BIODIVERSITE – Le déclin de l’empire humain

Comme en écho avec l’entretien avec Mgr Wintzer (voir ci-dessous), il faut lire les conclusions du rapport Planète vivante qui vient d’être publié, un rapport dirigé par le WWF et qui est l’analyse scientifique la plus importante au monde concernant la santé de notre planète et l’impact de l’activité humaine.

Présentation vidéo du rapport (en anglais) qui souligne tout particulièrement le lien entre protection de la biodiversité et la question de la pauvreté. L’accès durable aux ressources naturelles étant évidemment un facteur déterminant pour la vie des populations locales.

L’Indice Planète Vivante global a enregistré un recul de 52 % entre 1970 et 2010. À cause du changement de méthodologie mis en place pour mieux prendre en compte les tailles relatives de chaque groupe d’espèces dans les divers biomes, ce pourcentage s’est considérablement abaissé par rapports aux publications précédentes.

En chute de 76 %, les populations d’espèces d’eau douce déclinent plus rapidement que les populations marines et terrestres (39 % pour chacune d’elles).

La plus forte baisse régionale de l’IPV est localisée en Amérique du Sud, suivie de près par la région Asie-Pacifique.

Dans les aires terrestres protégées, l’IPV a diminué de 18 %, soit un rythme réduit de moitié par rapport à celui de l’IPV terrestre global.

2014 WWF Planète vivante

En moins de deux générations, la taille des populations des espèces de vertébrés a fondu de moitié. Or, les différentes formes du vivant sont à la fois la matrice des écosystèmes permettant la vie sur Terre, mais aussi le baromètre de ce que nous faisons subir à notre planète, notre unique demeure. Nous nous désintéressons de leur sort pour notre propre perte.

Ces indicateurs révèlent la demande excessive de l’humanité en ressources planétaires et montrent que nous dilapidons les cadeaux offerts par la nature comme si nous avions plus d’une Terre à notre disposition. En prélevant sur nos écosystèmes davantage que ce qu’ils peuvent régénérer eux-mêmes, c’est notre avenir que nous hypothéquons. Conservation de la nature et développement durable sont pourtant indissociables : à travers eux, il ne s’agit pas uniquement de préserver la biodiversité et les milieux, mais rien de moins que de préserver l’avenir de l’humanité, c’est-à-dire notre bien-être, notre économie, notre sécurité alimentaire, notre stabilité sociale, en un mot notre survie. Dans un monde où la pauvreté est une réalité pour tant d’individus, la protection de la nature pourrait passer pour un luxe. C’est pourtant le contraire : pour les plus modestes de la planète, c’est un moyen de survie. Et de fait, nous sommes tous dans cette situation : où que nous vivions sur le globe, nous avons tous besoin de nourriture, d’eau douce, et d’air pur.

La situation est si préoccupante qu’il semble difficile d’envisager l’avenir avec optimisme. Difficile, certes, mais pas impossible, parce que c’est en nous-mêmes, qui sommes à l’origine du problème, que nous pouvons trouver la solution. À présent, notre obligation est de faire en sorte que la génération à venir saisisse l’occasion que nous avons laissé passer jusqu’ici, et referme ce chapitre destructeur de notre histoire, pour bâtir des lendemains où les êtres humains vivent et prospèrent en harmonie avec la nature. Car oui, nous sommes tous connectés les uns aux autres, et, ensemble, nous pouvons imaginer et adopter les solutions qui sauvegarderont l’avenir de notre seule et unique planète.

DL

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3 réflexions au sujet de « BIODIVERSITE – Le déclin de l’empire humain »

  1. Merci pour tous ces billets si instructifs, mais tellement angoissants 😦
    Comment parvenez-vous à garder l’espérance devant cette urgence d’agir, mais cette inconscience générale du danger par nos dirigeants ? Nos petites actions goutte d’eau suffiront-elles à former la rivière sauvant l’humanité ??

  2. Comment ? Comment comprendre le WWF ?
    Notre génération serait-elle déjà damnée au point qu’elle ne puisse plus rien ?
    Aurions-nous déjà abandonné au point de nous en remettre à la génération qui vient ?
    « notre obligation est de faire en sorte que la génération à venir saisisse l’occasion que nous avons laissé passer »
    Mais pourquoi la laisserions nous passer nous aussi ?
    Il est de notre responsabilité commune de construire le monde qui vient, même si, comme Moïse nous resterons à ses portes.
    La Vie est belle, mon cher Dominique, rien n’est plus beau que le don de sa vie… pour la Vie !

  3. Oui, la situation est préoccupante, et il me semble qu’un des signes en est ce que je ressens comme une montée d’angoisse diffuse dans notre monde occidental.
    De manière paradoxale on cherche à se faire peur en même temps que l’on refuse de voir les changements qui sont déjà en cours dans tant de lieux.
    Et cependant de très nombreuses personnes et groupes ont entamé concrètement le changement de leurs modes de vie (j’ai assisté récemment à une conférence à Paris par Rob Hopkins, fondateur du mouvement des Villes (et territoires) en transition (site français http://villesentransition.net/); une soirée qui faisait vraiment du bien: salle ultra-comble et de nombreux témoins de toutes les actions déjà entamées. Petites, mais incroyablement nombreuses et créatives… et qui portent vraiment du fruit.
    Ce qui est à cultiver, face à la crise qui arrive, ce sont les liens, et le goût de la rencontre, de la nouveauté.
    La vie surgit très souvent là où on ne l’attendait pas; les humbles petites herbes qui poussent dans nos villes dans le moindre interstice, dans quelques grammes de terre, me le rappellent souvent…

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