DEBAT – Quelle société voulons-nous ?

2015 Colloque CPPAvec bien du retard, le blog E&E veut quand même rendre hommage à la rencontre organisée en novembre dernier à Lyon, par les amis de Chrétiens et pic de pétrole. Un colloque stimulant, qui ose penser la décroissance en régime chrétien notamment ! Presqu’une provocation…

Ils étaient 180 à participer à cette rencontre au sein du Lycée Saint-Marc, pendant deux jours, à la croisée de réflexions théologiques, économiques, scientifiques et philosophiques. De quoi amplement nourrir l’esprit et le coeur des uns et des autres. Avec, comme point de départ, cet étonnement et cette observation plein de bon sens : comment pouvons-nous continuer à rêver à un monde sans limites physiques, alors que nous les connaissons de plus en plus ? Les grandes crises contemporaines ne nous les mettent-elles pas sous les yeux ? Faut-il vraiment faire de la politique pour considérer que le discours néo-libéral est entré dans une phase idéologique plus que contestable ?

Alors, comment penser notre destin commun ? Comment ne pas tout restreindre à des croyances désormais contestées. Le progrès, moteur éternel de l’histoire et de l’économie, en est une. La financiarisation du monde, comme un mouvement irréversible, en est une autre. Cet imaginaire collectif mérite d’être interrogé et dépassé pour retrouver des espaces de créativité et d’évolution sociale.

On pourra retrouver avec intérêt les interventions de ces deux journées ici.

Extrait d’une réflexion de François Pillard, membre de Chrétiens et pic de pétrole.

Mais peut-on refaire société, et comment ? Le système capitaliste est très résilient, mais on peut arrêter d’en être complices et refuser son paradigme, résumé dans le slogan de Buzz l’Éclair : « vers l’infini, et au-delà ». Rompons avec l’idée que la liberté consiste à transgresser toutes les limites : prenons la liberté de nous poser des limites, à la fois maxi pour une soutenabilité globale, et mini pour une soutenabilité individuelle. Nous pouvons placer en priorité politique absolue la question écologique : revenir à une empreinte écologique soutenable. Et dans ce but, il convient de préserver l’espace du Commun en démarchandisant notamment la terre, le travail et la monnaie, et de renverser la question sociale : non pas revendiquer tout ce que la société peut faire pour ses ayants droit, mais ce que chacun peut faire pour la préserver. Enfin la question de la démocratie reste posée, avec ce complément : qui représentera les absents (écosystèmes, générations futures, …) ? Et la justice pourrait resurgir avec le goût pour la pauvreté franciscaine (manquer du superflu), distincte de la misère (manque du nécessaire), en réhabilitant le partage, qui n’est pas l’échange entre possèdants.

DL

Source : le blog de Michel Durand

François PILLARD, 10 novembre 2014

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Une réflexion au sujet de « DEBAT – Quelle société voulons-nous ? »

  1. Qu’elle société voulons nous ? . question de fond. Les organisateurs de ce colloque revendiquent « de rechercher dans les sources chrétiennes et ses développements théologiques, les valeurs universelles pour affronter les crises où nous sommes engagés et prévenir celles qui peuvent l’être. »
    Valeurs universelles X sources chrétiennes laïcité X religions.
    L’important est le terme universel, il y est exprimé, pour ces auteurs chrétiens, leur conception d’une religion ayant ses sources propres mais participant également et non hiérarchiquement d’un universel non obligatoirement (non)religieux, (non)chrétien et qui est de nature humaniste.

    Toute les croyants sont confrontée à ce couple sources religieuses X valeurs universelles : couple libre donc non automatique ni mécaniquement durable qui doit être d’abord formé puis entretenu en vie en permanence.
    Dans le numéro 2620 de l’obs Slavoj Zinzek , (annoncé philosophe , mais qui ne l’est pas dès lors qu’il est humain ?), caractérise les partisans de la théocratie comme ceux pour qui la finalité d’un pouvoir étatique n’est pas, selon la conception humaniste, un bio pouvoir visant a réguler le cadre de vie pour le bonheur et le bien être durable des populations mais un pouvoir dont le rôle est de conformer la vie publique et privée à une orthodoxie religieuse.

    Il pose un regard symétrique sur la conception néolibérale de l’état dont le rôle n’est pas non plus le bio-pouvoir à finalité de bonheur et bien-être durable mais bien de dépérir et de s’autodissoudre pour laisser marché assurer les m^mes objectifs objectif de bonheur bien être durable.
    Guerre de civilisation(S) ont dis certains ?, Certes mais entre qui et qui finalement ? entre quoi et quoi ? et pour qui et pourquoi ?
    Il ne s’agit pas de renvoyer dos à dos théocratie et « démocratie » néolibérale, il n’y pas de symétrie possible entre les deux dans l’analyse qu’on peut en faire. il n’empêche que la question du colloque, Quelle société voulons-nous ? où plutôt Quelle(S) société(S) voulons-nous ? (car n’en vouloir qu’une c’est déjà dériver vers le totalitarisme) n’est que plus jamais d’actualité.

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