CLIMAT – Responsables et solidaires

Mgr Stenger colloque 2014Mgr Stenger, évêque de Troyes, et éveque accompagnateur de Pax Christi France, dans son dernier éditorial du bulletin diocésain, fait le point sur les raisons de la mobilisation pour protéger le climat.

Il n’y a pas longtemps, dans beaucoup de grandes villes du monde, on a marché pour le climat. Depuis le 1er juillet, on jeûne pour le climat. Pour les initiateurs de ces actions, elles sont une manière de s’engager face à la crise climatique qui ne cesse de s’aggraver. Elles sont une manière de signifier que l’homme se considère comme responsable – laissons les experts se disputer sur l’importance de sa part de responsabilité – par ses choix de consommation, du réchauffement climatique et de ses conséquences. Et elles sont enfin une manière d’affirmer notre solidarité avec ceux qui subissent de plein fouet les conséquences de ce réchauffement, qui en sont les victimes, sans avoir les moyens de se défendre.

De quoi s’agit-il exactement ?

 Depuis le début de la révolution industrielle, les activités humaines émettent de très grandes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, essentiellement par déstockage du carbone géologique, contenu dans les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) que nous consommons sans modération. Le carbone qui est dans la terre passe dans l’atmosphère quand nous brûlons du charbon ou du pétrole dans nos fourneaux ou dans nos voitures. Cet excès de carbone dans l’atmosphère est une des causes principales de l’augmentation des températures, augmentation qui a des conséquences graves dans notre environnement.

Quelles conséquences ? Pardonnez cette énumération qui peut sembler catastrophiste mais qui ne fait que décrire la réalité : l’augmentation en fréquence et en intensité des évènements météorologiques extrêmes, comme la vague de chaleur de 2003, les sécheresses, les inondations, les cyclones et les typhons comme aux Philippines, l’élévation du niveau de la mer, les changements thermiques et pluviométriques, la perte de la biodiversité, c’est-à-dire le bouleversement complet des équilibres dans la nature. Ces phénomènes qu’on peut déjà constater ont et auront pour effet de détruire les moyens d’existence de l’homme, l’habitat, les troupeaux, les champs, de faire baisser les rendements agricoles, de provoquer la désertification, les famines, les manques d’eau, l’extension des maladies parasitaires. Résultat : des crises économiques graves, d’où des centaines de milliers de morts, des migrations massives ainsi que des conflits sociaux et internationaux.

Et que faire ? Il y a deux directions dans lesquelles on peut agir.

D’abord baisser les émissions de gaz à effet de serre, c’est-à-dire envoyer moins de carbone dans l’atmosphère pour limiter la montée des températures dans une proportion raisonnable. Ceci dépend principalement de décisions politiques, en particulier des choix énergétiques que nous ferons. Il y a des énergies moins polluantes que d’autres. Mais cela dépend aussi de nous. Dans la mesure où l’émission de gaz fatals dépend de notre consommation excessive, le bon sens voudrait qu’on consomme moins. Mais il veut aussi qu’on consomme autrement. Nous devons donc réfléchir sur nos modes de vie et les changer. Ce serait un signe de notre sens de la responsabilité.

La deuxième direction, c’est d’essayer de nous adapter aux changements climatiques déjà produits pour en contrôler les conséquences. Là aussi sont en cause des décisions politiques : entraide internationale, régulation des migrations, mise en œuvre de technologies nouvelles.  Il y a fort à faire. D’où l’enjeu des conférences internationales sur le climat et des décisions qui y sont prises. Ceux qui jeûnent veulent préparer les esprits à celle qui aura lieu à Paris en 2015. Le message est clair : nous jeûnons par solidarité avec ceux qui déjà sont victimes, en particulier de famines, de raréfaction de leurs moyens de vivre ; nous jeûnons aussi pour montrer que nous gardons une certaine liberté par rapport aux biens de consommation ; nous agissons parce que nous nous sentons responsables du monde dans lequel nous vivons et nous demandons aux responsables politiques d’agir eux aussi en conscience. Même si on ne jeûne pas, on n’en est pas moins appelé à cette solidarité, à cette liberté intérieure par rapport aux biens, à cette conscience de notre responsabilité.

Voilà une mise en œuvre, on ne peut plus concrète, de la doctrine sociale de l’Eglise.

 

+Marc STENGER

Evêque de Troyes

Président de Pax Christi France

© Source : Diocèse de Troyes. octobre 2014

Publicités

Une réflexion au sujet de « CLIMAT – Responsables et solidaires »

  1. Merci père Stenger pour votre engagement. Il faudrait que tous les responsables de l’Eglise parlent ainsi aussi fort que vous. Car le silence assourdissant de la majeure partie de l’Eglise (pas seulement ses responsables) est désespérant et fait croire que les chrétiens ont oublié que l’Evangile porte dans son ADN la sobriété et les respect de toute vie. Conséquence, il devient peu probable que les chrétiens seront les acteurs du changement attendu car ils sont trop impliqués dans les affaires économiques qui reposent sur la sacro sainte croissance.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s