ROME – A Dieu, veaux, vaches, poules, chats, chiens, lapins, couvées

2015 Pape chien d'aveugleOn n’aura donc jamais autant écouté, scruté, décrypté la moindre parole d’un pape. Deux exemples récents montrent que quand il parle des animaux, les sphères cathodique et catholique montent vite sur leurs grands… chevaux.

Les lapins, évoqués par le pape au cours de la conférence de presse improvisée dans l’avion au cours de son séjour en Asie, auront eu un beau succès.
«Certains croient que – pardonnez-moi l’expression – pour être de bons catholiques, on doit être comme des lapins»
Des propos à mettre, comme toujours dans leur contexte (voir un article récent du blog E&E). On peut aussi rappeler pour l’occasion qu’en juin dernier, le pape avait déjà parlé… des chats, sans que cela ne fasse beaucoup la une des médias. Et pour cause. Il dénonçait dans son homélie du matin « ces couples qui ne veulent pas d’enfants » du fait d’une
« culture du bien-être économique qui, il y a dix ans, les a convaincus que c’est mieux de ne pas avoir d’enfants. Comment ? C’est mieux ? Ah ! C’est sûr, tu peux visiter le monde, partir en vacances, avoir une maison à la campagne, être tranquille. Et c’est sans doute mieux, plus commode, d’avoir un petit chien, deux chats… » Et de conclure : « à la fin, ces couples parviennent à la vieillesse dans l’amertume de la méchante solitude. »
Il est vrai que les vaticanistes n’avaient pas l’habitude d’entendre parler un « souverain pontife » avec les mots d’un pasteur. A maintes reprises, à la grande stupéfaction des conservateurs, le pape a montré que sa parole pouvait être ordinaire et accessible, sans crainte des tournures ordinaires de la vie. Ses paroles là n’ont aucune prétention à l’infaillibilité pontificale, mais rappellent que le pape est d’abord un pasteur et non pas un théologien lointain ou un clerc désincarné. On l’avait parfois oublié. Le redécouvrir fait du bien. Par ailleurs, derrière ces formules issues du « quotidien », le pape continuent de déployer l’enseignement traditionnel de l’Eglise, sans ruptures, mais en mettant en lumière les crispations inutiles de certains sur des sujets qui devraient rassembler plutôt que séparer.
Autre exemple, en novembre dernier, en marge d’une audience publique, place Saint-Pierre, le pape aurait échangé quelques mots avec un petit garçon. Une idée saugrenue puisqu’au cours de leur échange spontané, l’enfant s’est désolé auprès du pape François de la mort de son chien. Et là, ça s’emballe.
Le New York Times, excusez du peu, aurait entendu le pape dire à l’enfant : « Le paradis est ouvert à toutes les créatures de Dieu ». De quoi créer un buzz planétaire chez tous les militants de la SPA et autres défenseurs de canidés. Sauf que, vérification faite, le pape n’a jamais exprimé cela au cours de son audience. Il s’agit en fait d’une lecture erronée d’un article publié par le site du Corriere della Serra, le lendemain de l’annonce, qui a provoqué la rumeur. Le quotidien rapportait en incise des propos attribués au pape Paul VI. « On raconte que Paul VI avait consolé un enfant en larmes après la mort de son chien, lui disant : “Un jour, nous reverrons nos animaux dans l’éternité du Christ” », écrivait le journaliste.De quoi faire titrer au journaliste opportuniste : « Le pape et les animaux : “Le paradis est ouvert à toutes les créatures.” » Les journaux américains ont donc du faire marche arrière.

D’ailleurs, il faut prendre le temps de lire la méditation particulièrement intéressante du pape ce jour là qui rappelle, à la lumière du Concile Vatican II, la compréhension des propos de saint Paul sur le devenir de la Création dans le projet de salut de Dieu. Où l’on voit que le propos théologique va un peu plus au fond des choses.

Chers frères et sœurs, bonjour.

Ce n’est pas une très belle journée, mais vous êtes courageux, tous mes compliments! Espérons pouvoir prier ensemble aujourd’hui.

En présentant l’Église aux hommes de notre temps, le Concile Vatican II avait à l’esprit une vérité fondamentale, qu’il ne faut jamais oublier : l’Église n’est pas une réalité statique, immobile, mais elle est sans cesse en chemin dans l’histoire, vers l’objectif ultime et merveilleux qui est le Royaume des cieux, dont l’Église sur la terre est le germe et le début (cf. Conc. œcum. Vat. ii, Cons. dogm. sur l’Église Lumen gentium, n. 5). Quand nous nous tournons vers cet horizon, nous nous apercevons que notre imagination s’arrête, se révélant à peine capable de pressentir la splendeur du mystère qui domine nos sens. Et plusieurs questions se posent spontanément à nous : quand aura lieu ce passage final ? Comment sera la nouvelle dimension dans laquelle l’Église entrera ? Que deviendra alors l’humanité ? Et la création qui nous entoure ? Mais ces questions ne sont pas nouvelles, les disciples les avaient déjà posées à Jésus à leur époque : « Mais quand cela aura-t-il lieu ? Quand aura lieu le triomphe de l’Esprit sur la création, sur l’univers, sur tout… ». Ce sont des questions humaines, des questions anciennes. Nous aussi, nous nous posons ces questions.

La constitution conciliaire Gaudium et spes, face à ces interrogations qui retentissent depuis toujours dans le cœur de l’homme, affirme: «Nous ignorons le temps de l’achèvement de la terre et de l’humanité, nous ne connaissons pas le mode de transformation du cosmos. Elle passe, certes, la figure de ce monde déformée par le péché; mais, nous l’avons appris, Dieu nous prépare une nouvelle terre où régnera la justice et dont la béatitude comblera et dépassera tous les désirs de paix qui montent au cœur de l’homme» (n. 39). Voilà l’objectif auquel tend l’Église : c’est, comme le dit la Bible, la « Jérusalem nouvelle », le « Paradis ». Plus que d’un lieu, il s’agit d’un « état » de l’âme dans lequel nos attentes les plus profondes seront réalisées de manière surabondante et notre être, en tant que créatures et enfants de Dieu, parviendra à sa pleine maturation. Nous serons finalement revêtus de la joie, de la paix et de l’amour de Dieu de manière complète, sans plus aucune limite, et nous serons face à face avec Lui! (cf. 1 Co 13, 12). Il est beau de penser à tout cela, de penser au Ciel. Nous nous retrouverons tous là-haut, tous. Cela est beau, cela donne de la force à l’âme.

Dans cette perspective, il est beau de sentir qu’il existe une continuité et une communion de fond entre l’Église qui est au Ciel et celle encore en chemin sur la terre. Ceux qui vivent déjà aux côtés de Dieu peuvent, en effet, nous soutenir et intercéder pour nous, prier pour nous. D’autre part, nous aussi, nous sommes toujours invités à offrir de bonnes œuvres, des prières et l’Eucharistie elle-même pour soulager le tourment des âmes qui sont encore dans l’attente de la béatitude sans fin. En effet, dans la perspective chrétienne, la distinction ne se fait plus entre qui est déjà mort et qui ne l’est pas encore, mais entre qui est dans le Christ et qui ne l’est pas ! Cela est l’élément déterminant, vraiment décisif pour notre salut et pour notre bonheur.

Dans le même temps, l’Écriture Sainte nous enseigne que l’accomplissement de ce dessein merveilleux ne peut pas ne pas concerner tout ce qui nous entoure et qui est sorti de la pensée et du cœur de Dieu. L’apôtre Paul l’affirme de manière explicite, quand il dit que « elle aussi [la création] sera libérée de l’esclavage, de la dégradation inévitable, pour connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu » (Rm 8, 21). D’autres textes utilisent l’image du « ciel nouveau » et de la « terre nouvelle » (cf. 2 P 3, 13 ; Ap 21, 1), dans le sens où tout l’univers sera renouvelé et sera libéré une fois pour toutes de toute trace de mal et de la mort elle-même. Ce qui s’annonce comme l’accomplissement d’une transformation, qui en réalité est déjà en cours depuis la mort et la résurrection du Christ, est donc une nouvelle création ; ce n’est donc pas un anéantissement de l’univers et de tout ce qui l’entoure, mais l’accompagnement de chaque chose vers sa plénitude d’être, de vérité, de beauté. Tel est le dessein que Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, veut depuis toujours réaliser et qu’il est en train de réaliser.

Chers amis, quand nous pensons à ces merveilleuses réalités qui nous attendent, nous nous rendons compte à quel point appartenir à l’Église est vraiment un don merveilleux, qui contient une très haute vocation ! Demandons alors à la Vierge Marie, Mère de l’Église, de veiller toujours sur notre chemin et de nous aider à être, comme elle, un signe joyeux de confiance et d’espérance au milieu de nos frères.

DL

Source : La Croix

 

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