ROME – 2015, année climatique

Guy m’envoie un article tiré du « The Observer », publié le 27 décembre dernier. Où il est question du climat au Vatican et chez les catholiques. Une bonne petite synthèse des enjeux, vu de Londres.

Le pape François a fait forte impression aux Etats-Unis dans ses capacités d’intermédiaire actif dans le dossier Cuba, une vieille marotte qui encombre la politique étrangère américaine. Le président Obama disait d’ailleurs dans son discours sur l’Etat de l’Union, non sans ironie : « Quand une politique ne fonctionne pas pendant 50 ans, n’est-il pas temps d’essayer autre chose ? »

  • Sera t-il aussi influent sur les questions climatiques, qui seront au coeur de bien des rencontres au cours de l’année 2015 ? Selon Marcelo Sorondo, le chancelier de l’Académie pontificale des Sciences au Vatican, le pape désire en tout cas peser de tout son poids sur les décisions à venir, notamment à Paris en décembre 2015. Mgr Sorondo (que Nicolas Hulot avait rencontré fin 2013) confirme que l’Académie l’appuie sur ce point. C’est ce qu’il a rappelé au cours d’une conférence donnée à Londres, auprès de l’agence catholique du développement (CAFOD). Il souligne qu’un sommet inter-religieux pourrait bien accompagner cette démarche : « L’idée est d’arriver à organiser une rencontre avec des responsables des principales religions pour sensibiliser le grand nombre à l’état de notre climat et la tragédie d’exclusion sociale. »

  • Dans tous les cas, l’encyclique à venir va rejoindre 5000 évêques et 400 000 prêtres à travers le monde (sans compter les femmes et les enfants, comme on dit dans la Bible) : de quoi accélérer bien des prises de conscience. Enfin, le pape rencontrera normalement un certain nombre de responsables à l’assemblée générale de l’ONU à New York en septembre, lorsque les pays du monde entier renouvelleront leur engagement envers les Objectifs de Développement durable, qui prendront le relais des Objectifs mondiaux pour le développement.

 

  • Tout cela, rappelle l’article du The Observer, est à inscrire dans un discours papal très offensif sur le modèle économique actuel qui génère inégalités sociales et destructions écologiques. Le dieu argent y est clairement dénoncé, du fait du décrochage moderne de la fonction monétaire avec sa fonction sociale. Il y a quelques semaines, au cours d’une rencontre avec des ONG à Rome, il l’avait clairement souligné :  » La privatisation des terres et de l’eau, la déforestation, l’usage de toxiques agricoles inappropriés sont quelques uns démons qui expulsent l’homme de sa terre natale. Le changement climatique, la perte de biodiversité et la déforestation montrent déjà les effets dévastateurs dans ces grandes catastrophes dont nous sommes témoins. » Pour Mgr Sorondo, argentin comme le pape : « De la même manière que l’humanité a été confrontée à la révolution industrielle au XIXe siècle, aujourd’hui nous avons induit trop de changements sur l’environnement naturel. Si les tendances actuelles se confirment, le siècle qui vient sera témoin de changements climatiques sans précédent et de destructions d’écosystèmes avec des conséquences tragiques. »

Tous ces signaux positifs doivent aussi tenir compte d’un certain nombre de résistances, au sein même du Vatican et des réseaux catholiques, particulièrement américains. Il faut dire que John Boener, ancien leader républicain à la Chambre des représentants et Rick Santorum, ancien candidat aux présidentielles, sont des républicains catholiques notoirement climato-sceptiques. Tout comme le cardinal australien George Pell, dont les déclarations approximatives avaient marqué les esprits. Du côté évangéliques américains aussi, le pape rencontrera des oppositions notoires aussi sur sa prétention à se mêler de politique et de science. Calvin Beisner, porte-parole du l’Alliance Cornwall pour la défense de la Création, avait déclaré que le mouvement environnementaliste américain était « non-biblique », formant une fausse religion.

Courage François.

DL

 

 

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Une réflexion au sujet de « ROME – 2015, année climatique »

  1. Si Mgr Sorondo associe notamment par leur ampleur la révolution indistrielle et les changements environnementaux, peut-on rêver alors d’une encyclique aussi fondatrice dans le domaine de l’écologie que Rerum Novarum dans le domaine social ? Va t-on voir naître la doctrine Sociale et Ecologique de l’Eglise?

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