus difficile de cultiver la terre à une époque de changements climatiques rapides et d’événements météorologiques extrêmes plus répandus. Comment continuer à produire de la bonne nourriture pour la vie de tous quand la stabilité climatique est à risque, quand l’air, l’eau et le sol même perdent leur pureté à cause de la pollution ? Nous nous rendons vraiment compte de l’importance d’agir rapidement pour la protection de la création ; il est vraiment urgent que les nations réussissent à collaborer pour cet objectif fondamental. Voilà le défi: comment envisager une agriculture qui ait un faible impact environnemental ? Comment faire en sorte que notre façon de cultiver la terre permette en même temps de la protéger? En effet, c’est seulement ainsi que les générations futures pourront continuer à l’habiter et la cultiver ».

« L’invitation consiste en retrouver notre amour pour la terre comme mère, comme dirait saint François, de laquelle nous venons et à laquelle nous sommes appelés à retourner constamment. De là ma proposition de protéger la terre, en faisant alliance avec elle, afin qu’elle continue d’être, comme Dieu la veut, source de vie pour toute la famille humaine ».

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