POLLUTION – Et si on changeait d’air ?

2014 EPA LouisianeAux Etats-Unis, la question de la pollution de l’air a été relancée par des recommandations de réduction d’émission de CO2 faites par l’agence environnementale américaine (EPA). Une question qui est loin d’être théorique pour de nombreux riverains des industries chimiques du pays.

 « Nous voulons que notre communauté puisse respirer de l’air sain. »

La demande de Martha Huckabay semble si simple qu’elle en parait étonnante. Mais quand son fils de 4 ans, Dawson, est tombé sévèrement malade (douleurs d’estomac, diarrhées, pendant plus d’un mois) au mois de juin dernier et qu’il a perdu plus de 3 kg, elle ne pouvait plus se taire. A Sainte Rose, une commune de la Louisiane (USA) où elle réside, l’air était alors chargé d’une odeur insupportable. Des effluves qui provenaient de l’industrie chimique locale, gérée par Shell : une usine qui produit de l’asphalte, à côté de l’immense terminal portuaire de Matex, à 15 km de la Nouvelle Orléans. De fait, les responsables ont reconnu que la production d’huile hautement sulfurisée était effectivement accompagnée de l’émission de fumées toxiques mais qu’ils allaient y remédier. De quoi contenter les organismes de contrôle locaux de la qualité de l’air.

Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là puisque la pollution atmosphérique s’est poursuivie. La famille Huckabay, avec plusieurs centaines de voisins a alors décidé de rejoindre le projet  » St. Rose Community One Voice », une ONG environnementaliste qui lutte pour les droits des riverains. Car les fumées qui se répandent ont rendu malade près de 84 % des résidents, selon une enquête menée par la « Louisiana Bucket Brigade », un mouvement catholique engagé dans les questions de justice environnementale, autour de la Nouvelle-Orléans.

Le 20 octobre dernier, avec une douzaine d’autres délégué de mouvements catholiques, Martha Huckabay s’est rendue à la maison de la Conférence des évêques américains, à Washington. Au cours de leur séjour, ils prirent le temps d’examiner la proposition faite en juin dernier par l’Agence américaine pour l’environnement (EPA), sous la forme d’un plan de réduction de 30 % des émissions de CO2 (comparé aux niveaux de 2005) par les industries, notamment alimentées au charbon, du pays, d’ici 2030 (Clean Power Plan). Un plan qui vise aussi les gaz fluorés, les oxydes nitreux et les émissions de méthane, et qui promeut une démarche de mobilisation, Etat par Etat, notamment sur les questions de réduction des dépenses énergétiques. De quoi, selon l’EPA, générer entre 55 et 93 milliards de dollars d’économies sur le plan sanitaire et climatique d’ici 2030, alors que les dépenses du plan ne devraient pas dépasser 9 milliards de dollars. Des chiffres et des bénéfices, évidemment contestés par les industriels peu enclins aux dépenses à faire.

« Nos enfants ont le droit de respirer un air sain », répéta ainsi Martha Kuckabay, notamment en présence de l’archevêque Thomas G. Wenski, responsable de la commission chargée de la justice sociale et du développement humain. Ce même archevêque qui, par deux fois déjà, a adressé un courrier à Gina McCarthy, administratrice de l’EPA, pour rappeler la nécessité d’arriver à une réduction des émissions de CO2. Protéger les gens et réduire l’impact sur le climat étant ses deux arguments principaux.

« L’Eglise s’occupe de cela non parce qu’elle serait une spécialiste sur l’environnement. Mais parce que nous sommes attentifs à notre humanité. Nous voulons donc demander : dans quelle mesure, les politiques environnementales impactent t-elles les personnes ? Nous sommes préoccupés par le sort des plus pauvres, qui sont les plus affectés par les décisions politiques dans ce domaine. L’autre aspect est notre responsabilité de gérant pour prendre soin de la Création. Nous voulons aider à promouvoir un état sain de notre monde pour les générations futures. » Et de rajouter

 » Heureusement, de plus en plus, il y a cette prise de conscience que l’économie est pour le service de l’humain et non l’inverse. Il faut espérer que ces politiques en cours vont trouver des approches équilibrées pour permettre l’émergence de nouveaux emplois durables, pour compenser ceux qui seraient mis en péril par les démarches de lutte contre la pollution.

Dan Misleh, directeur exécutif de l’Alliance catholique pour le Climat, souligne que les communautés catholiques peuvent aider à réduire la consommation énergétique du pays.

« Chacun de nous doit faire sa part pour limiter nos consommations, vivre plus simplement, protéger les plus pauvres et être des défenseurs de la Création, comme nous y invite le pape François. »

DL

Source : Art. Dennis Sadowski Catholic News Service  |  Oct. 28, 2014 Eco Catholic / trad et adaptation : E&E

Et le site local du réseau mobilisé contre cette pollution

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s